Chapitre 20 : Avant la bataille d'un vampire.


Revenons un peu en arrière pour conter l'aventure des parents. Draco raccompagna Harry en Angleterre et durant ce plutôt long voyage, il lui montra toutes les facettes de son côté vampire. Il est vrai qu'Harry apprenait à une vitesse fulgurante, bien plus vite que Gabriel mais cela était-il normal ou pas ? Il ne pouvait le savoir ! Quand vint la dernière nuit, celle où leur chemin devait se séparer, le brun se jeta sur son homme et le serra le plus fort possible. Afin d'apaiser leurs cœurs qui battaient à l'unisson frénétiquement, Draco murmura :

- Tu verras, c'est moi qui gagnerais.

- J'en doute… Répondit Harry.

Ils s'embrassèrent et le vampire chuchota :

- Crois-le…

Il partit par la suite en courant, sans se retourner. Harry utilisa ses yeux de vampire longtemps, juste pour voir le corps foncer sur la route de son destin et se fondre dans la nuit. Il finit par soupirer et se tourna vers la ville. Il fut surpris de voir à quel point Londres lui avait manqué. Il faut dire, il n'avait eu le temps une seule fois de se poser et de respirer. Mais là non plus, Harry comprit qu'il devait se dépêcher ! Il fallait qu'il retourne à Poudlard d'après Angel, et ce n'était pas la porte à côté. Instinctivement il tourna trois fois sur lui-même puis soupira, blasé.

- Je ne suis plus sorcier ! Il faut que je m'y fasse…

Alors il se tourna et courut à toute vitesse. En route sur sa lancée, le brun n'eut l'occasion de penser à tout ce qui se passait que très peu de temps. De toute façon il n'osait trop le faire. Tout ce qui lui plaisait c'était d'enfin terminer cette longue et éprouvante quête et de commencer à construire un foyer plus stable avec Draco. Harry s'y voyait déjà. Une maison tranquille avec son homme où il pourrait recommencer du début. Peut-être même pourront-ils adopter des enfants. Draco aimait-il les enfants ? Il espérait que oui… Plusieurs heures après, Poudlard était en vue. Il arriva au même moment que l'on refermait le portail.

- Attendez ! Fit-il en reprenant une marche normale.

Il vit et reconnu au loin Argus Rusard, le concierge. Celui-ci en le voyant écarquilla les yeux et fit demi-tour.

- Mr Potter ! Mais…

Il rouvrit le portail et bégaya :

- M-mais… Où étiez-vous ? Tout le monde s'inquiétait beaucoup vous avez disparu du jour au lendemain !

- C'est une longue histoire… Dumbledore est-il là ?

- Bien sûr qu'il est ici, mais il fait comme tout le monde sauf vous et moi… Il dort !

- Alors toi, que fais-tu là ?

- Je reviens de vacance !

- Non ! Impossible ! Des vacances toi ?

- Oui ! Dumbledore m'a obligé d'en prendre… il y a deux jours !

- Ah ! Tu es revenu plus tôt !

- Je n'ai rien à faire autre part qu'à Poudlard et puis Miss Teigne déteste le changement et les voyages… ça la rend malade !

Harry rit alors qu'il rentrait dans le château.

- Quelle heure est-il ?

- Un peu plus de six heures…

- Ouh… Je l'ai échappé belle.

- Ah, et de quoi ?

- Euh… J'ai eu pas mal de problème devant les deux années qui ont passé…

- Et si tu nous expliquais ça !?

Harry se retourna et sourit de toutes ses dents

- Professeur…

Le vieil homme devant lui était aussi blanc que la neige, comme un grand mage. Il avait des rides sous ses yeux et une longue barbe comme tout vieil homme qui se respecte. Il regardait Harry avec un doux sourire et des yeux pétillants qui oscillaient entre l'indécision : Esquisser de bonheur et tomber d'inquiétude.

- Allons, allons Harry, tu sais que tu peux m'appeler Albus.

- Oui, je sais… mais je crois ne jamais y arriver !

- Oh mais…

Finalement, Albus plissa les yeux, le visage dur. Quelque chose n'allait pas et il le ressentait. Sur Harry, quelque chose de nouveau mais il ne pouvait dire si cela était mauvais ou non. Puis il remarqua ce que c'était et ne put s'empêcher de le lui dire :

- Il y a quelque chose de changer chez toi… Tu es si froid et ton cœur ne bat pas.

