Musiques tirées du film « Spirit »
Pour les intéressés, le chanteur est Bryan Adams.
Et Merci Matsu =P J'espère aussi lol !
« Roy »
Je suis là, me voilà
Si fragile et si fort tout à la fois,
Libre et fier
Je viens de naitre
Au sein de la terre de mes ancêtre.
Un nouveau monde, une nouvelle vie
Un corps qui bat au rythme de la prairie
Un nouveau jour, de nouvelles joies
Qui n'attendaient que moi
Me voilà
Oh ! Un nouveau monde, une nouvelle vie
Un corps qui bat au rythme de la prairie
Oh ! Un nouveau jour, de nouvelles joie
Qui n'attendait que moi
Me voilà !
Chris avait vite fait d'installer des barrières autour de son fils adoptif. Mais jamais elle ne lui cacha la vérité. Elle gardait de lui des souvenirs tout à fait magnifiques;
Lui apprendre à marcher ne fut pas une dure tâche car il assimila vite. En revanche son premier mot tarda à sortir de sa bouche. Le jeune garçon daigna prononcer « Maman » à l'age de trois ans.
A six ans, il apprit qu'il était adopté.
A neuf ans, il l'appelait « Madame. »
Roy l'a considérait, certes comme une mère, mais aussi comme une sainte déchue. Chris fut d'abord choquée d'être renommée ainsi mais elle compris que parfois, il fallait tout de même pas oublier qu'elle ne lui avait pas donné son lait... Ni son corps pour se loger à ses premiers mois. Ni la chaleur de ses bras à sa naissance.
Le fait qu'il l'appelle ainsi n'affectait apparemment pas les sentiments qu'il avait envers elle. Mais on aurait dit qu'il tentait de fixer une limite entre elle et lui.
Rapidement, il devint un jeune garçon assez turbulent. Il ne cessait pas de se battre à l'école, mais obtenait malgré tout des notes suffisamment bonnes.
Son esprit inventif était loin d'être mauvais. Un beau jour, il rentra à la maison, un stalactite collé entre les doigts. Visiblement il ne souffrait guère, plutôt fier d'être arrivé à le décroché du toit, mais intérieurement...
La jeune mère avait du lui passer les doigts sous l'eau chaude, attendant patiemment qu'ils se décollent tout en devant écouter les reniflements de son fils.
Un jour encore, alors qu'il buvait tranquillement à la fontaine du village, un groupe de jeunes gens de son âge commencèrent à l'embêter. Roy se défendit jusqu'au bout mais malgré tout s'en sortit avec des yeux bien amochés.
Chris ignorait bien d'où pouvait lui venir cette manie d'attirer l'attention sur lui. Celle que les gens n'ignorent jamais. Comme lorsqu'on regarde quelque chose qu'on désir, ou qu'on veut détruire.
Quelque chose qui nous énerve, ou qui nous fait rêver.
Mais il est vrai qu'au fil des années, le garçon qu'il était devint un adolescent tout à fait charmant.
Chris lui apprit les bonnes manières envers les femmes. Elle insista sur les mots qu'il devait prononcer envers les gens. Elle lui expliqua que même si la force physique était un tout très important, les mots étaient tout aussi dangereux qu'un coup de poing...
C'était sans compter sur le caractère ambitieux du jeune homme. Intéressé de la vie politique, il ne manquait aucune réunion du maire, caché derrière une vitre du vieil entrepôt.
Il faut dire qu'ils vivaient dans un endroit aisé, mais quelque peu délabré.
A l'âge de dix-sept ans, Roy avait des idées claires ! Il se savait parfois bagarreur, mais toujours pour la bonne cause. Il était dragueur, mais seulement envers celles qui le lui rendaient bien.
Il était sûr de lui, et ne manquait jamais une occasion de le prouver.
Il était voué à un enseignement privé de haut niveau, mais de cela, il ignorait une chose...
Bientôt sa mère n'aurait plus les moyens de financer ce rêve pour lui.
La pension touchait à son terme et c'est de cela dont ils parlèrent la dernière fois … Avant que surgisse l'armée d'Armestris.
Assise à la table de la cuisine, Chris faisait glisser la cendre de sa cigarette dans le cendrier. Son regard se posa sur son fils, attablé comme elle. Il affichait une moue septique.
