« Ah bah tu vois ! On est pile à l'heure. S'exclama Candice en voyant le film débuter alors qu'elle s'asseyait.
- C'est dommage… J'aurais bien pris des pop-corn moi… lâcha-t-il tout bas l'air boudeur.
- Je t'ai dit que c'était pas raisonnable après la mousse au chocolat du restau… répondit-elle en chuchotant.
- Ah bah parle pour toi ! J'ai dû avoir le droit à deux cuillères max avant que tu me piques ma coupelle ! rétorqua-t-il légèrement vexé.
Candice éclata de rire à la remarque de son compagnon.
- Chhhuuuuuuut ! entendirent-ils dans l'obscurité.
- Pardon… s'excusa-t-elle doucement d'une moue enfantine en regardant derrière elle.
Antoine rigola doucement face à l'attitude de sa compagne.
- Tu peux toujours aller en chercher si tu veux… Antoine se leva prêt à aller chercher des pop-corn. Dépêche-toi, tu vas louper tout le début après… s'agaça-t-elle en fixant l'écran devant elle.
- Chhhhhuuuuut ! entendirent-ils à nouveau résonner dans la salle. »
Le commissaire disparut de la salle et revint cinq minutes plus tard, un pot de pop-corn à la main. Il retourna s'asseoir aux côtés de sa compagne, absorbée par le film. Il piocha dans son pot et avala un pop-corn.
« Merci mon amour ! lâcha-t-elle en prenant son pot des mains.
- Je le crois pas ! chuchota-t-il en levant les yeux au ciel.
Antoine la fixa alors qu'elle avalait quelques pop-corn.
- Quoi ? demanda-t-elle en tournant sa tête vers lui. Aaaah ! réalisa-t-elle en le voyant l'air agacé. T'en veux ? proposa-t-elle en tendant le pot vers lui. »
Antoine rigola en hochant la tête de gauche à droite. Encore une fois, il se plia en lui laissant. S'autorisant à prendre quelques pop-corn dans son pot, malgré les réticences de sa compagne.
Alors que la séance venait de s'achever, le couple sortit du cinéma. Ils grimpèrent les quelques marches qui les menaient sur la place centrale de la ville. Plongée dans l'obscurité, seules les lumières des réverbères et du kiosque qui trônait au centre de cette place, les éclairaient.
« Bon alors, c'était pas si mal ce film au final, non ? demanda la commandante en souriant.
- Oui ça passe ! Fin' c'est un film à l'eau de rose quoi… répondit-il dubitatif avant d'entrelacer ses doigts dans les siens.
- Tu dis ça mais t'étais captivé !
- N'importe quoi ! rétorqua-t-il légèrement piqué dans son égo. J'étais attentif ! C'est différent… précisa-t-il en s'approchant du kiosque.
- Bah pourquoi tu veux monter là-haut ? s'étonna-t-elle alors qu'il s'apprêtait à grimper les quelques marches du kiosque.
Instinctivement, le commissaire enfourna sa main droite dans sa poche et palpa le petit écrin qu'il avait glissé dedans quelques heures plus tôt. Soudainement perturbé, il perdit ses mots.
- Euh… Bah je… J'sais pas. Comme c'est allumé… Ça aurait pu être sympa quoi. Lâcha-t-il gêné.
- De monter là-haut ? s'exclama-t-elle avant d'éclater de rire. T'as conscience que c'est super bizarre quand même… ?
- Non enfin je…
- Aaaah je vois ! le coupa-t-elle. C'est le film qui t'a monté à la tête ! En fait, tu voulais me demander en mariage… C'est ça ? le taquina-t-elle en rigolant aux éclats pour accentuer son ironie.
- N'importe quoi ! mentit-il gêné avant de changer de trajectoire.
- Tu sais, y a pas de honte à être fan de comédies romantiques hein ! C'est presque mignon même... Le taquina-t-elle gentiment.
- Ouais… répondit-il partagé entre gêne et déception. Bon, on rentre ? lâcha-t-il avec agacement pour couper court à la conversation.
