Candice s'affairait en cuisine lorsqu'on frappa à la porte. Elle lâcha les fourneaux et alla ouvrir à ses collègues. Nathalie entra la première, suivi de son compagnon, puis des trois autres. Mehdi entra dans le salon et observa les environs.

« Bah Antoine est pas là ? demanda le brigadier suspicieux.

- Euh bah non pourquoi ? répondit la commandante d'un air gêné.

- Oh non… Je dis ça comme ça… affirma-t-il dans un sourire en s'asseyant à table. »

Les autres l'imitèrent, prenant place autour de la table. Elle alla récupérer les plats dans la cuisine lorsqu'on frappa à nouveau. « Ah! Ça doit être Antoine… » lâcha-t-elle en déposant les plats sur la table avant d'aller lui ouvrir. Il l'embrassa furtivement avant de rentrer et s'installa à la seule place libre disponible, à droite de sa compagne qui trônait en bout de table.

« C'est bien qu'on soit tous réunis comme ça… On va enfin pouvoir trinquer à ton rétablissement ! déclara Nathalie.

- Et à ton futur retour ! rajouta Marquez en levant le doigt.

Candice rigola.

- J'ai hâte de vous retrouver oui ! répondit-elle en souriant sous les yeux attendris de son compagnon. »

Un regard tendre qui ne passa pas inaperçu aux yeux de Val qui glissa un coup de coude à son voisin de gauche.

« Aïe !, cria doucement Mehdi qui venait de s'attirer tous les regards de ses collègues. Non ! C'est… Je me suis cogné dans la chaise, finit-il par se justifier en rigolant doucement.

- Bon ! On trinque ? demanda Nathalie.

- Merde ! J'ai oublié le tire-bouchon, constata Candice qui s'apprêtait à se lever.

- Laisse ! J'y vais ! intervint son compagnon. »

Instinctivement, le commissaire avait posé sa main sur la sienne avant de se lever. Tout le monde le vit mais personne ne broncha. Les policiers se contentaient simplement de regarder Candice, le sourire en coin. Gênée, elle se contenta de sourire à son tour en maudissant intérieurement ce 'dérapage'.

En cuisine, Antoine ouvrit le tiroir et s'empara du tire-bouchon avant de retourner dans la salle à manger. Il sentit tous les regards suspicieux se poser sur lui.

« Eh bah ! Tu l'as trouvé du premier coup dis-donc… En fait, t'es presque comme chez toi ici ! observa malignement Nathalie

Candice et Antoine se décomposèrent.

- Bah… Euh… Non mais… C'est… C'est parce que c'est lui qui s'occupe de déboucher les bouteilles d'habitude… s'enfonça la commandante.

- Ah parce que… vous en débouchez souvent ensemble donc ? demanda Val en souriant.

- Non mais… des fois quoi… précisa Antoine.

- Oui voila c'est ça ! Pas souvent… Enfin de temps en temps quoi… s'embrouilla Candice.

- Bon on trinque ? lâcha Antoine pour couper court à la conversation. »

Tous acquiescèrent avant de faire tinter leurs verres. Le dîner se passa dans la bienveillance et fut rythmé par de nombreux éclats de rire. Le couple tenait bon, malgré les multiples piques de leurs collègues qui tentaient le tout pour le tout afin que le couple ne se grille définitivement. Mais malgré tout, il résistait. Cela en devenait presque un jeu. Les amoureux cachés semaient le doute, les emmenaient sur d'autres pistes… Mais au fond, ils savaient tous les deux, qu'ils savaient tous les cinq.

Ismaël clôtura le repas en premier, suivi par ses autres collègues. Tous se levèrent afin d'enfiler leurs manteaux. Mehdi regarda Antoine avec un sourire en coin. Décidé à le taquiner jusqu'à la fin, il lança « Et toi Antoine ? Tu rentres aussi ? ».

