Bonjour à tous!
Je suis vraiment désolée de ne pas avoir posté depuis… de très très longs mois.
Le manque d'inspiration y a été pour beaucoup.
Je vous remercie de vos reviews.
Je ne vais pas plus m'attarder, je vous souhaite une bonne lecture!
…
..
.
Chapitre 29 - Et arriva ce qui devait arriver…
.
POV Emmett
.
Je me revoyais il y a quelques mois entre ces murs froids et inhospitaliers. Ces endroits puaient la mort à des kilomètres. Il n'y avait rien de chaleureux, ni même de rassurant entre le blanc de ces murs. Bella était arrivée aux urgences la dernière fois aussi. Elle en était ressortie sur ses deux pieds, marchant avec allégresse et décontraction, comme si ce qui avait faillit arriver n'était qu'une étape à passer; une étape qui la ferait grandir.
- Un café?
Un homme d'environ quatre-vingts ans me souriait, empli de bienveillance. Il s'assit à mes côtés et me tendit un gobelet. Je lui pris en hochant la tête d'un air absent. Il était chaud, brulant même, mais je n'en avais cure. La douleur que je ressentais était bien moindre que celle qui me rongeait de l'intérieur.
- Merci, dis-je doucement.
Le silence entre nous commença à s'éterniser.
- N'avez-vous pas de famille à appeler?
- Comment? Dis-je d'une vois enrouée.
- Votre femme… elle a été envoyée au bloc tout à l'heure… en urgence, n'avez-vous pas de famille à contacter?
- Oh… si… biensur, certainement même, répondis-je confus.
Je m'éloignais des sièges et bu mon café d'un trait. Ma langue me brulait. Je pris ensuite mon portable et composais le numéro de Charlie; lui serait plus à même de prévenir le reste de la famille et nos amis ensuite. La sonnerie se fit entendre une fois, une deuxième, une troisième, une quatrième… et plus je les entendais, plus je sentais ma volonté se fissurer. Je raccrochais et tentais une nouvelle fois. Il allait bien finir par se lever et décrocher. M'appuyant contre le mur, j'y mis un petit coup en voyant qu'il ne répondait toujours pas. Je tentais à nouveau. Appuyant mon front contre la paroi glacée, j'entendis finalement sa voix.
« Allô » Sa voix était rauque, faible, et je devinais sans peine qu'il était dans le gaz.
- Charlie, c'est Emmett.
« Que se passe-t-il? » Désormais il était alerte, sa voix était plus sure et empreinte d'inquiétude. Il savait que je l'appellerais seulement s'il y avait un problème. Et c'était justement le cas. « Emmett! » gronda-t-il.
- C'est Bella, soufflais-je difficilement. Ma voix se brisa sur la suite. Elle est au bloc.
« Co… comment? Qu'est-ce que… Pourquoi? »
- Nous dormions… ou du moins moi. Elle sentait que quelque chose n'allait pas et je… je n'ai pas réagit tout de suite, je… je suis terriblement désolé.
« Comment va-t-elle? Dit-il durement. »
- Je n'en sais rien… dès que je me suis aperçu que ça n'allait réellement pas, je me suis levé et… et je l'ai emmené à l'hôpital. Le médecin de garde l'a examinée et… et il l'a emmené directement au bloc. Il m'a dit que j'allais la perdre… Mais dans son regard j'ai vu que c'était peut-être déjà trop tard… Je m'en veux tellement Charlie. Je reniflais peu discrètement et essuyais mes larmes.
« Bien, nous partons dès maintenant. » Et il raccrocha, me laissant seul avec moi-même.
Je revins à ma place et l'homme avait disparu. J'étais seul. Désespérément. Et je détestais définitivement ce sentiment à l'heure d'aujourd'hui.
.
.
Je ne sais combien de temps passa jusqu'à ce que j'entende le bruit de pas. Je n'avais simplement pas le courage de lever la tête et voir que ce n'était pas pour moi, que mes espoirs d'avoir des nouvelles étaient anéantis. Deux chaussures féminines apparurent dans mon champ de vision restreint. Des chaussures à talon vertes. Des chaussures venant de l'extérieur. Le froissement de vêtements m'apprit que la personne s'accroupissait. Une fraction de seconde me suffit pour apercevoir une chevelure blonde.
- Bonjour Emmett.
Je relevais le visage pour tomber sur celui de Tanya. Un petit sourire triste étirait mollement ses lèvres.
- Que fais-tu ici? Lui crachais-je presque.
