« Bonsoir tout le monde ! lâcha Candice avec enthousiasme en pénétrant dans le salon. Je ramène un grand blessé ! annonça-t-elle fièrement.

- Ah ! Antoine ! s'exclama Emma.

- Salut ! lâcha-t-il en souriant.

- Ça va mieux ?

- Oui ça va… Je te remercie… répondit-il tout sourire.

- Ils t'ont pas loupé quand même… constata Léo en regardant ses blessures au visage. On dirait un boxeur !

- Ah… répliqua le commissaire. C'est si moche que ça ? demanda-t-il en riant jaune.

- Mais non… T'es très bien… Ça te donne un petit air casse-cou en plus… lâcha-t-elle d'une voix enfantine.

- Pour un peu tu disais casse-couille quand même ! plaisanta son fils en riant aux éclats.

- Léo… le brima doucement sa mère depuis la cuisine.

- Bah quoi ? On peut même plus rigoler ici…

- D'ailleurs vous êtes que tous les deux ? s'étonna-t-elle alors que son compagnon s'asseyait dans un fauteuil.

- Oui ! Sacha est pas là ce soir.

- Et nous on part bientôt hein maman !

- Comment ça « nous » ?

- T'as déjà oublié ? Tu dois me déposer chez Maxime ce soir, pour son anniv.

- Ah merde… J'ai complètement zappé… s'excusa-t-elle en se rapprochant du salon.

- D'ailleurs faudrait pas trop tarder hein…

- Bon bah on y va… déclara-t-elle. Je dépose Léo et je reviens…

- Ok ! répondit son compagnon. On commande pizza ? demanda-t-il en haussant la voix alors qu'elle s'éclipsait dans l'entrée.

- Oui ! Voyez ça tous les deux… À tout à l'heure ! »

Candice claqua la porte et laissa sa fille en compagnie d'Antoine. Assise sur le canapé face à son beau-père, la jeune brune s'empara de la brochure de leur pizzéria habituelle. Ils se mirent rapidement d'accord sur le choix des pizzas et lança l'appel pour prendre la commande. Elle mit la télévision en route pour regarder son programme du soir pendant que le commissaire scrutait son téléphone portable. Absorbée par son écran, elle finit par tourner la tête et observa Antoine se lever et se diriger dans la cuisine. Il ouvrit le lave-vaisselle et commença à ranger les assiettes dans les placards avant de voir Emma débarquer dans la pièce.

« Mais ça va pas ? s'emporta-t-elle.

- Quoi ?

- Tu crois vraiment que c'est le moment de vider le lave-vaisselle alors que t'as l'épaule en compote ?

Antoine éclata de rire.

- Mais ça va… Je vais bien… On dirait ta mère là ! plaisanta-t-il.

- Oui bah elle a raison ! Faut que tu te reposes ! T'as envie de retourner à l'hosto ou quoi ? Non parce que c'est pas toi qui a du t'occuper d'elle ces derniers jours…

- Ah bah non… C'est sûr que c'était pas moi… répliqua-t-il sèchement en baissant la tête.

- Pardon… Je voulais pas dire ça… s'excusa-t-elle doucement.

- Je sais…

- Elle était vraiment au fond du trou tu sais… On savait plus quoi faire pour la rassurer… Elle mangeait plus… Elle arrêtait pas de pleurer… Puis… Nous non plus on était pas bien… finit-elle par avouer en baissant le ton de sa voix.

- Mais maintenant je suis là… Tout va bien… Je suis juste un peu fatigué mais y a rien de grave !

- Ok… acquiesça-t-elle avant de fondre en larmes.

- Eh ! Ça va… OK ? la rassura-t-il en caressant son dos.

- Ouais… Je… J'crois que c'est les hormones…

- Ah… Ça me rappelle des souvenirs ça… lâcha-t-il en souriant.

- C'est moi ! entendirent-ils crier depuis l'entrée.

