À table, Mehdi, Nathalie et Antoine discutaient sagement lorsqu'ils entendirent des applaudissements depuis le fond du restaurant.

« Mais elle est déchaînée ce soir Candice ! lâcha le brigadier en rigolant.

- J'ose même pas me retourner… répliqua Antoine dépité.

- Ah bah tu devrais ! rétorqua Nathalie en riant et en applaudissant à son tour.

- Oh mais… C'est pas vrai ! constata Antoine en voyant Candice monter debout sur une chaise. Mais elle va se faire mal là ! s'exclama-t-il en se levant, prêt à intervenir.

- Alleeeeeezzzzzz ! Eh ! Oh ! tenta Candice en manquant de tomber. ANTOINE ! l'appela-t-elle en criant. Eh viens danser un peu !

Antoine hocha la tête de gauche à droite.

- Bon là c'est trop ! J'y vais !

- Elle t'écoutera pas… intervint Nathalie pour le retenir.

- T'inquiète pas ! Je sais comment m'y prendre !

Le commissaire se dirigea vers le buffet et retourna à sa place. Il souffla et fit signe à sa compagne de venir.

- Oh ! Oh ! Oh ! Attention je… Je descends ! Y a mon amoureux qui m'appelle ! s'exclama-t-elle en minaudant. Eh ! Eh ! Eh ! cria-t-elle en galérant pour descendre de sa chaise. »

Candice parvint à descendre de sa chaise, aidée d'Ismaël et tituba jusqu'à la table où ses collègues étaient assis. Sachant que la gourmandise était son point faible, Antoine lui montra sa place où il avait déposé une part du gâteau. Elle le remercia et s'installa pour le déguster. Il jeta un regard complice à la responsable de l'IJ qui rigola.

« Après on va peut-être pas trop tarder hein…

- Tu rigoles ou quoi ? Eh ! la soirée vient à peine de commencer hein ! s'exclama-t-elle indignée. Ooooooooh ! Mais il est super bon ce gâteau !

Antoine souffla, épuisé par le comportement de sa compagne.

- Tu parles… marmonna-t-il.

- Tu devrais venir danser mon chéri ! Parce que… comme disait ma grand-mère, plus on est de fous plus on rit ! lâcha-t-elle en se levant pour repartir.

- Déjà ? Non mais Candice… Sérieux !

- Mais t'inquiète pas ! Eh ! Je gère hein ! s'exclama-t-elle avant d'éclater de rire.

- Tu m'épuises ! s'agaça-t-il.

- Et… commença-t-elle en approchant de son oreille. Si tu viens, t'auras une petite récompense ! clama-t-elle en croyant chuchoter. »

Le commissaire baissa instantanément la tête, conscient que tout le monde avait entendu. Il souffla sous les rires de ses collègues qui le fixaient. « Je vous jure que je la connais pas ! » lâcha-t-il les mains en l'air avant de s'autoriser à rire nerveusement.

Quelques heures plus tard, la soirée touchait à sa fin. Quasiment tout le monde avait déserté le restaurant laissant le commissaire tenter de convaincre sa compagne qu'il fallait rentrer. Il réussit à la faire sortir tout en la maintenant par la taille pour l'aider à avancer. Ils marchaient doucement en direction de la voiture du commissaire lorsqu'ils arrivèrent devant la BSU.

« Vieeeeeens ! On entre. Lâcha-t-elle en essayant de se défaire de ses bras.

- Hors de question ! Il est presque 4 heures du matin. J'suis crevé.

- Rooooh ! En fait c'est juste parce que t'as peuuuuuur hein !

- Pas du tout ! On entre pas c'est tout.

- Pourtant… t'es moins coincé quand on est tous les deux hein…

- Non mais oh ! Je te permets pas ! Puis non… de toute façon la nuit c'est… interdit ! Voilà ! expliqua-t-il en ayant conscience de la nullité de son excuse.

- C'est pas graaaave ! Comme ça tu me passeras les menoooottes ! J'adddoooooore ! Monsieur le commissaiiiiiiiiiire.

