Candice acquiesça et se retourna pour fermer les yeux. Elle intériorisa du mieux qu'elle put et ravala les larmes qui menaçaient de déambuler ses jouer. Pour se donner de la vigueur, elle se força à sourire et tourna les talons pour rejoindre son commissaire devant le bâtiment de l'association.
« Ça va mieux ?
- Je suis un peu secouée mais… ça va… l'essentiel c'est que cette histoire soit enfin terminée.
- T'as raison… En tout cas tu m'as impressionné… avoua-t-il en prenant sa main alors qu'ils marchaient.
- C'est vrai ?
- Ah oui… J'te jure… T'as été formidable.
- Merci… lâcha-t-elle fièrement tout bas.
- Et moi ça va j'ai pas été trop… ?
- Non… Pas du tout… T'as été parfait… En fait… Tu es parfait… confessa-t-elle en arrêtant leur marche.
- Ah oui quand même ! Et… Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter tout ça ?
- Rien… Enfin… avec toute cette histoire je me rends compte qu'on ne saisit pas forcément la chance qu'on a d'être entouré des gens qu'on aime, qu'on en profite pas assez et surtout qu'on leur dit pas assez…
- Qu'on leur dit pas quoi ?
- Je t'aime ! chuchota-t-elle contre ses lèvres avant de l'embrasser.
- Hum… lâcha-t-il dans un soupir de satisfaction.
- On y va ? proposa-t-elle en collant son front contre le sien.
- Euh… Je dois aller récupérer Suzanne à l'école. Elle est chez moi ce week-end.
- Ok ! Bah t'inquiète pas, je me charge de la paperasse.
- T'es sûre ?
- Oui ! Passe du temps avec elle et nous… on se voit demain ?
- Ok… accepta-t-il en l'embrassant.
- À demain ! le salua-t-elle en s'éloignant vers la gauche pour récupérer sa voiture.
- Candice… Là tu vas sur la départementale. Elle est là-bas la voiture ! précisa-t-il en montrant du doigt la direction opposée.
- Ah ! Oui ! Bah… je savais hein… Je… je voulais juste voir les poissons dans l'eau là. Mentit-elle d'une moue enfantine.
- Les poissons ? demanda-t-il amusé de sa mauvaise foi. Candice lui tira la langue et s'éclipsa dans la rue parallèle. Ah là là ! J'te jure…. »
De retour à la BSU, Candice s'attela aux charges administratives. La coupable venait d'être prise en charge et avait une nouvelle fois remercié la commandante pour son arrestation. Dépitée par l'ampleur de la situation dans laquelle Maria s'était mise, elle décida de refermer le dossier. À peine avait-elle enfilé son manteau qu'elle reçut un coup de téléphone.
« Oui Antoine ? lâcha-t-elle en souriant.
- T'es encore au bureau là ?
- Euh… j'allais partir. Pourquoi ?
- Le préfet vient de m'appeler. Il veut impérativement me voir…
- À cette heure-là ?
- Ouais… C'est pour l'affaire qu'on vient de boucler… J'ai essayé de négocier mais tu le connais… Ça… Ça te dérangerait de venir garder Suzanne ? J'ai pas d'autres solutions… demanda-t-il hésitant.
- Euh bah… non ! Y a pas de soucis. J'arrive.
- Ok ! Merci ! À tout de suite alors. »
Antoine expliqua à sa fille qu'il allait devoir partir et qu'elle devait donc rester avec Candice le temps de son absence. Suzanne était ravie et s'impatientait de l'arrivée de la commandante. Une dizaine de minutes plus tard, cette dernière frappa à la porte de son commissaire. Il s'empressa de lui ouvrir.
« Merci… Tu me sauves ! déclara-t-il en l'embrassant avant qu'elle ne rentre.
- Avec plaisir… répondit-elle sincèrement.
- Suzanne ! L'appela-t-il alors qu'elle jouait dans sa chambre. »
La fillette accourut depuis sa chambre et sauta dans les bras de Candice en l'apercevant. La commandante l'attrapa et parvint à la porter. Antoine enfila son manteau en les observant tout sourire.
« Bon ! Bah je vous laisse toutes les deux alors… déclara-t-il en s'apprêtant à partir.
- Bisou ! Réclama la jeunette en tendant ses bras vers son père.
- À tout à l'heure ma chérie. T'es sage avec Candice hein ? ordonna-t-il en lui déposant un bisou sur sa joue.
- Ouiiii ! Acquiesça-t-elle.
- Mon amour… déclara-t-il tendrement avant d'embrasser sa compagne. »
Candice se mit à sourire, agréablement surprise par cette marque de tendresse en présence de sa fille. Il les salua une dernière fois et quitta la maison. La petite entraîna Candice jouer dans sa chambre. La commandante la suivit et s'assit sur son lit en obéissant aux consignes de la petite. Une petite heure plus tard, elle sentit qu'elle commençait à fatiguer. Il était quasiment 19h et Antoine n'était toujours pas rentré. La blonde lui prépara un repas qu'elles dégustèrent dans la foulée avant de lui proposer un dessin animé. Suzanne acquiesça et s'installa dans le canapé avec son doudou en attendant que Candice mette la télé en route.