Le commissaire bégaya avant que sa compagne n'intervienne. Elle rigola en l'observant fébrile et s'approcha de lui avant de le prendre par la taille. Surpris de son geste, Antoine se crispa. « Non. Il reste avec moi ce soir ! » lâcha la commandante en appuyant sa tête contre son torse. Son compagnon la regarda, gêné. Elle le lâcha et se justifia « Ça va… De toute façon ils ont tout compris, ça sert plus à rien de se cacher ! ». Antoine acquiesça en souriant, étonné qu'elle ose assumer au grand jour leur histoire. Val et Mehdi se tapèrent dans la main, fiers d'avoir réussi à les faire craquer. Les cinq collègues quittèrent la maison de Candice en riant, laissant le couple à l'intérieur.

Candice souriait en silence. Elle débarrassa les dernières assiettes sur la table, aidée de son compagnon. Elle était en train de passer à l'eau un plat lorsqu'elle sentit deux bras l'encercler. Instantanément son sourire s'élargit.

« Est-ce qu'on prendrait pas un dernier verre tous les deux ? » entendit elle chuchoter à son oreille.

La commandante acquiesça, contente de terminer cette soirée sur une note plus intime. Il déposa un baiser sur sa joue et se chargea de remplir leurs verres d'un liquide rouge.

Tous deux se retrouvèrent confortablement installés sur le canapé. Candice avait pris place dans les bras d'Antoine qui l'avait volontiers accueilli. Elle avala une gorgée de vin et entrelaça ses doigts dans les siens.

« C'était bien cette petite soirée tous ensemble ! affirma-t-elle.

- Oui… On a bien rigolé ! Même s'ils se sont bien amusés à nous faire chier quand même ! lâcha-t-il ironiquement.

- C'est vrai… Candice marqua un temps. Enfin maintenant, le problème est réglé puisqu'ils sont au courant pour nous…

- Là pour le coup c'est pas de ma faute ! lâcha-t-il en riant.

- Non… C'est vrai ! constata-t-elle dans un sourire. »

Antoine rigola à nouveau avant de l'embrasser sur sa joue. Elle posa son verre de vin sur la table basse et se lova contre lui en l'encerclant de ses bras.

« J'ai plus envie de me cacher Antoine…, affirma-t-elle sérieusement.

- Moi non plus… précisa-t-il en l'encerclant à son tour,

- Tu vois, avec ce qui s'est passé bah… J'ai… Enfin, j'ai juste envie de profiter.

- Et pour le proc' ? Qu'est-ce qu'on fait ?

- On verra au moment venu… Non ?

- Moi ça me va… confirma-t-il d'une voix douce, Puis peu importe ce qui se passera… Je te suivrais… »

Candice se détacha de lui et releva la tête en souriant. Elle le remercia et s'approcha doucement de ses lèvres. Antoine rompit la distance qui les séparait et l'embrassa tendrement. Satisfaite, sa compagne se lova à nouveau dans ses bras. Le commissaire souriait, heureux qu'enfin Candice s'autorise à vivre pleinement leur relation. Entraînée dans cette vague de confessions, la commandante osa enfin s'ouvrir à lui. Elle caressa doucement son torse pardessus sa chemise avant de le regarder à nouveau.

« Je t'aime » entendit-il à voix basse.

Antoine se mit à sourire, conscient de l'effort qu'elle était en train de faire pour exprimer ses sentiments. Il s'approcha doucement d'elle avant de lâcher simplement « Je sais ! ». Candice rigola avant de définitivement rompre la distance entre eux et de sceller leurs lèvres en un doux baiser.

« Et dire qu'il a fallu que j'attende dix ans pour entendre ça… lâcha ironiquement Antoine.

- Tais-toi ! lui ordonna-t-elle en tapant légèrement son torse.

Antoine rigola en l'enserrant davantage.

- Quand même…

- Puis comme disait ma grand-mère mieux vaut tard que jamais ! conclut fièrement Candice en souriant avant de se réinstaller confortablement dans ses bras. »