Le commissaire arriva chez sa compagne. Il entra en voiture dans la cour et fronça les sourcils en entendant des cris d'agitation. Il aperçut la jeune brune debout, observant son compagnon et sa mère assis dans la voiture de Candice. Il se gara, descendit de la voiture et s'approcha d'Emma qui restait perplexe.

« Salut Emma ! Qu'est-ce qui se passe ?

- Ah salut Antoine ! Comme Sacha n'a que le code et qu'il envisage de passer le permis, maman s'entête à l'entraîner à faire des manœuvres… Et comment te dire que…

- Ouais… lâcha-t-il en riant. Le pauvre !

- Mais tu le fais exprès ? s'énerva la mère de famille après son gendre. Écoute Sacha ! Fais un effort ! Je t'ai dit de tenir le volant à 10h ! Pas à 12h !

- Ouais bah c'est pas facile votre truc ! Moi j'y connais rien ! s'agaça-t-il en sortant du véhicule.

Antoine et Emma se regardèrent dépités. Le maître et son élève s'approchèrent d'eux.

- Donc t'es devenue monitrice d'auto-école maintenant ? plaisanta son compagnon.

- Bah oui ! J'essaye de l'aider mais il comprend rien…

- Comment ça je comprends rien ? Dites tout de suite que je suis nul ! pesta Sacha en rentrant dans la maison.

- Maman ! T'abuses ! Tu sais bien que c'est pas facile pour lui…

- Rooooh ! s'exclama-t-elle en roulant des yeux.

Le commissaire hocha la tête en souriant. Il suivit sa belle-famille dans la maison et les rejoignit au salon.

- Sinon j'ai un ancien ami à moi qui tient une auto-école en centre-ville… Si jamais ça peut aider…

- Ah bah carrément ! Ce sera mieux pour tout le monde ! Hein maman ?

- Mouais ! rétorqua-t-elle en levant les yeux au ciel.

- Merci ! répondit sincèrement le jeune homme avant de s'éclipser dans le salon suivi de sa compagne.

- Décidément ! Qu'est-ce qu'on ferait sans toi ? lâcha Candice qui s'approcha pour l'embrasser en guise de remerciement.

Antoine rigola avant d'entrer dans le vif du sujet.

- Dis voir, j'ai du neuf pour l'enquête et je voulais t'en parler ! »

- Je t'écoute !

- Nathalie a constaté une trop forte pollution dans l'étang. Pollution humaine évidemment.

- Et tu crois que ça aurait pu être un scandale si Cédric avait contribué à cette pollution.

- En soit… ça se tient !

- Et Gaëlle ? Vous l'avez interrogé ?

- Oui… Pas d'alibi, bon mobile mais j'y crois pas !

- Alors dans ce cas, faut retourner à l'association. Il s'était engagé dans un projet anti-pollution en plus donc ça fait tache.

Le commissaire vit sa compagne s'approcher de lui. Elle le prit par la taille et lui fit les yeux doux.

- Ah non Candice ! Pas les yeux de chaton!

- Allez ! S'il-te-plaît ! le supplia-t-elle.

- Je te vois venir mais c'est hors de question !

- Ça va durer quoi ? Une heure max ! Et après ce sera plié. On va pas me reconnaître !

- Et si ça merde ? Qu'est-ce qu'on fait ?

- Mais ça merdera pas ! J'te jure je me ferai toute petite.

- Permets-moi d'en douter…

- Allez ! Mon amour... força-t-elle en chuchotant à son oreille.

Antoine souffla en la fixant.

- Ok… finit-il par craquer.

- Merci ! lâcha-t-elle avant de l'embrasser. Je vais me changer. Attends-moi ! »

Le commissaire hocha la tête, conscient qu'il s'était encore plié face à son discours. À chaque fois c'était pareil. Antoine Dumas ne pouvait lui résister. Il l'observa traverser rapidement le salon et s'approcha du canapé où il retrouva Sacha et Emma.

« Je sais vraiment pas comment vous faites pour la supporter… constata Sacha qui en voulait encore à sa belle-mère.

- Mais moi non plus Sacha ! Moi non plus ! »

Les deux jeunes se mirent à rire face à la remarque d'Antoine. Ils patientèrent une vingtaine de minutes avant que Candice ne sorte de sa chambre, vêtue de noir avec sa perruque rousse. Rapidement, ils quittèrent la maison et montèrent en voiture afin de rejoindre l'association Sèt'écolo.

In situ, ils s'entretinrent avec les membres du projet anti-pollution dans lequel Cédric s'était inscrit. Les 4 jeunes face à eux avaient le même discours. Ils ne savaient rien des actions polluantes des pêcheurs de la pointe courte mais avaient conscience que les fêtes organisées là-bas avaient tendance à dévier. Bien souvent, certains fêtards se mêlaient aux pécheurs et l'alcool aidant, les poussaient à déverser des déchets et produits toxiques dans l'étang.

Candice observa Marine. Depuis le début, cette jeune rousse l'intriguait. Elle l'a pris à part et entama la discussion, bien décidée à lui faire sortir les vers du nez.

