Chapitre 1

'Qui n'est-ce qui drigne à la porte ?' ou 'appui sur sa sonnette, et l'angoisse viendra'

Paragraphe 1

Oh, Douuuceue nuit ! Belllllleue nuit ! C'est Noël aujourd'hui !

(Enfin, c'est demain noël, car là, c'est le 24 décembre).

Un bruissement d'ailes et deux silhouettes surgissant du néant, furent éclairées par la lumière des réverbères et décorations des maisons de ce bout de rue déserte et enneigée en ce début de veille de Noël.

–« Je suis enfin arrivé, enfin on… » Dean fut coupé dans sa pensée.

– « Dean » dit l'Archange Gabriel, avec une voie où l'on sentait une certaine tristesse

-« tu dois y aller seul, je suis désolé» et Gabriel, Gab, Gabs, Gabi, Gabinou, ou Gabinounette comme aimait à l'appeler Dean par moments pour se moquer, voire se foutre carrément de sa tronche, disparu.

Avec le temps, un vrai respect mutuel s'était établit entre eux, si, si, on pouvait le dire, cela n'empêchant pas certaines tensions, voir conflits entre Dean et l'Archange, d'où ces digressions et apostrophes 'Deaniennes' à son égard, Gabriel ayant les siennes aussi à lui servir dans ces occasions, et aussi d'ailleurs sans ce prétexte, Gabriel étant Gabriel.

De tous les combats que Dean Winchester avait eu à mener à ce jour, celui-ci était surement pour lui l'un des plus durs, sinon le plus dur de sa vie et ce,

- à un mois pile de mon anniversaire, et la trentaine qui arrive, le temps passe se dit-il.

Malgré les sentiments qui l'assaillaient, cette dernière réflexion le fit sourire, mais ce sourire s'effaça immédiatement, car ce soir était aussi la veille d'une autre date anniversaire que celle de la naissance de Jésus, cela ferait un an cette nuit dans quelques heures… deux sensations furtives, violentes et contradictoires envahirent son cœur, si seulement...

Mais il devait se concentrer sur sa mission, car assurément cela en était une, résigné, il pensât que si il y avait combat, et il ne pourrait qu'y avoir combat, (se dit-il aussitôt d'un ton las), il ne savait pas, si il aurait la force suffisante pour lutter encore une fois. Surtout cette fois-ci et dans les circonstances actuelles, résultat de ces, (ses) années passées, qui maintenant défilaient encore une fois dans sa tête et surtout dans son coeur, ceci l'ayant amené à être ici, dans ce lieu, à ce moment précis. Il ne devait pas être faible, il se devait de ne pas l'être, il ne pouvait se le permettre, pas maintenant, surtout pas maintenant.

Paragraphe 2

jingel bells on the Rocks

Encore être obligé de défendre sa vie, obliger peut être d'attaquer le premier. Ne dit-on pas que la meilleure des défenses est l'attaque ! Mais il était épuisé de se défendre, il voulait déposer les armes, se rendre, en parlant de se rendre, un début de nausée le prit, et pensât avec humour pour se donner du courage, que les voyages, certes gratos grâce à Gab's Airlines, même sans turbulences aériennes laissaient des traces à l'atterrissage.

Ses pas l'avaient mené, devant cette maison si familière. Tant de souvenirs l'assaillaient !

Il se tenait maintenant devant la porte, le bras gauche levé hésitant à frapper, mais il n'avait pas le choix… mais si, il pouvait encore fuir, sa vie entière était une longue série de fuites, fuir, il savait faire.

Il appela Gabriel en sachant pertinemment que celui-ci ne répondrait pas, et dans une dernière pensée (cohérente ?), face aux sentiments de tristesse et surtout d'angoisse qui commençaient à émerger, il voulait lui dire, hurler plus exactement son désespoir, qu'il voulait être ailleurs, juste ailleurs… dans les bras sécurisants de son amour, de son Cas, malheureusement..., il était seul, le sentiment de solitude qui était un compagnon fidèle depuis trop de temps commençait à l'envahir à nouveau, mais, il devait lutter.

Une nouvelle douleur abdominale lui fit instantanément changer d'état d'esprit, et enfouit ce sentiment en même temps qu'il avait un peu plus qu'une légère remontée gastrique, lui rappelant pourquoi il était sur ce perron, devant cette porte close.

Émergeant de ses pensées peu réjouissantes en cette veille de la nativité, il ne s'était pas rendu compte que son index droit en mode autonome appuyait peut être depuis qu'il était devant cette porte sur le bouton d'une sonnette (qu'il n'avait même pas vu, se dit-il sur un ton las, plus qu'étonné), celle-ci, émettant un son en continu, du en partie à son immobilisme 'indexale'. Ce son, qu'il n'avait pas entendu, (tant il avait été perdu dans ses pensées), il l'identifiât aussitôt comme étant, (jingel bells Rock), « Musique de circonstance », pensât il dans un nouveau triste sourire.

Paragraphe 3

Devine qui vient diner ? Non, ce n'est pas Sydney Poitier !

C'est en entendant simultanément les pas lourds et surtout le juron :

-« Quel est le con qui sonne comme un taré ! », sortant de la voie puissante et énervée de l'homme qui s'approchait de cette porte encore fermée, qui pour Dean représentait ce que l'on appelle (l'un des moments dans sa vie, où on sait qu'il y aura un 'avant', et un 'après'), qu'il retira son doigt du bouton, en même temps que sa tête s'était machinalement redressée et tournée un peu plus vers la droite.

