Coucou tout le monde!
Je suis désolée de mon retard de poste mais j'avais un travail à finir absolument pour lundi.
Je vous remercie pour vos MP, vos reviews et vos mises en alertes.
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Charlene: je te remercie de ta review et pour le stage. La suite tout de suite. J'espère néanmoins qu'elle te conviendra! :D bises. Mary.
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Keshya: Eh bien je te remercie et j'espère que la suite te plaira aussi. Je te remercie de tous ces beaux compliments! :D Pour ce qui est de savoir si tout se fini bien, je te laisse le découvrir dans les prochains chapitres. Bises. Mary.
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Mia: Comme pour Keshya, je te laisse découvrir la suite des aventures de Bella et Emmett dans les prochains chapitres. Merci de ta review. Bises. Mary.
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Fanny: Mais de rien! :D Je sais que je suis gentille aussi lol! Merci de ta review. Bises. Mary.
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Nana: Eh bien, tes questions auront des réponses dans ce chapitre. Merci de ta review. Bises. Mary.
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Audrey: Aro est effectivement sympa dans cette fic'. Non je ne coupe pas à cet endroit et pour les bébés, tu auras ta réponse dans ce chapitre. Oui mon stage se déroule bien et je dois dire que pour un premier jour ça me plait assez bien. Merci de ta review. Bises. Mary.
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Althea: Eh bien je te remercie de tous ces petits compliments sur cette fic'. Crois bien que si je commence une fic' c'est pour la finir, peut importe le temps que je mettrais à le faire. :D Sache qu'en ce qui concerne cette fic', je la reprendrais à Noël ou un peu après, tout dépendra par la suite. Et oui il est possible que je fasse un chapitre plus long. Celui-ci doit faire le double de ce que je fais d'habitude donc j'espère que ça te suffira! :D Merci de ta review et au plaisir de te relire bientôt! Bises. Mary.
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Popo: à quoi t'attendais-tu dans ce cas? Merci de ta review. Bises. Mary.
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Comme on me l'a demandé, voici un chapitre plus long que d'habitude.
Merci à Anzele42100, Fanny, Sarah et Djianara.
Bonne lecture!
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Chapitre 18 - Tout est perdu…
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POV Emmett
L'attente à l'hôpital était la plus longue et insupportable qu'il soit. Ces couloirs aseptisés, ces infirmières souriantes déambulant dans les couloirs et vous demandant si vous avez besoin de quelque chose, qu'il ne faut pas hésiter à le demander si le besoin s'en fait.
Ce que je voulais, personne ne pouvait me le donner. J'avais pu voir les médecins qui suivaient Bella de près entrer rapidement au bloc. Et j'étais resté là, les bras ballants et seul dans ce couloir en attendant encore et toujours des nouvelles.
J'avais prévenu son père qui avait immédiatement prit le premier avion. Il s'était chargé de la mère de Bella et il m'avait rappelé pour me dire qu'elle rentrerait le plus tôt possible. Étaient ensuite venus Angela et son petit ami. Elle n'était pas en service et m'avait assuré qu'elle serait là rapidement. Je m'en voulais déjà de l'avoir réveillée si tard et lui ais seulement dit qu'elle ferait mieux de ne venir ici que demain matin.
Cela faisait trois heures que je fixais incessamment la pendule devant moi. Trois heures que nous étions arrivés dans cet hôpital. L'ambulance dans laquelle se trouvait Bella avait été suivie par celle contenant Nathan. Nous nous étions séparés à peine arrivés dans le hall des urgences. Seul Nathan comptait pour eux, seul Nathan faisait partie de leur famille. Je n'étais plus rien pour eux désormais… ils ne seront plus rien pour moi aussi. J'y avais vu là une séparation définitive. Pas un seul regard vers nous, pas une seule parole ni aucun signe.
Bella avait mit sa propre vie en danger pour Nathan, elle avait mit la vie des bébés en danger pour retrouver mon neveu. Depuis que nous avions franchit le pas de cette maison elle avait été soumise à un stress important. Les pics de mon père, la confrontation avec mon frère. J'aurais du intervenir, nous aurions du partir, j'aurais du la forcer à le faire.
