Chapitre 21 : Après la bataille d'un vampire.
Gabriel stoppa sa lecture et soupira :
- Ouf…
- Bien si tu es soulagé… tu peux peut-être reprendre le travail ?
- Attends ! Tu as dit que parfois cela changé.
- Bien sûr ! Cela ne s'arrête jamais de tourner.
- Et s'il changeait d'avis et que je ne le vois pas !?
- Cela ne risque pas ! Si cela change, alors obligatoirement tu seras averti et tu pourras lire le changement.
- Oulà… ça devient de plus en plus compliqué.
- Mais non ! Crois-moi, tu auras de quoi faire pour ces deux milles prochaines années !
Elle éclata de rire. Gabriel bouda légèrement et murmura :
- Je te hais !
- Allons, finis ton travail. Il ne me reste que deux jours pour t'aider et par la suite tu devras retourner sur Terre faire tout !
- Mais… dis-moi si Harry va changer d'avis !
- Je ne le sais pas plus que toi, je lis sa vie pas son esprit ! C'est lui qui le contrôle, pas moi.
- Tu le pourrais n'est-ce pas… ?
- C'est vrai… mais je n'utilise cette façon que pour sauver des espèces en voie de disparition pas les humains… aussi important soit-il…
Gabriel se mordit la lèvre et prit la feuille de Cross.
- Il est encore dans les airs.
Puis celle de Draco.
- La bataille débute.
- Tu peux la finir plus vite, lis la fin seulement.
- A quoi cela sert puisque cela va sûrement changer.
Angel sourit.
- Tu vois que tu commences à comprendre.
Gabriel lui tira la langue avant de revenir sur la feuille de son père.
- Père s'élança hors de la cité et conquit l'espace très rapidement. Il regarda au loin les sorciers à la baguette levé et à la cape noire…
… Selon son plan, seuls quelques vampires l'avaient accompagné à faire face au sorcier. Il vit au loin le Ministre de la Magie se parer d'un bouclier étrangement puissant. Ce n'est pas la force qui les ferait gagner, ça il le savait bien. Il pensa à Cross. Était-il arrivé à temps ? Arriverait-il à temps jusqu'ici. Il espérait que oui. Il fallait qu'il gagne un maximum de temps et il savait combien ce genre d'attente pouvait être longue… Draco se retourna et regarda chacun des vampires qui le faisait face, la tête haute et le cœur sans peur.
- Vous êtes prêt ? Murmura-t-il
Le sourire aux lèvres, ils hochèrent tous dans un mouvement unique. Rogue s'avança un peu, une grimace d'envie sur ses lèvres.
- Oh que oui ! Fit-il. On va enfin montrer à ses prétentieux que la magie ne fait pas tout, et qu'ils ne sont pas les espèces les plus forts qu'ils pensent l'être !
Le blond hocha la tête. Dans son oreille surdéveloppé, il entendit un oui de tout le monde alors Draco se retourna et s'écria :
- Sorciers ! Vous êtes cerné ! Rendez-vous et nous ne vous ferons aucun mal.
- C'est vous qui devez vous rendre ! Nous sommes plus nombreux et plus puissants que vous. Nous vous détruirons là et aucun ne sera épargné ! Pour tous les fuyards, nous vous traquerons jusqu'en enfer s'il le faut.
Draco ne répondit pas à cet affront. Il resta un petit moment stoïque, attendant que les sorciers fassent le premier pas. Mais le Ministre ne dit rien de plus. Brusquement, il eut une dizaine de lumières qui s'allumèrent, puis une centaine… puis un millier… Le blond fronça les sourcils. La seule explication à ses brusques lumières était que les sorciers souhaitaient les impressionner par leurs nombres mais cela ne fit que sourire Draco. Il murmura un : « Ouest. » pratiquement inaudible.
Et les vampires, aussi précis que des guépards chassant leur proie, s'approchèrent à une vitesse inconsidérée et les prirent par surprise. Un vampire télékinésiste arrachèrent leur baguette et les hommes sans défense se firent manger un à un. Ils utilisaient leur point faible que Draco leur avait parlé. Sans leur baguette, pas de bouclier anti-vampire. Alors il n'approchait pas des sorciers qui avaient encore des baguettes magiques. Certains pourtant tentaient d'arracher les baguettes de leurs mains mais très peu y arrivaient.
- Ne vous laissez surtout pas toucher par un bouclier ou un sort. Vous mourrez immédiatement, murmura Draco. Espérons qu'ils soient assez bêtes pour tenter de lancer un autre sort que celui-là…
Sauf qu'à peine la première attaque effectuée, les sorciers se mirent à attaquer à leur tour et les sorts pleuvaient. Draco tenta de les parer d'un sort de protection mais il n'avait testé qu'une fois donc le bouclier céda facilement.
