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« Ah salut Antoine ! On a réussi à coffrer les deux jeunes. Ils étaient pas faciles à trouver mais comme l'association a fini par balancer leurs infos… C'était simple quoi !
- Ok ! Bah c'est super ça ! Bon boulot. Et vous les avez interrogés ?
- Non… On t'attendait. Tu veux t'en charger ?
- Ok ! J'y vais. »
Antoine se dirigea vers la salle d'interrogatoire et récupéra le dossier pour le feuilleter avant d'entrer en scène. Il finit par ouvrir la porte et observa les deux jeunes devant lui.
« Bien ! J'vais pas passer par quatre chemins. Les vendeuses des bijouteries vous ont formellement identifié et on a retrouvé les bijoux volés à la clinique où vous êtes bénévoles. J'veux pas vous faire peur les gars mais pour braquage… vous risquez de prendre cher. Surtout que vous n'avez aucunes circonstances atténuantes.
Les deux jeunes hommes baissèrent la tête.
- Ok… On a déconné ! affirma l'un des deux.
- Expliquez-moi ! ordonna Antoine.
- Bah je venais souvent ma grand-mère qu'était en rééducation. Elle arrêtait pas de se plaindre qu'elle voulait des bijoux. J'crois qu'elle voulait pécho un autre grand-père. Bref. Du coup j'suis allé en bijouterie mais j'avais pas de thune. Donc j'ai volé un collier et une bague sur le comptoir. J'lui ai ramené mais elle a voulu me payer, elle savait que j'avais besoin de fric. J'suis étudiant donc c'est la merde quoi… Et quand j'suis revenu après, d'autres grands-mères en ont voulu. Du coup avec Seb on a eu cette idée pour se faire du fric.
- On piquait les bijoux, on les apportait pendant les ateliers d'animation le mercredi et on les revendait.
- Plus cher je suppose ?
- Bah ouais…
- Et les bijoux que vous vendiez pas ?
- On les revendait au black sur internet.
- Vous aviez mis en place un beau petit trafic quoi… Pas de chance pour vous ! Une de vos fidèle acheteuse est devenue super copine avec un commandant de police… Comme quoi ! On ne peut pas gagner à tous les coups ! affirma Antoine en refermant le dossier sur la table. »
Il fit signe au policier de les embarquer et retourna dans l'openspace voir ses collègues.
« Bon bah voilà ! Affaire bouclée ! lâcha-t-il fièrement.
- Ouais ! Et pour ça on peut remercier Candice… précisa Val.
- Tu m'étonnes ! C'est dingue quand même ! Elle arrive toujours à se mêler de nos enquêtes ! constata Mehdi amusé par la situation.
- Qu'est-ce que vous voulez ? On la changera pas hein ! rigola Antoine.
- Qu'est-ce qu'on fait du coup pour les bijoux volés ? demanda Ismaël rattrapé par sa conscience professionnelle.
- On va faire une descente à la clinique. On récupère tous les bijoux volés et on les rapporte aux bijouteries. On termine de remplir la paperasse et on y va !
- Ça marche ! s'exclamèrent-ils tous quasiment en chœur. »
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Les cinq collègues de la BSU de Sète étaient réunis dans la chambre de Candice. Cette dernière était assise sur son lit, riant aux éclats en écoutant les potins du commissariat. Antoine l'observait en silence. Elle avait l'air en forme. Et pourtant, la commandante n'était pas encore prête de sortir. Le médecin lui en avait donné encore pour une bonne quinzaine de jours… à son grand damne. Elle avait de plus en plus de mal à supporter l'enferment et l'éloignement de son compagnon. Antoine essayait pourtant de passer le plus possible mais son emploi du temps était bien souvent très chargé et ses disponibilités ne coïncidaient pas avec les heures de visite autorisées par la clinique. Candice devait donc se contenter d'appels téléphoniques et de messages. Pire encore, elle suivait les débuts de grossesse de sa fille à distance. Emma passait souvent la voir mais sa mère s'en voulait de ne pas être à ses côtés au quotidien. Elle était là. Assise. Seule sur son lit. Pendant qu'eux, étaient tous debout.
Les rires perçaient les murs de la pièce lorsque la porte s'ouvrit :
« Eh beh ! Y en a du monde ici… C'est pas très réglementaire ! constata le médecin avec mécontentement.
- Excusez-les. Ce sont mes collègues et ils avaient à faire dans la clinique donc ils en ont profité pour me dire bonjour…
- D'accord. Mais il va falloir partir maintenant. Je repasse dans une petite demi-heure pour la visite de contrôle. Ok ?
- Très bien ! Merci. À tout à l'heure ! la salua-t-elle en l'observant refermer la porte.
- Bon bah ! On va y aller ! lâcha Marquez.
- Ouais ! Allez ! Ça nous a fait plaisir de te voir ! s'exclama Mehdi en la serrant dans ses bras.
- Antoine tu… débuta Val avant d'être coupée par Antoine.
