Le lendemain, ils continuèrent et parvinrent à achever leur tâche en milieu d'après-midi. Satisfaits, les policiers marseillais proposèrent à leurs collègues sétois de se retrouver autour d'un verre le soir même pour fêter cette résolution d'enquête ainsi que leur départ. Tous acceptèrent volontiers sauf Candice, restée dubitative. Elle devait récupérer Antoine à l'hôpital en fin de journée et ne savait pas s'il serait apte à venir. Ils se séparèrent vers 16h, en se donnant rendez-vous en fin de journée, à 18h.

La commandante quitta la BSU avant de repasser chez elle pour prendre des affaires pour son compagnon qui l'attendait à l'hôpital. Impatiente, elle y débarqua une demi-heure plus tard. Elle toqua à la porte, entra dans la foulée et aperçut son commissaire à moitié assis dans son lit. Souriante, elle déposa le sac sur la chaise et s'approcha doucement du lit.

« T'en as mis du temps…

- Excuse-moi… C'était plus long que prévu au bureau… expliqua-t-elle avant de l'embrasser tendrement. Comment tu te sens ?

- Ça va… Ils ont retiré ma perf ce matin et l'infirmière est passée tout à l'heure refaire mes pansements. Je suis prêt à partir !

- Tant mieux alors ! répliqua-t-elle en souriant. Dis-moi, les collègues Marseillais voulaient qu'on se retrouve autour d'un verre tout à l'heure… Tu te sens capable d'y aller ?

- Oui ! Pourquoi pas…

- Non mais t'es pas obligé de dire ça pour me faire plaisir Antoine hein…

- Mais non, je t'assure ! Tout va bien !

- Hum… Ok… finit-elle par accepter en embrassant sa joue entre deux ecchymoses. Je t'ai ramené des affaires ! déclara-t-elle en se levant avant de récupérer le sac sur la chaise et de l'apporter sur le lit.

- Merci…

- Tiens ! Je t'ai pris ce pull là et un jean.

- Oh ! Mais j'aime pas ce pull, tu sais bien ! s'exclama-t-il avec déception.

- Arrête ! Il te va très bien… Et j'aime bien quand tu le mets en plus…

- Pourquoi tu m'as pas ramené ma chemise ? demanda-t-il d'une moue boudeuse.

- Bah… Elle était toute froissée…

- Ah bon ? Pourtant je l'avais laissée sur la chaise exprès la dernière fois. Elle était nickel !

- Bah oui mais… commença-t-elle avant de s'arrêter. Je l'ai mis pour dormir… avoua-t-elle à peine audible.

Antoine la regarda en souriant, touché par son aveu.

Bah quoi ?

- Rien… répliqua-t-il en souriant avant d'attirer son visage vers le sien. »

Une heure plus tard, le médecin vint donner le feu vert au commissaire pour quitter l'hôpital. Il récupéra ses justificatifs et ses ordonnances avant de se rendre à la pharmacie. Candice alerta ses amis sur le fait qu'ils étaient en route pour les rejoindre mais avec un peu de retard. Après avoir récupéré les médicaments et soins d'Antoine, Candice se gara à proximité du lieu de rendez-vous avant qu'ils ne s'y dirigent à pied. Une fois devant, la commandante ouvrit la porte pour son compagnon qui fut accueilli avec enthousiasme.

« Doucement ! Doucement ! Ne touchez pas trop à notre blessé de guerre… Il est encore fragile… s'exclama Candice légèrement inquiète en les voyant tous s'agglutiner sur son commissaire.

- Commissaire ! s'exclama le commandant marseillais. Ravi de vous retrouver sain et sauf. Déclara-t-il sincèrement en lui tendant la main.

- Merci à vous de les avoir aidés ! répliqua Antoine en acceptant sa poignée de main.

- Bon ! Maintenant qu'on est tous là, on peut commander. Qui prend quoi ? demanda Marquez avec enthousiasme. »

Chacun prit commande de sa boisson avant de se diviser en petits groupes. Nathalie et Marquez s'étaient isolés à une table, les collègues marseillais discutaient avec Ismaël au comptoir et Mehdi tentait de convaincre Antoine de jouer au baby-foot.

« Mais j'ai qu'une main Mehdi ! Forcément que tu vas gagner… lâcha-t-il en riant.

- Mais tu te mets avec Val sinon ! On fait un 2 contre 1 !

- Ah non mais moi je sais pas jouer… je compte les points c'est mieux !

- Bon… Ok… J'arrive ! finit-il par accepter.

Mehdi poussa un cri de joie et se dirigea vers le baby-foot avec Val. Candice retint Antoine par la main.

- T'es sûre que c'est une bonne idée ? Tu sors à peine de l'hôpital Antoine… Tu veux pas te reposer plutôt ?

- Arrête de t'inquiéter… Je vais bien, je te jure ! tenta-t-il de la rassurer en l'enlaçant par la taille de son bras valide.

- Mais…

- Mais rien du tout… Je vais lui mettre la pâtée, et je reviens…

- Ok… Mais tu fais attention !