- Comment Harry, fait-il grinça le blond.
Plusieurs vampire tombèrent à ses côtés il se mordit la lèvre. Heureusement les tirs étaient totalement au hasard, et les vampires s'en écartaient facilement. Draco ne pensa qu'à une chose : Gagner du temps !
- Nord, attaquez !
Les vampires obéirent et d'autres sorciers tombèrent. Pas assez pour Draco mais c'était déjà cela. Ils firent beaucoup plus de dégâts dans le camp adverse que eux ne faisait chez eux. Le blond regarda rapidement la bataille qui durait maintenant plus de vingt minutes. Derrière lui, les vampires grognaient, feulait. Il n'avait qu'une hâte : Partir aider les leurs. Cependant ils attendaient le signal de leur Roi.
Celui-ci sentit une brusque arrivée à ses côtés. C'était comme lorsque Harry et lui avaient transplanés. Un trop plein de magie qu'il ressentit grâce à sa propre toute nouvelle aura magique puis un trou dans l'espace creusé par la magie. Quelqu'un transplanait juste à sa droite. Quand il apparut, Draco attrapa l'homme directement par le cou et se mit à serrer lentement.
- Attends Draco ! Fit l'homme déjà essoufflé, la gorge broyée.
Le blond s'arrêta immédiatement et fronça les sourcils. Comment savait-il son nom ? Était-il un ami ou un ennemi. Il savait qu'en temps de bataille il ne devrait pas hésiter autant mais peut-être qu'Harry avait pu rejoindre Poudlard à temps et demander de l'aide aux sorciers ? Alors il interrogea l'homme du regard, le dévisageant en même temps. Il s'agissait d'un brun aux cheveux long, le visage caché par une barbe hirsute et des rides marquant les âges passés.
- Qui es-tu ? Sais-tu qu'il est dangereux de transplaner aux côtés de vampires aux crocs acérés ?
- Il est vrai et crois-moi, j'ai été le seul à me dévouer pour le faire mais nous n'avons pas le temps de discuter. Je m'appelle Sirius, je suis le parrain d'Harry.
Draco le lâcha immédiatement.
- Quoi ?
Enfin de compte il avait eu raison, Harry lui avait envoyé du renfort. L'espoir et le sourire lui revint. Ils avaient sûrement une chance si les sorciers les aidaient !
- On est là pour vous aider ! Confirma le brun en se massant la nuque. Décidément je finis toujours par être pris en joug moi ! Ajouta-t-il en grognant.
Draco jeta un œil vers la bataille. Il n'avait pas le temps de discuter. Il vérifierait tout cela plus tard. Surtout que ses vampires étaient en train de faillir. Si l'homme avait risqué sa vie pour venir lui parler, il ne pouvait que le croire et accepter son aide.
- Très bien…
- Nous avons coloré nos capes de rouges, c'est ainsi que vous nous reconnaitrez.
- S'il vous plait, dressez des boucliers autour des vampires ! Et essayez de retirer un maximum de baguettes aux sorciers. Désarmés, ils ne peuvent rien contre nous !
- D'accord.
Il disparut et quelques instants après, les vampires cessèrent de tomber comme des mouches. La contre-attaque porta ses fruits. Les sorciers mêlés aux vampires faisaient des ravages. Jamais on ne vit pareille coalition. Les sorciers ôtaient simplement la baguette des autres et les vampires faisaient le reste. En même temps, Sirius et ses compagnons déviaient les sorts et protégeait tant bien que mal les vampires de bouclier.
- Tout le monde attaque.
Les vampires derrière Draco se mirent à courir le plus rapidement possible pour gagner le cœur de la bataille. Le blond voulut les suivre mais Rogue refusa et le retint par le bras.
- Un Roi ne se bat pas !
- Je préfère me battre que de rester derrière…
Soudain, il eut une grande lumière et Draco leva la tête au dessus de lui. Ce qu'il vit l'éblouit au plus haut point. Il vit la traîné de lumière fondre brusquement vers les sorciers et passer rapidement dans le gros des capes noires. Une lumière s'écarta des autres et vint au côté de Draco puis il reprit forme. Le blond écarquilla les yeux et sourit.
- Cross !
- Bien sûr, père ! J'ai gagné alors !
- Oui, sourit-il. Je peux te prendre dans mes bras ?
- Je ne pense pas ! Je suis dématérialisé.
- Vous pouvez faire ça.
- Non, en aucun cas. A part si nous mourrions tous !
- Mais alors…
- C'est un des nombreux pouvoirs de Roi. Regarde comme c'est beau !
