Le surlendemain, tous étaient réunis sur la place de la mairie attendant le début de la cérémonie de Val et Marion. Quasi tous les invités étaient arrivés depuis une bonne dizaine de minutes. Tous, sauf le commissaire qui se faisait toujours attendre.
« Putain mais qu'est-ce qu'il fait ? s'agaça Candice après avoir tenté de le joindre à plusieurs reprises.
- Rappelle-le… tenta Nathalie.
- Je tombe direct sur sa messagerie... Il doit plus avoir de batterie…
- Bon, on commence sans lui ? proposa Val. J'ai réussi à reculer de dix minutes mais le maire commence à s'impatienter…
- Tant pis, il nous rejoindra… annonça la commandante avant de suivre sa collègue vers l'entrée de la mairie.
- Candice ! entendirent-ils crier derrière eux.
La commandante se retourna rapidement, laissant passer les quelques amis du couple devant elle. Elle aperçut son compagnon arriver en courant.
- Bah enfin ! Qu'est-ce que tu faisais ? lâcha-t-elle légèrement énervée.
- Désolé ! J'ai été retenu par ma mère en déposant Suzanne et…, s'excusa-t-il en voyant les regards noirs que lui jetaient ses collègues.
- Oui bon on y va ! le coupa Nathalie en les dépassant à son tour avec Marquez.
- Où sont les autres ?
- Déjà en haut ! Dépêche-toi on est les derniers ! le pressa-t-elle avec agacement.
- Ok… s'ordonna-t-il en accélérant le pas avant de la prendre par la taille. En tout cas… T'es très jolie dans cette robe… lui chuchota-t-il discrètement à l'oreille d'une voix rauque avant de déposer un furtif baiser sur sa joue. »
Candice le remercia en souriant, légèrement gênée de ce compliment plein de sensualité. Il finit par la lâcher avant d'entrer dans la grande salle et s'excusa auprès des mariées du jour. La cérémonie débuta et s'acheva une trentaine de minutes plus tard. Tous se réunirent à nouveau sur la grande place, attendant la sortie du couple. Val et Marion sortirent de la mairie une quinzaine de minutes plus tard en croulant sous les applaudissements et félicitations de la foule.
Elles se placèrent de sorte à être vues par leurs invités et réclamèrent leur attention. Marion rassembla par la suite, les femmes non-mariées pour le fameux lancer de bouquet.
« C'est vraiment un truc de gonzesse ça ! » s'exclama Marquez. Les trois hommes éclatèrent de rire à la remarque du capitaine. De loin, ils observaient la scène; les non-mariées du jour, réunies à quelques mètres de Marion qui s'apprêtait à lancer le bouquet dans les airs.
« J'espère que ce sera Justine… » lâcha doucement Mehdi les yeux brillants avant de sentir les regards de ses collègues se poser sur lui. Perplexe, le brigadier se justifia « Non mais parce qu'elle aime bien les fleurs… C'est pour ça… ». Tous se mirent à rire face à la gêne du jeune homme qui continuait de fixer la scène en ignorant leurs regards appuyés.
Antoine observait sa compagne placée au milieu de la foule. Depuis qu'il l'avait retrouvé sur cette place une heure plus tôt, elle n'avait pas quitté son sourire, mettant de côté ses doutes quant à la proposition qu'elle avait reçue. Eux qui semblaient pourtant enfin côtoyer le bonheur, devaient désormais prendre une décision pour leur avenir...
Il rencontra le regard de Candice qui lui adressa un sourire sincère. Il capta sa sérénité et tenta de l'assimiler pour profiter pleinement du moment, décidant de mettre ses doutes de côté pour le bien de la soirée.
Soudain, la jeune mariée lança l'alerte, se retourna et lança le bouquet. Il vola quelques mètres avant de changer de mains.
« Ah bah je crois que c'est la tienne ! lâcha Marquez en tapant l'épaule d'Antoine.
- En même temps c'est difficile de la louper… constata Mehdi en entendant ses éclats de rire qui transperçaient les airs.»
Candice riait en regardant le bouquet qu'elle venait d'attraper. Croulant sous les applaudissements, elle rigola de plus belle en pensant à la symbolique de ce lancer de bouquet. Elle se retourna légèrement et tenta de capter le regard de son compagnon. Forcément placé au centre de l'attention, elle le vit les mains dans les poches, fixant le sol.
« Bon bah tu sais ce qui te reste à faire hein ! clama le brigadier avec un sourire en coin
- Ouais… rétorqua-t-il simplement en s'autorisant quelques coups d'œil furtifs vers sa compagne.
- Bah ouais Antoine ! Qu'est-ce que t'attends ? renchérit Marquez en souriant.
- Arrêtez… Vous voyez pas que ça le gêne ? tenta d'intervenir Ismaël en apercevant Candice s'approcher d'eux le bouquet à la main.