« Vous saviez vous que Cédric faisait partie de la bande des pollueurs. N'est-ce pas ?

- Non ! Je vous jure je…

- Arrêtez… Toutes vos réactions montrent votre angoisse ! Je suis pas née de la dernière pluie hein !

- La jeune femme se tut et observa brièvement vers la gauche.

- Vous avez peur de qui ?

- Mais de personne !

Candice suivit le regard de sa suspecte qui regarda à nouveau vers la gauche.

- Vous avez peur de votre chef.

- Non… bafouilla-t-elle.

- Si… Il est au courant de quelque chose ?

- Cédric était mon meilleur ami putain. Lâcha-t-elle les larmes aux yeux. Yanis mon copain est journaliste et je lui avais demandé d'infiltrer la bande des fêtards pour avoir des preuves de leurs actions. La dernière fois il m'a montré des photos de la soirée et j'ai vu Cédric qui jetait des déchets dans l'eau.

- Pourquoi vous nous en avez pas parlé plus tôt ?

- Parce que j'avais pas envie qu'on m'accuse !

- Mais vous vous rendez compte que là, la situation est encore pire ?

- Mais je l'ai pas tué ! J'ai rien fait ! lâcha-t-elle les larmes aux yeux.

- Vous avez confronté Cédric ?

- Oui. Dans le vestiaire.

- Et qui d'autre était au courant ? Marine marqua un temps. C'est super important.

- Bertrand.

- Le chef de l'asso ? Candice tourna la tête vers la gauche. Aaaah ! Mais c'est de lui que vous avez peur.

Marine hocha positivement la tête.

- Il m'a demandé de rien dire. Il avait trop peur que ça nuise à l'association.

- Mais Yanis voulait publier l'article à tout prix.

- Ouais… C'était un coup de génie pour le journal local.

- Votre chef est là ?

- Oui. Il doit avoir fini sa réunion vue l'heure qu'il est.

- Bien ! Je vous remercie. »

Candice s'éloigna de la jeune femme qui s'eclipsa dans le fond du couloir. Elle rejoignit Antoine qui était en pleine discussion avec les autres jeunes. Elle l'interrompit en lui saisissant le bras et l'éloigna du groupe.

« Qu'est-ce qu'il y a ?

- C'est le chef de l'asso.

- Quoi ? Pourquoi ? »

Candice relata sa discussion avec la jeune écolo et réussit à convaincre son partenaire que Bertrand était le meurtrier. Ils pénétrèrent dans son bureau mais se heurtèrent à un homme récalcitrant. Acculés, ils finirent par le traîner de force à la BSU. Antoine se chargea de l'interrogatoire avec Val, tandis qu'il avait ordonné à Candice de ne pas bouger de son bureau. Mais bien décidée à suivre l'interrogatoire, elle sortit en cachette du bureau et rejoignit le reste de l'équipe dans la salle de contrôle.

Une heure plus tard, Bertrand avait fini par avouer. Les preuves de ses agissements en main, le chef de l'assoc' était allé confronter Cédric sur les quais de la pointe courte. Une violente dispute avait éclatée. Envahi par la haine, l'homme avait saisi un rondin de bois et l'avait frappé. Antoine pria ses agents de police de le transférer en cellule et sortit rejoindre ses collègues retournés dans l'openspace.

« Candice ! Qu'est-ce que tu fais là ? Je t'avais demandé d'attendre dans le bureau.

- Roooh ! Ça va… Regarde tout va bien ! Personne ne m'a reconnu !

- T'es quand même complètement folle ! rigola Mehdi en l'observant.

- N'empêche que grâce à moi… L'affaire est bouclée quand même ! En fait… vous ne pouvez pas réussir à bosser sans moi ! Non mais c'est vrai ! Je suis indispensable !

Mais écoutez-là ! s'indigna Val face au discours de son chef de groupe.

- Tu feras gaffe à tes chevilles ! plaisanta Marquez.

Candice éclata de rire.

- Ça vous dirait qu'on se retrouve ce soir pour un dîner ? proposa-t-elle. On a pas encore eu l'occasion de se voir tous ensemble depuis…

- Attention ! lâcha Mehdi. Là tu es à deux doigts de dire qu'on te manque ! plaisanta-t-il.

Tous rigolèrent à la remarque du brigadier.

- Vendu ! déclara Ismaël.

- Ok ! Je préviens Nathalie. Ajouta Marquez.

- Moi je veux bien venir mais à une condition. Tu gardes ce déguisement toute la soirée ! la taquina Val.

- Graaaaave ! renchérit Mehdi. Ça te va trop bien !

- Mouais. Bof. Moi j'suis pas trop fan… contesta Antoine en observant Candice. »

Un silence pesant suivit la dernière remarque du commissaire. Toute l'équipe fixa leur supérieur gêné par la situation. Antoine jura intérieurement contre lui et s'éclipsa de la pièce en priant Candice de le suivre pour qu'il la dépose chez elle. Amusée, la commandante fixa l'heure du repas et le suivit en saluant ses collègues.