14h00. Exceptés Marquez et Ismaël, l'équipe de la BSU débarqua dans la cité phocéenne. Marc Gratien, commandant de la BRI les accueillit et présenta son équipe. Les Sétois les remercièrent et rejoignirent une salle dans laquelle se trouvait un écran géant. Très vite, ils furent invités à s'asseoir afin de scruter les images des caméras de surveillance du casino.
« Ils sont malins, commença Candice. Déjà, ils savent comment ne pas se faire repérer. Puis regardez, ici, on les perd de vue. Ici aussi. Donc…
- Ils ont forcément fait de repérage ! termina le commandant.
- Euh… Exactement ! rétorqua Candice, surprise de cette cohésion.
- Et vraiment, personne n'a rien vu ? demanda Val qui n'y croyait pas.
- Bah a priori, non… C'était un soir calme apparemment, personne n'a été alerté. Aucun croupier n'a remarqué quelque chose…
- Mais comment ils ont réussi à aller jusqu'au coffre ? Comment ils ont eu les codes ? demanda Mehdi.
- Ils ont bénéficié d'une aide interne… observa Candice. Ils sont 4, dont 3 à l'intérieur et 1 qui se charge du véhicule. Mais…
- D'ailleurs, la coupa Mehdi, le véhicule ? On a rien ?
- Non… déplora Gratien. Angle mort… Et à l'arrière c'est complexe de voir. On a juste pu conclure, avec les traces laissées sur le sol qu'il devait s'agir d'un 4x4.
- Ok… répondit simplement Val.
- Ça va commandant ? demanda l'homme de la BRI face à Candice qui ne disait mot.
- Quand elle fait ça, c'est qu'elle réfléchit… expliqua Val amusée. Oui c'est pas très… mais bon… on s'y fait !
- Vous voyez le troisième homme là ? Je pense que c'est notre cadavre. Même corpulence qu'à la gare. Oui, parce que j'ai pris le train avec lui, s'embrouilla-t-elle dans des explications inutiles. Et je pense, que c'est lui notre taupe du casino.
- Donc les deux autres se connaissent et se sont servi de lui pour récupérer ce qu'ils voulaient ?
- Exactement ! s'exclama la blonde. Mais vue la quantité de sacs quand je l'ai croisé, à mon avis, notre cher croupier a dû les entourlouper sévère…
- Eh bien on peut toujours aller au casino se renseigner ! proposa Gratien.
- Volontiers !
- Juste, intervint Mehdi peu confiant, est-ce qu'on pourrait faire une toute petite pause ? J'ai rien mangé et je vais pas tenir… »
Dans la salle de repos de la brigade, les officiers plaisantaient autour d'un encas avant de gagner le casino de Cassis. Seule Candice s'était isolée, le téléphone à la main.
« Oui Antoine, je te dérange pas là ?
- Non ! Alors ?
- Aucun doute, notre homme était bien croupier au casino et il a participé au braquage avec 3 autres hommes… mais impossible de les identifier.
- Comment ils s'y sont pris ?
- Ils ont dû venir repérer les lieux avant… et le croupier était là pour les détails techniques. Mais… je sens qu'il a essayé de leur faire à l'envers et qu'il en a payé les frais.
- Donc les braqueurs seraient aussi nos tueurs ?
- C'est possible… Enfin du moins, ça se discute. On fait une petite pause là et après on descend au casino. Avec le tatouage on sait jamais… Si quelqu'un peut l'identifier. Puis ça veut dire qu'il a pas pris son service donc…
- Ok ! Bien ! Donc ça veut dire que vous y êtes pour un bon moment encore… ?
- Pour le reste de l'après-midi oui… Je risque de rentrer tard. T'es pas obligée de m'attendre.
- De toute façon j'ai plein de dossiers à compléter… comme ça après je rentre et je nous prépare un petit plateau télé et on passe une soirée tranquille.
- Huum… lâcha-t-elle dans un sourire de satisfaction. Avec un petit massage ? demanda-t-elle tout bas.
- Ça peut s'envisager… répondit-il mielleusement.
- Alors à ce soir…
- À ce soir mon amour ! Et…
- Oui ! Je te tiens au courant ! anticipa-t-elle.
- Ok… lâcha-t-il en éclatant de rire. »
Candice raccrocha le sourire aux lèvres et se retourna. Elle se trouva nez à nez avec Gratien qui s'approcha d'elle.
« Vous êtes toute seule ? plaisanta-t-il en montrant du doigt le reste du groupe.
- Oui ! Je devais appeler mon… mon commissaire pour le tenir au courant de l'avancée.
