Antoine débarqua rapidement sur les quais et s'approcha doucement d'elle. Il passa une main dans son dos. Geste qui la fit se retourner subitement. Il rencontra son regard triste et ses yeux légèrement embués. La commandante ne tarda pas à répondre à ce besoin quasi vital de se jeter dans ses bras. Il l'accueillit et continua de lui prodiguer de douces caresses dans son dos.

« Tu vois… Là encore ça te prouve que tu as été courageuse et que ce que tu as fait pour ton père, ça vous a sauvé… chuchota-t-il à son oreille.

- Hum… se contenta-t-elle de marmonner.

- J'ai fait des recherches sur Mélanie et sa vie était vraiment pas joyeuse. Elle vivait dans la précarité… Son traumatisme l'empêchait de construire quelque chose de fixe… Elle avait que son mari… Alors que toi… T'as un boulot remarquable, quatre enfants, une belle maison, bientôt des petits-enfants… et en plus, t'as un mec formidable ironisa-t-il.

Il sentit Candice se détendre et s'octroyer un sourire dans son cou. La commandante se redressa et le fixa en souriant avant qu'il ne reprenne.

Tout ça pour dire que c'est grâce à ce que TU as fait, que tout ça est possible aujourd'hui.

- Merci… chuchota-t-elle doucement avant de l'embrasser.

- Je sais que cette enquête est pas facile… et que c'est difficile de faire la part des choses pour toi…

- T'as raison, le coupa-t-elle. Ça ira mieux quand tout ça sera derrière nous et qu'on aura retrouvé qui a fait ça…

- Mais on va le trouver ! Enfin, c'est TOI qui va le trouver… Comme à chaque fois….

Candice arbora un grand sourire de reconnaissance.

- Qu'est-ce que tu dirais qu'on se change les idées ce soir ? Le film dont tu me parlais l'autre jour est sorti au ciné non ?

. . . . .

Dans l'openspace, Ismaël venait d'entrer en scène. Main sur le menton, il réfléchissait à voix haute sur la nature de l'arme du crime.

« Un empoisonnement… Hummm… C'est pas n'importe quoi non plus… J'veux dire ! Y a quelque chose d'intentionnel là-dedans… Peut-être que…

- Putain j'ai un truc ! lâcha Val satisfaite de sa trouvaille.

- NON ! FRANCHEMENT C'EST UN SCANDALE ! hurla d'énervement Marquez en entrant dans l'openspace.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- MAIS C'EST LES PROMENEURS ! ILS SAVENT PAS TENIR LEURS CHIENS EN LAISSE LÀ ! Y EN A DEUX QUI ONT FAILLI ME PISSER SUR LES PATTES !

Toute l'équipe explosa de rire face à la mine décontenancée de Marquez qui ne parvenait à contrôler sa colère.

- Bon j'appelle Candice ! prévint Val. »

. . . . .

- Mais… t'aimes pas ce film, non ?

- C'est pas grave… et je t'emmène au resto avant !

- Ok ! accepta-t-elle en l'embrassant. Ah ! Excuse-moi. Lâcha-t-elle en entendant son téléphone sonner. Oui Val ?

- J'ai épluché les fadettes de Mélanie et y a un numéro qui revient souvient. Ça va jusqu'à trois fois par jours ces dernières semaines. A priori, c'est le numéro d'une des filles de l'asso, une certaine… euh… Delphine Rouillon.

- Ok ! Merci Val. J'pense que le mieux c'est qu'on aille directement là-bas. Je t'attends à la voiture.

- Ça marche. Je descends.

Candice raccrocha

- À ce soir donc… le salua-t-elle avant de l'embrasser.

- À ce soir ! confirma-t-il en tournant les talons vers l'entrée de la BSU. »

Les deux femmes se rendirent à l'association DDF. Elles entrèrent et demandèrent après Delphine Rouillon. Une quarantenaire la coupe droite, et l'air strict s'approcha d'elles afin de les emmener dans une pièce à part.

« Vous aviez un contact particulier avec Mélanie Vauthier ?

- Euh… Oui ! C'était ma « filleule » expliqua-t-elle en mimant les guillemets.

- Comment ça ?

- Beh notre association fait des actions militantes. Mais pas que ! On mène aussi des politiques de sensibilisation auprès des jeunes et on a aussi un numéro d'aide pour les victimes. Chaque membre de notre association possède un rôle : ils peuvent ouvrir des dossiers sur des jeunes femmes qui sont en situation difficile et qui demandent de l'aide par exemple. Et comme Mélanie était nouvelle, j'ai été désignée comme sa référente. Je devais l'informer des procédures, conduites à tenir etc.

- C'est pour ça que vous étiez fréquemment en contact ces derniers temps ? demanda la lieutenante.

- Exactement. Elle avait vraiment à cœur d'aider les autres, Mélanie. C'était vraiment quelqu'un de dévoué.

- Oui… Enfin moi, je me demande surtout comment c'est possible d'aider les autres quand soi-même on a été concerné par ce genre de choses. Psychologiquement ça reste très difficile de faire la part des choses.

- Mais vous avez raison commandant ! C'est pour ça que l'association veille au recrutement et évite à tout prix ce genre de cas.

Candice et Val se regardèrent en souriant doucement.

- Pourtant… C'était le cas de Mélanie.

- Pardon ? demanda-t-elle étonnée. Pourtant on a épluché son dossier et rien n'était mentionné…

- Comme quoi ! Votre procédure de sélection n'est pas infaillible ! lâcha Candice en souriant faussement.

- Est-ce qu'on peut avoir accès aux dossiers traités par Mélanie ?

- Euh oui. Elle est là depuis quelques mois donc doit pas y en avoir des masses, mais je peux vous les donner. Dans la mesure où vous êtes, évidemment, tenus au secret professionnel.

- Mais cela va de soi, madame. Confirma la commandante. »

Les deux flics récupèrent les dossiers traités par leur victime et les rapatrièrent à la BSU. Candice étala une douzaine de dossiers sur la table et les répartit au sein de l'équipe avant de se plonger dans le travail. Ils y passèrent le reste de la journée, mais loin d'avoir terminés, Candice les congédia et récupéra quelques dossiers sous le bras avant de rejoindre Antoine pour leur soirée.

. . . . .

Ils marchaient sur les quais, main dans la main, dans l'objectif de rejoindre le restaurant réservé par le commissaire. Arrivés devant, Candice s'étonna de ne jamais être allée manger ici.

« Pourtant c'est super connu comme endroit. Y a plein de gens célèbres qui sont déjà venus manger. Ça a même été un lieu de tournage.

- Ah bon ? s'écria-t-elle hébétée.

- J'te jure ! Tiens, y a même eu des acteurs de la série que tu regardes là, avec Emma, le soir.

- Mais non ?!

- Si !

- Mais, est-ce qu'ils ont vraiment mangés ici ? demanda-t-elle en pointant du doigt l'intérieur du resto.

- C'est quoi cette question ? l'interrogea-t-il perplexe avant de pousser la porte du restaurant.

- Bah je sais pas… Je demande juste… marmonna-t-elle d'un ton boudeur en le suivant »

Ils passèrent un bon moment à discuter de tout et de rien, permettant à la commandante de se changer les idées. Ils étaient sur le point de terminer le repas lorsqu'Antoine se rendit compte que la séance allait bientôt démarrer. Il pressa sa compagne qui insistait pour terminer son dessert et celui d'Antoine qu'il avait à peine touché.