« Ah Antoine !
- Merci à vous deux d'être venus à cette heure…
- T'es tout seul ? s'étonna Nathalie en observant autour de lui.
- Ouais… J'ai dit à Candice que y avait rien de grave !
- Bah pourquoi t'as fait ça ? lâcha-t-elle sans comprendre.
- Parce que… Ce genre d'affaires ça lui rappelle des mauvais souvenirs et… et j'avais pas envie de la bousculer… voilà.
- Ok ! Mais tu sais qu'elle va finir par s'en rendre compte à un moment donné quand même ? demanda Marquez dubitatif.
- Oui… et beh plus tard sera le mieux ! Bon ! On est là pour discuter ou pour bosser ?!
- Bah je t'écoute ! »
. . . . .
Le lendemain matin, Emma descendit les escaliers et aperçut sa mère, assise de dos. La jeune femme s'approcha en silence et observa l'écran d'ordinateur sur lequel Candice était penchée.
« Tu fais quoi ? demanda-t-elle intriguée.
Candice sursauta en poussant un cri de surprise.
- Ah c'est toi ! Tu m'as fait peur !
- Dis-donc… pas mal cet appart… lâcha-t-elle dans un sifflement en observant l'écran à son tour.
- Ouais… Il est bien ouais…
- Alors ça y est, vous partez ?
- Oui ! Enfin, j'ai décidé d'accepter le poste… Après tout, Marseille… C'est une opportunité pour moi, puis vous êtes grands maintenant… alors bon…
- Et Antoine ?
- Comment ça Antoine ?
- Bonjour ! Bonjour ! lâcha Sacha étrangement jovial avant de prendre place en face de sa belle-mère.
- Bah… je sais pas… il a toute sa vie ici, puis techniquement vous habitez pas vraiment ensemble… fin c'est un gros changement quoi.
- Ah vous partez à Marseille finalement ? intervint le jeune homme.
- Oui bah… bon on en a pas encore vraiment trop parlé mais…
- Attends quoi ? T'as pas parlé à Antoine que tu voulais partir et t'es déjà en train de chercher un appartement ? s'indigna Emma. C'est n'importe quoi !
- Tiens ! En parlant de n'importe quoi… Y a plein de vidéos qui circulent d'hier soir… Heureusement qu'on est partis parce que c'était chaud. Y a même eu un mort.
- Hein ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? demanda Candice en usurpant le téléphone des mains de Sacha.
- Eh ! mais ! contesta-t-il.
- Une jeune femme tuée par les coups, quand la soirée vire au cauchemar, lut-elle à haute voix. OH LE SALIGAUD ! s'emporta-t-elle avant de quitter rapidement la table. »
. . . . .
Plongé dans sa paperasse, Antoine sursauta lorsque la porte de son bureau s'ouvrit violemment sur une blonde furieuse.
« C'est quoi ça ? demanda-t-elle révoltée en montrant l'écran de son téléphone vers Antoine.
- Je vais t'expliquer.
- Non mais tu te fous de moi Antoine ! « Tout va bien… Tout est redevenu calme… » MAIS BIEN SÛR !
- Ça va ! Calme-toi… tenta-t-il en refermant la porte de son bureau où quelques curieux avaient laissé traîner leurs oreilles. Je voulais juste attendre de t'en parler pour pas t'inquiéter…
- Mais m'inquiéter de quoi ? Je suis commandant je te rappelle… c'est un peu mon métier tu vois ! lâcha-t-elle pleine de reproches.
- Je sais… Mais… Ce genre d'affaires, c'est pas facile pour toi… fin… j'avais pas envie que ça te bouscule quoi…
- Ok ! lâcha-t-elle vexée. Bah tu sais quoi, j'vais aller demander à mon équipe de me faire un briefe. Eux, au moins, n'auront peut-être pas oublié que je fais encore partie de ce commissariat… l'informa-t-elle avec amertume.
- Candice ! l'interpella-t-il en vain. Et merde… ! »
La blonde traversa le couloir en furie et pénétra dans l'openspace. Ses collègues ressentirent immédiatement la tension qui émanait de leur supérieure et se contentèrent de répondre positivement à ses demandes.
« Donc, commença Ismaël. On pense qu'il s'agit d'un accident. Avec le mouvement de foule, elle a dû faire une malencontreuse chute et elle s'est fait piétiner…
- Objection ! cria Nathalie depuis l'entrée de la pièce suivie d'Antoine. Les résultats que j'ais entre les mains prouvent qu'il s'agit d'un meurtre…
- On t'écoute ! lâcha la commandante intéressée.
- J'ai pu relever des traces de blessures sur le corps de la victime. Des blessures dues au mouvement de foule d'hier, certes. Mais pas que. On remarque sur ses bras et sur son torse des blessures antérieures… Des ecchymoses et des brûlures de cigarettes.
- Oui enfin là, rien ne prouve qu'il s'agît d'un meurtre… précisa Antoine. Donc quoi ? Elle serait tombée dans le mouvement de panique et tout le monde l'aurait bousculé et piétiné sans faire gaffe ?
- Mais pourquoi y en aurait qu'une qui serait tombée ? demande Mehdi perplexe.
- Laissez-moi finir ! intervint Nathalie… Y a autre chose… Elle a été empoisonnée.
- Empoisonnée ? demanda Candice en s'emparant de la feuille que lui tendait Nathalie.
- Fais-voir ! ordonna le commissaire en s'approchant de sa compagne qui l'ignorait.
Candice lui tendit vivement la feuille sans le regarder et s'éloigna de lui sous le regard médusé de ses collègues.
- Donc elle serait tombée sous l'effet de l'empoisonnement et avec le mouvement de foule, tout le monde l'aurait piétiné. Mais c'est pas croyable que personne n'ait alerté qui que ce soit !
- Ouais fin dans ce genre de moment… On sait tous que c'est la nature humaine qui prend le dessus et qu'on pense plus qu'à sauver sa peau…. Ajouta Ismaël.
- Et qu'est-ce qu'on sait sur elle ? demanda la blonde.
- Mélanie Vauthier, 32 ans. Elle est mariée à un certain Jérôme.
- Depuis quand ?
- Euh… depuis 8 ans d'après l'état-civil précisa Marquez.
- Et les brûlures de cigarettes on peut estimer leur datation ou pas ?
- Difficile… Mais je dirais une dizaine d'années oui.
- Bon… Ça me paraît évident non…
- De quoi ? demanda Val perdue.
- Si Mélanie était battue par son mari et qu'elle tentait d'y échapper en intégrant une association… ça lui fait un très bon mobile… expliqua Candice.
- Tu vas pas un peu vite là ? tenta Antoine.
- Bon, on y va ? demanda Candice sans prendre la peine de répondre à son supérieur.
- À l'asso ? demanda Val.
- Non… Ça sert à rien, on sait pas si elle l'avait intégrée ou si elle assistait simplement au concert… précisa la commandante.
- Bah justement ! renchérit Mehdi. Ce serait le moment de savoir.
- Pas convaincue… Allez ! C'est parti.
- Vous allez où là ? demanda le commissaire perplexe.
- Je te le dis pas, j'ai pas envie que tu t'inquiètes ! ironisa-t-elle en marchant vers la sortie sans le regarder.
- Pffff ! souffla-t-il agacé.
- Je te l'avais dit ! lâcha fièrement Nathalie avant de tourner les talons vers son labo. »
Antoine leva les yeux au ciel d'exaspération avant de retourner dans son bureau pendant que le reste de l'équipe venait de prendre la route afin de se diriger chez le mari de la victime.