- Bella est mon amie malgré ce que tu penses. Elle posa sa main sur la mienne et planta son regard droit dans le mien. Tu es seul pour affronter cette épreuve… et même si tu ne le dis pas clairement, je sais que tu as besoin de quelqu'un sur qui compter, là maintenant… Emmett, je serais cette personne. Laisse moi être cette personne.
- Après tout ce que tu nous as fait, tu penses que je vais te laisser revenir dans nos vies comme ça! Je me dégageais d'elle alors qu'un éclair de rage passa dans son regard.
- J'ai toujours fait parti de la vie de Bella. J'étais là moi aussi pour la soutenir lorsqu'elle allait mal, tout autant que toi… J'étais et je suis encore la personne la plus proche d'elle à cet instant, celle à qui elle demandait conseil lors de sa grossesse, celle qui la soutenait lorsqu'elle me parlait de votre vie, de ses peurs, de ses doutes… Je suis là Emmett, dit Tanya, et je serais toujours là pour toi aussi autant que je l'ai été pour elle. Je suis le seul lien avec son ancienne vie à Walnut Creek.
- Qu'est-ce que… dis-je complètement confus.
- Je crois que j'ai une petite confession à te faire, dit-elle en se triturant les mains. Bella et moi sommes proches l'une de l'autre parce que nous sommes amies, Emmett, de VRAIES amies. Cette histoire avec ta famille, ce qu'il s'est passé… je l'ai seulement fait pour vous protéger. Je ne divulguais rien d'important à ta famille et j'arrivais toujours à changer la conversation pour les détourner de leur but premier. Je les avais le plus souvent au téléphone, rares ont été les fois où je me suis rendue à leur domicile. Je leur envoyais certains documents, le plus souvent une copie des échographies et leur donnais des nouvelles de Bella et toi. Ce ne sont que des choses qu'ils auraient pu faire d'eux même… si vous aviez été en bons termes… Je ne leur ai rien dit quant à votre déménagement. Ils ont bien essayé de me joindre plusieurs fois, mais lorsque j'ai moi-même déménagé, j'ai changé de numéro et tout est désormais bel et bien fini.
Elle releva le visage vers moi et me sourit doucement.
- J'ai moi-même été enceinte il y a quelques années de cela. Je ne sais pas si tu as entendu parler, à cette époque, de mes frasques dans la presse. C'est à peut près à cette période où j'ai tout perdu. C'était une suite logique à cet enfant que mon ex-compagnon et moi-même attendions et voulions plus que tout. Du moins, une suite qui m'est apparue pour oublier la douleur que j'ai ressentie. (Son regard triste et voilé semblait ne plus me voir, bien que je fusse devant elle. Elle passa sa main dans ses cheveux et laissa échapper un sourire alors qu'elle baissait la tête l'espace d'un instant. Cela devait être trop dur pour elle-même maintenant.) Nous nous sommes quittés suite à cette tragédie. Je dois dire qu'accompagner Bella dans sa grossesse est une chose qui m'a énormément aidée. Je l'ai vécue à travers elle… en quelque sorte. Bref, Bella elle-même m'a aidée à finalement faire le deuil de l'enfant que j'ai perdu.
Elle sourit doucement puis continua, son regard de nouveau fixé sur moi.
- Je ne sais pas si tu te souviens du jour où j'ai raccompagné Bella chez vous un peut tard. Tu n'avais pas trop apprécié cette initiative. Je hochais la tête. Ce jour là, nous nous sommes rendues au cimetière… Sans elle je n'y serais jamais arrivée, ça je dois bien te l'avouer. Cela faisait des années que je n'y avais pas mit les pieds… J'ai enfin pu dire au revoir à mes parents et « à l'enfant » que je portais. J'ai pu leur dire tout ce que j'avais sur le cœur, tout ces non dits qui m'ont pourrit la vie des années durant. J'ai pu dire au revoir à cet espoir d'enfant que j'avais eu, celui que je n'ai pas eu la chance de voir grandir. Bella était là à mes côtés tout le temps où mes larmes ont coulées, elle m'a écoutée leur parler sans rien dire, m'a soutenue. Je me souviens que sa main, étrangement chaude, posée sur la mienne, était la seule chose qui semblait me maintenir avec la réalité tant la peine qui me submergeait était immense. Voilà pourquoi nous sommes si proches encore aujourd'hui.
- Comment est-ce arrivé? Je veux dire… je… bégayais-je maladroitement.
