« Candice ? l'interpella-t-elle en entrant dans la salle de repos. Je voulais pas partir sans vous saluer…

Face à la moue d'étonnement de Candice et à son indifférence, elle continua son discours.

- J'ai cru comprendre que le dîner avec Harold s'était mal passé…

- Non ! commença-t-elle sans la regarder. Vous le connaissez mieux que moi hein ! J'ai été accueilli à bras ouverts et j'ai reçu des éloges toute la soirée… plaisanta-t-elle en versant du thé dans sa tasse.

Isaure rigola à sa plaisanterie.

- Je sais qu'Harold peut être odieux… C'est même l'une des principales raisons qui fait que je suis partie vous voyez… Jamais rien ni personne n'est assez bien pour lui… C'est un monstre de vanité et de jugement… continua-t-elle d'un air las.

- Belle métaphore… répliqua-t-elle en osant enfin la regarder.

- Enfin… Tout ça pour dire que je suis désolée que vous ayez eu à subir ça… Ses mots sont parfois blessants mais ne les prenez pas au sérieux. Vous êtes quelqu'un de bien Candice. Ce n'est pas pour rien que mon fils vous a choisi.

- Ouais enfin… J'ai quand même eu du mal à les digérer ses mots… Mais Antoine m'a rassuré et ça va… Enfin… Maintenant… Moins je le verrais mieux je me porterai !

- Eh bien comme ça, ça nous fait un point commun ! plaisanta-t-elle.

Elle parvint à faire esquisser un sourire à sa belle-fille. Candice saisit sa tasse et la joignit à ses lèvres à l'aide de ses deux mains.

- En tout cas… belle bague… constata-t-elle.

- Ah ! Oui ! Ça ! C'est…

- Antoine ? termina l'ex-avocate, visiblement pressée d'avoir une réponse.

- C'est mon prénom, oui ! lâcha-t-il en intervenant dans la conversation.

- Ah ! Tu tombes bien… déclara-t-elle en se retournant vers son fils qui entrait. J'étais justement en train de complimenter la bague de ta femme…

Candice se tût et fixa Antoine en souriant. Ce dernier lui rendit son sourire et contourna sa mère en silence pour se placer à côté de Candice.

- Techniquement c'est pas encore ma femme…

- Techniquement ? répéta-t-elle sans comprendre. Donc vous allez vous marier ?

- Oui… commença Candice. Enfin non… On a pas envie de signer officiellement à la mairie mais…

- On va le faire officieusement… continua-t-il en souriant. On a prévu de faire une petite fête pour marquer le coup justement. Et évidemment tu y es conviée !

- Eh bah! T'aurais pu m'en parler quand même ! Je suis ta mère hein !

- Bah je t'en parle là !

- Tututututututu ! Pas d'embrouilles s'il-vous-plaît… J'ai déjà eu ma dose… intervint Candice pour temporiser.

- Pardon ! s'excusa-telle sincèrement.

- Tu nous as toujours pas répondu… Tu comptes venir ou pas ?

- Évidemment… Pour une fois que tu écoutes ENFIN ta mère… !

Perplexe, Candice fronça les sourcils et regarda Antoine fixement.

- Non mais c'est vrai ! Je t'ai toujours dit que vous feriez un joli couple tous les deux…

- Maman… C'est gênant là !

- Mais tu me l'as jamais dit ça ! s'étonna Candice d'un ton boudeur.

- Bah… parce qu'à l'époque on était pas ensemble… répliqua-t-il gêné.

- Et c'est bien dommage d'ailleurs ! rajouta l'ex-avocate.

- Là pour le coup… je suis d'accord avec toi ! avoua Antoine en enlaçant la taille de Candice de son bras droit.

Candice lui adressa un franc sourire.

- Tu voulais me voir pour quoi tout à l'heure ?

- Euh… commença-t-elle en réfléchissant. Ah oui ! Le dernier patient d'Henri n'a toujours pas répondu alors j'ai envoyé Val et Ismaël chez lui…

- Vous allez continuer de chercher hein ? demanda-t-elle.

- Je t'ai dit qu'on allait faire ce qu'on peut !

Soudain le téléphone de Candice sonna.

- C'est Val… Allô ? …. QUOI ? … Ok ! Bah on arrive ! Je préviens Nathalie…

- Qu'est-ce qui se passe ? s'inquiéta le commissaire.

- Ils l'ont retrouvé mort chez lui… Overdose médicamenteuse… expliqua Candice.

- Merde… Bon… On y va !

- Vous me tenez au courant ?