Une infirmière vint me voir et m'indiqua que Bella avait finalement été transportée dans une chambre. Je ne sais pas combien de temps j'étais resté assit dans ce couloir à attendre…
Regardant par la vitre installée sur la porte, je ne l'avais jamais trouvée aussi fragile et fatiguée. Mais avant que je n'ai pu pousser un peu plus mon examen, un homme en blouse blanche vint vers moi.
- Etes-vous Mr Cullen le compagnon de Mlle Swan?
- Oui, dis-je d'une voix enrouée.
- Je suis le docteur Newton.
Je m'éclaircis la gorge et attendis.
- L'intervention pratiquée sur votre compagne a été une réussite. Nous avons arrêter l'hémorragie. Elle et les bébés sont en aussi bonne santé qu'ils peuvent l'être aux vues de ce qui vient d'arriver. Néanmoins je dois vous dire qu'il y a certains risques pour la poursuite de la grossesse et qu'il lui faudra un maximum de repos une fois qu'elle sera réveillée et sortie de l'hôpital. Elle ne pourra plus travailler, ne pas être soumise à de grandes émotions, ni faire le moindre grand effort jusqu'à l'accouchement. J'ai d'ors et déjà pu parler à son chef de service et il l'a mise en arrêt dès maintenant, il faudra seulement qu'elle passe le voir avant de sortir. Vous savez, ces bébés sont coriaces et elle aussi. Tout l'hôpital vous soutient, ne l'oubliez pas. Elle est une collègue appréciée et toujours souriante bien qu'elle ne soit ici que depuis peu.
Je hochais la tête, incapable de dire quoique ce soit d'autre.
- Elle va commencer son troisième mois d'ici trois semaines, assurez vous de lui prendre un rendez vous pour la prise de sang du test et son suivit gynéco-obstétrique.
- Et… en ce qui concerne sa grossesse, hésitais-je en jetant un coup d'œil par la vitre.
- Comme je vous l'ai dit plus tôt elle aura besoin de repos. Evitez les grandes marches durant quelques jours, les situations stressantes ou contrariantes, il faudra aussi qu'elle surveille son alimentation de plus près mais le plus important c'est qu'elle sache que vous soyez à ses côtés et lui montriez que vous serez là pour elle. Je sais que vous travaillez surement mais dès que vous le pouvez, passez un moment au calme avec elle, parlez aux bébés… il faut que vous repreniez une vie qui se rapproche de la normale. Pour ce qui est des relations sexuelles, je dois dire qu'il faudra que vous attendiez deux semaines. Je sais que ce ne sera pas facile, mais une fois ce temps écoulé, vous pourrez vous y remettre… avec plus de douceur, certes, mais ce ne sera pas infaisable.
Je le regardais un peu hébété.
- Je sais que vous devez penser que je ne sais pas de quoi je parle mais, il y a trois ans, c'est ma femme qui s'était retrouvée, enceinte de nos jumeaux dans l'une de ces chambres. Vous devez certainement penser que tout est de votre faute et que si vous aviez fait plus attention elle n'en serait pas là. Mais ce n'est pas votre faute et ça ne le sera jamais. Agissez avec elle le plus naturellement possible, elle le sentira inévitablement que vous vous sentirez coupable mais c'est elle qui le sera. Rassurez la et restez à ses côtés, c'est le mieux pour vous et pour elle.
Je hochais finalement la tête alors qu'il partait après un dernier regard sur ma petite personne. Immanquablement, je regardais à nouveau mon ange allongée sur ce lit. Une infirmière et l'un de ses docteurs vérifiaient les divers branchements des machines entre Bella et ces dernières avant de bien la recouvrir de son drap. Ils sortirent de la pièce à l'instant où j'y entrais. Je restais figé un instant avant de finalement m'installer auprès d'elle. Je poussais la chaise près de son lit, m'y assis et pris sa main dans la mienne.