- Un homme au détour d'une ruelle sur un chemin que je prenais tous les jours. Il m'a poignardée plusieurs fois et j'ai perdu mon bébé des suite des coups que j'ai reçus.
- Je suis…
- Ne sois pas désolé d'une chose sur laquelle tu n'as aucune incidence. C'est du passé. Et comme je te le dis, Bella m'a aidée à passer ce cap. C'est grâce à elle et à toi aussi qu'aujourd'hui j'ai pu refaire ma vie. Je suis quelqu'un d'autre grâce à vous. Vous êtes à mes yeux des personnes auxquelles j'aimerais ressembler, à laquelle ma vie voudrait entièrement ressembler. Vous m'avez montré que malgré les coups durs, on peut toujours se relever et avancer si on s'en donne la peine. Votre histoire aurait pu se finir tellement de fois mais vous avez su compter l'un sur l'autre et c'est là qu'est votre force. Bella a été la mienne et l'est toujours. Grâce à elle aujourd'hui, j'ai une nouvelle vie. Elle m'a aidée à trouver un emploi, un travail et depuis peu, grâce à ses conseils avisés, je fréquente un homme doux, gentil et qui me respecte énormément. Je suis une amie pour elle, laisse moi devenir la tienne… du moins durant cette épreuve. Tu as besoin de quelqu'un sur qui compter à cet instant, laisse moi être cette personne, seulement pour aujourd'hui, seulement pour quelques heures à défaut.
Elle reprit ma main dans la sienne et la serra doucement. Un sourire doux apparut sur ses lèvres. Je ne sais pas pourquoi je ne lui ai pas demandé de partir, de me laisser seul avec mes pensées noires et mon dégoût pour moi-même, si intense soit-il. La seule chose dont j'étais sur à cet instant, c'est qu'elle aussi avait vécu certaines choses que je ne soupçonnais pas. Des choses qui l'ont changée, autant que Bella m'avait changée. Elle est là pour moi alors que je l'avais rejetée. Elle est une amie, une vraie amie. Et c'est peut-être pour ça, à cet instant, qu'elle restait avec moi, qu'elle me soutenait dans cette épreuve, qu'elle me donnait son courage silencieusement, seulement par sa simple présence à mes côtés. Je ne pourrais jamais la remercier assez de m'avoir soutenu dans cette épreuve. Sa main, étrangement chaude dans la mienne, m'aidait dans cette douloureuse épreuve.
- Excusez moi.
Un jeune infirmier se tenait à quelques mètres de nous. Un petit sourire bienveillant au bord des lèvres mais le regard assombri par une lueur grave.
- Etes-vous les proches d'Isabella Swan?
Aussitôt en alerte, je me levais et lui fis face.
- Je suis son compagnon et… Me retournant vers Tanya j'ajoutais, c'est une amie de la famille. Nous nous sourimes doucement l'espace d'un instant.
- Je suis ici sur ordre du médecin pour vous informer ce qu'il en est. Votre compagne a eu ce que l'on appelle un décollement placentaire. Le placenta se décollait, créant un hématome perturbant les échanges vitaux via le cordon ombilical entre votre compagne et vos enfants. Ce n'est pas quelque chose d'anodin puisque vous n'êtes pas sans savoir que ces échanges sont nécessaires pour la survie des enfants.
Il regarda vers le sol et souffla alors que ma gorge devenait sèche et mes mains moites. Mon cœur battait à tout rompre en imaginant ce qui pourrait arriver. Tanya posa sa main sur mon épaule et la serra doucement.
- Les médecins on fait leur possible une fois arrivés en salle. Ils ont anesthésié votre femme et ont procédé à une césarienne. Un accouchement eutocique aurait été inenvisageable.
- Un accouchement eutocique? Demanda Tanya.
- Un accouchement par voie basse ou normal… excusez moi, dit-il nerveusement. Donc, une césarienne a été pratiquée. L'un de vos enfants a été mit en couveuse, votre fils. Il ne respirait pas et était légèrement cyanosé, signe qu'il a été privé d'échanges foeto-materno depuis un moment. En ce qui concerne votre fille, elle semble ne pas avoir de séquelles pour le moment, mais nous restons attentifs au moindre signe anormal.
J'étais incapable de parler, tant ma gorge était nouée et que j'étais abasourdi par le discours que l'infirmier me tenait.
- Et pour Isabella? Demanda Tanya la voix cassée et les yeux brillants.