- C'est pas vrai… Candice ! lâcha-t-il d'un ton autoritaire alors que sa compagne l'embrassait dans le cou.

- Chhhhhhuuuuut !

- Allez on y va ! la pressa-t-il en la forçant à le lâcher »

Le trajet se fit dans la plainte pour le commissaire complètement dépité de la situation. Il subissait le rire strident de sa compagne qui était définitivement hors de contrôle. Il parvint à la ramener jusqu'à son appartement où il la déposa sur le canapé. Candice tenta de le retenir pour avoir un câlin alors qu'Antoine pestait pour aller prendre sa douche. Il parvint à se défaire de ses bras et se dirigea dans sa salle de bain. Il en ressortit une dizaine de minutes plus tard et constata qu'elle s'était endormie. Il se mit à sourire en l'observant, lui ôta ses chaussures et déposa un plaid sur son corps pour la nuit. Il déposa un baiser sur son front et grimpa dans sa chambre dormir pour les quelques heures restantes.

Quelques heures plus tard, Candice ouvrit les yeux, réveillée par la lumière qui transperçait le salon dans lequel elle avait dormi. Elle se tint le front, soudainement animée par une vive douleur. Elle finit par se lever et alla avaler un verre d'eau, toujours à moitié sonnée par la soirée de la veille. Constatant qu'elle portait encore sa robe, elle grimpa les escaliers en silence, fouilla dans l'armoire et se dirigea vers la salle de bain pour se changer. Elle en ressortit une dizaine de minutes plus tard et s'attela à préparer le petit-déjeuner. À peine était-elle installée à table pour déguster son thé, qu'elle entendit son compagnon descendre les escaliers. Il l'observa tout sourire, et s'approcha d'elle.

« Déjà réveillée ? s'étonna-t-il avant de l'embrasser.

- La lumière… précisa-t-elle en montrant la baie vitrée.

- Oui… Tu m'en voudras pas, mais j'ai préféré ne pas te faire monter les escaliers… expliqua-t-il en rigolant.

- Désolée… lâcha-t-elle en rigolant légèrement confuse.

- Merci pour le petit-déj ! s'exclama-t-il en l'embrassant à nouveau, après avoir récupéré son café.

En réponse, Candice esquissa un grand sourire en l'observant s'appuyer contre son plan de travail.

- Je t'ai pris une aspirine…

- C'est mieux ! lâcha-t-il en rigolant. Mais au moins c'est bien ! Ça veut dire que t'as passé une bonne soirée.

- Oui… C'était une belle fête ! On a bien rigolé…

- Ouais… confirma-t-il avec peu d'entrain.

- Par contre… Toi… Je t'ai pas trop trouvé dans l'ambiance, j'me trompe ?

- Ah bon ? s'étonna-t-il. Si pourtant, c'était bien ! lâcha-t-il peu convaincant.

Candice l'observa. Il avait le regard fuyant. Elle se leva et vint se placer devant lui.

- Arrête… Je vois bien que y a quelque chose qui va pas. C'est parce que j'avais un peu trop bu, c'est ça ?

- Non… Ça va je t'assure ! tenta-t-il en caressant sa joue.

- Décidément… Tu sais vraiment pas me mentir…

Antoine souffla doucement.

- C'est juste que… Il marqua un temps. Que j'ai peur que tu prennes ta décision sans penser à moi… lâcha-t-il durement en fixant le sol.

Surprise, Candice le fixa quelques secondes avant de le saisir par la taille.

- Je ferai pas la même erreur deux fois, Antoine ! rétorqua-t-elle sérieusement. Il la regarda à nouveau. Fais comme moi ! Profite de l'instant présent. La vie est courte tu sais… Ça sert à rien de se tourmenter comme ça…

- Et si jamais tu décides de partir… ?

- Mais on en est pas là Antoine ! Pour l'instant j'ai rien décidé encore… On verra bien au moment venu, ok ? La commandante lui esquissa un grand sourire avant qu'il la prenne dans ses bras. Laisse-moi le temps de réfléchir… Ok ?

