Ils passèrent le reste de l'après-midi à préparer l'intervention du lendemain soir. Antoine n'était toujours pas rentré, croulant sous les réunions administratives. Candice lui envoya un message afin de le prévenir qu'elle rentrait chez elle et qu'il était évidemment le bienvenu.

23h. Toujours sans nouvelles d'Antoine, la commandante tentait de faire taire son inquiétude en lisant un livre. Emmitouflée dans son plaid, elle luttait contre le sommeil lorsqu'elle entendit la sonnerie de son téléphone. Elle se pencha pour le récupérer et lut le message de son compagnon qui précisait qu'il était devant. Elle l'invita à entrer et attendit de le voir arriver dans la maison. Il fut surpris de la trouver dans le salon.

« Tu rentres tard !

- Je sais… J'avais plein de dossiers à remplir… Excuse-moi ! se justifia-t-il d'une voix douce avant de l'embrasser.

Le commissaire s'affala sur le canapé à ses côtés.

- Je t'ai laissé une part de tarte au frigo si tu veux !

- Ça va… J'ai mangé vite fait au bureau. Je pensais que tu serais couchée…

- Je t'attendais… expliqua-t-elle en s'installant dans ses bras.

- C'est gentil ! chuchota-t-il en souriant avant de l'embrasser sur sa tempe.

- Normalement tout est prêt pour demain soir.

- Oui ! Et moi j'ai trouvé les alliances au fait.

- Montre voir ! s'impatienta-t-elle en se relevant.

- Je les ai laissés au bureau.

- Roooh ! s'agaça-t-elle en se réinstallant dans ses bras.

- Puis c'est juste pour le jeu… Après on les rend hein ! précisa-t-il.

- Oui… Évidemment... »

. . . . .

Le lendemain, l'équipe dédia toute leur journée à peaufiner les derniers détails de l'infiltration nocturne. En fin de journée, le couple se sépara et chacun rentra chez lui afin de se préparer. Il était évidemment convenu qu'Antoine passe chercher Candice juste avant de se rendre au restaurant. La blonde avait enfilé une robe noire élégante et pour l'occasion avait mis un rouge à lèvres rouge vif. Assise à la table du salon, elle contemplait sa bague enfilée quelques heures plus tôt pour les bienfaits de l'enquête. Depuis la cuisine, Emma l'observait en silence. Sa fille hocha la tête de gauche à droite face au sourire béat de Candice qui s'amusait à tourner sa bague à l'aide de son autre main.

« Elle est nouvelle cette bague ? demanda-t-elle les yeux rieurs.

Surprise d'être prise en flagrant délit, Candice releva la tête et fixa sa fille qui souriait.

- Euh… Oui ! C'est Antoine qui l'a choisi. Enfin c'est pas pour de vrai. C'est pour le jeu ! s'expliqua-t-elle légèrement déstabilisée.

- Pour le jeu oui… répéta-t-elle ironiquement. C'est pour ça que tu la regardes comme ça donc ?

- Comme ça comment ? fit-elle mine de pas comprendre.

Emma leva les yeux au ciel.

- Bah tu souriais…

- Ah non mais pas du tout ! Je… Candice fut coupée par des coups qui retentirent sur la porte. Ah ! C'est Antoine !

- Je lui ouvre ! cria Emma depuis l'entrée. »

Candice la remercia et se leva de sa chaise pour mettre une légère veste sur sa robe. Elle se retourna et aperçu son faux mari en costume accompagné d'une cravate.

« Ah oui quand même… constata-t-il en la regardant bouche bée.

- Quoi ? Ça va pas ? demanda-t-elle soudainement paniquée.

- Ah si si ! Au contraire…

Antoine vit un large sourire se dessiner sur le visage de sa compagne. Elle fixa son sac à main sur son épaule et s'approcha de lui.

- On y va ?

- C'est parti ! déclara-t-il en passant sa main dans le bas de son dos. »

Emma leur souhaita une bonne soirée et tous deux quittèrent la maison. Antoine se gara non loin du point de rendez-vous. Ils sortirent de la voiture et enclenchèrent le pas vers le restaurant. Instinctivement, Candice glissa sa main dans celle de son compagnon. Ils s'encouragèrent mutuellement et passèrent la grande porte vitrée avant de rejoindre les deux producteurs.

« Bonsoir ! les salua une grande dame rousse. Hélène et Mathieu, c'est bien ça ?

- Exactement ! confirma la commandante.

- Bien ! Donc je suis Victoria Da Costa productrice de l'émission et voici donc Benjamin Lebreton, mon associé.

- Asseyez-vous ! lâcha l'homme après leur avoir serré la main.

- Alors, est-ce que vous savez ce qui vous attend ou pas du tout ?

- Non ! Et je vous avoue qu'on est un petit peu excités à l'idée de découvrir tout ça ! Hein mon amour ! lâcha Candice dans une voix limite hystérique.

Antoine acquiesça en souriant.

- Bien… Une personnalité haute en couleur à ce que je vois ! observa Victoria.

- Désolée… J'ai un peu de mal à contenir ma joie parfois ! précisa la blonde en rigolant.

- Et ce, tout en contraste avec votre mari… Charmant d'ailleurs… !

- Ah ça ! On peut dire qu'on est l'eau et le vin ! renchérit le commissaire en souriant.

- Fidèles à votre description… J'adore ! s'émerveilla la productrice.

- Ce qu'on vous propose maintenant c'est qu'on passe aux entretiens individuels.