- Ah ! Je vois… Le rapport à la hiérarchie est pas toujours facile…
- Ah non ! Enfin, chez nous ça va !
- Ah bah tant mieux… Ça va vous changer de venir ici alors…
- À ce point ? appréhenda-t-elle.
- Bah… Disons que c'est pas facile tous les jours quoi. Vous verrez c'est un peu déroutant au début mais on s'y habitue !
- Ça donne envie en tout cas… lâcha-t-elle ironiquement.
Marc haussa les épaules.
- Vous le vivez comment votre départ ?
- Bah… C'est sûr que c'est un gros changement mais… c'est vraiment une opportunité, pour moi, pour ma carrière donc… j'y suis allée. Non le plus dur ce sera l'humain… Quitter l'équipe, la famille, les amis aussi…
- Je comprends… Mais vous mettez pas la rate au court bouillon, vous êtes pas la première et vous serez pas la dernière ! Puis si ça va pas, vous savez où me trouver ! s'exclama le commandant en osant poser sa main sur l'épaule de Candice.
Dans le fond, Val et Mehdi observèrent la scène, amusés par la situation.
- Regarde-moi ça… À peine deux heures qu'on est là et elle lui a déjà tapé dans l'œil… C'est incroyable ça quand même ! observa Mehdi en rigolant.
- Le charme à la Candice… Que veux-tu ?
- Attends c'est parce qu'il a pas encore travaillé avec elle ça… lâcha Mehdi avant d'éclater de rire avec sa collègue.
- Qu'est-ce que vous avez à sourire comme ça ? demanda la commandante en arrivant vers eux.
- Rien ! mentit le lieutenant. On y va ? »
17h00. L'équipe venait de débarquer au casino de Cassis. In situ, ils se dirigèrent vers l'hôtesse d'accueil qui les guida jusqu'au bureau de la direction.
« Paolo Benedetti, enchanté.
- Commandant Renoir de la BSU de Sète.
- Commandant Gratien de la BRI de Marseille.
- Sète et Marseille ? Quel rapport ? s'étonna l'homme grisonnant.
- On a retrouvé mort un homme sur une plage de Sète et on a de forts soupçons quant à son implication dans le braquage de votre casino.
- M'en parlez pas. J'ai dû revenir en vitesse grand V de Palerme où j'étais en vacances à cause de ces petits cons là ! Vous les avez retrouvés ?
- Non. Justement… Mon équipe est en train d'interroger vos employés afin d'en savoir plus sur cette soirée-là.
- Pourtant la BRI était déjà passée non ? s'étonna-t-il à nouveau.
- Oui. Sauf que nous avons de nouveaux éléments et on aurait besoin d'identifier l'un de vos croupiers.
- D'accord… Mais vous savez y a énormément de monde qui travaillent ici, et moi je les connais pas tous. Je vais appeler Sophie, ma secrétaire. Elle doit tenir un registre.
- Merci.
Le gérant s'empara du téléphone et contacta le bureau voisin afin de faire venir sa secrétaire. Pendant ce temps, Val venait de faire irruption dans le bureau.
- Candice ?
- Hum ?
- J'ai un barman qui affirme que le seul croupier qu'il connaissait avec une rosace au niveau de la cheville s'appelle Enrique.
- Il a un nom ?
- Nan… Et il l'a pas revu depuis ce soir-là.
- Ok ! Merci Val !
- Vous vouliez me voir ? demanda la secrétaire.
- Oui. C'est la police. Ils enquêtent sur le braquage. Expliqua le gérant.
- Est-ce que dans vos employés, vous auriez un certain Enrique ?
- Euh… Laissez-moi deux minutes…. Oui ! J'ai. Enrique Gomez. Il travaille chez nous depuis 6 mois.
- Est-ce qu'il est venu travailler depuis le braquage ? demanda l'homme de la BRI.
- A priori non. Il était absent hier.
- Bien… Donc je pense qu'on tient notre homme…
- Val, tu peux contacter Marquez et Ismaël ? Qu'ils fassent des recherches. Je veux tout savoir sur lui ! »
La lieutenante s'exécuta et contacta ses collègues qui se mirent au travail dans la foulée. Ils remercièrent les agents du casino et quittèrent les lieux avant de retourner dans les locaux de la BRI. Ils finirent la journée par débriefer, Candice récupéra une copie du dossier et remercia Gratien pour l'accueil avant de prendre la route en direction de Sète. Dans la voiture, Candice contacta Antoine afin de la prévenir de leurs trouvailles et de son retour. Pendant ce temps, le commissaire venait de débarquer chez sa compagne.