Harry soupira. Il hocha tristement la tête avant de sourire.

- Je suis désolé professeur… Je suis mort !

- Ah ? Fit le vieux totalement surpris.

- Deux fois ! S'enquit le brun avec amusement.

- Il faut absolument que tu me racontes ce que tu as fais ces dernières années ! S'écria brusquement le professeur en prenant son ancien élève par le dos et en l'entraînant.

- Très bien.

Tout en le conduisant à son bureau, Harry lui raconta ce qu'il avait vécu. Il n'omit rien du tout. Il rencontra un regard très dur quand il énonça son long passage dans les geôles d'Azkaban et Dumbledore jura à voix haute de faire payer cela au ministre. Puis ils revinrent sur un ton plus joyeux en parlant de Draco et de sa quête. Quand il lui avoua avoir un fils, Albus rit et s'exclama :

- Toi qui as toujours vécu ici cela ne m'étonnes guère.

- Mais mon enfant n'en ait plus un… Il a l'apparence et l'esprit d'un adulte.

- Comment cela ?

Et Harry finit son histoire avant de pénétrer le bureau. A peine furent-ils à l'intérieur, que le brun ressentit un brusque appui sur les épaules. Ses yeux tentaient de se fermer par eux-mêmes et il sentit toute force le quitter.

- Harry… Tu vas bien ?

- Le soleil vient de se lever…

- Oh je vois. Je vais t'amener dans une chambre dans le cachot en bas.

- Cela me va…

- Allons-y vite…

Une fois dans les cachots, Dumbledore l'emmena dans un dortoir libre.

- Voilà, installe-toi ici, personne ne viendra te déranger !

- Merci infiniment.

- A ce soir !

- A ce soir…

Dumbledore se retourna et partit, Harry fit de même à l'intérieur de la chambre. Il tomba lourdement sur le lit et s'endormit comme une masse. Jamais il ne fut endormi aussi vite. Pour la première fois il ressentait ce que son fiancé et son fils ressentaient. Mais il n'eut pas le temps d'en tergiverser. Déjà, il dormait comme un loir.

Quand il se réveilla il entendit d'abord beaucoup de bruit avant de comprendre qu'il s'agissait en vrai des enfants. Alors il se releva rapidement et sans même se soucier de son corps et de son soin, rejoint la Grande Salle en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire. Là, à l'ouverture de la grande porte, il eut un long silence. Non pesant, c'était juste un silence de surprise et de curiosité.

- Harry, s'exclama alors plusieurs enfants et le bruit reprit.

Âgés entre quatre et dix-sept ans, beaucoup se précipitèrent sur lui. Le brun dut prendre dans ses bras les plus petits et serrer la main des plus grands. Pour beaucoup, Harry avait été non seulement un professeur mais aussi un mentor et un ami. Un aîné comme il se doit, plus proche qu'un frère et plus aimant qu'un père. Seul hic, beaucoup d'enfants se plaignirent de sa froideur, physiquement parlant, et de son incroyable pâleur. Quand le silence se fit et qu'Harry les regarda avec désappointement, Dumbledore se leva et appela son ancien élève, celui-ci se défila des enfants qui le regardèrent avec tristesse pour le rejoindre.

- Viens t'asseoir avec nous. A table, les enfants ! Ajouta-t-il.

Quand tous reprirent leur repas, Dumbledore se tourna vers Harry qui avait fini de saluer les professeurs, les anciens comme les nouveaux. Le brun avait froncé les sourcils en remarquant qu'un manque essentiel à ses retrouvailles était présent.

- Ça va ? Tu as bien dormi ?

- Oui, oui ! Comme un bébé… Où est Sirius ?

- Oh ! Ton parrain est parti il y a longtemps. Il te cherchait. Un jour il est revenu et il m'a parlé d'une chose un peu farfelue. Je crois que je comprends pourquoi maintenant…

- Comment cela ?

- Nous avions construit l'Ordre du Phénix à la demande de Sirius. C'est une association de combattants sorciers pour le bien et la liberté de toutes les espèces. Nos troupes n'étaient qu'une vingtaine il y a un an mais elles se sont enflées il y a peu. Nous sommes maintenant plus d'une centaine.