- Mais pas du tout ! se défendit-il. »
Tous éclatèrent de rire face à la mauvaise foi d'Antoine. Leurs compagnes respectives marchaient dans leur direction. Candice n'avait pas perdu son sourire et continuait de fixer son partenaire en avançant vers lui. Elle fut rattrapée par Nathalie qui n'hésita pas à la taquiner.
« Bon bah… Vous savez ce qu'il vous reste à faire maintenant… lâcha-t-elle le sourire en coin à quelques mètres des hommes.
- Ah mais ça… Ce n'est pas à moi d'en décider ! rétorqua-t-elle en parlant plus fort pour qu'Antoine l'entende. N'est-ce pas mon chéri ?
- De quoi ? répondit-il en faisant mine de ne rien avoir entendu.
Les deux femmes éclatèrent de rire.
- Rien ! Rien ! répliqua-t-elle en souriant»
Candice l'observa perplexe. Le commissaire avait l'air ailleurs depuis ce lancer de bouquet. Elle décida finalement de ne rien dire et se contenta de le prendre par le bras alors qu'ils se dirigeaient vers le restaurant privatisé pour l'occasion.
La soirée était déjà bien entamée. Tout le monde s'amusait, trinquant à l'amour de Val et Marion. Assis autour d'une grande table, les collègues riaient en écoutant des anecdotes du brigadier. Marquez se leva et se dirigea vers le comptoir du bar pour récupérer des bouteilles. Il vint se rasseoir et interpella sa collègue placée en diagonale de lui : « Eh Candice ! Le patron commençait à parler blind test mais… J'ai dit que ça servait à rien… On va encore leur mettre la pâté… ». Candice éclata de rire en se remémorant cette soirée où la commandante avait définitivement trop bu. Elle acquiesça en rappelant fièrement ô combien tous étaient nuls dans ce domaine.
« Après… Vu comment t'avais picolé… Normal que t'ai gagné ! T'arrêtais pas d'hurler ! On pouvait pas en placer une ! précisa Nathalie.
Antoine éclata de rire face à sa remarque.
- J'y crois pas ! Vous êtes jaloux c'est tout ! lâcha-t-elle en rigolant. Puis j'étais pas bourrée hein ! J'étais juste… Bien !
- Je te signale que j'ai bu autant que toi et pourtant on a pas fini dans le même état… rappela le capitaine.
- Ah parce que tu veux qu'on se mette au défi en plus ?
- Euh… Si je peux me permettre, intervint Antoine, J'suis pas sûr que ce soit une bonne idée…
- Pourquoi tu dis ça ? rétorqua-t-elle du tac-au-tac indignée. Ça se voit que tu m'as pas connu quand j'étais à Paris ! Je tiens super bien !
- Eh beh on en reparle à la fin de la soirée alors ! lâcha Marquez en l'entraînant au bar. »
La commandante se leva et suivit son collègue au comptoir alors que les lumières se tamisaient pour que les invités puissent s'exprimer sur la piste de danse. Antoine l'observa partir, fermement convaincu que cette soirée allait mal se terminer.
« Sauf qu'à Paris… T'avais 20 ans de moins… marmonna le commissaire tout bas.
- Ooooh! Ça ce sera répété monsieur le commissaire ! le taquina Mehdi en riant. »
Antoine éclata de rire avant d'avaler le reste du vin qu'il y avait dans son verre. Un verre en appelant un autre, la commandante s'était laissé aller, bien décidée à suivre son capitaine. Elle retourna à sa place déjà bien enivrée par l'alcool. Elle venta le nombre de verre déjà avalé tout en affirmant ne pas être bourrée. Dubitatif, son compagnon tiqua et lui demanda de s'arrêter là. Évidemment elle refusa, prête à en découdre.
« Tu devrais te resservir un petit verre ! Ça te détendrait un peu ! lâcha-t-elle en déposant un baiser dans le cou de son compagnon avant d'éclater de rire.
- Candice… répliqua-t-il gêné.
- Bon allez ! J'y retourne ! J'ai pas dit mon dernier mot hein ! Tu veux pas venir ? demanda-t-elle à Antoine après s'être levée.
- Non ! On est bien ici. Reste... tenta-t-il de la retenir en la prenant par la main.
- Bah non ! Eh ils m'attendent là-bas ! lâcha-t-elle en s'éloignant.
- Non mais sérieux ? s'indigna Antoine en s'adressant à Nathalie.
- Mais laisse là ! Elle s'amuse !
- Ouais 'fin c'est pas toi qui va devoir la porter pour la ramener.
- Rooooh ! Mais quel rabat-joie ! Regarde là ! Ça faisait longtemps que je l'avais pas vu si heureuse…
- Ah bah c'est sûr que pour être heureuse… Là elle l'est hein ! s'agaça le commissaire.»
Candice rejoignit les autres invités qui dansaient sur la piste de danse. Parmi eux, les mariées, Justine, Ismaël et sa femme, et bien sûr Marquez accoudé au comptoir juste à côté. À table, Mehdi, Nathalie et Antoine discutaient sagement lorsqu'ils entendirent des applaudissements depuis le fond du restaurant.