Je sortis des effluves du sommeil par une légère caresse sur mes cheveux. J'ouvris les yeux en grands au souvenir de ce qu'il s'était passé hier. Je me redressais rapidement et la pris dans mes bras avant de l'embrasser. Je la sentis sourire contre mes lèvres.
- Moi aussi je suis heureuse de te voir, chuchota-t-elle.
- Tu ne peux pas savoir comment j'ai eu peur de vous perdre toi et les bébés.
Je m'assis sur le lit et observais ses prunelles brunes. Elles s'humidifièrent lentement.
- Je suis désolée, j'aurais du faire plus attention. Je ne voulais pas faire de mal aux bébés. C'est seulement que je voulais tellement retrouver Nathan que…
- Chut, ce n'est pas de ta faute, dis-je en la berçant doucement. Le principal c'est que toi et les bébés alliez bien.
- Alors ils n'ont vraiment, vraiment rien? Me demanda-t-elle inquiète.
- Oui, ils n'ont vraiment vraiment rien, souris-je doucement. J'ai parlé à l'un de tes médecins et tu dois te reposer le plus possible désormais. Pas d'efforts pendant au moins une semaine, pas de marche ni de port d'objets lourds. Tu vas être mise en arrêt de travail jusqu'à l'accouchement, il faut seulement que tu passes voir ton chef de service avant de quitter l'hôpital. Tu dois te reposer un maximum. Oh! Et… pas de sexe pendant deux semaines, ajoutais-je sur une note plus légère.
Elle rit doucement après avoir gémit de frustration.
- Ton père ne devrait pas tarder à arriver avec Aro, il a aussi prévenu ta mère et je pense qu'Angela et Ben passeront te voir bientôt.
Elle entremêla ses doigts aux miens et les posa sur son ventre qu'elle avait découvert du drap. Je caressais doucement sa peau caramel et elle soupira de bonheur avant de fermer les yeux un moment. Sa main caressait elle aussi la mienne.
- Comment va Nathan? Me demanda-t-elle ensuite.
- Je n'en ai aucune idée. Je suis resté à ton chevet depuis hier soir.
Le silence prit place.
- Tu n'as pas à t'en vouloir, tu le sais ça? Me dit-elle soudainement, toujours les yeux clos.
- Crois bien que ton médecin m'a déjà fait la morale, lui dis-je doucement.
Elle sourit franchement et détourna le visage lorsque la porte de la chambre s'ouvrit sur son père, Aro, une femme et un autre homme. Je voulu me dégager mais elle me retint. Ils se mirent tous de l'autre côté du lit à l'exception de l'autre homme qui vint se placer derrière moi.
- Oh mon dieu ma chérie comment vas-tu? S'écria celle que je pensais être Renée, la mère de Bella.
- Assez bien, lui répondit mon ange.
- Oh et vous je dois dire que je devrais vous écarteler vif! Dit-elle pour ma personne. Mais je ne peux pas vous en vouloir, pas quand ma fille porte mes petits enfants.
Elle tapota gentiment ma joue et me sourit. Bella et elle avaient la même couleur de cheveux mais sa mère les portait raides et plus courts. Son père l'embrassa doucement sur le front puis ce fut le tour d'Aro. Une femme blonde nous rejoignit et j'appris qu'il s'agissait de la femme d'Aro, Suplicia. Elle prit Bella dans ses bras. Puis ce fut au tour de Phil à qui j'avais cédé ma place.
Le père de Bella me demanda de lui faire un résumé de ce qu'il s'était passé et nous sortîmes de la chambre pour cela. Une fois fait, je l'empêchais de se blesser en donnant un coup sur l'un des murs de l'hôpital. Nous les rejoignîmes une fois qu'il fut calmé. Je savais qu'il m'en voulait d'une certaine manière, je savais… et pourtant ça ne l'empêchait pas de me prendre par l'épaule et de la serrer, comme s'il m'insufflait un courage qu'il ne possédait pas totalement, comme s'il cherchait en moi quelque chose pour continuer à y croire…
Durant l'après midi, je pus rentrer à la maison, me doucher et me changer ainsi que donner ses directives à Tanya. Une fois fait, je revins à l'hôpital. J'avais demandé à rester avec Bella pour la nuit et le médecin s'était arrangé avec les infirmières.