- Il faut que vous alliez aider les vampires.

- Ne t'inquiète pas, nous savons ! L'attaque est prévue pour demain soir. Je ne sais pourquoi les sorciers sont si confiants pour les attaquer la nuit.

- Oh non… Murmura Harry. C'est un piège ! Il faut que j'aille les prévenir !

- Non, je ne pense pas… S'exclama alors une voix venue de nulle part et de partout à la fois.

Dumbledore se leva et plissa les yeux. Au fond de la Grande Salle, un homme se tenait, debout, bien droit aussi sec qu'un balai magique. Harry se releva à son tour et fixa son visage. Il était d'un gris cendré, comme si on l'avait brulé puis rafistolé. Pratiquement aucun nez, il aurait juré avoir en face de lui un serpent aux petits yeux méfiants et malfaisants.

- C'est un vampire, murmura le brun. J'ai perdu la faculté de ressentir les auras mais il sent beaucoup trop l'odeur du sang pour ne pas l'être. Et surtout son cœur ne bat plus.

- Il l'est, c'est sûr…

Harry contourna en marche normale la longue table puis le rejoint. Le regard du jeune homme s'intensifia à sa vue. Et plus il remontait la Grande Salle, plus le vilain visage s'éclairait. On ne pourrait si tromper, on pourrait facilement dire que l'étranger avait attendu longtemps avant de pouvoir voir Harry et que cela le rendait plus qu'heureux. Le brun, lui, se sentit un peu mal à l'aise devant ce regard qui ne se cachait pas. Il défia tout de même l'inconnu qui lui refusait le passage et dit :

- Qui es-tu ?

- Je me nomme Tom Jedusor. Répondit-il platoniquement.

- Tom ? Tom… Celui qui a disparu, enlevé par les sorciers…

- Enlevé ? C'est un bien grand mot…

Il rit sadiquement. Harry eut quelques frissons. Cela n'avait rien à voir d'un rire joyeux ou triste. Il était plutôt bizarre, voire écœurant. Heureusement, il ne dura pas et les traits se tirèrent pour afficher de nouveau cet air de franche curiosité mêlé à ce que l'on pouvait appeler du… soulagement…

- Que me veux-tu ? Murmura le brun.

- Tu dois rester avec moi !

- Mais ton peuple court droit à sa perte et tu souhaites que je reste ici !?

- Non… le coupa-t-il brusquement. Je souhaite que tu restes avec moi…

- Pourquoi ?

- Parce que…

Harry réfléchit puis se retourna. Il regarda les enfants qui s'étaient tous arrêtés pour écouter ce qu'ils disaient. Il ne fallait surtout pas les effrayer. Il regarda Dumbledore qui souhaitait ardemment savoir ce qu'il se passait. Il esquissa un mouvement de la tête afin de le remercier pour l'accueil et lui dit.

- Je reviens dans dix minutes.

Dumbledore hocha la tête et se rassit à sa place. Puis, Harry passa à quelques centimètres de l'homme froid et sortit. Il s'attendit à un refus mais rien ne vient, plutôt, Tom le suivit. Alors qu'ils marchaient silencieusement, il le regarda furtivement avant de froncer les sourcils. Tom, cela se voyait encore et plus maintenant, le dévorer des yeux et cela commençait plus à l'énerver qu'à le faire rougir.

- Bon, dit Harry en rejoignant l'escalier principal du château. Dis-moi pourquoi on t'a relâché ou comment as-tu fait pour t'échapper.

- Je n'étais pas emprisonné, je te rappelle…

Harry soupira. Tom faisait exprès de ne pas répondre à ces questions.

- Dis-moi pourquoi je dois rester ?

- Parce que…

Harry s'arrêta à la seconde marche et fit demi-tour sur lui-même. Défiant pendant un court instant l'affreux, il finit par soupirer et redescendre.

- Bon, je m'en vais.

Mais brusquement Tom l'attrapa par le bras et murmura :

- Tu dois rester !

Le brun le poussa mais rien n'y fit, à sa grande surpris, sa force fut supérieure.

- Lâche-moi, immédiatement.