Emma tenta de sécher rapidement ses larmes et lâcha son plus beau faux-sourire à sa mère.

- Bah ma chérie… Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien ça va… répondit-elle en retournant vers le salon.

- C'est toi qui l'as faite pleurer au moins ? plaisanta-t-elle en s'approchant de son compagnon qui tenait des verres dans ses mains.

- Évidemment ! mentit-il en rigolant.

- Eh ! Eh ! Eh ! Mais qu'est-ce que tu fais, là ? le gronda-t-elle alors qu'il rangeait la vaisselle dans le placard. Donne-moi ça ! Le médecin a dit repos ! T'en as déjà assez fait pour aujourd'hui avec ton baby là !

- Tu vois Emma… Qu'est-ce que je te disais ? lâcha-t-il en éclatant de rire suivi par la jeune brune. »

Têtue, Candice insista pour qu'il se repose et termina de ranger la cuisine à sa place. Très vite, ils réceptionnèrent leurs pizzas et passèrent à table dans une humeur nettement plus apaisée que les jours précédents.

« Eh bah ! Ça se voit qu'Antoine est de retour… Si j'avais su, j'aurais pris une pizza en plus !

- Ah c'est ça… commença-t-il. Je me disais bien qu'il manquait quelque chose… plaisanta-t-il en touchant le ventre de Candice sous les rires d'Emma.

- Non mais oh ! bouda-t-elle. Toute façon j'ai plus faim… lâcha-t-elle en quittant la table pour rejoindre la cuisine.

- Allez… Arrête de bouder mon chat… répondit-il d'une voix douce alors qu'elle revenait vers eux avec la carafe d'eau.

- Sérieusement ? demanda Emma amusée.

- Quoi ?

- « Mon chat »…. Répéta-t-elle en riant. C'est ridicule… lâcha-t-elle en pouffant avant de se lever pour débarrasser son assiette.

- Bon ça va oui ?! s'agaça Candice.

- Tu me passes ton assiettes mon chat ? demanda-t-elle pour taquiner Antoine avant de récupérer son assiette.

- Emma ! la gronda sa mère.

- Non mais maman… même moi je dis pas ça à Sacha…

Candice éclata de rire et se leva à son tour avec son assiette.

- Excuse-moi mais… Minou…. C'est pire…

- Pas du tout ! s'offusqua la brune aux côtés de sa mère.

- Bah si !

- Puis on a pas le même âge je te signale !

- Mais quel est le rapport ?

- Bon bah moi je dirai plus rien… marmonna Antoine resté à table pendant que mère et fille se prenaient la tête. »

Le commissaire décida de faire profil bas face au crêpage de chignon qui se déroulait sous ses yeux. Il les laissa dans la cuisine pendant qu'il s'installa confortablement dans le canapé du salon avec un dossier administratif sur les genoux. Rapidement il fut rejoint par sa belle-fille qui prit place à ses côtés.

« Ça te dérange si je mets la télé ?

- Non ! Vas-y…

- Mais je rêve là ? Rassure-moi Antoine, tu sais ce que c'est le repos ? demanda Candice en le voyant travailler.

- Ça va… C'est juste de la relecture…

- Mais le médecin t'a mis une semaine d'arrêt ! C'est pas pour rien hein… s'agaça-t-elle.

- Oh la la… protesta-t-il.

- Allez ! Range moi ça !

- À vos ordres, chef ! répliqua-t-il en fermant le dossier.

- Voilà… Bon je vous laisse tous les deux. J'vais dans la salle de bain ! précisa-t-elle en grimpant les escaliers avant de disparaître à l'étage.

- Elle est chiante hein ?! lâcha Emma.

- Ah ça… répliqua-t-il avant de récupérer le dossier et de l'ouvrir à nouveau sur ses genoux. »

Une demi-heure plus tard, Candice sortit de la salle de bain vêtue d'un peignoir et croisa sa fille sur le palier.

