Le lendemain matin, le couple rejoignit Emma et Sacha en train de petit-déjeuner dans la cuisine. Antoine les salua avant de se diriger vers la cafetière, suivi de Candice.

« Thé et tartines ? demanda-t-il en regardant sa compagne.

- Merci mon amour… confirma-t-elle en embrassant sa joue avant de rejoindre la table de cuisine.

- Bon du coup, vous avez rien trouvé ? demanda Emma.

- Non… lâcha-t-elle en soupirant. On désespère !

- Après… Vu le budget… Normal que ce soit pas facile hein… intervint Sacha qui venait de s'attirer les regards noirs de sa belle-famille.

- Tiens… chuchota Antoine en tendant la tasse et les tartines à Candice qui le remercia dans un sourire.

- Non mais c'est vrai ! Avec un million d'euro ce serait plus simple ! D'ailleurs, j'sais pas si vous avez vu mais y a un mec qu'a gagné le jackpot au casino de Balaruc hier soir… Tout le monde parle que de ça !

- La chaaaaance ! s'exclama Emma l'air rêveur. T'imagines !?

- Qu'est-ce qu'on pourrait bien faire avec tout cet argent Minou ?

- Plein de trucs ! On pourrait faire le tour du monde, s'acheter plusieurs maisons, on aurait plus besoin de bosser…

- Je pourrais t'acheter PLEIN de bijoux ! confia Sacha en souriant.

- Et une superbe bague de fiançailles aussi… rajouta Emma en regardant ses mains.

- Ah parce que vous avez besoin de gagner un million d'euros pour vous marier vous ? demanda Candice consternée par leur discussion.

- Bah non mais… rien ne vaut un beau diamant pour marquer le coup !

- Pffff… souffla la blonde. Mais c'est pas le bijou qui compte, c'est ce qu'il y a derrière. Enfin je sais pas, vous vous mariez pas pour l'argent, mais pour l'amour… non ?

- Si mais bon…

- Puis tu sais ma chérie ! C'est le geste qui compte, pas l'objet hein ! C'est pas le bijou dont tu vas te souvenir toute ta vie, c'est plutôt le moment ou monsieur aura décidé de faire sa demande… continua-t-elle en fixant Antoine en souriant. N'est-ce pas Antoine ?

- Ah oui c'est vrai ça ! commença Sacha malicieusement. Vous en pensez quoi vous ? demanda-t-il exprès pour le déstabiliser.

- Euh… Bah… commença-t-il gêné. Oui ! Candice a raison…

- Ah l'amour vénal… constata-t-elle en observant ses enfants avant de lever les yeux au ciel. C'est bien le syndrome de la jeunesse de cette époque…

- Eh bah ! Tu parles déjà comme une grand-mère ! Tu vois… t'es bientôt prête ! lâcha Emma pour la piquer.

Antoine éclata de rire face à Candice qui venait de ravaler sa salive, visiblement atteinte par la pique de sa fille.

- Un commentaire monsieur Dumas ? répliqua-t-elle en ignorant Emma.

- Aucun ! rétorqua-t-il en rigolant doucement avant de ranger sa tasse dans le lave-vaisselle et suivre sa compagne qui quittait la pièce.

- T'as vu ? demanda Sacha tout bas.

- Quoi ? répliqua la brunette perplexe.

- T'as pas vu comment ta mère a regardé Antoine ?

- Euh… non… Fin comme d'hab quoi.

- Non mais là minou, c'était flagrant ! Puis lui, il était super gêné…

- Quoi ? Tu crois qu'elle essayait de lui faire passer un message ?

- Je vais mener ma petite enquête…. Déclara Sacha sur un ton mystérieux, provoquant les éclats de rire d'Emma. »

. . . . .

8h30. À la BSU, Candice avait convoqué l'équipe dans l'openspace pour un briefing.

« Donc on en est où de notre affaire de la mamie empoisonneuse là ? demanda la commandante dépitée.

- J'en sais rien, ça fait trois fois qu'on va à la maison de retraite… trois fois qu'on interroge tout le monde et personne ne sait rien… s'agaça Marquez.

- Mais elle a quand même eu quatre accusations de la part des résidents… Donc c'est que les autres ont des œillères, c'est pas possible autrement !

- Bah je…

Val fut coupée par l'irruption d'un brigadier.

- Commandant ? On vient de nous signaler un corps sur une plage de la corniche.

- Ok ! Merci Loïc. Je vais prévenir le commissaire, déclara Candice avec autorité. On se retrouve là-bas.

- Et pour l'empoisonneuse ? demanda Ismaël.