- Seulement quand tu auras promis de rester… avec moi…

- Je ne peux pas, il faut que je retrouve Draco et que je le prévienne.

- Tu n'iras pas le voir car il est hors de question que je te perde une nouvelle fois.

Harry cessa de se battre et murmura :

- Quoi ?

- Tu es devenu si sale…

Sa voix avait pris une toute autre intonation. Harry eut l'impression qu'elle était plus grave et plus filante que celle avec qui il avait affaire depuis tout à l'heure. Comme si un serpent avait pris possession de son corps, emplit sa gorge et susurrait à sa place. Car en ce moment même, c'était bien ce qu'il était en train de faire. Il susurrait :

- Comment as-tu pu souiller le corps de Mike… (Ndla : Mike se lit Miké car ce n'est pas le prénom Mike mais le diminutif du nom Mikelange qui se lit lui-même Mikélange. Désolée pour l'interruption !)

Et là, ce fut comme un déclic. Le brun écarquilla les yeux. Il savait exactement à qui il avait affaire.

- C'est donc toi… Valérius…


Enfin, dans un dernier retour, nous reviendrons sur les faits et gestes de Draco. Celui-ci, après avoir quitté Harry, la tête légèrement embrumé par des doutes et des inquiétudes, ne mit que deux nuits pour atteindre les Alpes. Jamais il n'avait couru aussi vite. Légèrement épuisé, il arriva à sa cité avant le levé du soleil. A peine entra-t-il qu'il vit quelque chose qui clochait. Une masse abusive d'odeur dans sa cité. Les vampires semblaient s'être regroupés ici. Brusquement, les vampires reculèrent et sept personnes dont Blaise et Hermione s'alignèrent devant lui.

- Mon Roi… commença Hermione mais soudain Rogue l'arrêta :

- Allons-nous asseoir.

Draco les suivit jusqu'à une salle où deux tables en arc de cercle se faisaient faces. Draco s'assit sur un trône en face des deux tables. Chacun des huit conseillers s'assirent, quatre par quatre et Rogue commença :

- Les sorciers ont finalement déclaré la guerre.

- Ils sont fous, chuchota une jeune vampire rousse.

- Silence, grogna Draco très pressé. Blaise, explique-moi ce que vous aviez prévu de faire.

- Nous comptions nous battre.

- Sans mon accord !?

- Vous aviez disparu mon Roi, s'exclama la même jeune femme.

- J'ai dit silence !

Elle baissa vivement la tête.

- Je suis parti parce que j'ai appris par un loyal homme, plus loyal que vous, ce que vous comptiez faire de mon amant et désormais fiancé.

- Le sorcier pur est-il toujours en vie ? Demanda prestement Blaise.

- Il l'est en effet… mais j'ai dû le transformer suite à quelques… dommages irréparables de son corps…

- Il est vampire ? C'est impossible !

- C'est ce que je pensais aussi et pourtant, il est… Et maintenant j'aimerais quelques explications. Quand les sorciers attaqueront-ils ?

- La nuit prochaine…

- Que comptez-vous faire ?

- Les attaquer de front, le plus rapidement possible et ne pas les laisser se rassembler.

- Non.

- Quoi ?

- C'est inutile de les attaquer de front, j'ai déjà testé. Il possède un bouclier contre les morts. Lors de mon combat contre eux, j'ai pu le remarquer. Leurs différents sortilèges contre nous leur permettent non seulement de nous attaquer mais aussi de se défendre. Ils sont totalement inefficaces contre des humains ou des sorciers. Cependant… pour des non-vivants, c'est pratiquement impossible de les approcher.

Un silence pesant emplit la pièce.

- Comment pourrions-nous les combattre alors ?

- Je le sais. Vous alliez retirer les pouvoirs de mon fils n'est-ce pas ?

- Oui. Répondit Rogue en hochant humblement la tête.

- Comment ?

Le Conseil écarquilla les yeux, jamais auparavant, il n'avait fait cela. Divulguer quoique se soit sur leur pouvoir et surtout les montrer au Roi ! Ils savaient qu'ainsi ils perdraient toute utilité. Enfin, après quelques secondes d'hésitation, le Grand conseiller Rogue se leva brusquement et marcha longuement. Mais soudain le conseiller Granger se leva et s'écria :

- Tu ne peux pas faire ça, Severus ! Nous avons des lois.