Ils se retournèrent sur le combat qui avait pris une grande tournure ! Maintenant, les sorciers se regroupaient en cercle. L'Ordre du Phénix ne tuait pas les siens mais les paralysait. Les vdA, quant à eux, passaient et repassaient entre les sorciers et capturaient les âmes une à une. Leurs corps sans âmes tombaient à terre aussi lourdement que des sacs de blé. Draco se tourna vers Cross et murmura :
- Merci ! Merci !
- Allons père ! C'est tout à fait normal. De plus, c'est notre petite vengeance à nous aussi ! Reste-là ! Je reviens.
Cross s'éleva et vola jusqu'au combat. Il remarqua que deux des siens avaient été touchés par des sorts ce qui voulaient dire que sa dématérialisation n'allait pas durer. Il fallait qu'il bluff. Il vola jusqu'à ce qu'il trouve celui qui l'avait trompé durant des années.
- Cross ! Hurla-t-il en le voyant.
- Rendez-vous ! Fit Cross où tous vos hommes vont être volés.
- Monsieur ! Monsieur, s'écria un sorcier, nous avons perdu, beaucoup de nos hommes transplanent, la peur au ventre.
Le Ministre eut un hurlement de rage.
- Tout ça est de ta faute Cross !
- Je vous avez prévenu que si vous tentiez encore de toucher à mon peuple, vous le payerez de votre vie !
Le Ministre leva sa baguette mais soudain il fut projeté au sol par une force supérieur. Il vit Draco à quatre pattes sur lui le retenir par la gorge et le bras.
- Tu ne feras plus jamais de mal à ma famille !
Il leva la main et le Ministre eut un rictus. Cross écarquilla les yeux en le voyant et s'enquit de pousser Draco qui roula quelques mètres avant de se redresser et de le regarder en écarquillant les yeux, ne comprenant pas son geste.
- Cross ?
- Il ne faut oublier son bouclier ! Expliqua le gris.
Celui-ci vit un à un ces vdA se matérialiser et aller se cacher. Ce sort avait vidé ses forces, il reprit forme humaine mais que très peu de temps. Son corps changea, grandit et prit la forme du démon qu'il était. Draco le regarda, abasourdi et s'écria encore :
- Cross !? Mais qu'est-ce que…
- Laisse-moi faire ! Fit-il avec une voix tellement grave qu'elle ne ressemblait plus du tout à celle de Cross mais à celle du Démon qui l'habitait.
Il vit le ministre se relever et Rogue s'approcher de Draco pour l'attraper par le bras. Il l'obligeait à retourner se cacher mais le blond ne le voulait pas. De toute façon, il le voyait bien, grâce à l'aide précieuse des vdA, les vampires et l'Ordre du Phénix étaient en train de mettre un terme à cette guerre. Alors il voulait rester avec son gendre afin de le voir triompher de l'abus qu'il avait subi.
Mais brusquement le Ministre envoya un sort vert sur le gris qui avait été distrait par l'arrivée de Rogue. Draco leva la main vers lui, puisqu'il ne pouvait faire que cela car le Grand conseiller le tenait encore et qu'il n'était pas habitué à ses pouvoirs, et cria un « non » animal. Cross qui ne put l'éviter, se reçut le sort en pleine poitrine. Il regarda longuement cet endroit mais rien ne vint. Pas de douleur, pas de mort… pas même une petite chatouille ou une baisse d'énergie.
Le Ministre le regarda avec stupeur et frayeur. Alors Cross sourit, un sourire que jamais vous ne voudriez rencontrer, pas même dans vos cauchemars les plus fous ! Il s'élança avec rapidité vers lui. Deux sorciers se plaça devant mais il les balaya d'un simple geste. Personne n'avait vu telle bête ! Plus grosse qu'un loup garou, plus rapide qu'un vampire, considérablement plus forte qu'un humain ! Il attrapa le Ministre par le col et le fit décoller sans forcer.
- Rappelle tes hommes et arrête cette guerre que tu perds !
- C'est impossible, le Roi est mort… Tu ne peux… l'être !
- Vois par toi-même !
La peur obligea le ministre à rester coi.
- Rappelle tes hommes ou je t'écartèle !
- Je… Je…
- ÇA SUFFIT ! S'écria une voix amplifiée.
Tous les combats éparpillés dans la grande forêt cessèrent immédiatement. Des vampires se relevaient, des sorciers blessés à coups de griffes et saignants reculaient. Les alliés prenaient place près des vampires, les vdA cachés derrière les arbres jetaient des regards curieux. Cross ayant toujours dans la main le ministre, se tourna vers un grand groupe de sorciers à cape rouge. A leur tête, nul autre que Dumbledore. Sirius s'approcha et sourit :
- Vous avez réussi !
- Oui !
Ils s'avancèrent jusqu'à Cross et Draco qui se dégageait enfin des mains de Rogue. Les sorciers en voyant le Démon reculèrent un peu plus et ceux de Dumbledore n'était pas très sur non plus. Sauf lui s'avança d'un pas franc jusqu'à lui. Il lui sourit.