- Promis ! jura-t-il en embrassant furtivement sa tempe avant de rejoindre ses collègues au baby-foot. »

Candice lui adressa un sourire avant de l'observer se diriger vers le fond de la pièce. Elle hocha la tête de gauche à droite avant de se retourner vers Nathalie. Munie de son verre, la commandante alla rejoindre son amie et s'installa à sa table.

« Toi aussi il t'a abandonné ? demanda Candice en rigolant doucement.

- Eh oui ! Qu'est-ce que tu veux… Rah ! Ça c'est bien les hommes ! déclara Nathalie en observant Marquez s'incruster autour du baby-foot.

- Ouais… répondit Candice l'air songeur en fixant son compagnon qui s'amusait.

- Ça a l'air d'aller en tout cas…

- D'après le médecin, rien de grave ! Juste quelques blessures superficielles qu'il faut soigner…

- Aaaaah ! répondit malicieusement Nathalie. J'en connais une qui va se donner un malin plaisir à jouer l'infirmière…!

- T'es bête ! répondit Candice en éclatant de rire.

- Du coup… Si vous vous êtes rabibochés… Ça veut dire que y a du mariage dans l'air… ? demanda innocemment la scientifique.

Candice ne répondit rien et baissa la tête en soufflant dans sa paille.

- Candice ? J'te parle !

- Hein ?

- C'est ça… Prends-moi pour une blonde !

- Je sais pas comment lui dire… murmura-t-elle.

- Lui dire quoi ?

- J'ai bien réfléchi tu vois... Et j'ai pas envie de me remarier… Enfin… Si… Mais pas comme ça…

- C'est-à-dire ?

- On est heureux comme ça… J'ai pas envie que la signature d'un bout de papier fasse tout capoter… J'ai déjà eu deux échecs et je sais ce que ça implique après…

- Tu devrais lui en parler… Je suis sûre qu'il comprendra…

- Tu crois ?

- Oui ! Et rapidement… N'attend pas qu'il te fasse sa demande… Après tu seras comme un con devant la bague, tu pourras plus reculer !

- C'est vrai…

Nathalie s'apprêtait à répondre lorsqu'elle vit Mehdi accourir vers elle, tout excité.

- Putain Candice t'as loupé ! Je l'ai pulvérisé… Il a pas marqué UN SEUL POINT !

- Bah en même temps Mehdi… Il a pas de bras…

- Et pas de bras ! Pas de chocolat ! répliqua Nathalie en éclatant de rire.

- Mais attend… Ça veut dire que là, j'ai une chance de le battre ?

- Ah bah là oui ! Carrément !

- J'arrive !»

Candice quitta sa collègue avant de suivre son brigadier vers le fond du bar. Elle vit tout de suite la mine renfrognée de son partenaire qui subissait les brimades de ses camarades. La commandante fit une grimace en regardant ses collègues et s'approcha d'Antoine.

« Bah alors ? Je croyais que tu devais lui mettre la pâtée… lâcha-t-elle taquine.

- Oui bon ça va ! Je pensais pas que c'était si difficile avec un seul bras !

- Tu vois… tu payes toutes ces fois où tu t'es moqué de moi parce que j'étais nulle…

- Vasy Candice ! T'es prête ? s'exclama Mehdi.

- Prête pour quoi ? demanda Antoine.

- Pour te mettre la pâtée mon chéri ! annonça-t-elle fièrement.

- Toi ? s'étonna-t-il en éclatant de rire.

- Bien sûr ! Tu vas voir un peu !

- Ah mais je ne demande que ça… accepta-t-il en rigolant doucement. »

Mehdi lança la partie en soutenant vigoureusement sa supérieure. Concentrée sur le jeu, la blonde donnait toute son énergie pour marquer des points face à son partenaire qui malgré tout, restait tenace. Une vingtaine de minutes plus tard, le verdict était sans appel… 10-0 pour le commissaire qui souriait fièrement face à sa partenaire qui boudait.

« Mais c'est parce que j'étais pas assez entraînée aussi… marmonna-t-elle.

- Mais bien sûr… répliqua-t-il en riant.

- Non mais quand même… Battu à un bras… C'est la loose quand même… s'exclama Marquez en éclatant de rire.

- Je te conseille de rien dire de plus si tu veux pas passer ta journée de demain à taper tous les PV d'audition de la journée… répliqua Candice sèchement alors que son compagnon éclatait de rire.

- Bon ! Deuxième tournée ? proposa Gratien qui avait également assisté à la scène. »

Les policiers repartirent pour une deuxième tournée. De nouveau, le baby-foot fût prit d'assaut. Cette fois, Antoine céda sa place à ses amis, légèrement fatigué par cette soirée qui lui faisait malgré tout du bien après les derniers évènements. Il s'écarta du groupe et s'approcha de Candice qui boudait toujours depuis son échec cuisant de tout à l'heure.

« Ça va ? demanda-t-il étonné de la voir toute seule.