- Et l'une des principales, la première et la plus importante, éructa-t-il, est d'obéir à son Roi !

- Silence, tous les deux. Continue Severus.

- C'est un outrage à…

Draco se leva immédiatement et attrapa le vampire qui s'était levé et le jeta contre un mur.

- Le prochain qui parle aura à faire à moi… Est-ce clair ? Severus ! Dépêche-toi, je perds patience.

L'homme regarda ses compatriotes un instant puis Draco qui fronça les sourcils puis il s'inclina et partit vers le fond de la pièce. Là, il y avait une porte qu'il ouvrit et pénétra. Rogue revint quelques secondes plus tard avec dans ses mains, une grande boîte violette. Draco se rapprocha, la curiosité piquée à vif. Rogue la lui tendit et il la prit.

- Qu'est-ce ?

- Les pouvoirs des sorciers…

Draco se retourna et la posa sur la table.

- Jamais nous n'avons touché.

- Pourquoi ?

- Par crainte ! Le seul vampire qui a essayé, un ancien conseiller avide de pouvoir, s'est désintégré en quelques poussières.

- Désintégré ?

- Une véritable boucherie…

- Ah…

Draco ouvrit la boîte et plissa les yeux. Dedans, il y avait quinze boules jaunes luminescentes et une totalement noire.

- Je suppose que la seizième était pour Gabriel. Chuchota Draco. Donc la quinzième est la mienne n'est-ce pas ?

Severus hocha la tête.

- Mais n'y touchait pas, mon Roi… On ne sait pas ce que…

Draco prit brusquement la pierre lisse dans ses mains. Celle-ci augmenta brusquement de luminosité. Elle effectua quelques clignotements avant de lentement s'éteindre. Draco quant à lui subit une brusquement montée de chaleur et d'adrénaline. Pire que lorsque Harry le toucher. Mais avec son amant, cela avait toujours été doux et affreusement délicieux. Alors que là, il ne ressentit presque aucun sentiment. Puis il eut alors une étrange sensation que jamais il n'avait senti. Il eut du mal à respirer et manqua de s'effondrer. Severus s'avança et le retint.

- Draco… murmura-t-il. Est-ce que ça va ?

Il hocha la tête.

- Waoh…

- Mon Roi.

Il regarda la boîte et murmura :

- Brûler tout ça…

- Quoi ! Mais !

- Plus aucun Dernier ne devrait perdre ses pouvoirs.

Severus se mit à sourire.

- Bien, mon Roi.

- Vous n'avez pas le droit d'agir à votre guise mon Roi ! Je suis désolé de vous manquer de respect mais il n'y a qu'une loi qui permettrait d'arrêter ce processus et celle-ci doit être votée par les conseillers !

Draco se retourna et la regarda longuement. Puis soudain il sourit.

- Très bien… Procédons à un vote !

Draco referma la boîte puis se rassit avec elle sur son trône. Il avait extrêmement mal à la tête et cela le troubla un peu lui qui n'avait jamais eut mal de sa vie.

- Pour ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, lève la main…

Il eut d'abord cinq mains hésitantes puis l'une d'elle se baissa rapidement et une autre peu de temps après. Le jeune conseiller tua du regard les lâches qui n'avaient pas suivi…

- Severus.

- Oui votre Majesté ?

- A l'issu de ce vote, tu me feras le plaisir de destituer les perdants.

- Quoi ? Mais… Majesté !

- Et comme, j'ai gagné je vais m'empresser de détruire tout cela. Par la suite, je vous expliquerais mon plan pour battre les sorciers et vous le ferez passer à tous les vampires. Draco se releva et en passant devant Severus se plia et murmura :

- A l'avenir… Trouves-toi de meilleurs conseillers.

- Oui Majesté…

Une fois dans sa chambre, Draco soupira. Il tendit l'ouïe et remarqua que tous s'étaient endormis car le soleil s'était levé. Mais lui pour la première fois n'avait pas du tout sommeil. Du moins, cela ne le prenait pas autant qu'avant. Le blond se coucha sur le lit et ferma les yeux. Il réfléchit intensément avant de se rappeler ce qu'il cherchait : Les cours d'Harry à Gabriel. Il puisa lentement sa magie hors de lui et rouvrit les yeux. Il était en train de voler ! Cela le surprit et il relâcha son sort ce qui le fit retomber sur le lit.