- Vos majestés.
Il se pencha vers Cross et Draco.
- Je suis heureux de vous rencontrer enfin.
- Qui êtes-vous ?
- Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore ! Je suis le professeur… enfin l'ancien professeur d'Harry. Directeur de l'école orphelinat pour sorcier Poudlard.
- Oh, murmura Cross, alors c'est vous !
- Majesté, vous pouvez désormais le poser à terre. Il est maintenant aussi inoffensif qu'un bébé qui vient de naître !
Cross le jeta sans douceur près des pieds de Dumbledore.
- Il vous sauve la vie, grogna-t-il à son adresse.
Le vieil homme le regarda et fit :
- Nous sommes passés par le Ministère de la magie et nous avons décidé que cette purge des autres espèces a assez duré ! Scrimgeour, vous êtes relevé de vos fonctions. Et vous êtes accusé de tous les crimes que la Terre ait pu porter un jour ! Vous allé rester en prison… A vie…
Le Ministre, la gorge broyée, ne put se défendre. Dumbledore le stupéfixia.
- Emmenez-le !
Cross se retourna et de sa grosse voix s'écria.
- Nous avons gagné notre liberté !
Il fut acclamé, applaudi, autant par les siens que par les autres. Les sorciers adverses transplanèrent un à un. Là, on put voir la fin de la guerre. Tout ce qui se passa et qui se passerait par la suite… C'était ça le après… Parce que maintenant, dans les grands gestes, entre les corps blessés et meurtris, entre les visages ensanglantés… On ne voyait plus que la satisfaction d'une victoire bien méritée !
Dumbledore, pendant cet éclat, s'approcha de Draco qui souriait et applaudissait. Il s'arrêta et se pencha brusquement devant lui.
- Merci !
- Ce n'est pas à vous de me remercier mais plutôt à moi ! Merci de prendre soin d'Harry et de l'aimer et de le chérir comme vous le faites !
Draco sourit.
- Harry ! Vous l'avez vu, où est-il ? Il est ici ?
Le regard de Dumbledore s'assombrit et Draco cessa tous mouvements.
- Qui a-t-il ?
- Harry a disparu. Un vampire est venu ! Il a dit s'appeler Tom Jedusor puis il a entraîné Harry grâce à un portoloin. En allant au Ministère nous avons vu où ce portoloin allait… Cependant… personne ne peut approcher l'endroit.
- Où ? Où est-il ?
- Chez vous, Roi des Vampires…
Harry mit une main devant sa bouche et murmura « Impossible » à nouveau tout en reculant lentement. Les deux hommes le regardaient avec ce sourire qui faisait croire qu'au moment même où ils furent peints, ils devaient hocher la tête. Comme pour dire beaucoup plus tard à Harry devant eux : « Et si… » Mikelange était la réplique même d'Harry et Dracula pratiquement sauf qu'il avait des cheveux d'un noir profond et que Draco était blond.
- Bien sûr que c'est possible puisque tu es Mikelange ! Et je te l'ordonne, rends lui son corps !
Harry se tourna et secoua la tête.
- Je ne sais pas de quoi vous parlez mais cela n'a que trop duré ! J'en ai assez ! Laissez-moi partir !
- Mais Mike, tu ne comprends pas ! C'est le destin qui nous a rappelé ! Il fallait que nous soyons ensemble !
En disant cela, le vampire s'était rapproché et prit ses mains dans les siennes mais Harry en avait vraiment plus qu'assez. Il secoua la tête et fit :
- Tout ce que j'ai compris Valérius… C'est que Mike ne vous aimez pas !
Il retira ses mains brusquement.
- Et moi non plus !
Le visage de Tom Jedusor se transforma et il le poussa effroyablement fort.
- Si tu ne veux pas comprendre et te rendre de ton plein gré… alors nous t'y forcerons !
Harry atteint le mur d'en face avec grande violence et celui craquela. Il se rétablit dessus comme une araignée qui grimperait au plafond.
- Arrêtez ça, je ne veux pas faire de mal à l'homme que vous contrôlez !
- Oh, tu peux ! Cet homme est si laid ! Il ne vaut pas notre véritable forme mais qu'importe… je ferais avec. Cela sera suffisant pour que Mike m'apprécie.
- Tu m'agaces !
- C'est toi qui m'agaces ! Rends lui son corps où…
Il s'approcha bien trop rapidement pour qu'Harry le voie et l'attrapa par le cou et le ramena sur le sol.
- … je t'y forcerais !
