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« On va pas planquer comme ça tous les soirs quand même ? s'indigna Val en soufflant sur sa tasse de thé.

- Je sais c'est chiant… répondit Antoine sur un ton agacé, Moi aussi j'aimerais faire autre chose de mes soirées je vous signale…

- Ça se trouve ils nous ont repéré… C'est pour ça qu'ils ont rien fait cette semaine, proposa Mehdi accoudé sur le plan de travail.

- Bon… on lève le dispositif de surveillance devant les bijouteries... À la place j'enverrai une patrouille faire une ronde.

- J'vous parie 10 euros qu'ils vont se pointer une fois qu'on aura décidé de lâcher la surveillance…

- Vous avez autre chose à proposer Ismaël ? Le lieutenant resta silencieux, Bon bah voilà ! conclut-il en quittant la salle de détente. »

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Assise sur un banc dans les jardins de la clinique, Candice profitait des rayons du soleil qui réchauffaient sa peau. Cet enferment l'insupportait tellement… Savoir que tous ses proches vivaient librement sans elle lui était insoutenable. Elle discutait avec sa nouvelle complice lorsqu'elle aperçut son compagnon marcher vers elle. Henriette suivit le regard de la blonde et observa Antoine s'approcher.

« Quel honneur monsieur le commissaire ! s'écria Candice alors qu'il était encore assez loin d'elle.

- COMMISSAIRE ? s'exclama la grand-mère estomaquée. Vous avez appelé du renfort pour notre enquête dis-donc ! lâcha-t-elle enthousiasmée.

Candice rigola, toujours en le fixant.

- Antoine, Henriette. Henriette, Antoine.

- Ah ! J'ai beaucoup entendu parler de vous ! précisa-t-il en lui serrant la main.

- Alors vous êtes là pour notre enquête ? demanda-t-elle à voix basse.

- Notre enquête ? s'étonna-t-il, Quelle enquête ?

- Vous lui en avez pas parlé ?

- Non ! Enfin… Je… C'est pour ça qu'il est là ! Je l'ai appelé exprès pour lui expliquer justement ! mentit-elle sous les yeux ébahis de son compagnon.

- Ah d'accord ! Bon bah je vous laisse ma place jeune homme. On sait jamais, on pourrait nous surprendre… Faut pas éveiller les soupçons, précisa-t-elle en chuchotant. »

Antoine était resté debout, plongé dans l'incompréhension. Pourtant, sa partenaire avait l'air de s'amuser de la situation. Il aida Henriette à se relever et l'observa s'enfuir à vitesse réduite. Le commissaire prit sa place sur le banc.

« C'est quoi cette histoire d'enquête ?

- Je t'expliquerai ! Antoine acquiesça, Je suis contente de te voir ! s'exclama-t-elle en prenant sa main.

- Moi aussi… répliqua son double avant de l'embrasser.

- T'as l'air fatigué quand même… constata-t-elle en caressant sa barbe.

- Ouais… On est tous crevés… Ça fait des jours qu'on planque pour coincer ces deux petits cons mais on y arrive pas ! Et toi ? Ça va ?

- Écoute, ça va mieux ! Par rapport à la dernière fois que t'es venu, j'arrive à tenir debout plus longtemps mais… j'ai toujours besoin du fauteuil pour avancer.

- C'est normal… Faut le temps que les choses rentrent dans l'ordre… la rassura-t-il en caressant sa main.

Candice hocha positivement la tête.

- L'IGPN m'a appelé hier… Ils ont obtenu l'accord pour s'entretenir avec moi donc je les attends.

- T'inquiète pas ! Tu leur racontes ce qu'il s'est passé et ils verront bien que nos versions concordent. Ils vont bien finir par comprendre qu'on a rien à se reprocher de toute manière…

- Ouais…

- Bon sinon ! Tu m'as pas raconté… C'est quoi cette histoire d'enquête ?

- Ah ! Alors Henriette est une grande fan de bijoux et elle a une collection totalement démente de boucles, colliers, bracelets et j'en passe… Sauf qu'elle a remarqué que certaines de ces pièces disparaissaient. Et comme je lui avais dit que je travaillais dans la police, elle m'a demandé de l'aider à mener l'enquête.

Antoine rigola.