Se releva sur les coudes, il regarda qu'il n'avait pas fait une seule bêtise puis soudain se mit à rire. Le voilà demi-sorcier comme son fils. Il avait récupéré ses pouvoirs perdus et cela l'enchantait. Recouché dans le lit, il ferma à nouveau les yeux et s'endormit. Le lendemain soir aux premières ombres de la nuit, Draco se réveilla et se leva immédiatement. Il retourna dans la Grande Salle et murmura à travers tout le brouhaha de vampire :

- Silence !

Ils se turent tous. Alors qu'un vampire arriva en trombe.

- Ils sont là.

« Pourquoi le soir ? » Pensa Draco. Il grogna légèrement et demanda :

- Est-ce que tout le monde a le plan en tête ?

- Oui, firent-ils tous.

Draco réfléchit rapidement puis il hocha.

- Alors on y va…


Au même moment quelque part dans le désert du Texas, Cross avait regroupé tous ses vdA capables de se battre. Ils n'étaient qu'une petite centaine mais c'était déjà bien. Devant eux, Sirius guidait une vingtaine de sorcier. Il hocha la tête devant Cross et murmura :

- On se retrouve là-bas.

- Oui… Mais n'attaquez pas sans nous, mieux vaut-il que nous frappions tous ensemble !

Sur un nouvel hochement de tête de la part de Sirius et de l'Ordre du Phœnix, ils transplanèrent. Cross se tourna vers les siens et fit :

- Surtout, suivez-moi bien. Maintenant, j'en ai la certitude, tout se passera bien. Si vous voyez mon sort flancher, cachez vous dans les arbres avant la dématérialisation et restez y jusqu'à la fin ! Ne prenez aucun risque, je ne veux aucune perte !

Il eut beaucoup de mouvements de tête et de « oui » expressifs. Satisfait, Cross ferma les yeux et chuchota plus pour lui même que pour ces sujets :

- Bonne chance…

Brusquement, il eut une grande lumière blanche et tous les vdA perdirent leurs habits et se transformèrent en vapeur. C'était encore plus beau que ça. Une sorte de masse d'ombre blanche. La nuit dernière sous le bucher de fête, on aurait dit un immense dragon de feu. Maintenant c'est une véritable étoile qui vint illuminer le ciel bleu nuit. Paul s'approcha de Cross et fit :

- On te suit !

Cross sourit et s'envola avec rapidité, suivit des siens. Quiconque verrait ces personnes s'en aller avouerait quel magnifique spectacle ils étaient. C'est comme une traînée d'étoile filante qui brillait et éclairait rapidement les cieux. Cross vola de plus en plus vite afin d'être à la bataille avant que celle-ci ne commence.


Gabriel soupira. Il en avait assez de lire. Il trouvait cela barbant et souhaitait faire parti intégrante de l'histoire et non la survoler… Angel, un peu plus loin, se leva et vint le rejoindre.

- Je sais que c'est dur et long… mais il te faudra apprendre à être patient.

- Je le suis… mais le temps que je perds ici alors que mes parents et mon amant se battent m'horripile !

- Tu ne perds pas ton temps ici ! Ta présence est justifiée, tu dois t'en tenir.

- Ai-je le temps de tout apprendre ?

- Bien sûr… mais je ne vais pas rester ici longtemps…

- Cela te dérangerait pas d'attendre un jour ou deux de plus ?

- Gabriel, soupira-t-elle.

- Il faut que je sache comment ils vont !

- Ils vont bien, murmura-t-elle en faisant apparaître trois feuilles sur la table. Tu n'as qu'à lire leur vie !

- Il faut que je les aide !

- Tu ne peux pas ! Maintenant… et jusqu'à la fin, tu ne peux plus.

- Alors je ne veux pas être ton successeur…

Angel sourit.

- Ce n'est pas un choix… que tu peux avoir. Si tu ne le fais pas, personne ne le fera alors la Terre et ses espèces vont commencer à dérailler et… petit à petit… un à un… ils mourront.