- Je vais rester un peu…
- Ok… Bon bah on vous laisse ! Bonne soirée. »
Candice les remercia pour leur venue et observa Antoine appuyé contre le mur du fond de la pièce. Il attendit que la porte ne se referme avant de venir s'asseoir sur le bord du lit.
« T'as réussi à sortir sans te faire voir ce matin ?
- Écoute il n'y avait pas l'ombre d'un médecin ou d'une infirmière dans les couloirs donc je suis passé inaperçu…
- Tu vois ! Tout est bien qui finit bien ! Tiens, d'ailleurs j'ai quelque chose pour toi.
- Ah bon ? demanda-t-il en fronçant les sourcils alors que sa partenaire se penchait pour ouvrir le tiroir de sa table de nuit.
- Tiens ! C'est de la part d'Henriette. Elle tenait à te remercier pour cette nuit alors elle a demandé à sa fille de lui apporter une boîte de chocolats.
- C'est gentil ! Au moins elle reconnaît mes efforts, elle ! la taquina-t-il en souriant.
- C'est vrai…
Antoine fronça les sourcils.
- Attend mais… la boîte elle est ouverte ! observa-t-il en l'ouvrant.
Il releva les yeux et vit sa compagne les yeux rieurs et la bouche pincée.
- Ok… J'en ai peut-être mangé un ou deux…
- Ou plutôt cinq/six ! renchérit-il en voyant la boîte.
Candice éclata de rire.
- J'avais faim et tu me connais… J'ai pas pu résister…
Il hocha la tête de gauche à droite.
- Au fait ! En parlant de repas… Je sais pas si Emma t'as dit mais ce soir on a prévu un dîner tous ensemble, chez toi.
- Oui elle m'a dit… C'est sympa ! rétorqua-t-elle légèrement déçue de ne pas être des leurs.
- Tu sais que ça nous a rapproché cette histoire…
- Je vois ça… Mais au moins c'est bien… parce que ça veut dire que quand je vais sortir on va pouvoir profiter de ce genre de moments, tous ensemble.
- Mais j'espère bien ! lâcha-t-il d'une voix douce. Et… de toute façon… moi je te quitte plus. Candice se mit à sourire en le fixant. J'm'en fous du proc, de l'IGPN ou de je ne sais quoi. Puis… Ils ont pas à nous dire si on doit être ensemble, s'emporta-t-il. Non mais c'est vrai, on fait… Quoi ? s'arrêta-t-il brusquement en voyant sa compagne rire doucement.
- Rien ! chuchota-t-elle en approchant son visage du sien. J'aime bien quand tu t'énerves comme ça… confessa-t-elle avant de déposer un baiser sur ses lèvres. »
Apaisé par cette discussion, Antoine se lova dans les bras de sa compagne, profitant de sa présence avant que la médecin revienne les séparer.
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Deux semaines plus tard
« Pour la troisième fois, non je n'étais pas visée par Monge. Et oui, j'ai volontairement décidé de protéger mon coéquipier. C'est un crime ? s'agaça Candice depuis le banc du jardin de la clinique.
- Un crime ? Non… Enfin quoique pour le brigadier… Ça pourrait l'être… fit-mine de réfléchir celle de l'IGPN.
- Écoutez ! Pensez ce que vous voulez, j'en ai plus rien à faire. J'ai failli crever donc j'ai d'autres priorités.
- Comme… profiter avec votre compagnon… par exemple…
Candice tourna la tête pour esquiver son regard.
- Oui. J'ai une vie amoureuse, oui. Ça aussi vous allez me le reprocher ?
- Vous le reprocher… Non… Je ne suis pas le procureur général vous savez.
Candice rigola jaune avant d'oser affronter son regard.
- Mais le procureur général peut bien penser ce qu'il veut, s'emporta-t-elle dans un flot de rage. La dernière fois on m'a reproché d'avoir dépassé les limites à cause de mes sentiments. Là c'est quoi au juste ? On me reproche d'avoir sauvé un des miens ? On me reproche d'être solidaire ? Donc qu'est-ce que j'aurais dû faire au juste ? Pas bouger et le laisser crever ? Et là… On aurait reproché quoi ? Ma négligence ? s'énerva-t-elle avant de se calmer et de reprendre doucement. Vous savez quoi ? Sentiments ou pas… pensez ce que vous voulez. Et je suis prête à en payer les conséquences, lâcha-t-elle durement sous l'œil attentif de son interlocutrice.
- Excusez-moi… les coupa une voix féminine.
- Oui… Pardon… répondit Candice les larmes aux yeux. Bonjour docteur !
- Je vous cherchais… C'est pour vous prévenir que vous allez pouvoir sortir. Vos résultats sont plutôt bons dans l'ensemble donc on vous donne le feu vert.
- Merci ! Je vais remonter dans ma chambre si évidemment l'interrogatoire est terminé…
La femme de l'IGPN acquiesça et observa la commandante marcher en direction de l'intérieur de la clinique. »