- Oui ! Je vous observe de loin ! lâcha-t-elle en souriant.

- Ok…

- T'es sûr que tu veux pas qu'on rentre ? T'as l'air épuisé… lui demanda-t-elle en caressant son bras.

- Bon, Antoine ! T'es chaud ?! On en refait une ? lança vigoureusement Mehdi depuis le fond de la salle.

- J'arrive ! cria-t-il à son collègue avant de s'adresser plus doucement à sa compagne. Je refais une dernière partie et on y va ? Ok ?

- D'accord… Je t'attends ! finit-elle par accepter. »

Candice laissa son partenaire faire sa dernière partie de baby-foot et s'exila au comptoir pour régler la note. Elle l'observait de loin, le voyant rire aux éclats alors même que quelques heures plus tôt il était encore porté disparu. Elle soupira de soulagement en souriant avant d'être rejointe par son collègue marseillais.

« Je peux ? demanda-t-il en s'approchant.

- Avec plaisir ! répondit-elle sincèrement en souriant.

- Je voulais vous dire… Je suis content d'avoir fait équipe avec vous… On a fait du bon boulot… Vous êtes une bonne flic !

- Merci… lâcha-t-elle doucement avec étonnement. D'ailleurs je suis désolée… Je sais que j'ai pas toujours été très correcte avec vous… Enfin je veux dire… Vous avez fait votre maximum mais…

- Pas la peine de vous excuser ! la coupa-t-il. On aurait tous réagit pareil à votre place… L'essentiel c'est que tout se termine bien…

- C'est vrai ! acquiesça-t-elle en se tournant vers Antoine qui faisait de son mieux pour gagner la partie.

- Il a l'air en forme en tout cas…

- Oui… Enfin, je sais que ça l'a remué mais il montre rien… expliqua-t-elle en le fixant au loin.

- C'est normal… Gratien marqua un temps avant de reprendre la conversation. Donc vous nous rejoignez dans deux mois ?

- C'est ça ! À la PJ !

- Et vous avez déjà trouvé un logement ou vous prospecter encore ?

- Non… Enfin on a fait plein de visites mais y avait toujours quelque chose qui nous convenait pas… D'ailleurs j'ai un agent qui m'a contacté mais avec tout ça j'ai pas eu le temps de le rappeler…

- Bon si vraiment d'ici là vous avez toujours rien, j'ai une chambre d'ami. Si jamais ça peut vous dépanner ! »

En réponse, Candice éclata de rire, ne s'attendant pas à une telle proposition. Son rire transperça la pièce et parvint aux oreilles d'Antoine qui releva instinctivement la tête. Il l'aperçut tout sourire à proximité du comptoir face à Gratien qui riait également. Animé par une petite pointe de jalousie, il laissa sa partie de baby-foot et se dirigea vers eux.

« Antoine ?! T'es sérieux ? s'indigna Mehdi.

- Ça va… Jouez sans moi… éluda-t-il.

- À mon avis… commença Val. Gratien qui fait rire Candice… Ça doit pas lui plaire… ! lâcha-t-elle pour provoquer le rire de ses collègues. »

Antoine s'approcha doucement du comptoir et intervint dans leur conversation en les coupant.

« Vous parliez de quoi ? demanda-t-il innocemment.

- Euh…

- Je disais que vous aviez beaucoup de chance de l'avoir dans votre équipe… C'est une bonne flic… expliqua Gratien.

- Ah ! Ça c'est vrai ! confirma le commissaire. Et en plus… moi j'ai doublement de la chance… confessa-t-il en glissant son bras valide dans le dos de sa compagne.

En réaction, Candice leva les yeux au ciel en souriant, saisissant le motif d'intervention d'Antoine.

- Je vous rassure, il dit pas ça tous les jours hein ! précisa-t-elle en rigolant à moitié.

- Comment ça je dis pas ça tous les jours ? répliqua-t-il faussement outré.

- Bon… Je vous laisse ! Bonne soirée… lâcha Gratien en souriant.

- Tu peux pas t'en empêcher hein ? déclara-t-elle en passant son bras autour de sa taille à son tour.

Antoine éclata de rire.

- Non… J'avoue… confirma-t-il en souriant.

- D'ailleurs, commença-t-elle en pivotant pour être face à lui. Si jamais je trouve pas d'appart d'ici là… Il me propose sa chambre d'ami… Alors je me disais que pourquoi pas… expliqua-t-elle en faisant mine de réfléchir pour l'embêter.

- Même pas en rêve ! chuchota-t-il en rigolant avant d'approcher sa tête de la sienne pour l'embrasser furtivement. »

En réaction, Candice éclata de rire, s'attirant les regards de ses amis. Pleinement heureuse de l'avoir retrouvé et d'être à ses côtés, la commandante osait enfin assumer son couple en public et surtout auprès de ses futurs collègues. Elle s'autorisa encore quelques minutes pour discuter et remercier ses camarades avant de quitter le bar avec Antoine pour rejoindre sa maison.