« - Je vais reprendre le travail. Je trouverais bien quelque chose, dit-elle un peu pour elle-même »
Elle fixa son fils tout en soufflant la fumée de sa bouche. Il croisa les bras sur la table avant de rapprocher son visage du sien.
« - Mais jamais tu n'auras suffisamment d'argent avant la rentrée des classes prochaines, n'est-ce pas ? »
Il semblait déçu, et à la fois craintif de s'emporter. Il ne s'était jamais énervé contre sa mère adoptive. Il savait d'avance que si cela arrivait, il finirait dans une boite... ou pire encore !
« - Je ne sais pas. Avec les militaires qui s'en finissent pas de faire des allées et venues dans notre province isolée, je ne pense pas pouvoir... Autrefois je travaillais un peu comme secrétaire dans une base de recherches mais à présent... Et vu mon âge, il me sera difficile d'être embauchée par qui que ce soit ! »
Ils soupirèrent à l'unisson. Le silence était plutôt pesant.
« - Je les déteste ces chiens... marmonna Chris avant de rallumer une cigarette.
- Pourquoi ? Demanda Roy, plutôt surpris par ce relent d'agressivité
- ...Ils ne s'intéressent guère aux gens comme toi et moi, Roy. Ils privilégient la fortune, l'avenir. Ils punissent les faibles, et traquent ceux qui sont forts. Et une fois qu'ils les ont attrapés, il les enrôlent dans leur camps. Et ensuite... Ces assassins viennent nous surveiller dans nos provinces, nous soupçonnant de n'importe quelle pagaille... Pour te piquer ta loge et le peu qu'il te reste... »
Roy resta presque bouche-bée alors que sa mère se levait pour faire le tour de la table, posant délicatement ses mains sur ses épaules.
La clope au bec, elle poursuivit;
« - Je ne dis pas que c'est une généralité. Bien des militaires sont des hommes convenables. Mais ils poursuivent un but à l'aveugle. Ils ignorent à qui ils doivent leurs ordres, et même leurs vies...
En presque quarante ans de vie, je n'ai jamais rencontrer de chef d'Etat qui soit digne de confiance. Comme je te l'ai déjà bien souvent dit, il ne faut jamais sous-estimer la valeur des mots. Et les leurs sont du poison. Pas un militaire ne te sauvera la vie à temps. Il dégainera trop tard. Quant aux alchimistes d'Etat... »
La brune détacha sa douce emprise envers Roy et se posta devant la fenêtre.
« - Ils sont encore pires. Je ne connais pas grand chose en alchimie, mais je n'ignore pas quand tout cas... Ils ne l'utilisent pas pour le pays. »
Elle se retourna vers lui, et rajouta d'un ton ironique;
« - Sinon mon évier serait réparé, et nous aurions des portes dignes de ce nom ! »
Roy esquissa un sourire avant de se lever à son tour. Il s'étira comme un chat avant de commencer à mettre la table.
« - Tu dis qu'ils sont riches ? Demanda t-il au bout de quelques minutes, claquant les assiettes sur la table
- Oui. Et alors ?
- Non, rien... Où vont t-ils dormir ce soir ? »
Chris explosa de rire, manquant de peu de faire tomber sa cigarette. Elle attrapa du bout des doigts le visage de son fils pour lui embrasser la joue;
« - Mon petit Roy ! Ces informations ne servirait à rien ! A moins que tu es un plan élaboré plutôt qu'une curiosité naïve. Pense plutôt à se que tu ferais une fois les avoir volés plutôt que de penser au moment même où tu va les voler. Tu es adorable. »
Il resta dépourvu d'humeur ce soir-là. Mais quelque chose brillait dans son regard.
Après avoir finit de manger, il débarrassa la table avec sa mère. Patiemment, il attendit qu'elle se fatigue après sa lecture nocturne habituelle. Lorsqu'il se fut assuré qu'elle dormait à poings fermés, il lui ôta la cigarette qu'elle oubliait toujours de déposer de ses lèvres.
Roy enfila un manteau avant de passer la porte de sa demeure...
S'il y a bien une chose qu'il détestait, c'était ce que sa mère haïssait.
Et après tout...Il se disait que c'était pour la bonne cause !
