Le lendemain matin, Candice était en train de prendre son petit-déjeuner au réfectoire lorsqu'elle fut rejointe par Henriette. Cette dernière prit place à côté d'elle, prête à lui faire quelques confessions.

« Y a encore certains de mes bijoux qui ont disparu… affirma-t-elle en chuchotant.

- Encore ?

- Oui… Et je suis sûre de les avoir vu hier soir avant d'aller dormir ! Maintenant je regarde toujours.

- Donc ça veut dire que vos bijoux disparaissent la nuit… Sauf que c'est pas possible que ce soit quelqu'un comme nous.

- Pourquoi ?

- La nuit, si un patient bouge d'une chambre à l'autre voire d'un service à l'autre, il pourrait se faire repérer ! Surtout qu'on est tous quasiment incapable de se déplacer rapidement.

- Donc ce serait une infirmière ?

- C'est une hypothèse.

- Bon qu'est-ce qu'on fait ?

- Faudrait que j'en parle à Antoine…

- Le commissaire ? s'exclama-t-elle enjouée.

- Oui !

- Qu'est-ce qu'il est charmant… Candice esquissa un sourire, Dommage qu'il soit déjà pris…

- Pourquoi vous dites ça ? demanda la blonde surprise de cette réflexion.

- Roh ! Vous me prenez pour un lapin de six semaines ou bien ? J'ai vu ! s'exclama-t-elle en montrant ses yeux.

Candice se mit à rire.

- Ok… Je m'incline… Vous avez vu juste !

- Et pourquoi qu'il viendrait pas surveiller ma collection la nuit ? Après tout il est commissaire, il a tous les droits.

- Oui enfin… C'est un petit peu plus compliqué que ça… Légalement, notre enquête ne fait pas l'objet d'une procédure donc il n'aurait pas l'autorisation de rester toute la nuit dans la clinique.

- Mais qui vous a dit de faire ça légalement ? proposa la grand-mère avec un sourire coquin. »

. . . . .

« Est-ce que vous reconnaissez l'un ou l'une d'entre eux ? demanda Antoine en montrant son téléphone à la vendeuse de la boutique.

- Euh… Là comme ça… Ça me dit rien…

- Prenez votre temps. C'est vraiment important Madame.

- Lui là ! J'ai l'impression qu'il est déjà passé dans la boutique avec celui de gauche. Mais ils étaient très gentils. Je me souviens parce qu'il y en a un des deux qui se sentait pas bien. J'ai dû aller dans l'arrière-boutique chercher de l'eau.

- Exactement comme dans l'autre bijouterie… Bon bah je pense qu'on a compris comment ils procédaient pour les repérages.

- C'est eux les braqueurs ? demanda-t-elle surprise.

- A priori. »

Antoine sortit soulagé de la bijouterie. L'enquête avançait enfin alors qu'ils avaient passé des jours dans le brouillard le plus total. Il s'empara de son téléphone et annonça a son équipe que les deux bijoutières les avaient identifier. Il ne restait donc plus qu'à obtenir leurs noms de famille.

Le commissaire grimpa dans sa voiture et enclencha le moteur. Il s'apprêtait à démarrer lorsqu'il reçut un appel de sa compagne. Souriant, il se ravisa finalement à partir et décrocha.

« Bonjour vous. Bien dormi ? demanda-t-il d'une voix douce.

- Très bien et vous ?

- Très peu ! On a passé la nuit à épier toute la collection de ta grande copine Henriette. Mais je pense qu'on tient le bon bout… On attend des nouvelles de l'assoc' pour les noms des jeunes et après on ira les coffrer.

- C'est super tout ça… Et dire que sans moi vous seriez encore au point mort !

- C'est vrai…

- Dis-voir j'aurais un petit service à te demander…

- Dis-moi ! »

. . . . .

22h30. Assise dans son lit, la fenêtre grande ouverte, Candice entendit des bruits de pas en provenance du jardin. Elle posa son livre sur sa table de nuit et sortit de son lit en s'aidant du mur.