Harry attrapa de ses deux mains celles de son agresseur. Il tira aussi fort qu'il put mais l'autre serrait de plus en plus. Bientôt Voldemort le lâcha d'une main et leva le poing, prêt à le frapper de toute la violence qu'il pourrait offrir. Mais soudain il le lâcha complètement et se prit la tête entre ses deux mains.
- Arrête ! Il ne faut pas lui faire du mal, arrête, arrête ! Raaaah ! Foutu Valérius ! Il ne peut se tenir tranquille deux secondes.
Il regarda Harry gisant à terre, qui le défiait des yeux.
- Bien sûr que je ne veux te faire du mal. Tu es l'homme que j'aime le plus au monde. Le seul d'ailleurs alors… Mike, si tu es là dedans, écoutes moi bien ! Tu as dans tes mains les pouvoirs de sauver toute la Terre ! Il te suffit juste d'apparaître et d'accepter mes sentiments… de revenir avec moi. Nous vivrons ensemble malgré le fait que nous soyons maintenant vampires et non des anges !
Harry releva brusquement la tête et dit :
- Il vous dit d'aller en enfer !
Et sauta rapidement droit vers la porte mais Voldemort le rejeta facilement de l'autre côté. Il revint à la charge, cherchant à tout prix de s'enfuir mais n'y arriva pas pour autant. Voldemort ricana.
- C'est inutile tu ne parviendras jamais à me battre ! Mike, c'est la dernière chance que je te laisse.
Harry sourit tristement.
- Il faut l'avouer, Mike ne t'aime tellement pas qu'il préfère sacrifier la Terre que de te revoir.
Voldemort hurla de rage.
- Tu viens de prononcer ta dernière parole, misérable humain !
Il fonça sur lui et Harry se redressa prêt à se battre. Mais soudainement il s'écroula juste au moment où Voldemort s'apprêter à le frapper. Celui-ci écarquilla les yeux mais jubila. Il prit le corps inanimé d'Harry et le posa sur le lit puis s'assit et caressa ses cheveux.
- Enfin… murmura-t-il. Enfin mon amour…
Harry écarquilla les yeux et regarda tout autour de lui. Il était dans un blanc, oui, tout était blanc.
- Eh oh !? Il y a quelqu'un ?
Sa voix résonnait dans le vide comme un écho qui n'a de fin.
- Oui… murmura une voix derrière lui.
C'était exactement la sienne et quand il se retourna se fut lui qu'il vit à un défaut. Il avait les yeux marron et portait une grande robe blanche, du même genre de celle de Cross à quelques tissus près. Harry le toisa…
- Mikelange ?
L'homme sourit tristement et hocha la tête.
- C'est toi qui ?
- Oui…
- Où sommes-nous ?
- En toi.
- Alors… C'est vrai… Je suis toi !?
- Non, tu es bien celui que tu prétends être… mais c'est moi qui suis toi !
- Mais alors ?
- Je suis désolé de mettre servi de toi…
- Pourquoi ne t'es-tu jamais montré auparavant ?
- Je ne voulais pas interférer dans ta vie.
- Pourquoi être venu alors ? Fit durement le brun.
Mikelange se mordit la lèvre. Son regard se fit triste et lointain. Cet homme semblait à la fois si accessible et si intouchable. Harry n'en revenait toujours pas de lui parler, c'était à peine croyable. De plus il y avait quelque chose chez lui d'attachant et d'émouvant. On avait presque envie de le prendre dans ses bras et de le serrer si fort. Alors Harry se dit… puisqu'il était son visage, est-ce ainsi que tous le regardaient. Est-ce ainsi qu'il le voyait. Aussi beau et touchant ?
- Je voulais juste le revoir une dernière fois…
La voix d'Harry s'adoucit.
- Dracula ?
Mikelange hocha la tête en fermant les yeux douloureusement.
- Mais il est mort.
- Je sais… Écoute, lors de ma mort, puisque j'étais un ange et non un humain, mon esprit et mon âme sont restés intacts. J'ai été sans vie et sans espoir pendant longtemps, j'ai vu tous nos enfants grandir avec plaisir mais j'ai aussi vu l'homme de ma vie mourir comme lui m'avait vu mourir. Je ne pouvais pas reprendre forme humain, impossible je n'étais que poussière. Alors juste avant de mourir, je l'ai mis là-dedans.
Il montra une petite cage de vdA qu'il sortit de sa toge.