« Tu montes déjà te coucher ?

- Ouais… Antoine était fatigué il est parti se coucher aussi… expliqua-t-elle avant d'embrasser sa mère.

- Bonne nuit !

- Bonne nuit mon chat ! lâcha-t-elle taquine avant de se mettre à rigoler sous le regard noir de sa mère. »

Rapidement, Candice descendit les escaliers et s'occupa d'éteindre les lumières du salon et de la cuisine. Elle récupéra son téléphone et se dirigea vers sa chambre.

« Antoine ? l'interpella-t-elle avant d'arriver dans la chambre et d'éclater de rire.

- Je crois que je suis coincé… lâcha-t-il la tête bloquée dans son pull.

- Bah alors… Je croyais que tu savais te débrouiller tout seul comme un grand… le taquina-t-elle amusée en s'approchant de lui.

- Oui bon… Tu m'aides ? demanda-t-il.

- Tu peux pas te passer de moi hein… déclara-t-elle en l'aidant à tirer sur ses manches.

- Aïe ! protesta-t-il en sortant la tête du pull.

- Ça me rappelle des souvenirs… Valenciennes… chuchota-t-elle en le fixant droit dans les yeux.

- Hum…

- Attention, je vais tirer sur la manche là…

- Ah ! Aïe !

- Ça va ? demanda-t-elle alors que le pull chutait sur le sol. »

Antoine acquiesça, gêné que son corps meurtri ne soit exposé devant ses yeux. Candice le fixait, avant que son regard ne se pose sur son torse recouvert d'ecchymoses et d'hématomes. Il la vit ouvrir la bouche d'étonnement alors qu'elle approchait ses doigts pour effleurer ces traumatismes.

« C'est rien… chuchota-t-il.

- Je… Je pensais pas que c'était autant… expliqua-t-elle émue. T'as mal ?

- Ça va… la rassura-t-il en souriant. C'est juste impressionnant mais c'est pas si douloureux…

- Et là ? demanda-t-elle en déposant un léger baiser sur un bleu à son épaule. Ça te fait mal ?

- Non… répondit-il sérieusement.

- Hum… lâcha-t-elle dans un soupir de satisfaction avant de l'embrasser dans le cou. En plus… je trouve ça sexy ce petit air bad boy…

- Ah oui ?

- Ouais… confirma-t-elle en l'embrassant de plus belle. »

Antoine se laissa faire, intéressé par les gestes aguerris de sa compagne qui prenait soin de faire attention pour ne pas le blesser. Rapidement, les deux amants se retrouvèrent sous la couette et passèrent un moment intime rempli de tendresse. Satisfaits, ils s'enlacèrent et laissèrent le silence s'installer avant que Candice n'ose le briser.

« Je voulais te dire… J'ai… J'ai été bête de te demander de rien dire pour nous deux…. Je veux que tu viennes avec moi à Marseille… j'peux pas vivre sans toi Antoine… Tu vois… j'veux que tous les jours tu me prennes dans tes bras…. Que tu me dises que tu m'aimes… et que je suis chiante aussi…

- Ah! Chiante! Ça c'est vrai … plaisanta-t-il. Mais bon… J'ai quand même bien envie de venir avec toi à Marseille…

- C'est vrai ? demanda-t-elle en souriant.

- Le cœur a ses raisons que la raison ignore mon amour…

Candice éclata de rire avant d'embrasser son torse.

Mais… Du coup… commença-t-il avec hésitation. Ça veut dire que… que si je t'invite au Saint-Clair à nouveau tu acceptes mon invitation ?

En réaction, Candice ferma les yeux, redoutant le moment où elle allait lui annoncer qu'elle ne voulait pas se marier.

Candice ? l'interpella-t-il à nouveau en fronçant les sourcils.

