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« Ah ! Mehdi ! Tu tombes bien ! T'as les photos des bijoux volés ?
- Euh ouais… La proprio de la boutique a fait l'inventaire et elle a comparé les bijoux manquants avec le catalogue. Tiens ! précisa-t-il en montrant son écran.
- Ok… Putain, c'est bien ce que je pensais… Regarde ! affirma-t-il en montrant les photos de son téléphone à son brigadier.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Val en entrant dans l'openspace avec Ismaël.
- Un truc de ouf ! s'exclama Mehdi.
- Raconte !
- Bah je reviens de la clinique là et Candice aide une grand-mère qui a perdu ses bijoux. Et regardez sa collection, lâcha-t-il en leur passant son portable, y a ceux qui ont été volés dans les bijouteries.
- Attend mais c'est ouf quand même !
- Et elle les sort d'où ces bijoux ? demanda Marquez.
- Elle m'a parlé de jeunes qui tenaient un atelier et qui les vendaient pendant les animations.
- Des braqueurs qui font de l'animation à la clinique ? C'est super bizarre quand même… constata Val. Et t'as leurs noms ?
- Non…
- Et qu'est-ce que qu'on fait du coup ?
- J'ai demandé à Candice d'aller se renseigner auprès du pôle animation. C'était encore fermé quand je suis parti.
- Ok… Et sinon, comment elle va ?
- Physiquement ça va mieux… Mais mentalement c'est dur. Elle supporte de moins en moins l'enfermement…
- Tu m'étonnes… J'essaierai de passer la voir tout à l'heure, conclut Mehdi »
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« Aïe ! Aïe ! Aïe ! Aïe ! Aïe ! Commandaaaaaannt ! lança Mehdi avec entrain en l'apercevant dans le hall.
- Mehdi ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle surprise.
- Ça fait plaisir de te voir ! s'enthousiasma-t-il en prenant les commandes de son fauteuil, Alors c'est par où l'animation ?
- Euh… Bah c'est… à droite là-bas !
- Alors, c'est parti !
- Mais tu sais, je pouvais le faire toute seule hein ! lui rappela-t-elle.
- Il paraît que tu t'ennuies… Alors je suis venu te rendre visite !
- Tiens tourne à gauche. C'est juste là.
- À vos ordres chef ! obéit-il en tournant le fauteuil. »
Les deux collègues s'arrêtèrent devant une porte ouverte. Ils pénétrèrent et observèrent une grande salle dont les murs étaient recouverts par les photos, peintures et objets artistiques réalisés par les patients de la clinique. Candice observa ces décorations de plus près, se laissant intriguer par ces souvenirs. Cette pièce mémorielle se posait comme une véritable échappatoire pour ces patients qui y transitaient. La commandante souriait, reconnaissant certains visages du personnel médical ou de ses voisins de chambre. Elle aussi finalement était en train d'y laisser sa trace...
Souriante, elle s'arrêta soudainement devant un large panneau violet sur lequel des portraits de l'équipe d'animation figuraient. Elle appela son collègue qui le prit en photo lorsqu'une voix féminine les interpella.
« Je peux vous aider ?
- Ah bonjour. On voulait juste poser deux/trois questions à la personne qui se charge de l'animation, annonça doucement Candice.
- Eh bien vous l'avez devant vous. Qu'est-ce que vous voulez ?
- Brigadier Badhou. J'aurais aimé savoir si vous vendiez des bijoux dans l'enceinte de la clinique ?
- Euh… Non ! Enfin, moi je coordonne les différentes activités. Aucune ne consiste à réaliser ou vendre ce genre de choses. Après, y a aussi des jeunes bénévoles qui viennent de temps en temps mais je peux pas vous en dire plus.
- Vous auriez les noms de ces bénévoles ?
- Pas du tout ! On a juste quelques prénoms avec des photos. Tenez, c'est ici, les dirigea-t-elle vers le grand panneau violet.
- Quand est-ce qu'ils sont venus pour la dernière fois ? demanda la commandante.
- Mais je vous reconnais vous ! Vous êtes la chambre n°36 ! Vous ne devriez pas être en train de vous reposer ?
- Non… Mais… Je…
- C'est de ma faute ! Candice s'ennuyait et comme je devais vous voir, je lui ai proposé de m'accompagner, mentit-il pour la protéger.
- Répondez à la question s'il-vous-plaît. C'est super important ! la pria-t-elle.
- Ils sont venus y a quinze jours. La semaine dernière on était plusieurs à être malades donc on a préféré ne pas les faire venir. Personne pouvait les accueillir… Enfin c'était compliqué quoi !
- Vous avez un numéro pour les contacter peut-être ?
- Pas tous. Uniquement celui de celle qui gère l'association dont ils font partie. Tenez, c'est sa carte, précisa-t-elle en tenant le morceau de carton au brigadier.
- Parfait. Merci beaucoup ! conclut le brigadier avant de pousser Candice en dehors de la pièce »
Ils firent quelques mètres et se posèrent sur des sièges qui trônaient au milieu du couloir.
« Tu devrais peut-être appeler Antoine non ? proposa Candice.
- Ça sert à rien… Il est en réunion à cette heure-là ! Mais il va être content. On avance !
- Et c'est grâce à qui ? Hein ? Mehdi rigola. D'ailleurs… je crois que j'ai compris pourquoi y a pas eu de braquage la semaine dernière… renchérit-elle sérieusement.
- Ah bon ?
- Y avait pas d'ateliers ! Donc ils savaient qu'ils avaient pas besoin de bijoux. Donc…
- Pas besoin de braquage…
- Puis, t'as vu leur âge ? C'est des gamins ! Ils ont quoi ? 18-19 ans ? Ils ont pas conscience de ce qu'ils font…
- Ouais…
- Vous devriez retourner voir les boutiques, pour leur demander si elles les ont pas déjà vu…
- Dis-donc ! Tu perds pas le nord hein !
- Oui bah je te signale que c'est grâce à moi que vous avancez quand même… Donc, comme d'hab quoi ! Ça change pas !
- Allez va ! C'est encore le temps de quelques semaines et après tu seras de retour parmi nous ! Candice acquiesça, Allez je file !
- Bonne soirée ! »
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