« Dis-voir ma puce, papa il la range où la télécommande de la télé ? » demanda-t-elle à la petite après l'avoir cherché sans la trouver.
Candice observa la petite poser son doudou sur le canapé et se lever près de la table basse. Elle ouvrit le petit tiroir sous les yeux de la commandante qui la remercia. Suzanne s'empara d'une petite boîte posée à côté de la télécommande. La blonde l'observa, stupéfaite.
« C'est quoi ? demanda Suzanne en essayant de l'ouvrir.
- Euh… C'est rien c'est… Tu me la donnes ? Je te mets le dessin-animé en route.
- Tiens ! rétorqua la petite en lui tendant la boîte avant de se réinstaller confortablement dans le canapé. »
La commandante s'empara de la petite boîte noire et l'ouvrit avec des yeux ébahis. Perturbée, elle l'observa avec insistance avant de la replacer dans le tiroir comme si de rien n'était. Candice prit le plaid disposé sur le dossier du canapé et le plaça sur elles deux après s'être assise. Instantanément, Suzanne vint se blottir contre elle en serrant son doudou dans ses mains. La commandante s'autorisa à lui caresser ses cheveux en souriant.
Antoine rentra deux heures plus tard, complètement exténué de son rendez-vous avec le préfet qui, comme à son habitude, s'était éternisé. Il pénétra dans sa cour et marcha en direction de l'entrée lorsqu'il s'arrêta brusquement devant la grande baie vitrée. Un sourire se dessina sur son visage en observant la scène qui s'offrait à lui. Suzanne endormie sur les genoux de Candice qui dormait également. Il hocha la tête de gauche à droite en souriant et entra en silence dans la maison.
D'emblée il ôta son manteau qu'il déposa sur sa chaise de cuisine et se dirigea vers le canapé. Il récupéra sa fille endormie et alla la mettre dans son lit. Il ressortit de la chambre cinq minutes plus tard et rigola doucement en voyant sa compagne émerger petit à petit.
« Ça fait longtemps que t'es là ? demanda-t-elle perdue.
- À peine dix minutes… répondit-il en caressant doucement sa joue.
- Ok…
- Il avait l'air passionnant ce dessin-animé dis-donc… plaisanta-t-il doucement.
- Ouais…
- Bon… finalement... Tu restes dormir ?
- Ok !
- Va t'installer. J'vais aller à la douche. »
Candice acquiesça en souriant avant de monter les escaliers qui menaient à la chambre. Antoine l'observa en souriant à son tour. Il tourna la tête à nouveau et vit la télécommande posée sur la table basse. Son regard se figea sur le tiroir situé en dessous. Il vérifia que sa compagne n'était plus dans son champ de vision et l'ouvrit à nouveau avant de constater que la petite boîte noire était toujours présente. Il souffla de soulagement et vaqua à ses occupations avant de rejoindre la salle de bain.
Une demi-heure plus tard, Antoine grimpa les escaliers. Instinctivement, Candice tourna la tête vers lui et éclata de rire provoquant par mimétisme, celui de son compagnon. Elle l'observait s'approcher d'elle, une serviette noire sur la tête et ses deux mains jointes devant lui, mimant un geste de prière.
« Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle en rigolant alors qu'il retirait son livre des mains pour le lancer parterre.
- Bah t'avais pas dit que tu devais te taper une bonne sœur ? rappela-t-il en se plaçant à califourchon au-dessus d'elle.
Candice éclata de rire à nouveau.
- Retire-moi ça ! ordonna-t-elle en tirant sur sa serviette.
- Hum…
- Arrête… chuchota-t-elle en rigolant alors qu'il l'embrassait dans le cou. Ta fille…
- T'es sûr? demanda-t-il tout bas en continuant.
- Oui... répliqua-t-elle avec déception avant de l'embrasser tendrement.
- Rohh marmonna-t-il en s'allongeant à côté d'elle.
- Puis ça tombe bien… j'avais envie de te parler… lança-t-elle avant de l'embrasser.
- De ? demanda-t-il en ouvrant ses bras pour qu'elle vienne s'y installer.
- Marseille…
- Ah… répliqua-t-il légèrement soucieux.
- J'ai envie d'accepter le poste Antoine. Mais, j'ai pas envie que ça gâche tout entre nous…
- Moi non plus…
- Si je décide de partir… Tu me suis ? le questionna-t-elle avec anxiété.
- Bah… Ça peut s'envisager…
- J'ai pas envie de t'imposer ce choix... Je sais ce que ça implique pour toi et j'ai pas envie que tu me suives par dépit et qu'au final ça te rendre malheureux...
- Candice... c'est avec toi que je suis heureux... Alors ici ou ailleurs... Ça importe peu...
- T'es sûr?
- Oui... Ça demande de l'organisation et c'est sûr que... ce sera surement un petit peu compliqué au début mais ce sera le temps que tout se mette en ordre…
- C'est vrai... Puis j'ai pas envie qu'on vive loin l'un de l'autre… confessa-t-elle doucement en caressant son torse.
- De toute façon on a encore quelques mois pour tout organiser… précisa-t-il en embrassant son front.
- Oui… Ça va être bien… chuchota-t-elle tout sourire en l'observant éteindre la lumière de la chambre. »
