Coucou!

J'aurais du vous poster ce chapitre la semaine dernière et j'en suis désolée. Le plus important c'est qu'il soit là aujourd'hui.

J'essaierais de faire en sorte qu'ils soient réguliers à partir de maintenant mais ce n'est pas toujours facile avec le travail engendré par mes cours et ma vie à côté.

Je voudrais remercier Anzele42100, Djianara, Sarah et Fanny.

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Angeoudemon50393: merci de ta review. Bises. Mary.

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Chapitre 12 - Papa

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POV Bella

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Mon père et moi étions installés sur les canapés du salon. Il était venu me chercher il y a quelques heures à la gare de Port Angeles. Après avoir mangé, nous nous sommes installés dans le salon. Je lui avais dit que j'avais quelque chose d'important à lui dire. Mais maintenant que j'étais face à lui, je ne savais pas par quoi commencer et encore moins comment lui dire. Je soupirais pour la énième fois et me passais la main dans les cheveux. Je voyais le regard de mon père se teinter de peur, d'appréhension et d'inquiétude. Il se leva et s'agenouilla face à moi.

- Bella, me dit-il doucement, tu ne peux pas me dire que tu veux me parler et ne rien me dire ensuite. Je vois bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas mais je ne pourrais pas t'aider si tu ne me dis rien. Je ne suis pas dupe tu sais, savoir que tu viens ici alors que tu as emménagé à Walnut Creek il y a à peine quelques mois veux dire que tu cherches à échapper à quelque chose.

Il me caressa doucement le visage et remit une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. Il m'aimait autant que je l'aimais et je regrettais d'avoir à lui apprendre tout ça. Il en voudra à Emmett et je ne sais pas s'il pourra un jour lui pardonner. Je soupirais et me lançais.

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POV Charlie.

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J'avais l'impression qu'elle avait maigrit. Elle me paraissait plus pale que la dernière fois où nous nous sommes vus.

- J'ai un petit ami, souffla-t-elle doucement.

Je hochais la tête et serrais sa main. Je n'y voyais pas d'inconvénients et je savais qu'elle me le présenterait une fois prête.

- Il est porteur d'une maladie et je ne l'ai apprit qu'il y a bientôt deux semaines.

Les larmes affluèrent et elle cligna des yeux plusieurs fois. Une perle salée glissa sur sa peau et une autre la suivit. Cet homme faisait souffrir mon bébé. Je les essuyais lentement et attendis la suite, le cœur battant la chamade. Avait-elle dit une maladie? Mon dieux, ne…

- C'est le Sida, papa.

Je me figeais et la regardais. Elle fuyait mon regard mais je pris son visage dans mes mains et la força à le faire. Mon bébé ne pouvait pas avoir cette maladie, elle avait à peine 25 ans, elle ne pouvait pas mourir de cette façon.

- Depuis combien de temps es-tu avec lui? Lui dis-je plus durement que voulu.

- Un peu plus de trois mois et demi, murmura-t-elle.

Une foule de sentiments bataillaient en moi. Je voulais tuer cet homme qui avait mit en danger ma fille. Je lui en voulais de ne rien lui avoir dit, je lui en voulais de ne pas lui avoir laissé le choix. Une rage sourde montait en moi et je me relevais rapidement. Ma petite fille me retint par le poignet. Lorsque mon regard croisa son visage baigné de larmes, toute cette rage fondit comme neige au soleil. Elle avait besoin de moi maintenant. Je me remis dans ma position précédente et lui caressais tendrement les cheveux.

- As-tu… sais-tu si… tu en es atteinte? Lui demandais-je doucement. Dis moi que vous vous êtes protégés à chaque fois, Bella, dis le moi… répétais-je désespérément.

Je sentais mes propres larmes affluer à mes yeux. Elle posa sa main contre ma joue et me la caressa doucement.

- Toutes… sauf une seule fois.

Je me laissais retomber sur le sol et la fixa d'un regard vide. Elle semblait si triste, si fragile, si perdue… Ma petite fille, mon bébé…

- Et cette seule fois a suffit pour que je tombe enceinte.

Mon cœur rata un battement alors qu'une lueur de folie passa dans mon regard. Je me relevais rapidement et encerclais ses bras de mes mains.