Toujours aussi perturbé, le commissaire nicha sa tête dans le cou de sa compagne.

- Je t'aime, chuchota-t-il doucement à son oreille. »

En réponse, Candice l'embrassa sur sa joue avant de le prier de lui faire confiance. Elle le sentit acquiescer et s'autorisa à lui caresser ses cheveux. Hélas, le commissaire n'était pas plus rassuré. Comme à son habitude, sa compagne fuyait toute discussion sérieuse, décidant de remettre à plus tard la conversation. Il finit par la lâcher pour aller se préparer avant d'aller récupérer sa fille.

. . . . .

« Ohh ! Tu m'as l'air fatigué… Vous avez passé une bonne soirée ?

- Oui ! On s'est couchés tard… J'ai pas beaucoup dormi ! expliqua-t-il en approchant du salon où sa fille était.

La jeunette se retourna et courut dans ses bras en le voyant arriver. Antoine la réceptionna et l'embrassa.

- T'as été sage avec mamie ?

Suzanne acquiesça.

- Comme une image ! Tout le contraire de son père au même âge…

- Bah voyons… répliqua-t-il en levant les yeux au ciel.

- Café ? proposa-t-elle.

Antoine accepta avant de poser sa fille au sol.

- Candice pas là ? demanda la petite en s'accrochant à la jambe de son père.

- Non ma chérie. Elle est restée à la maison. On la verra tout à l'heure. Tu peux retourner jouer un petit peu si tu veux. Lui proposa-t-il en caressant ses cheveux.

La jeunette acquiesça et se dirigea dans le salon pendant qu'Antoine restait en cuisine avec sa mère.

- Ça y est ? Vous avez enfin emménagé ensemble ? demanda-t-elle d'un air las.

- Euh non pas vraiment. On a encore chacun notre chez nous pour l'instant.

- Ah je me disais bien aussi… Mon fils qui parvient à se poser ! Un miracle serait-il arrivé ? lâcha-t-elle piquante.

- Maman…

- Bah quoi ? J'sais pas ce que t'attends hein ! Elle marqua un temps. Écoute, je sais que c'est compliqué entre nous mais… je te connais Antoine et… Ça fait bien longtemps que j'ai compris que Candice c'était pas qu'une femme de passage…

Gêné, Antoine tourna les yeux et fixa le sol.

- Et depuis quand tu me donnes des conseils ?

- Parce que malgré tout je reste ta mère et que je vois bien que ça va pas…

Il acquiesça, à la fois surpris et touché de son discours.

- Ouais… parvint-il à balbutier doucement.

- Et… J'suis sûre que t'as envie de la demander en mariage mais que comme d'habitude… tu te défiles.

- Mais c'est pas si simple ! se défendit-il.

- Tu l'aimes ?

Antoine souffla, définitivement gêné de cette discussion à cœur ouvert. Il finit par simplement acquiescer.

- Mais c'est pas le moment…

- Comment ça ?

- Candice a… Elle a reçu une proposition de poste à Marseille. Même si elle me dit rien, je sais que… fin qu'elle en a envie quoi.

- Et donc ? Quel est le problème ?

- Baaaah... Si elle décide de partir… Je fais quoi moi ? Une demande de mutation dans la police ça se fait pas comme ça. Et vivre une histoire à distance… On sait comme ça se finit en général…

- Eh beh ! Je te pensais plus courageux que ça Antoine…

- Et voilà ! Ça continue ! Je te parle sérieusement et la seule chose que tu trouves à dire c'est ça ? la coupa-t-il agacé.

- Roh ! Mais laisse-moi terminer ma phrase avant de te plaindre !

- Beh vas-y je t'écoute ! s'emporta-t-il doucement.

- Si tu tiens vraiment à elle… Le mariage… c'est le moyen de lui prouver. Surtout si vous devez vivre temporairement séparés…

- Regarde mon dessin… lâcha la petite en souriant fièrement devant son père.

- Il est super ma chérie. Tu vas mettre ton manteau ? On va y aller !

- Réfléchis-y ! s'exclama sa mère avant de l'observer quitter la cuisine. »