- Comme tu peux le constater je me suis servi de la science des voleurs d'Âme. Pour protéger celle de mon âme sœur sauf que celle-ci, puisque je n'étais pas humain ni même âme, était endormie. Quand j'ai vu Draco pour la première fois cela m'a fait un grand choc. J'en aurais pleuré… j'ai perdu tous mes repères. Je l'ai regardé grandir avec une jalousie mordante à celui qui me volerait mon bien aimé. Lucius Malfoy avait appelé son fils ainsi en hommage à Dracula mais il ne savait rien… de sa ressemblance frappante avec lui, mis à part ses cheveux blonds. Je l'ai observé, jour et nuits je ne pouvais le quitter et puis un jour je n'ai pu résister… J'ai placé l'âme en lui alors qu'il dormait et je me suis glissé dans le corps d'une autre, d'un bébé tout juste né. C'était le seul moyen pour que je revienne puisque je n'étais rien… C'est pourquoi ton visage s'est calqué sur le mien quand tu as grandi et que tes actes ont parfois été un peu influencés. Je ne sais si le fait que tu ais été choisi soit de ma faute ou un pur hasard mais j'en fus réjoui.
- Pourquoi Angel voulait me tuer si elle savait que tu étais là aussi ?
- Parce que toi mort, je l'étais aussi et Valérius pareil… Sans que je le sache, ou plutôt que je m'en soucie, il avait acquis la même ascension que moi en mourant et s'était accroché à moi. Lors de mon réveil il fut envoyé sur un autre corps. Je n'ai appris sa présence quand même temps que toi. Tout ce que je voulais, c'était revoir et reparler à mon amour une dernière fois… mais cela n'est plus possible…
Harry regarda à terre puis s'écria :
- Si c'est possible !
- Harry…
- Je ne t'en veux pas, tu sais ! Je ne t'en veux pas de m'avoir choisi et de t'être caché en moi ! Je crois même que je te remercie ! Je sais ce qu'est d'aimer, je ferais la même chose, j'en suis sûr ! Prends mon corps, débarrasse-toi de Valérius et allons rejoindre Draco. Comme cela nous ferons sortir Dracula !
- Harry tu ne comprends pas ! Je ne peux me débarrasser de lui physiquement ! Pour le faire partir, je dois quitter ce monde. Collé à moi, il sera obligé de me suivre. C'est pour te dire merci et adieu que je t'ai amené ici.
- Attends ! Ne fais pas ça ! S'il te plait…
- C'est le seul moyen.
- Tu te trompes. Tu peux le revoir mais il va falloir que tu joues le jeu !
- Lequel ?
- Il faut que tu fasses semblant de l'aimer juste quelques jours et quand Draco te retrouvera, tu pourras enfin le revoir. Je te le promets.
- Je ne pourrais lui mentir, si je le vois.
- Fais un effort, toute cette attente ne doit être vaine !
Harry avait les larmes au bord des yeux.
- Votre histoire est aussi grande que la nôtre le sera et Draco m'en voudrait de ne pas avoir su convaincre ses ancêtres.
Mike hésita… Puis hocha la tête.
- Je ferais ce que je pourrais !
- Oui !
- Mais Harry… Si je contrôle ton corps. Il faudra que je te tue…
- Pourquoi ?
- Parce que je suis un ange, je ne peux être sali !
- Valérius est vampire pourtant.
- Valérius est corrompu par la haine et Voldemort. Son état d'ange est mort avec son corps. Pour moi, il en est tout autre. Pour revenir, il faudra que je te transforme.
- Peu importe, fait-le… Je ne sais combien on m'a tué et fait revivre, cela ne me dérange pas.
- Tu vivras à jamais dans un corps d'ange par la suite.
- Fais-le…
Mikelange hocha la tête.
- Juste une chose quand tu partiras, est-ce que je changerais !?
- Je ne pense pas ! Tout était toi, même si certaines émotions ont été parfois amplifiées ou quintuplées par moi. Par exemple le vrai amour que tu portes à Draco et réciproquement a été précipité par nous mais il était de même intensité qu'à l'origine.
- Tant mieux… murmura Harry.
Mikelange chuchota :
- Merci pour tout, Harry…
Le brun sourit :
- Tout va bien se passer… j'en suis certain !
Devant Voldemort, Harry s'éleva brusquement dans les airs. Il tourna pour être debout et ses bras se tendirent. Voldemort se leva et le regarda les yeux écarquillés. Le sang à l'intérieur de Harry se mit à chauffer, son cœur émit un battement puis un autre, et encore et encore… Il se remit à battre ! Sa peau lisse et crème reprit des couleurs. Et puis il eut un bruit de déchirure comme si on tirait trop fort sur un drap et qu'il cassait.
Du sang goutta sur le sol, tombant du corps d'Harry. Le vampire contourna lentement le corps d'Harry pour savoir ce qu'il se passait. Et là, il les vit. Petit à petit, elles grandissaient comme des cheveux à la puissance mille. Deux grandes ailes blanches, douces et soyeuses comme jamais. Quand elles furent ouvertes, elles battirent trois fois avant de se rétracter et disparaître, laissant derrière elles, deux déchirures placées sur les omoplates et des plumes qui voletaient dans toute la salle.