- Dis moi que c'est une blague Bella, dis moi que tout ceci n'est qu'un cauchemar, dis moi que tu n'es pas enceinte et atteinte du Sida, dis moi Bella! Lui hurlais-je dessus.

Elle releva son regard larmoyant et terrifié dans le mien.

- Je ne sais pas si je suis atteinte du sida ou non mais je suis bien enceinte… de 7 semaines. Ce sont des jumeaux.

Je la relâchais, complètement incrédule à ses paroles. M'asseyant au sol, je laissais mes larmes couler. Bella se déplaça et m'encercla le cou. Elle posa sa tête sur mon épaule alors que j'enserrais ses mains des miennes. J'allais devenir grand père pour la première fois à 55 ans, c'était le plus beau jour de ma vie, mais mon bébé ne pouvait pas ne pas être présente pour eux.

- J'en veux à Emmett pour ne m'avoir rien dit, je lui en veux pour m'avoir fait encourir le risque de l'avoir à chacun de nos rapports. Mais il a toujours fait en sorte que nous soyons protégés les autres fois et…

- Il a fallut d'une fois Bella! Hurlais-je en me dégageant de son étreinte. Une seule fois! Les autres ne comptent pas!

Elle se releva en s'appuyant sur le canapé. Elle vrilla son regard éteint dans le mien.

- Je le sais papa, j'en suis parfaitement consciente. J'en ai parlé à Emmett et peu importe les résultats de la prise de sang que j'effectuerais d'ici 5 semaines, je porterais cette grossesse à terme. Mes médecins m'ont assurés que ma grossesse gémellaire aurait été suivie de près de toute manière. Ils me parleront des mesures à prendre ou non lors des résultats de la prise de sang.

- Et lui, qu'est-ce qu'il pense de tout ça? L'attaquais-je.

- Après que j'ai apprit pour sa maladie, j'avais besoin de réfléchir aux suites à donner. Le lendemain de l'annonce, j'ai lu les résultats de la prise de sang que j'ai faite en complément du test de grossesse et ils étaient positifs. Je ne l'ai plus revu durant une semaine et je n'ai pas non plus répondu lorsqu'il est venu me voir à la maison ou a tenté de m'appeler. J'ai fini par me présenter à son bureau, je lui ai annoncé et je suis partie. Je lui ai laissé le choix de participer à cette grossesse ou non. Que je le veuille ou non, ces enfants sont les siens et le fruit de l'amour que nous nous portons.

- Ne me parle pas d'amour alors qu'il est complètement responsable de la situation! Hurlais-je.

Elle sursauta.

- Pourtant c'est le cas, ajouta-t-elle en me fixant de ses yeux caramel larmoyants.

Et comme lorsqu'elle était petite, son regard me fit fondre. Je la revoyais un jour où elle était rentrée de l'école, sa petite frimousse était baignée de larmes et son visage encerclé par deux nattes maladroitement faites était légèrement sali. Son manteau était ouvert et son sac tenait par miracle sur ses épaules. Son jean et son pull portaient des traces de boue. Reniflant, les lèvres tordues sous l'effet de nouveaux pleurs, elle avait tendu ses bras vers moi et je l'avais prise, la serrant fort contre moi en lui promettant que je serais toujours là pour elle quoiqu'elle fasse, quoiqu'elle me dise, quoiqu'elle ait. J'avais à nouveau devant moi cette petite fille. Son visage était baigné de larmes, elle reniflait de temps à autres et contenait ses pleurs le plus possible. Ses bras étaient étendus le long de son corps et son regard me suppliait de ne pas la laisser, de ne pas l'abandonner… Chose que je ne ferais jamais, peu importe ce qu'il se passera. Isabella, ma petite Bella sera et restera toujours ma petite fille, mon bébé…

- C'est de l'inconscience Bella, dis-je en la prenant dans mes bras. Tu ne peux pas savoir à quel point je suis heureux de devenir grand père, mais de savoir que cet homme t'a mise en danger m'est inconcevable. Tu es ma petite fille et j'ai l'impression d'avoir faillit à ma tâche. Je n'ai pas su te protéger comme il se le devait.

Elle me sourit doucement et caressa ma joue.

- Je suis sure que tout finira par s'arranger… d'une manière ou d'une autre.