- Oui ! »

Ils quittèrent la BSU en trombe et arrivèrent chez la victime qui venait d'être prise en charge par Nathalie et ses collègues.

« La mort remonte à hier soir sans aucun doute ! Il a accumulé la prise de somnifères et ça lui a été fatal…

- Donc c'est un suicide aussi…

- C'est étrange quand même ! réfléchit Candice. Deux suicides quasiment le même jour… Et… on sait s'il était allé à sa consultation ?

- A priori, son nom est surligné sur l'agenda d'Henri. Donc on suppose qu'ils se sont vus oui.

- Donc il se rend chez le médecin, et quoi ? Il rentre chez lui et prend une surdose de médicaments ?

- Peut-être qu'il lui a annoncé une mauvaise nouvelle…

- Vous avez rien retrouvé ? Pas d'éléments d'analyses, d'ordonnances ? demanda le commissaire.

- Rien…

- De toute façon, il se les est forcément procurés quelque part ces boîtes ! Il devait être soigné pour dépression sinon c'est pas possible…

- Oui sauf que pour ce genre de pathologies, les prescriptions sont hyper minutieuses. Ça évite ce genre de problèmes justement. C'est impossible de ravoir de nouvelles boîtes d'antidépresseurs sans l'avis du médecin.

- Donc Henri lui en avait forcément prescrit à nouveau…

- Mais je le connais et… il a dû se rendre compte qu'il allait pas bien… Il aurait pas prescrit ça en ayant conscience des potentielles conséquences… intervint Antoine.

- Bon ! Val tu te charges de prévenir les proches. Mehdi et Marquez vous me fouillez l'appartement de fond en comble, il peut pas ne pas avoir d'ordonnances. Ismaël vous me convoquez les autres patients, je pense qu'il est nécessaire de les interroger. Et nous, on va aller voir dans les pharmacies du quartier ! ordonna Candice avec autorité.

- Candice présidente ! plaisanta Nathalie avant d'éclater aux éclats.

- N'empêche… Je ferais un bon commissaire… Tu trouves pas ?

- Hum… Tu veux pas me piquer ma place non plus ? bouda Antoine.

- Non… Je t'ai déjà volé ton cœur ! Chaque chose en son temps… plaisanta-t-elle avant de rejoindre sa voiture. Antoine tu viens ?!

- J'arrive ! »

Quelques heures plus tard, ils se rejoignirent dans l'openspace pour débriefer sur leurs trouvailles.

« Ismaël, on vous écoute ! lâcha Antoine.

- Alors moi j'ai convoqué les trois autres derniers patients d'Henri. Mais y en a qu'un seul qui pouvait se libérer pour cet après-midi. Donc les autres ce sera demain matin !

- Parfait ! Val ?

- Moi j'ai eu sa mère et son frère… Ils me l'ont décrit comme quelqu'un de casanier, introverti et solitaire. Par contre ils n'étaient pas au courant que Gaël était sous antidépresseurs. Et chose étrange, je leur ai demandé s'ils connaissaient son médecin traitant et ils ont le même que lui… sauf qu'il ne s'appelle pas Henri de Vernet. Ils n'en ont jamais entendu parler.

- Ah bon ? Bah pourquoi il serait allé voir un autre médecin que celui d'habitude ? se demanda Candice les sourcils froncés.

- Peut-être parce qu'il lui offrait quelque chose que l'autre n'offrait pas… proposa Mehdi. Faudrait peut-être contacter la sécu…

- Ouais sauf que légalement on peut pas ouvrir d'enquête…

- J'ai des contacts là-bas, annonça Nathalie. Je peux voir avec eux ?

- Ce serait bien, merci Nath ! lâcha Candice en souriant.

- Bon nous on a tout retourné et y a rien de particulier…

- Et nous bah aucune pharmacie du quartier n'a entendu parler de Gaël Pedra…

- Bon de toute façon là y a que la sécu qui pourrait nous aider…

- Je vais tenter de faire de mon mieux mais je ne garantis rien !

- Alors, Val tu appelles leur médecin de traitant, qu'on en sache un peu plus sur la santé de Gaël. Nath se charge de la sécu et nous on va attendre l'autre patient ! affirma Candice avec autorité.

- Ok ! Chef ! lâchèrent-ils en cœur.

- Eh beh dis donc ! Ça fait déjà deux fois pour aujourd'hui… signala Antoine en faisant mine d'être apeuré. »

La commandante éclata de rire à la remarque de son compagnon. À son habitude, elle menait la pseudo enquête d'une main de fer et faisait limite de l'ombre à Antoine, cantonné à la tâche de supervision des opérations.