À travers le bow-window, il aperçu cinq personnes, il en reconnu immédiatement quatre, dont tout particulièrement une qui lui tournait le dos. Il sentit les larmes qui commençaient à inonder ses yeux, au moment où la porte s'ouvrit soudainement en grand. Il savait qu'il venait de perdre ce combat avant de l'avoir commencé. Il savait aussi que ces prochaines minutes seraient parmi les plus longues de sa vie.

-« DEAN ! ? », dit John Winchester avec une expression ou dominait l'incompréhension et le début d'un autre sentiment atroce.

- « Papa », répondit Dean avec une voix que son père eu du mal à reconnaître, ainsi d'ailleurs que l'aspect physique de son fils, très différent de son dernier souvenir avant sa propre mort, pour le sauver, lui, Dean, son fils qui se tenait devant lui.

John Winchester choqué par cette vision, resta sans bouger, la main droite tenant toujours la porte, et de fait barrant à Dean l'entrée et la vue du couloir derrière son père. La première pensée qui vint à l'esprit de John et qui l'empli d'horreur, fut de se dire que son fils Dean était mort, et ce, en cette veille de Noël. Vraiment Dieu avait un sens de l'humour bien particulier. La seconde pensée, 'humoristique' en 'bouclier anti-émotion'. La mort de mon fils, comme 'cadeau' de Noël, merci le paradis, c'est plutôt l'enfer, oui.

(Et surtout au vu des révélations qui allaient se succéder dans les quelques minutes et heures suivantes, John vivrait un enfer).

Paragraphe 4

Paradis, Paradis ?

(Ah, non ! On n'était pas au Paradis Latin)

En effet, après tout, ils étaient au Paradis, au Paradis de John et Mary Winchester, leur paradis, la rue et la maison de l'enfance heureuse de Dean, et si Dean se tenait debout devant lui… Dean comprenant tout de suite, lui dit,

-«non, non, je suis vivant », d'une voie qui ne masquait absolument plus son trouble, d'autant plus que des larmes coulaient maintenant le long de ses joues.

Soulagé d'entendre la bonne nouvelle, malgré la voie cassée de son fils en pleurs, un 'détail' que John Winchester vit, lui amena un sourire sur le visage et un rire intérieur, car il venait d'avoir une pensée incongrue, (mais cela confirmait ce que son fils était vivant), car en baissant son regard pour masquer son trouble, (le visage de Dean lui faisait mal à voir malgré sa joie), il vit ce 'détail', qui confirmait que son fils était bien vivant : c'était deux grosses valises à coté de Dean.

- Un mort quasi trentenaire, n'débarque pas au Paradis avec ses valises chez ses parents morts» se dit ironiquement John,

- sauf si c'est pour la suite de Tanguy. 'Tanguy 2, le retour' avec en sous titre, 'Le paradis des uns, peut redevenir l'enfer des autres' ». Ses pensées étaient l'exemple type de technique de fuite 'winchesterienne' (et donc pour John le, 'SHSJ', Système d'Humour de Survie de John) pour les mâles de cette famille face aux émotions trop fortes.

En cet instant, celles-ci étant dues, à la tension émotionnelle de leurs retrouvailles plus qu'à autre chose. Enfin, cet autre chose étant toute la fierté que le père portait à son fils, son brave petit soldat, son second lors des chasses, celui qui l'avait remplacé après sa mort, le guerrier qui avait vaincu et enfermé à nouveau la bête immonde dans sa cage, celui qui avait sauvé Sammy (il avait eu ces nouvelles par Ash et son système d'écoute clandestin du réseau angélique).

Son fils ainé, Dean le buveur, l'hâbleur, le charmeur, le crâneur, le chieur aussi. Le dragueur invétéré, le bourreau des cœurs des damoiselles en détresse était là, devant lui et vivant. Rassuré et commençant à ressentir une joie immense, malgré l'aspect général du fiston, il se demandât aussitôt.

- mais qu'est ce qu'il foutait là ? Et surtout – Qu'est ce qu'il avait pu lui arriver pour qu'il soit dans cet état physique ? Car, John pensait que les larmes de Dean étaient du exclusivement à leurs retrouvailles.

Paragraphe 5

Euh, vous pouvez répéter la réponse !

(Ou,' l'inconnu' n'a sonné qu'une fois pourtant, mais ça vaut pour deux.)

– Il est devenu bien chochotte, pensât John, pour oublier ses propres sentiments, et le fait qu'il avait lui même quelques larmes rebelles qui avaient réussies à franchir sa barrière mentale et donc, les yeux du macho qu'il était. (Il n'était qu'au début des découvertes des multiples changements de son fils et de la palette de ses propres émotions à venir, suite à ce qu'il allait entendre).

Tout en faisant un pas, ce pas qui le rapprochait de Dean, pour enfin l'étreindre d'une virile accolade paternelle, John ne pu s'empêcher de dire, pour masquer son trouble une boutade à son fils, alors qu'il le serrait dans ses bras,

-« Fils, va falloir sérieusement penser à faire un régime, t'as pris au moins 15 kgs. T'as fait quoi depuis ma mort ? Participé aux concours de buveurs de bière et de mangeurs de double cheese, de tous les États de la côte Est ou quoi ? C'est pas le top pour la chasse », car pour John il était évident que son fils, ses fils étaient et seraient toujours des chasseurs.

Et John d'entendre la voie en pleurs de son fils lui répondre,

-«Non », puis -«je suis enceinte ».