Renée et Suplicia restèrent avec Bella alors que Charlie, Phil, Aro et moi descendions à la cafétéria. J'en profitais tant que les horaires de visites ne soient pas clos pour manger un peu tout en ne laissant pas Bella seule. Par solidarité masculine apparemment, ils avaient décidés de venir avec moi. Nous mangeâmes avec peu d'appétit et rigolions ensemble pour faire descendre la pression qui nous étreignait tous plus ou moins. Néanmoins mon rire se fana lorsque je vis ma famille en dehors de Kate et Alice franchir les portes de la cafétéria. Comprenant mon changement d'attitude, Charlie se retourna et un éclair de colère traversa ses prunelles. Aro le maintint en place mais un homme en colère est toujours plus fort. Alors qu'il se levait et les rejoignis, nous le suivîmes et tentâmes à nous trois de le retenir.
- Penses à Bella, Charlie, elle ne voudrait certainement pas ça, tenta Aro.
- Non elle ne le voudrait pas parce que ma petite fille ne peut pas en vouloir à quelqu'un, elle est trop bonne et gentille pour ça! Gronda-t-il. C'est entièrement de leur faute si j'ai faillit perdre mes petits enfants et la perdre elle! Reprit-il.
- Calme toi, ils nous regardent, dit Phil.
- Allons nous en, tranchais-je finalement.
Ils étaient trop loin pour avoir entendu ce que Charlie venait de dire et j'en étais heureux.
- Ecoutes moi Emmett, c'est ta famille et je sais combien c'est important mais je ne veux plus que Bella les revois! Je ne veux plus qu'elle ait de lien avec eux peu importe ce qu'il se passera. Je sais que je ne peux pas te forcer à en faire autant mais une chose est certaine, d'ici peu de temps lorsque je m'installerais définitivement ici, elle ne les verra pas!
Ma famille s'était rapprochée de nous.
- Emmett? Je voulais te dire que Nathan va bien… ils vont le garder encore quelques jours à l'hôpital mais il va bien au final… enfin bref, hum… voilà… Je te remercie de ce que vous avez fait pour nous, me dit Edward, gêné.
J'étais abasourdi.
- Ecoutez Edward, commença Aro. Il vaudrait mieux que vous laissiez tomber. Ce n'est vraiment pas le moment voyez vous.
- Vous êtes le père de Nathan? Demanda Charlie.
- Je… oui, bégaya Edward.
- Et vous vous êtes donc le grand père de Nathan? Dit-il en regardant Carlisle.
- Oui, lui répondit Carlisle méfiant.
- Eh bien laissez-moi-vous dire que vous êtes une véritable pourriture! C'est de votre faute si ma fille se retrouve à l'hôpital!
- Comment ça, MA faute? Tempêta mon père. C'est votre fille qui a détruit notre famille! Depuis qu'elle est entrée dans nos vies il n'arrive que des catastrophes!
Je retins Charlie de justesse.
- Non, c'est vous qui avez détruit votre famille le jour où vous avez rejeté votre fils Emmett. Mais vous savez quoi? Vous avez peut-être perdu un fils mais moi j'en ai gagné un. Si vous aviez daigné voir plus loin que cette maladie, vous auriez compris qu'ils s'aiment réellement!
- Votre fille est tout simplement inconsciente! Ricana Carlisle.