Le changement se termina par les habits, les lambeaux furent remplacés par la même robe blanche que Mike portait dans leur tête. Il lévita un court instant avant de retourner à terre. Ensuite… ensuite… Mike ouvrit les yeux. Des yeux d'un marron flamboyant. Voldemort ouvrit la bouche.
- Mike !
- Bonjour Valérius…
- C'est bien toi !
- Je veux parler à Valérius.
Voldemort hocha la tête et soudainement ses yeux s'embuèrent.
- Mike ! Tu ne sais pas combien je suis heu…
- Mikelange…
- Pardon ?
- Mon nom est Mikelange… Il n'y a qu'une personne qui ait le droit de m'appeler ainsi et c'est Dracula. Et tu le sais bien !
- Mike… je sais à quel point tu l'aimais mais maintenant il ne vit plus alors nous pourrions peut-être… vivre heureux tous les deux.
Mikelange ouvrit la bouche puis la referma. Il hocha subitement négativement la tête, les yeux fermés. Mentir, il ne le pouvait pas…
- Je suis désolé… Harry… chuchota-t-il.
Il releva la tête et fermement s'exclama.
- Valérius ! Je ne sais combien, comment et en quel langue te le dire. L'amour que tu portes pour moi est magnifique et attentionné mais je ne peux te le rendre ! Je n'aime qu'un homme. Peu importe sa mort ou que le temps passe ! Je n'aimerais que lui…
- Mike ! Tu n'es qu'un lâche. Tu te caches derrière cet amour pesant et faux pour ne pas voir ton véritable… Tais-toi !... Valérius ! Hurla Voldemort.
Mikelange ferma les yeux et baissa la tête. Il se mit alors à chuchoter. Plus pour lui même que pour le vampire qui maintenant se battait contre lui-même.
- Il est temps Valérius. Tu n'auras plus à souffrir de cet autre que tu t'es créé à tes dépends, perdu dans ton esprit… Nous allons tous les deux être effacés… Et toi Dracula, mon amour, mon aimé… je n'aurais pu te voir mais tu disparaîtras avec moi… nous allons laisser la jeunesse prendre le relai… Cette fin-là… n'est pas si mal… en fin de compte…
Mikelange ouvrit brusquement une bulle protectrice et s'engouffra à l'intérieur afin que Voldemort ne cherche à l'empêcher. Il fallait qu'il sauve cet homme qu'il avait appris à chérir comme son fils. Le pauvre qui n'avait eu le droit à ses parents. Voldemort commença à frapper rageusement des poings contre la paroi de verre. Puis soudainement avant que Mike ne commence quoi que se soit il y eut un tremblement.
Voldemort et Mikelange arrêtèrent tous gestes. Ils regardèrent ensemble le mur qui se craquelait. Un nouveau coup et la porte se dégonda légèrement. Enfin, plus que la porte, c'est tout le mur qui céda et s'effondra dans un torrent de pierres et de poussières qui troubla la vue à l'ouverture. Voldemort recula prudemment et gronda. Enfin, marchant d'un pas raide, les poings serrés, les vêtements salis, Draco apparut… Et Mikelange écarquilla les yeux.
- Dra-Dracula… murmura-t-il.
L'homme se stoppa brusquement et ses yeux se fermèrent. Quand il les rouvrit, il souriait ! Ses cheveux se teintèrent brusquement partant de la racine jusqu'aux pointes et devinrent d'un brun ténébreux.
- Mike…
Celui-ci eut un sourire éclatant. La boule s'ouvrit et forma un mur transparent qui sépara la pièce en deux, Valérius d'un côté, les deux amoureux de l'autre. Mikelange s'approcha doucement puis plus vite puis sauta sur l'homme.
- Le jour où tu m'as dit qu'il fallait que j'apprenne à aimer, je n'avais pas compris que c'était pour la vie et même au delà…
- Dra… Dracula ! Je suis tellement désolé !
Ils s'embrassèrent, des baisers papillons rapides mais amoureux. L'amour était palpable, un amour vieux de plus de milliers d'années d'attente. Mais Dracula savait qu'il n'aurait pas dû. Il savait qu'en ce moment même, ils empiétaient sur la vie d'autres et qu'ils n'avaient pas le droit à cela. Alors quand leurs cœurs eurent cessé de battre si fort et que leur étreinte se calma légèrement, il murmura :
- Mike… On ne peut pas rester…
- Je sais mon amour ! Tu ne peux savoir comment…
- Je sais… Quand je me suis réveillé dans ce corps je n'ai pas compris ce qu'il s'était passé aux abords. Je n'ai pas parlé et j'ai entendu pendant longtemps. Vingt et un ans à rester de marbre. Puis quand je t'ai vu, j'ai à moitié compris.
- Tu as remarqué comment-ils avaient déformé la vérité à propos de nous !?