Gabriel se mordit la lèvre et baissa les yeux vers les livres et les feuilles posaient devant lui. Il prit la feuille d'Harry et lut les deux premières lignes…

- Non… chuchota-t-il.

Il regarda Angel et se leva brusquement.

- Tu l'as envoyé dans la gueule du loup ! Hurla-t-il.

Angel frappa de ses paumes la table.

- Fermes-la et lit la suite ! Bon Dieu, et après on me demande pourquoi je n'aime pas les hommes !

Gabriel se rassit penaud et continua sa lecture.

- Tu vois… Si je n'avais pas fait cela ? Le monde aurait sombré…

- Et vous avec…

- Nous, Gabriel ! Maintenant, c'est nous…


Lorsqu'Harry se réveilla, sa tête était posée sur des genoux qu'il ne reconnut point. Mais… où était-il et que s'était-il passé ? Il ne se rappelait de rien du tout. Il ne pouvait même pas dire combien de temps il avait dormi. La dernière chose qu'il se rappelait était Tom qui le poussait dans les escaliers puis plus rien. Il était certain que s'il avait été humain il aurait eu des courbatures ! Harry se releva mais brusquement fut tiré par le bras. Il leva la tête rapidement et remarqua qu'il était sur Tom, lui-même installé sur un lit.

- Eh… Où vas-tu comme cela mon amour !?

Harry fronça les sourcils.

- Je suis désolé, M Jedusor. Je ne suis pas celui que vous croyez !

- Mike… Pourquoi dis-tu cela !?

- Monsieur…

- Voldemort ! Rugit-il brusquement, surprenant Harry. Je me nomme Voldemort maintenant et ferme-la !

Sa voix avait à nouveau changé d'intonation, comme si une nouvelle personne habitait son corps. Celui-ci se leva et jeta Harry par terre avec force. Mais le brun amortit sa chute, se retourna et, à quatre pattes, il montra les crocs, feulant comme un tigre en colère.

- Quel horreur… cingla Voldemort, méchant, un sourire dégoûté aux lèvres. Qu'as-tu fait du corps si pur de mon amour !

- Je ne suis pas Mikelange ! Accentua le vampire à terre.

- Bien sûr que tu l'es, murmura-t-il d'une voix beaucoup plus douce et tendre.

- Valérius ? S'étonna Harry en s'accroupissant.

- Oui !

Son visage plus que sa voix changea, il prit un teint beaucoup plus humain et moins gris. Ses yeux n'avaient plus l'air menaçant mais gai.

- Tu vois que tu me reconnais !

- Valérius, il faut que tu reste avec m…

- La ferme ! Quelle mauviette cet homme. Si je n'avais pas été là. Il serait déjà mort à l'heure qu'il est !

- M-mais vous êtes mort !

- Faux ! Si j'étais mort, te parlerais-je maintenant ?

- Non, je veux dire, il y a plus de deux milles ans vous êtes mort !

- Tsss… Mon corps fut peut-être mort mais comme j'étais un ange, mon esprit à sagement attendu le retour de mon amour. Et maintenant que je le vois enfin devant moi, que vois-je !? Un vampire écœurant !

- Vous en êtes un vous aussi ?

- La ferme !

Harry commençait à en avoir marre de se faire insulter de la sorte. Il voulut le remettre correctement à sa place mais Voldemort reprit plus vite la parole. Sauf que ce n'était pas du tout Voldemort.

- Je n'ai pas choisi… Mike, je suis désolé que tu me vois si impur…

- Valérius ! Restez avec moi, je vous en prie.

- Je suis désolé, il est bien trop fort… Stupide homme qui ne veut rester tranquille.

- Voldemort ! Je veux parler à Valérius. Laissez-le.

- Et moi, je veux retrouver mon Mike !

- Mais je ne suis pas Mikelange ! Je suis juste sa réincarnation… Je veux dire par là je suis un peu comme son ombre mais je ne suis pas le vrai… Je possède peut-être son essence… Mais je suis juste Harry ! Le vrai Harry…

- Tu mens ! C'est toi qui es faux ! Replace Mike et disparaît, tu as assez fait de mal comme cela.

- Écoutez, si Mikelange était en moi, je crois que cela fait longtemps que je lui aurais parlé, non ? Hors cela n'est jamais arrivé !