- Non, ce n'est pas de l'inconscience, vous trouvez peut-être malsaine leur vie mais c'est la leur et jusque là ils s'en sortent très bien. Bien sûr ce n'est pas facile tous les jours mais ils s'aiment et c'est le principal! C'est vous qui restez bloqué au stade: il est malade et ne dois pas avoir de contact avec d'autre. Mais vous savez quoi? C'est bien de l'amour qui les unit parce que sinon elle ne serait pas venue chez votre fils, se jeter dans la gueule du loup, pour le soutenir dans ses recherches. Si elle n'aimait pas Emmett, elle serait restée chez elle et l'aurait simplement dissuadé de venir vous aider! Sachez une chose Mr Cullen, nous sommes aujourd'hui dans un hôpital et je ne ferais rien de répréhensible, mais sachez que ma fille n'aura plus aucun contact avec votre famille, pas plus que mes petits enfants! Je ne sais pas ce qu'Emmett a prévu de faire et ça le regarde.
Charlie partit, furibond, accompagné par Aro qui tenta de lui faire entendre raison avant qu'il ne retourne voir Bella. Je l'entendais encore bougonner de là.
- Alors comme ça elle est enceinte, souffla ma mère.
- De jumeaux et ça fait 9 semaines, la renseignais-je presque froidement.
Sa main se porta à sa bouche alors que les larmes coulaient sur ses joues. Je m'en doutais, comme à chaque fois j'avais l'impression que malgré que ce soit moi la personne principalement concernée, c'était eux qui subissaient tout, eux qui agissaient exagérément… comme s'il s'agissait de la fin du monde.
- Tu as réussit à gâcher sa vie, j'espère que tu es content désormais! Cria rageusement mon père. Sa vie et celle de nos petits enfants!
La rage monta en moi et je sentis la main de Phil sur mon épaule.
- Vous ne verrez jamais ces enfants, pas plus que vous ne me verrez moi ni même elle. A partir d'aujourd'hui notre seul point commun est le nom de famille que nous portons. Et pour ta gouverne Carlisle, je n'ai pas gâché sa vie, dis-je durement. La seule fois où nous n'avons pas utilisé de préservatif l'a faite tomber enceinte et nous espérons qu'elle n'est pas atteinte de la maladie. L'examen se pratiquera à son troisième mois.
- Mais… commença ma mère.
- C'est vous qui m'avez renié et plus d'une fois. Aujourd'hui j'en ai prit conscience et je ne vous laisserez pas gâcher ma vie encore une fois. Malgré ma maladie, j'ai tout ce dont un homme puisse rêver même si je n'ai plus de parents. Mes beaux parents m'ont acceptés, la femme que j'aime attends mes enfants et je ferais en sorte que tout aille le mieux pour nous jusqu'à mon dernier souffle. Je ne veux plus vous revoir ni même avoir de contact avec l'un d'entre vous. Ne me demandez plus d'aide peu importe la galère dans laquelle vous êtes.
Sur ces dernières paroles, je leur tournais le dos.
- C'est la meilleure chose que tu ais faite pour toi et ta future famille, me chuchota Phil.
Sa main pressa mon épaule. Et alors que nous quittâmes la cafétéria, je laissais derrière moi ceux qui étaient ma famille. Cette fois tout était dit, il n'y avait plus rien à ajouter. J'avais perdu ma famille et en avais gagné une autre dans la même journée. La porte battante claqua deux fois avant de se fermer définitivement tout comme se ferma toute relation avec ma famille.
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POV Carlisle
Je lui en avais voulu, du moins au début.
Je lui en voulais d'avoir ainsi gâché sa vie, de ne pas avoir été assez prévenant. J'en voulais aussi à cette fille de ne rien lui avoir dit et de n'avoir rien fait pour l'éviter. Du jour au lendemain, sa vie avait changée. Notre famille autrefois soudée et heureuse n'était plus.
Jamais il n'aurait la chance d'avoir des enfants, d'avoir sa propre famille, ne serais-ce que d'avoir une femme qui l'aime. Il manquerait tellement de choses.
Puis, je m'en suis voulu.
J'ai vu mon fils se renfermer sur lui-même, changer complètement de train de vie. Je n'ai pas cherché à savoir comment il vivait tout cela. La rage et la colère que je ressentais étaient trop intenses pour que je m'aperçoive de ce changement en moi. Mais je n'étais pas le seul à blâmer, Esmée, Edward, Alice et leurs conjoints l'ont aussi traité différemment. Je savais au fond de moi que ce n'était pas bien, qu'il fallait que je fasse un effort. Mais chaque fois que je le voyais, ce n'était pas lui que j'apercevais, non, c'était cette chose qui le bouffait de l'intérieur. Cette chose tapie dans l'ombre qui ne cherchait que le bon moment pour sortir et l'achever lentement et dans d'horribles souffrances.