« Candice ! chuchota-t-il. Non mais j'y crois pas ! marmonna-t-il dans ses moustaches.

- Ah ! C'est toi ! lâcha-t-elle en s'appuyant au balcon.

- Non mais tu te moques de moi là ? C'est ça le plan ?

Candice acquiesça, un sourire fier scotché sur son visage. Antoine l'observait, les bras croisés montrant sa désapprobation.

- Allez ! Ça a un petit côté romantique en plus…

- Mais Candice ! Comment tu veux que je grimpe à une échelle de draps ? s'agaça-t-il.

La commandante rigola en l'observant s'agiter avec le tissu dans les mains.

- Allez mon amour ! Je suis sûre que tu vas y arriver, tenta-t-elle de le convaincre en usant de ses charmes.

- C'est hors de question ! déclara-t-il sur un ton boudeur.

- Roh ! Mais c'est pour la bonne cause… Puis Henriette compte sur toi en plus… Ce serait dommage de la décevoir quand même…

Antoine souffla en s'approchant du tissu.

- Je te préviens. Si je me casse un truc, ce sera de ta faute ! »

Le commissaire s'agrippa au tissu et tenta d'hisser son corps vers le haut. Face à l'effort, il ne put s'empêcher de pousser des cris qui faisaient rire sa compagne. Cette dernière, bien trop amusée par la scène qui se déroulait devant ses yeux, se retenait de rire pour ne pas le contrarier davantage. Il mit une dizaine de minutes avant d'atteindre le balcon, à bout de force. Il reprit son souffle et rencontra sa compagne les yeux rieurs, confortablement assise sur le bord de son lit.

« Ah bah quand même ! Je commençais à trouver le temps long ! le taquina-t-elle.

- Oui bon ça va ! J'aurais bien aimé t'y voir moi ! rétorqua-t-il bougon en s'asseyant à ses côtés, Et je te préviens ! Si j'ai fait tout ça pour rien…

- T'arrêtes de râler oui ? le coupa-t-elle en souriant.

- Et vous m'avez préparé une autre surprise pour la descente ou ça se passe comment ? Candice se tut et pinça ses lèvres, Attend… Me dis pas que je vais redescendre par-là ? Candice acquiesça. T'es pas sérieuse ?

- Bon après… T'es pas forcément obligé de redescendre… proposa-t-elle d'un ton mielleux en s'approchant de lui.

- Ah d'accord… Donc c'était ça l'idée en fait… ? »

Candice se mit à rire en le regardant droit dans les yeux. Elle approcha son visage du sien et déposa un baiser sur ses lèvres. D'abord faussement vexé, Antoine ne lui répondit pas. Il tourna légèrement la tête, faisant mine de l'éviter. Candice rigola, comprenant qu'il boudait à cause de cette supercherie. Pour se faire pardonner, elle réitéra son geste tout en prenant le soin de déposer de petits baisers sur sa joue. Il parvint à résister quelques secondes avant de lui répondre en l'embrassant à son tour. Les deux amants ne se lâchaient plus, profitant de ce moment volé alors que les visites étaient pourtant interdites à cette heure bien avancée de la soirée. La tendresse qui s'était installée, laissait peu à peu place à la passion. Leurs gestes se firent de plus en plus pressants. Sans réfléchir, Antoine la fit basculer et l'allongea sur le lit. Il la sentait frissonner sous ses caresses. Candice parvint à reprendre ses esprits et à le repousser doucement. Antoine l'embrassa une dernière fois avant de se redresser, quelque peu frustré par la situation. Leurs corps se manquaient tellement… Ils se manquaient tellement…

La commandante se redressa à son tour et récupéra le tissu blanc posé sur sa table de nuit avant de le lui tendre.

« Tiens c'est la blouse. C'est mieux… Tu passeras inaperçu comme ça !

- Ok… acquiesça-t-il en l'enfilant, Bon j'y vais.

- Fais attention quand même !

- Oui ! À tout à l'heure ! conclut-il avant de sortir de la chambre »