Voldemort ne dit rien puis se tourna vers la porte de la chambre et murmura :

- Suis-moi…

- Valérius ?

- Je vais te montrer, mon amour…

Harry se rapprocha mais resta un peu éloigné au cas d'une nouvelle crise. Ce qui ne tarda pas du tout. Il semblerait que des deux se soit Voldemort qui réussissent plus facilement à prendre possession de Tom. Il imaginait le combat intérieur que devait mener ces deux là, et n'osait se mettre à leur place.

- Tu n'aurais jamais dû le laisser te mordre. Grogna Voldemort.

- C'était soit cela, soit la mort.

- Les sorciers sont des incapables !

- Pourquoi avoir attendu ? Pourquoi ne pas être venu me chercher tout de suite…

Voldemort ne répondit pas pendant un long moment puis répéta :

- Les sorciers sont vraiment des incapables… Mais ils ne savaient pas… Ils auraient dû le savoir ! Hurla Voldemort en attrapant un vase et en le jetant contre un mur d'une seule poussée dévastatrice.

Harry, très perturbé, et il y avait de quoi, resta en retrait face à tant de vacillements entre les deux esprits. Voldemort entra dans une salle et Harry reconnut immédiatement le salon.

- On est chez…

- Dracula, oui ! C'est le seul endroit où tu pourras renaître, je le crains !

- Quoi ?

Harry n'en revenait pas. Alors cette maison avait aussi appartenu à Dracula. Cela devait pourtant être logique puisque que Draco était son descendant direct. Cependant il ne comprenait pas ce que Voldemort voulait dire par « renaître ». Devait-il encore mourir ! Cela n'en finissait plus ! Afin d'éclairer sa lanterne, Valérius rajouta comme dans un chuchotement.

- Mike… Où Mike pourra renaître…

Ils marchèrent pendant un long moment avant d'arriver dans une chambre vide. Harry ne savait même pas pourquoi il le suivait alors qu'à tout moment il pouvait s'enfuir en courant ou en se jetant par une fenêtre. Peut-être que la curiosité l'étreignait trop pour qu'il ne l'accompagne pas. En entrant dans la pièce, Voldemort se dirigea directement vers le mur du fond. Harry tenta une dernière fois de le raisonner et lui dit :

- Écoutez… Je sais que vous êtes déçu et sûrement en colère mais je vous assure…

- Mike… murmura Valérius, ne t'inquiètes pas, je ne te veux aucun mal mais juste que tu me reviennes.

- Je ne suis pas Mike ! S'écria Harry, excédé. Combien de fois dois-je vous le dire !

- Si tu te taisais, pauvre abruti, ce serait mieux.

Voldemort ouvrit soudainement une porte à travers le mur comme un passage secret introuvable et montra l'ouverture à Harry. Celui-ci hésita puis la curiosité l'emporta et il pénétra l'endroit non éclairé. Un premier pas de sa part fit brusquement allumer plusieurs flambeaux puis petit à petit, un à un, ils s'allumèrent tous.

D'abord il vit plusieurs objets, des tonnes, anodins, passant d'un vase à un bijou puis des habits, des chaussures. Plus Harry avançait dans ce long couloir et plus il trouvait cela bizarre puis il déboucha sur une nouvelle chambre poussiéreuse, pleine de toiles d'araignées. Le lit et tous les meubles possédaient une grosse couche de poussière. Les années avaient passé ici et personne n'était jamais venu… Harry leva les yeux et fit le tour de la pièce. Voldemort sourit et l'interpella.

- Regarde !

Il ferma lentement la porte et Harry écarquilla de plus en plus les yeux en ouvrant la bouche.

- Im… Impossible !

Sur la porte il y avait un tableau défraîchi, décrépi, légèrement déchiré par les années. La peinture était écaillée mais pourtant on pouvait toujours bien voir le dessin non sorcier car l'image ne bougeait pas. Il s'agissait de deux bruns se tenant main dans la main et prenant la pose. Il leur souriait de toutes leurs dents et l'on pouvait voir combien ils étaient heureux. Et quoique l'on dise, peu importe comment on les regardait, leurs visages les ressemblaient comme deux gouttes d'eau.

C'était Harry et Draco…