Lorsqu'il est venu nous voir ce soir là pour l'anniversaire d'Edward, j'avais tout de suite remarqué son changement d'attitude. Il faisait des efforts pour ne pas gâcher cette rencontre, parce qu'il savait que ce jour était important pour son frère. Il avait toujours fait en sorte de rester présent parmi nous malgré ce que nous lui faisions vivre. Il voyait et savait que nous le traitions différemment mais il est resté avec nous. Parce que même si nous l'avions abandonné, lui ne l'avait pas fait.
Et aujourd'hui je m'en voulais encore plus. J'avais cherché à le séparer de la femme qui avait su l'épauler et le voir comme un homme à part entière et non pas un homme malade. Elle avait vu en lui le fils que j'ai élevé et connu, elle l'a aidé à se remettre de ce que nous lui faisions endurer.
Mais je ne cessais de penser à elle et ce qu'elle devrait elle aussi abandonner. Ses rêves d'enfants, de famille… le regard des personnes étant au courant de l'état de notre fils sur elle et son couple. Toutes ces choses que la propre famille de son petit ami lui avait fait subir alors qu'elle vivait une vie parfaitement normale avec lui.
Ils étaient deux, ils se suffisaient. Je voyais l'amour que mon fils lui portait dans ses yeux, je voyais l'amour qu'elle lui portait dans ses gestes, ses paroles. Leur attachement l'un à l'autre était plus que visible. Ils vivaient une nouvelle vie. Cette nouvelle vie dont Bella était le centre. Elle ne manquait pas de caractère. Petite femme forte et sure d'elle, elle m'avait tenu tête plus d'une fois et avait aussi tenu tête à Edward…
Son père ou encore elle-même avaient raison. Nous avions, j'avais renié mon fils, j'avais voulu le priver d'un avenir. Un avenir qu'elle avait su lui donner. Il avait prit la décision, pour elle, pour ses enfants de ne plus nous voir. La disparition de Nathan a changé cet état. Mais finalement alors que nous étions tous réunis dans cet hôpital, nous étions pourtant séparés. Lui avait finalement trouvé en sa belle famille le soutient et l'appartenance que nous n'avions pas pu lui apporter. Il avait trouvé une nouvelle famille.
Ce à quoi il a dû renoncer, Bella a su lui offrir. J'aurais du voir que l'attitude protectrice qu'il avait pour elle n'était pas sans cause. Bella avait mit sa vie et celle des bébés en dangers lorsqu'elle est partie à la recherche de Nathan. Malgré ce que nous lui avions fait, Bella ne nous en voulait pas mais Emmett, lui, c'était tout autre chose. J'avais vu dans son regard cette lueur, celle d'un homme résigné et coléreux. Je savais que c'était définitif et un regard vers ma femme me prouva qu'elle aussi en était arrivée à cette conclusion.
- J'ai perdu mon fils, murmurais-je.
Parce que c'était vrai, je venais de le perdre. Et la sensation de culpabilité, ces remords qui montaient en moi, cette sensation de suffocation étaient trop à supporter. Pour la première fois en l'espace de quelques semaines, mon regard se rempli d'eau et les larmes coulèrent sur mon visage.
Je devais bien m'avouer une chose. Cette situation, j'en avais été le déclencheur. La seule chose qu'il me restait à faire, était d'honorer le choix qu'il avait fait. Il reviendra une fois qu'il sera prêt. Mon cœur se déchira parce que je savais… Je savais qu'il ne le ferait pas. C'était à moi, à nous de faire ce premier pas vers la réconciliation mais je n'en avais pas la force, pas maintenant. Parce que je savais que ça ne servirait à rien.