- Ok ! Allons-y.

- Vous venez avec moi, Mathieu ? proposa la grande rousse. »

Ils se séparèrent donc en deux groupes. Candice était avec Benjamin et répondait à des questions d'ordre privé et Antoine faisait de même avec la productrice. Du coin de l'œil, la commandante observait discrètement la table de la grande rousse qui, au vu de son regard insistant, n'était pas insensible au charme de son compagnon. Pour se rassurer et canaliser sa légère jalousie, Candice s'amusa à tourner sa bague avec son autre main. Elle tenta de rester concentrée pour répondre aux questions du producteur.

« Vous vous connaissez depuis ?

- 10 ans ! Déjà…

- Oui le temps passe vite… Et, comment est-ce que ça s'est fait entre vous ? Coup de foudre ? Ou c'était plus long ?

- Disons qu'au début on ne s'appréciait pas vraiment puis… on a appris à se connaître et les choses ont changées.

- Classique quoi !

- Hum oui ! confirma-t-elle faussement. »

Au début, l'interrogatoire restait plutôt sobre et se composait de questions assez classiques. Mais au fur et à mesure, les producteurs insistèrent sur des choses plus personnelles et intimes. Loin d'être déstabilisés, le couple parvint à répondre à toutes leurs questions fidèlement au rôle qu'ils devaient jouer. Les producteurs les rassemblèrent une ultime fois pendant laquelle ils dînèrent avant de les remercier. Les résultats de l'entretien devaient arriver assez rapidement selon leurs dires.

Le couple sortit du restaurant, soulagé que cette infiltration soit terminée. Ils marchaient le long des quais en silence afin de s'assurer de ne pas être démasqués. Arrivés au milieu du pont, Candice estima être assez loin pour amorcer un débriefe.

« Bon ça s'est bien passé non ?

- Ouais… plus qu'à attendre demain qu'Ismaël envoie son message anonyme et on verra bien.

Candice reprit sa marche lorsqu'Antoine s'arrêta soudainement, sous les yeux perplexes de sa compagne.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle en fronçant ses sourcils.

- Je retire cette cravate. Ça me serre ! s'agaça-t-il en essayant de l'enlever.

Candice rigola doucement en l'observant galérer. Elle s'approcha doucement.

- Tu veux de l'aide peut-être ?! déclara-t-elle en s'attelant à défaire le nœud sans attendre sa réponse.

- Merci… marmonna-t-il.

- Voilà ! lâcha-t-elle en l'enlevant. C'est dommage pourtant… Ça t'allait bien ! précisa-t-elle d'un air coquin.

- Hum… rétorqua-t-il peu convaincu.

- En tout cas, la productrice à bien aimé… précisa-t-elle avec une légère pointe de jalousie.

- Pourquoi tu dis ça ? s'étonna-t-il en enclenchant le pas à nouveau.

- T'as pas remarqué comment elle te regardait ? C'était flagrant ! Elle était fascinée.

- Ah bon ? J'ai pas remarqué…

- Ah si si ! Je t'assure !

- Au moins je l'aurais convaincu comme ça ! J'suis sûr qu'on va être retenus pour le jeu. Ils avaient l'air emballés non ?

- Ah bah tu m'étonnes qu'elle l'était, elle, emballée.

Antoine rigola face à la jalousie évidente de sa compagne.

- Mais ça c'est parce que je suis irrésistible ! lâcha-t-il fièrement.

Candice éclata de rire.

- Évidemment, mon amour ! Évidemment ! répondit-elle en rigolant doucement.

- Pourquoi tu ris ? demanda-t-il suspicieux en s'arrêtant.

- Pour rien ! répondit-elle en prenant sa main. On y va ?

- Chez moi ? proposa Antoine.

- Ok ! accepta-t-elle en souriant. »

Le lendemain matin, Antoine ouvrit les yeux aux aurores. Il tourna légèrement sa tête vers la droite et vit sa compagne encore profondément endormie. Il se mit à sourire en l'observant jusqu'à ce que ses yeux se perdent sur sa main gauche. Il perdit son sourire et l'air songeur, il fixa la bague qui trônait à son annulaire gauche. Il sortit finalement de sa rêverie lorsqu'il la vit légèrement bouger. Sortant peu à peu de sa léthargie, la commandante ouvrit doucement les yeux et rencontra les mirettes vertes d'Antoine qui souriait.

« Bonjour vous ! entendit-elle alors qu'il approchait son visage du sien pour l'embrasser.

- Huuuuum ! Quelle heure il est ?

- 7h00.

- Déjà ? T'aurais dû me réveiller… Faut que je passe chez moi avant d'aller bosser.

- Pourquoi faire ? s'étonna-t-il.

- Faut que je me change Antoine. J'peux pas aller bosser avec ma robe d'hier soir !

- Ah oui ? Dommage… Parce que moi j'aimais bien… lâcha-t-il en passant au-dessus d'elle pour l'embrasser.

- Non ! J'suis sérieuse… tenta-t-elle de l'arrêter.

- Mais moi aussi j'suis sérieux ! rétorqua-t-il en continuant de plus belle.

- Antoine…

- Oui ?

Candice éclata de rire alors qu'il l'embrassait dans le cou.

- Faut que j'y aille…

- Mais t'as laissé des affaires ici la dernière fois… ronchonna-t-il en continuant de plus belle.

- Aaaah…

- Donc on a tout notre temps ...! »