- Tu ne peux pas dire ça alors que je risque de te perdre, dis-je en la serrant plus fortement contre moi.

- Pour l'instant rien n'est sur et si je venais à avoir le Sida, si je venais à en mourir…

J'étouffais un sanglot et resserrais ma prise sur son corps.

- Je souhaiterais que tu sois présent pour les enfants, j'aimerais que tu les connaisses et que…

- Chuuuuuut… chuchotais-je en la berçant.

Je ne voulais pas en entendre parler. Comment demander à un père aimant plus que tout au monde sa seule fille d'accepter la mort de cette dernière? Comment demander à un père d'accepter tout ce que sa fille pourrait lui demander? Comment accepter la mort de ma chair et de mon sang?

Comme lorsqu'elle était adolescente et qu'elle avait un problème de cœur, elle pleura sur mon épaule alors que je la berçais doucement, lui murmurant des paroles dont je n'avais moi-même aucune croyance.

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Nous étions installés sur les canapés et elle ne pleurait plus depuis peu.

- Je sais que ce n'est pas le moment de parler de ça mais… qu'en pensent ses parents? M'enquis-je doucement.

- Oh… laissa-t-elle échapper.

Apparemment tout n'allait pas bien de ce côté ci non plus. Je commençais à craindre le pire.

- A vrai dire, je n'ai vu ses parents que trois fois. La première était le jour où Emmett et moi devions aller chercher son neveu, la deuxième lors de l'accouchement de sa sœur Alice et la troisième pour l'anniversaire de Nathan… sur ces trois fois, ils m'ont clairement fait comprendre que j'étais l'indésirable du rassemblement familial.

Je serrais les poings et les dents. Ne dit-on pas tel père tel fils? Ils faisaient souffrir ma fille autant que leur fils le faisait.

- Je suis sure que ce sont des personnes formidables mais ils doivent avoir peur… continua-t-elle.

- Bella, il faut que tu arrêtes de toujours voir le meilleur chez toute personne que tu croises. S'ils t'ont traitée ainsi c'est qu'ils savaient parfaitement ce qu'ils faisaient, dis-je plus durement que voulu.

- Peut-être… soupira-t-elle.

- Penses un peu aux bébés. Tu n'es plus seule maintenant… commençais-je.

Je m'agenouillais en face d'elle. Je pris ses mains dans les miennes et les posais sur son ventre.

- Penses tu que tu pourras supporter de les voir traiter différemment tes enfants? Penses tu que tu pourras supporter leurs remarques sur la manière dont tu les élèveras? Crois tu que tu pourras longtemps supporter des situations comme tu les as vécues jusque là? Peux-tu seulement penser au fait de les voir porter tes enfants? Est-ce que tu supporteras le regard qu'ils ont sur votre couple, sur tes enfants? Il faut que tu penses à toi mais aussi à eux maintenant, tu n'es plus seule et ce qui compte désormais c'est ton bien être. Sois un peu égoïste et pense à toi.

Je savais comment mon bébé fonctionnait, je savais qu'elle leur chercherait des excuses et leur tendrait la main même s'ils la traitent comme une malpropre.

- Tu sais, soupira-t-elle. Emmett m'a avoué que ça à fait trois ans qu'il avait cette maladie. Sa petite amie l'a laissé tomber dans le centre d'examens et il n'a plus jamais entendu parler d'elle. Le jour de son anniversaire, il a été chercher ses résultats. C'est à partir de ce jour, je pense que ses parents ont commencé à l'exclure de la famille. Je ne lui cherche pas d'excuses comme tu pourrais le penser, je cherche seulement à te prouver qu'Emmett n'est pas un homme insensible à tout ce qu'il se passe. Avant que l'on ne se connaisse, je me doute qu'il cherchait à garder un lien avec sa famille, peut importe ce qu'il aurait pu vivre. Il avait besoin d'eux pour se raccrocher à la vie. Il devait être conscient de ce qu'il se passait mais, si tu l'avais connu aussi… coléreux, presque inhumain, froid et arrogant comme je l'ai connu, tu prendrais conscience que désormais il sait que ses parents sont en partie les responsables de son enfermement sur lui-même.

Elle vrilla son regard, auparavant absent dans le mien.