- Oui, mais c'est fini grâce à eux… La vérité a éclaté. Nous devons partir maintenant… Tu le sais.
- Oui, je le sais… J'ai eu ce que je voulais, et comme je le disais, il faut laisser la jeunesse faire maintenant.
- Mike…
Il se mordit la lèvre.
- Quoique je me dise et quoique je me fasse comme raison, j'ai du mal à te perdre à nouveau.
- Tu ne me perds pas, nous partons ensemble !
Le brun finit par retrouver le sourire et hocha. Il se retourna vers Valérius et lui dit :
- Es-tu prêt ?
Celui-ci répondit en frappant encore des poings et hurlant des phrases inaudibles. Le mur transparent commença à se fissurer alors Mikelange se dit qu'il valait mieux se dépêcher.
- Je prends ça pour un « oui ».
Il se retourna à nouveau et sourit de toutes ses dents.
- Allons-y !
Dracula prit ses deux joues et l'embrassa fortement.
- Je t'aime...
- Mon amour…
Ils se mirent front contre front et fermèrent les yeux. Il eut un grand halo de lumière blanche autour d'eux et de Tom Jedusor. Les trois corps s'effondrèrent et le mur transparent s'effrita jusqu'à disparaître. Harry ouvrit ses yeux verts, la tête sur le torse de Draco, blond à nouveau, qui reprit connaissance à son tour.
- Harry ?
Ils regardèrent au dessus d'eux où les lumières brillaient encore.
- Bonne chance… entendirent-ils. Merci pour tout, Harry…
Puis plus rien. Draco sentit poindre le deuxième mal de tête de sa vie. Il regarda son amant qui souriait naïvement, heureux comme jamais.
- Euh… Tu me racontes, je n'ai pas tout compris… fit Draco. C'était pas toi que… et ce n'était pas moi qui t'embrassait… Ou ce n'était pas moi qui n'embrassais pas toi…
Derrière il y eut un bruit.
- Qu'est-ce que… fit une voix pâteuse puis un autre grand bruit, Tom Jedusor s'était évanoui.
Draco revint sur Harry et celui-ci se replaça souriant toujours comme un fou.
- Tu as gagné, murmura-t-il.
- Techniquement, c'est Cross qui a gagné… Il faudra accepter leur mariage.
- Je l'ai déjà fait.
- Moi pareil. Hum…
- Quoi ?
- Tu… Tu es en vie !
Le brun se redressa et chuchota chaudement contre son oreille
- Quel sens de l'observation !
Il se recoucha sur lui et l'embrassa doucement. Puis il se cala contre Draco, décidé à ne pas bouger autant qu'il le pouvait et murmura :
- C'est la troisième fois que l'on te raconte cette histoire…
- … Mais cette fois-ci, c'est du point de vue de Mikelange lui-même…
Gabriel sourit. Il se recula contre sa chaise et leva les bras qu'il mit derrière sa tête. Il souriait doucement, les yeux pétillants.
- Alors tout est bien qui finit bien ! Ça y est, c'est fini ! C'est fini !
Angel sourit.
- Et oui ! C'est pourquoi parfois on aime ce « métier »…
- Bon ! fit Gabriel en se levant, j'y vais ! Je vais aider Cross à reformer la cage !
- Non, Gabriel reste ici !
Le jeune homme éclata de rire en courant vers la sortie.
- Gabriel ! GABRIEL !
Angel soupira en hochant négativement la tête. Elle sourit puis se retourna. Elle marcha un long moment dans la bibliothèque rasant les étagères avant d'arriver au fond. Elle fouilla soudainement dans ses poches intérieures avant de sortir une plume. Devant elle un petit bureau se tenait, en bois, magnifiquement sculpté, la chaise non repliée comme si on l'avait utilisé il y a peu.
Un livre était posé dessus ouvert à ce qu'il semblerait être la dernière page et un encrier prônait au dessus de lui. Rien ne semblait avoir été mis au hasard comme si quelqu'un savait qu'elle irait s'asseoir la, que ce serait juste l'espace suffisant pour qu'elle se sente bien, et que l'encrier devait être ouvert car à la seconde même où elle s'assit, elle y trempa sa plume. Elle se pencha sans que ses cheveux ne touchent les feuilles du livre et se mit à écrire. Au bout de quelques minutes, elle se stoppa et murmura :
- Là, c'est fini…
Le livre comme envoûté par ses paroles se referma dans une brusque envolée de ses pages. Puis il s'envola lentement et Angel le suivit du regard. Il traversa la salle entière et s'enfuit comme s'il avait peur qu'on le rattrape. Avant qu'il ne traverse la fenêtre le livre s'arrêta et on put voir en grosses lettres dorées son titre : LE DERNIER DES VAMPIRES.
Fin