- On met de côté, priorité à l'affaire du jour. Expliqua-t-elle en quittant l'openspace. »

Candice quitta la pièce et traversa le couloir en trombe. Elle toqua à la porte du bureau d'Antoine et entra dans la foulée. Plongé dans son dossier, il releva la tête surpris de son irruption.

« Oui ?

- Loïc vient de nous signaler un corps. Plage de la corniche.

- Ok… T'as plus d'infos ?

- Pas plus que ça. Tu viens ?

- Vous avez besoin de moi ?

- Baaaah non mais… commença-t-elle doucement en s'approchant. C'est toujours mieux si t'es là…

- Ah ouais ?! répliqua-t-il faussement étonné.

- Hum hum ! confirma-t-elle en souriant. Alors ?

- J'arrive ! »

. . . . .

Le couple arriva en dernier sur la plage. Il rejoignit le reste de l'équipe qui s'affairait autour d'un cadavre calciné, dissimulé derrière des rochers.

« Salut Nathalie, alors ? demanda Antoine.

- Alors pas grand-chose ! Enfin, si, un corps brûlé… et c'est déjà beaucoup. Mais alors là, vu l'état… impossible de l'identifier. Y a juste le bas de ses jambes qui est resté intact.

- C'est quoi sur sa cheville là ? demanda Mehdi.

- OH PUTAIN ! s'exclama Candice choquée.

- Quoi ? s'étonna son compagnon.

- Son tatouage là, à la cheville. Je le reconnais…

- Hein ?

- C'est le mec du train !

Antoine éclata de rire.

- T'es pas sérieuse ?

- Mais si je te jure ! Il avait une rosace à la cheville ! Je l'ai vu quand il s'est penché pour ramasser ses affaires. expliqua-t-elle avec engouement sous les yeux médusés de ses collègues.

- C'est quoi cette histoire ? demanda Val perdue.

- Bah ce week-end on était à Marseille pour visiter des appartements et au retour, hier soir, j'ai bousculé un mec, sans faire exprès, précisa-t-elle en levant les doigts. Un mec hyper bizarre, habillé tout en noir. Il avait plein de sacs, il a tout renversé. J'ai voulu l'aider mais il a refusé méchamment donc je suis partie. Mais je suis sûre qu'il avait ce tatouage !

- Tu te souviens de comment il était ? demanda Marquez.

- Environ 1m80, assez fin, brun avec une casquette et des lunettes de soleil. Assez lambda quoi, mais quand même bizarre…

- Dans tous les cas, ça va être difficile de mettre un nom dessus… constata Antoine.

- Ouais… J'vais faire des prélèvements et je vous tiens au courant des résultats mais je vais pas vous mentir que je suis pas très optimiste… déclara Nathalie.

- Nous, on va interroger les passants voir si la description que tu nous as fait leur dit quelque chose. On sait jamais… expliqua Mehdi avant de partir avec ses 3 collègues.

- Ok ! acquiesça le commissaire en les observant s'éloigner.

- Merci Nathalie ! déclara le couple en rebroussant chemin. »

De retour à la BSU, le couple discutait tranquillement en salle de repos, attendant les conclusions de la responsable de l'IJ, ainsi que les compte-rendu de leurs collègues. À son habitude, la commandante, accoudée sur le comptoir face à son partenaire, ne manquait pas de lui rappeler avec fierté ses observations, tout en profitant pour le charrier.

« N'empêche que j'avais raison… Hein… J'avais raison… lâcha-t-elle en rigolant tout proche de lui.

Antoine rigola à son tour.

- Oui… T'avais raison…

- Hum…

- Dis-moi… commença-t-elle tout bas en se rapprochant de lui. T'aurais pas un… un petit dossier important à régler aux archives… par hasard ?

- Quoi ? Là maintenant ?

- Et pourquoi pas… ?

- Arrête… À force, ils vont finir par se douter de quelque chose…

- Et alors… ? On s'en fout non ? En plus je pars bientôt…

- Non… C'est pas raisonnable Candice… refusa-t-il alors qu'il la sentait de plus en plus entreprenante.

- Mais c'est ça qu'est excitant… chuchota-t-elle à son oreille. Allez…. Força-t-elle en l'enserrant à la taille. »

En réponse, Antoine la fit reculer de sorte à ne plus se situer dans l'encadrement de la porte. Il la saisit par la taille à son tour et l'embrassa avec fougue avant de la relâcher. Frustrée qu'il cesse toute avance de cette manière, elle grommela d'une mine renfrognée. « Ce soir… » se contenta-t-il de lâcher en souriant fièrement avant de quitter la salle de repos. Déçue, la commandante se résigna à récupérer sa tasse de thé, réfléchissant déjà à une potentielle vengeance.