- Il pensait qu'en suivant leurs conseils il arriverait à garder un semblant de vie mais ça a été le contraire. J'ai pu le voir changer jour après jour, j'ai pu apprécier la personne douce, attentive et protectrice qu'il est. Il a toujours fait passer mes besoins avant les siens, il a toujours fait en sorte que je n'ai pas froid lorsque l'on sortait ensemble, il me donnait son manteau et avait de tas de petites attentions. Il se fichait des conséquences et je comprends désormais que ma vie, notre amour, notre couple, ce lien qui nous unit est plus fort que tout pour lui. Un simple rhume peut l'emmener directement à l'hôpital, papa, il a en quelque sorte risqué sa vie… pour moi.

Je ne savais plus quoi penser de cet Emmett. D'après ce que ma fille me disait, il semblait sincèrement amoureux d'elle, il la protégeait comme je le faisais pour la mère de ma fille, il faisait passer les priorités de la femme qu'il aime avant les siennes. Il risquait sa vie pour elle. Mais il a aussi risqué la vie de ma propre fille et celle de mes petits enfants alors qu'il ne savait pas encore qu'ils étaient là. Je ne pouvais pas lui en tenir rigueur mais une partie de moi ne pouvait encaisser cette information.

- Tu sais papa, je ne me mêlerais pas des liens entre Emmett et sa famille mais tu as raison, je ne dois plus les revoir et les bébés, une fois qu'ils seront là, aussi. Je priverais peut-être la famille à Emmett de voir nos enfants mais c'est la meilleure chose à faire. C'est surement méchant et sans cœur de le dire mais…

- Tu n'es ni méchante, ni sans cœur, tu es ma petite fille et tu as prit la meilleure décision possible, la rassurais-je.

- J'espère sincèrement que tu as raison, mais que vais-je faire si Emmett reprend contact avec moi? Comment lui expliquer? Paniqua-t-elle.

- Tu trouveras le moment venu mais gardes en tête que c'est pour le bien être de ces petites crevettes que tu portes en toi, souris-je.

Elle rit et me serra dans ses bras.

- Je t'aime papa, souffla-t-elle. Merci d'être là pour moi, merci de ne pas me juger et merci pour m'aider à y voir plus clair.

Tout ce que je trouvais à faire, fut de la serrer un peu plus dans mes bras. Ma petite fille restera ma petite fille, peu m'importe ce qu'il peut être en elle ou non. Elle allait devenir mère d'ici peu et faire de moi l'homme le plus fière qu'eut porté cette terre, le père et le grand père le plus aimant qu'elle n'ait jamais vu. Parce quoiqu'il arrive d'ici cinq semaines, quelque soit le résultat, je l'aimerais toujours autant, tout comme je protégerais et aimerais ces enfants lors de leur venue au monde.

Je risquais de perdre ma fille, peut-être pas tout de suite ou peut-être pas tout court. Mais ces enfants connaitront au moins leur grand père Charlie, leur grand-mère Renée et leur second grand père Phil. Ils n'auront jamais d'autres grands parents, j'en fais le serment. Je n'accepterais pas que ce qui lui sert de belle famille se risque à martyriser mon bébé. Je trouverais bien un moment pour discuter avec Emmett et lui faire comprendre mon point de vue sur la situation ainsi que vérifier ses intentions envers ma fille et leur future famille et vie de couple.

Il n'était peut-être plus figure de fils pour les Cullen mais il n'en restait pas moins le père des enfants que portait ma fille, l 'homme qu'elle aimait et que je le veuille ou non, ce nouveau gendre, mon nouvel enfant, mon fils. Son père ne l'aimait peut-être plus mais je suis sur que je serais capable de le faire pour deux… en quelque sorte.

Nous finîmes par parler encore un peu, et, après ma demande, elle m'expliqua plus en précision tout ce qu'il s'est passé depuis sa rencontre avec Emmett, en laissant néanmoins de côté quelques passages pour le moins… privés.

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Et voilà pour ce chapitre, qu'en avez-vous pensé?

Tout ne peut pas nécessairement vous paraitre clair mais je suis la pour répondre à vos questions si le besoin s'en fait, si vous avez besoin d'un éclaircissement.

A la semaine prochaine.

Bises.

Mary.