- Je suis sure qu'on peut encore faire quelques chose Carlisle, dit ma femme avec aplomb. Nous avons le droit de connaitre nos petits enfants quoiqu'il puisse en dire ou en penser, c'est notre fils!
Elle se raccrochait aux derniers lambeaux d'espoir que portaient encore son cœur. Je ne pouvais pas la blâmer. Elle finira elle aussi par se rendre compte qu'il n'y a plus rien à faire bien assez tôt. Elle s'élança jusqu'à l'accueil et nous la suivîmes. Elle harcela la secrétaire durant une quinzaine de minutes et fini par avoir le numéro de la chambre. Edward, Jasper ainsi qu'Alice vinrent nous rejoindre.
Toujours prise dans son envie de voir Emmett et de le raisonner, ma femme appela l'ascenseur et appuya sur le deuxième étage. La tension dans l'ascenseur était palpable et elle ruminait je ne sais quoi dans son coin. Nous tentâmes plusieurs fois de la raisonner mais elle ne voulait rien entendre. Elle ne voulait pas croire qu'elle avait perdu son fils, elle ne voulait pas accepter ce que j'avais en partie fait. Je savais que c'était d'autant plus dur pour elle de le perdre.
Nous arrivâmes rapidement à la chambre 209 et ma femme entra sans même prévenir. Derrière nous, le père de Bella et celle que je présumais sa mère ainsi que l'homme qui était resté avec Emmett tout à l'heure, nous demandaient de nous stopper et de ne rien faire de stupide. Des infirmières les suivaient en nous demandant à tous de nous calmer.
- Emmett Richard Cullen tu n'as pas le droit de nous faire ça! Cria-t-elle.
Elle se stoppa comme nous tous devant ce spectacle. Il y a quelques secondes, Emmett observait tendrement Bella en lui déposant un baiser sur la tempe. Il caressait doucement la peau non recouverte du gel appliqué sur ce dernier. Un médecin faisait passer une échographie à Bella. Cette dernière nous observa avec effarement et sa respiration se fit plus irrégulière. Emmett lui murmurait quelque chose et elle finit par se calmer.
- Oh mon dieu ma chérie, tu vas bien? S'inquiéta sa mère.
- Vous devez être la belle famille? Oh, Dr Cullen, je ne savais pas que vous étiez le futur grand père. Vous n'avez qu'à vous installer dans un coin, je n'en ai pas pour longtemps, l'examen est presque terminé.
Je n'avais pas manqué les regards noirs que les trois personnes présentes nous envoyaient.
Bella hocha doucement la tête après avoir vu le regard d'Emmett et reporta son attention sur le petit écran aux images noires et blanches. C'était la première fois qu'elle entendrait le cœur de ses enfants battre et je savais à quel point c'était un moment inoubliable. Les femmes de la pièce retenaient difficilement leurs larmes et ce pour des raisons différentes et peut-être semblables aussi. Les yeux de mon fils étaient brillants, parfaits miroirs de la femme de sa vie. Elle serra doucement la main de mon fils lorsque le bruit de deux petits cœurs emplirent la pièce. Emmett embrassa Bella. Je jurais avoir vu leurs larmes perler au même instant.
- Evitez de trop bouger, lui rappela mon collègue.
Il lui sourit malicieusement et Bella laissa échapper un petit rire.
- C'est ma petite fille, murmura la femme brune, émue. Ma toute petite fille.
- Je sais Renée, je sais, lui répondit Charlie en regardant tendrement sa fille. On a fait du bon boulot tu crois pas?
Renée était dans les bras de l'homme de tout à l'heure alors qu'elle serrait la main de Charlie.
- Magnifique même, ajouta-t-elle en riant à travers ses larmes.
Avez-vous déjà ressenti ce sentiment de ne pas vous sentir à votre place? De ne pas faire parti du tableau? C'était exactement ce que je ressentais à cet instant. Nous étions heureux pour eux, mais nous ne ferions jamais parti de cette famille.
- Voulez vous connaitre les sexes alors? Ou du moins les suppositions que j'en fait pour le moment.