- Les médecins sont présentement encore au bloc. Ils lui procurent les soins nécessaire. Nous pourrons être certains que tout ira bien pour elle seulement lorsque les effets de l'anesthésie se seront dissipés. Elle a besoin de ce temps pour que son corps se « régénère ». Une césarienne n'est pas une intervention à prendre à la légère, qu'elle soit ou non faite à la légère.
- Merci de nous avoir prévenus, dit doucement Tanya. Quand pourrons nous les voir?
- Vous pouvez d'ors et déjà voir les enfants, mais en ce qui concerne Mlle SWAN, il va falloir attendre qu'elle sorte de la salle de réveil et que le médecin la voit.
- Je vous remercie, dit Tanya. De la famille risque d'arriver, vous pourriez les rediriger lorsque ce sera le cas?
- Si je suis encore en service, je n'y manquerais pas. Je préviendrais mes collègues le cas échéant.
- Merci beaucoup, lui dit Tanya alors que je me laissais finalement tomber sur la chaise la plus proche.
- Monsieur? M'appela-t-il. J'aimerais que vous sachiez que votre compagne est entre de bonnes mains. Les docteurs sont arrivés entre temps et l'interne de garde avait déjà commencé son intervention.
- Merci, dit à nouveau Tanya avant de s'installer près de moi.
Elle passa sa main dans mon dos en un pur geste de réconfort. J'entendis vaguement les pas de l'infirmier s'éclipser.
- On devrait peut-être aller voir tes enfants, suggéra Tanya.
- Non! Dis-je avec véhémence. La seule personne que je souhaite voir est encore au bloc… Je ne souhaite pas voir ceux qui l'ont mise dans cet état!
- Mais c'est tes enfants Emmett et… tenta Tanya.
- Va les voir si tu veux, j'ai envie d'être seul, je vais prendre l'air.
- Mais…
Elle se leva mais ne fit rien, me laissant seul avec moi-même. A la seule différence que si je le souhaitais, je pourrais la rejoindre.
.
.
POV Tanya
.
Perdue dans les couloirs de l'hôpital, je cherchais le service de maternité. Je n'arriverais jamais à comprendre pourquoi les panneaux nous orientaient aussi mal. On est pourtant dans un hôpital, merde! Je tournais une dernière fois à l'angle du couloir et tombais sur une pièce plus grande entièrement vitrée.
Finalement j'avais trouvé ce que je cherchais. Une vingtaine de bébés y dormaient paisiblement. Je savais que nous n'avions pas le droit d'entrer, mais j'en mourrais d'envie. Tant pour les admirer de près, que pour mieux voir la merveille issue de Bella et Emmett. Je posais ma main sur la vitre et cherchais des yeux le bébé. Il y avait un plus grand nombre de garçons nés que de filles. Cela facilitait ma tâche.
Je souris doucement en apercevant le petit ange. Elle était la seule n'ayant pas de nom inscrit sur l'étiquette de son bras. Quelques rares cheveux se bataillaient sur le haut de son crâne. Ses deux petites mains étaient fermées en un poing, l'un au dessus de sa tête et l'autre, près de son petit œil lui-même fermé. Elle remua lentement les jambes, s'agitant légèrement.
Je suis presque sure qu'avec l'expression que j'affichais on aurait pu croire que j'étais la mère de l'un des enfants présents dans cette cage de verre. J'espérais simplement le devenir un jour.
- Madame? M'interrompit une infirmière. Les visites tardives dans cette aile sont interdites.
- Je suis désolée mais… mon amie est arrivée en urgence il y a peu et… je voulais simplement m'assurer que l'un de ses enfants allait bien.
- Je comprends parfaitement mais, vous n'êtes pas un proche parent ou n'êtes pas accompagné par l'un d'entre eux, aussi exceptionnelle que soit la situation, je vais devoir vous demander de quitter ce service. Ces bébés ont besoin de calme.
- Pouvez vous me laisser cinq petites minutes? Je vous promets que je ne ferais pas plus de bruit que nécessaire. Je veux seulement m'assurer qu'elle respire et que tout va bien.
L'infirmière se tritura légèrement les mains et détourna le regard vers les bébés. Elle baissa un instant la tête, se massa les tempes puis releva un regard fatigué vers moi.
- Je vais faire la ronde des couloirs adjacents et dès que je reviendrais dans celui-ci, je veux le retrouver vide de votre présence.
Sans plus un mot elle se détourna lentement puis se mit à marcher.
…
..
.
Alors, qu'en avez-vous pensé après cette longue absence de ma part?
A bientôt j'espère et encore désolée de ma longue absence.
Bises.
Mary.