- Ah ouais… Donc même en convalescence, le commandant Renoir continue à faire de siennes !

- Évidemment ! Vous en doutiez commissaire ? lui demanda-t-elle en approchant son visage du sien.

- Du tout ! répondit-il en déposant un doux baiser sur ses lèvres.

- C'est peut-être elle ta braqueuse d'ailleurs ! plaisanta-t-elle.

- Oui bien sûr ! Henriette, 86 ans, qui braque des bijouteries avec une cagoule, à cheval sur une moto…

Candice éclata de rire.

- N'empêche tu verrais sa collection… lâcha-t-elle en sortant son portable pour lui montrer des photos.

- Attends mais ! La montre là, et le collier là. Ils font partie des pièces volées de la première bijouterie ! s'étonna-t-il en zoomant l'écran.

- T'es sûr ?

- Bah oui ! Je m'en souviens parce qu'il ressemblait comme deux gouttes d'eau au collier que je t'avais offert pour ton anniversaire.

- Ah bon?

- Tu peux me les envoyer ?

- Euh bah oui ! accepta-t-elle en s'emparant de son téléphone. Voilà. C'est bon !

- Merci… Bon bah du coup j'y vais ! déclara-t-il en s'approchant de sa compagne.

- Déjà ? bouda-t-elle légèrement.

- Candice…

Elle souffla et marqua un temps.

- J'accepte ton départ à une seule condition… tenta-t-elle de négocier en appuyant ses mains sur son torse.

- Laquelle ? l'interrogea-t-il en plissant les yeux.

- Tu me raccompagnes en haut ? lui demanda-t-elle en montrant la fenêtre de sa chambre.

- Ok ! concéda-t-il en l'aidant à se lever »

Une fois debout, Candice fit quelques pas avant de s'asseoir sur son fauteuil. Malgré un état de santé positif, la commandante avait encore du mal à marcher et fatiguait vite. Ses déplacements à l'extérieur devaient donc obligatoirement être réalisés en chaise roulante. Elle s'installa confortablement et se laissa pousser par Antoine qui prenait son rôle très au sérieux. Ils grimpèrent dans l'ascenseur pour gagner le premier étage lorsque quelqu'un interpella Candice. Cette dernière tourna la tête et se mit à sourire.

« Doucement ! Courez pas comme ça vous risqueriez de tomber, déclara Candice en souriant.

- Je sais… Mais je voulais pas vous louper… déclara-t-elle en les rejoignant dans la cage. Vous lui en avez parlé ?

- Oui ! Vous inquiétez pas, on est sur le coup.

- D'accord. Très bien.

- Je peux me permettre de vous poser une question ? demanda Antoine.

- Je vous écoute jeune homme.

- Candice m'a montré votre collection et je me demandais, vos bijoux où est-ce que vous les avez eus ?

- Oooh ! Bah ça dépend lesquels. Y en a qui appartenaient à ma mère, d'autres sont des cadeaux de ma famille, mais les derniers je les ai achetés à la clinique.

- A la clinique ? rétorqua-t-il surpris alors que les portes de l'ascenseur s'ouvraient.

- Oui ! Y a des jeunes gens qui nous en vendent lorsqu'il y a les ateliers.

- Vous avez leurs noms ?

- Oh non ! Pourquoi ? C'est eux qui me les ont volés ?

- On ne sait jamais ! Il vaut mieux ne pas écarter de pistes… déclara Candice d'un air mystérieux.

- Bon ! Je redescends ! s'exclama-t-elle en apercevant son médecin. C'est bientôt l'heure de mon soin, faut que je me cache. »

Antoine et Candice éclatèrent de rire. Ils sortirent de l'ascenseur, pressés par Henriette qui voulait à tout prix éviter son médecin. Antoine raccompagna Candice jusqu'à sa chambre. Il l'aida à se lever du fauteuil et l'entraîna jusqu'à son lit où il la fit s'asseoir. Le commissaire s'apprêtait à se relever lorsqu'il sentit sa compagne l'attirer vers elle. Il croisa son regard et comprit qu'elle avait besoin de réconfort. Attendri, il prit place sur le bord du lit et l'enserra de ses bras. La blonde nicha sa tête dans le creux de son cou, profitant des légers baisers qu'il lui déposait sur le haut de sa joue avant qu'il ne quitte sa chambre.