Ils se regardèrent tendrement et comme s'ils s'étaient compris par ce regard, ils dirent d'une seule et même voix:
- Oui.
- Les bébés sont en parfaite santé. Nous avons deux poches différentes, ce sont de faux jumeaux.
Il montra du doigt l'écran.
- Ici, vous avez… ce qui me semble être une petite fille et là…
Il bougea la sonde sur le ventre de Bella.
- Un petit garçon. Mais encore une fois c'est un diagnostic précoce, nous ne le saurons réellement qu'à l'échographie du mois prochain.
Le regard de Bella, brillant de larmes, débordant de bonheur et de joie se vrilla à celui de mon fils. Elle serra sa main avec plus de force alors que les sanglots de Renée reprirent plus fort. Le médecin finit par nettoyer le gel sur le ventre de Bella, débrancher la machine et quitter la chambre.
Bella, Emmett et sa belle famille se figèrent. Emmett caressait le ventre de Bella et lui lança un regard que je ne pus comprendre. Ils parlèrent entre eux et Emmett s'énerva un peu.
- Papa, Maman, Phil, vous pouvez nous laisser? Leur demanda Bella. On se voit demain.
- Il n'en est pas question jeune fille, s'écrièrent-ils tous trois en même temps.
- On se voit demain, répéta Bella plus durement avec un regard appuyé.
Ils nous lancèrent un regard noir d'avertissement et finirent par quitter la chambre.
- Peut-on savoir ce qui vous amène ici? Nous demanda Emmett, coléreux. Je crois que tout a été dit tout à l'heure dans la cafétéria.
Bella passa sa main sur le bras de mon fils et le pressa gentiment. Il s'assit sur le bord du lit et la regarda un moment. Elle avait les sourcils froncés et semblait confuse. Il l'embrassa sur le front et lui chuchota quelque chose.
- Tu n'as pas le droit de nous rayer ainsi de ta vie! Reprit ma femme avec plus de force. Nous sommes ta famille! Et une famille se doit de rester ensemble et soudée! Argumenta-t-elle avec force.
Elle s'approcha du lit et nous la suivîmes. Bella regarda nerveusement Emmett et sa main se crispa sur le bras de mon fils. Il la regarda un peu inquiet et finit par faire le tour du lit et créer ainsi une sorte de blocage entre Bella et nous. Il savait ce qu'il faisait, il défendait sa famille comme Esmée tentait de le récupérer.
- Vous n'êtes plus ma famille désormais, quoique tu puisses en penser ou en dire. Ce ne sont plus vos petits enfants non plus. Les seuls grands parents qu'ils connaitront ne seront que Renée, Phil et Charlie. C'est fini, bel et bien fini. Retournez à vos vies et laissez moi enfin vivre la mienne avec Bella et nos enfants.
- Mais tu es mon bébé Emmett, je ne peux pas te laisser, tu es mon bébé!
Bella inspira doucement en fermant les yeux. Elle expira ensuite longuement et reprit ce manège plusieurs fois. Il prit sa mère par les bras et planta son regard dans le sien. Je voulu intervenir mais Edward me retint. Il souffrait lui aussi.
- C'est fini, dit-il avec un certain aplomb.
Ma femme secoua la tête négativement.
- Au revoir maman, murmura-t-il.
Il la relâcha et se retourna vers Bella. Il se retourna rapidement vers nous et d'une voix calme et dénuée de sentiments nous dit.
- Veuillez sortir de la chambre. Bella ne doit pas être stressée ou contrariée et votre présence lui est néfaste.
Voilà ce que nous étions pour lui… Néfastes…
Il détourna aussitôt le regard, s'assit sur le lit et demanda à Bella d'ouvrir les yeux. Il posa sa main sur son ventre et le caressa avec douceur et tendresse, tout comme le reflétait son regard.
C'était fini, bel et bien fini.
…
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Et voilà! La suite je ne sais pas trop quand… Peut-être à Noël, peut-être pas! :D
N'oubliez pas de me donner vos impressions :D
Bises.
Mary.