- Je… En fait je… j'ai bien réfléchi et… je crois que j'ai pas envie de me remarier Antoine…

- Ah… répondit-il simplement avec déception. Heureusement que y a eu cette infiltration alors… j'aurais pas eu l'air con au restau si tu m'avais dit non devant tout le monde… lâcha-t-il amèrement.

- Mais non… Je t'aurais jamais dit non…

- Donc t'aurais menti sur ce que tu voulais vraiment… C'est pire…

- Mais on en aurait forcément reparlé par la suite et je t'aurais expliqué à ce moment là…

- M'expliquer quoi ?

Candice se défit de ses bras et se redressa sur son coude pour lui faire face.

- J'ai été mariée deux fois et les deux fois ça s'est mal terminé. Et j'ai pas envie de ça avec toi Antoine…

Antoine ne répondait rien, attendant qu'elle aille plus loin dans son discours.

Je sais que c'est bête de penser comme ça… mais tu vois… je t'aime et j'ai jamais été aussi heureuse que depuis qu'on est ensemble. En fait, TU me rends heureuse. Et J'veux pas tout gâcher à cause d'un bout de papier…

- Je comprends…

- T'es déçu ? demanda-t-elle avec émotion.

- Non… Enfin… Je pensais que t'en avais envie… J'ai été con…

- Mais J'AI envie de passer le reste de ma vie avec toi ! Ça a toujours été toi Antoine, je te jure ! Mais… c'est juste que je me dis qu'on est pas obligé de rendre la chose officielle… On peut simplement se marier officieusement…

- C'est-à-dire ?

- Bah… sans passer par la case mairie… On ferait une grande fête avec tout le monde, on partirait en voyage de noces… lâcha-t-elle d'un air rêveur.

- Et… commença-t-il avant d'attraper quelque chose dans le tiroir de la table de nuit. Je te passerai ça au doigt…

Candice le fixa et tendit la main pour attraper l'écrin qu'Antoine tenait. Il la vit s'approcher et recula subitement l'écrin.

- Eh ! protesta-t-elle.

- Sois pas si pressée mon amour !

- Bah t'es marrant toi, ça fait des semaines que j'attends que tu me l'offres cette bague !

- Comment ça des semaines ? Comment t'étais au courant ? demanda-t-il en boudant.

La commandante pinça ses lèvres telle une enfant qui venait de faire une bêtise.

- Il se peut que je sois tombée dessus quand j'ai gardé Suzanne chez toi la dernière fois… expliqua-t-elle d'une voix enfantine.

- Et tu m'as rien dit ?

- Bah non ! J'attendais que tu te déclares ! Et c'est pas faute de t'avoir tendu des perches hein… Alors ? demanda-t-elle impatiente.

Antoine ouvrit l'écrin et lui montra la bague.

Et ? força-t-elle.

- Bah quoi ?

- Bah t'as rien à me demander ? lâcha-t-elle faussement agacée.

- Aaaaaah ! Ça…

- Oui ça…

Antoine rigola doucement avant de la fixer en souriant.

- Candice Renoir

- Née Muller précisa-t-elle en levant le doigt.

- Candice Renoir, née Muller… acceptez-vous de me prendre pour époux ?

- Évidemment… répondit-elle en souriant avant de l'embrasser tendrement

Le commissaire rigola doucement et s'empara de sa main gauche pour lui glisser la bague au doigt.

- Elle te plaît au moins ?

- Oui… répondit-elle d'une voix enfantine. Elle est parfaite…

- Ah ! Je savais bien…

- Hummm. Du coup… commença-t-elle en l'embrassant. Avant de fêter ça avec tout le monde… continua-t-elle entre deux-trois baisers. Il va falloir qu'on fête ça tous les deux… annonça-t-elle en en se plaçant à califourchon sur lui.

- Encore… chuchota-t-il contre ses lèvres. Mais je croyais que je devais me reposer…

- Tais-toi ! le gronda-t-elle gentiment avant de disparaître sous la couette à nouveau. »