- Ok… répondit-elle surprise de sa réaction. Chez toi ?
- Allez ! »
Le lendemain matin, Antoine ouvrit les yeux en pensant tomber sur ceux de sa compagne. Il prit quelques secondes pour émerger et entendit du grabuge depuis le rez-de-chaussée. Perplexe, il fronça les sourcils et passa un bas de jogging avant de descendre. Candice était déjà réveillée et apprêtée devant la table de cuisine. Discrètement, Il l'observa souffler d'agacement en retournant des feuilles éparpillées devant elle. Silencieux, il s'approcha et l'enserra par la taille avant de déposer un baiser sur sa joue.
« Bonjour mon poussin ! lâcha-t-il dans un rire avant d'aller récupérer une tasse sur le comptoir de la cuisine.
- Bah pourquoi tu m'appelles comme ça ? demanda-t-elle étonnée.
- T'as du jaune de la tête au pied ! expliqua-t-il en montrant sa tenue.
Candice s'observa de haut en bas et haussa les épaules.
- C'est parce que je suis le soleil de ta vie ça ! lâcha-t-elle en souriant avant de se replonger dans ses papiers.
Antoine hocha la tête de gauche à droite dans un sourire avant de l'interpeller à nouveau.
- Et donc ? Qu'est-ce que tu fais ?
- Bah je fouille !
- Tu… fouilles… ?
- Oui ! C'est les dossiers que j'ai récupérés hier à l'asso. Et je suis sûre que la clé de notre affaire se trouve dedans. Là c'est la pile « RAS », et là c'est la pile « peut-être ».
- Ah… donc y aucune pile « certitude » ?
- Bah celui-là… me laisse perplexe quand même… tu vois, tous les dossiers correspondent à des demandes d'aide de reconstruction APRÈS que la victime ne se soit libérée de l'emprise de l'homme violent. Mais là, c'est différent.
- Hum ?
- C'est une certaine Maria. Elle est encore avec son compagnon mais, d'après ce qui est écrit, elle cherche à s'en libérer. Donc elle a fait appel à l'asso, mais…
- S'il avait compris ses intentions… il aurait pu avoir envie de s'en prendre à Mélanie.
- Exactement !
- Bon le problème c'est que pour l'interroger ça va être complexe quand même… Si on le convoque pour rien, y a un risque pour Maria et… si on se rend à domicile, c'est pareil.
- Donc y a qu'une solution !
- Laquelle ?
- Faut se rendre à l'association. On met tous les membres dans la confidence, on attend la prochaine réunion et je me fais passer pour une victime.
- C'est hors de question ! refusa-t-il catégoriquement.
- C'est exactement pour ça que tu vas finir par accepter… lâcha-t-elle en minaudant. Allez ! On y va !
- Hein ? Mais où ?
- Bah au bureau ! Alleeeeez !
- Mais j'suis même pas prêt ! s'offusqua-t-il alors qu'elle se dirigeait déjà vers la porte d'entrée. OH CANDICE ! »
. . . . .
Alors que ses collègues étaient en train de rigoler, la blonde débarqua en furie dans l'openspace. Étonnés de cette vivace énergie, ils stoppèrent leurs rires et la fixèrent. Candice accrocha son manteau derrière son bureau et les rejoignit au centre de la pièce.
« Oui ! Je sais ! Je suis toute jaune ! C'est pas la peine de me regarder comme ça !
- Euh… Non… Pas du tout ! C'est pas ça ! bredouilla Mehdi. C'est juste que j'sais pas, t'as l'air pressée.
- Mais oui parce que je dois vous expliquer quelque chose mais faut attendre Antoine ! lâcha-t-elle en levant les yeux au ciel.
- Voilà ! J'arrive ! ronchonna-t-il en pénétrant dans la pièce à son tour.
- Ok ! Alors, j'ai fini d'éplucher les dossiers ce matin, là et y en a un qui ressort… donc voici ce qu'on va faire ! »
