Deux heures plus tard, Val avait de nouvelles infos à leur transmettre. Elle débarqua dans le bureau du commissaire où Candice s'était rendue pour lui faire signer quelques dossiers.

« J'ai eu le médecin au téléphone là… C'était chaud parce qu'il était overbooké. Bref ! Il me confirme que Gaël avait des tendances dépressives et des tendances à l'anxiété. Il lui avait prescrit le même antidépresseur avec lequel on l'a retrouvé mais y a plus d'un an…

- Et depuis ?

- À plusieurs reprises Gaël a tenté de feinter pour avoir plus de boîtes mais il refusait… Sa dernière prescription remonte à 7 mois… depuis il l'a pas revu.

- Donc on suppose qu'il s'est tourné vers Henri pour ça… Nouveau médecin, nouvelles tentatives pour avoir plus de médicaments.

- Mais Henri est quelqu'un d'éthique ! Jamais il lui aurait donné trop de médicaments !

- Écoute Antoine… Je sais que c'est difficile à croire mais pour l'instant c'est ce qu'il y a de plus logique… Bon merci Val !

- Qu'est-ce que je fais maintenant ?

- Retourne aux dossiers de la veille… Ça évitera d'attirer les soupçons ! ordonna le commissaire.

- Ok !

- Bon je vais voir Nathalie si elle a du nouveau, déclara Candice en quittant le bureau. »

La blonde traversa le couloir d'une traite et croisa Ismaël qui lui annonça qu'il venait d'interroger leur autre patient. De loin, Candice et son lieutenant observaient le jeune homme attendre un officier pour l'autoriser à quitter les lieux. Ce dernier s'était bel-et-bien rendu au cabinet et avait consulté Henri pour des douleurs lancinantes au crâne. Il n'avait rien décelé de suspect chez le médecin et paraissait pourtant en très bonne santé.

« C'est qui ? demanda Antoine qui venait de les rejoindre.

- Monsieur Lemaire. L'autre patient d'Henri. Je viens de l'interroger mais RAS.

- Hum… répliqua-t-il en fronçant les sourcils avant de se diriger vers lui. Commissaire Dumas bonjour ! lâcha-t-il en lui tendant la main.

- Qu'est-ce qu'il fait ? s'étonna Ismaël.

- Bah j'en sais rien…

Antoine remercia l'individu et l'autorisa à sortir avant de revenir vers ses collègues.

- Pupilles dilatées, mains qui tremblent, sueur… il est en manque.

- Quoi ? demanda Candice qui ne comprenait pas.

- Il est en manque de médocs ! Et je sais de quoi je parle… expliqua-t-il penaud.

- Pourtant ça avait l'air d'aller…

- En même temps ça se tient… Si Henri est mort il doit angoisser de savoir que son médecin ne pourra probablement plus lui en prescrire d'autres.

- Je commence à croire que vous avez raison… déplora Antoine en se pinçant les lèvres pour retenir ses émotions. »

Le commissaire fit demi-tour et rejoignit son bureau pendant que Candice se dirigeait vers le labo de Nath. Elle entra et la trouva en pleine manipulation dans un bécher.

« Alors ? demanda-t-elle pressante.

- J'ai eu mon contact mais il est en congé aujourd'hui… Il pourra se renseigner que demain !

- Merde ! maugréa-t-elle.

- C'est qu'une question d'heures maintenant… Au moins on tient peut-être quelque chose !

- Ouais… T'as raison…

- Ça va toi ? demanda la responsable de l'IJ.

- Oui ça va… Toute cette histoire nous remue un peu mais ça va…

- Allez viens ! Je te propose un petit verre entre filles ce soir ! Tu me raconteras tout ça !

- Vendu ! accepta-t-elle avant de tourner les talons ».

Quelques heures plus tard, Candice congédia ses collègues et enfila son manteau pour rejoindre son amie à l'extérieur. Elle fixa son sac sur son épaule et se dirigea dans le bureau de son compagnon.

« Antoine ?

- Oui ? demanda-t-il alors qu'il rangeait des dossiers dans son étagère.

- J'y vais ! On va boire un verre entre filles avec Nathalie…

- Ok ! Je t'attends chez toi alors ?

- Ouais… lâcha-t-elle tout bas avant de l'embrasser. À tout à l'heure !

- A tout à l'heure ! Amuse-toi bien… »

Candice acquiesça dans un sourire avant de sortir de la pièce. Vers 20h, elle débarqua en voiture dans son jardin et ouvrit la porte de sa maison. Elle entendit son compagnon dans la cuisine et instantanément, se mit à sourire. Elle accrocha son manteau et son sac dans l'entrée avant de le rejoindre.

« Oh ! s'étonna-t-il. T'es déjà rentrée ?

- Oui… répliqua-t-elle avant de se planter devant lui et de le regarder fixement.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien… répondit-elle avant de se blottir dans ses bras.

- Huuumm…

- J'ai quelque chose pour toi… chuchota-t-il à son oreille.

- Ah bon ?

- Ouais… Léo est chez son pote, j'ai demandé à Sacha et Emma d'emmener Suzanne au ciné… comme ça, on passe une petite soirée tous les deux tranquille et… je rattrape la mauvaise soirée d'hier… Viens ! lâcha-t-il en l'attirant vers la terrasse. »

Antoine ouvrit la baie vitrée et attira sa compagne sur un des grands canapés de la terrasse. Il la pria de s'installer et la laissa avant de rentrer à nouveau dans la maison. Souriante, la commandante s'installa confortablement sur le canapé, profitant de l'air doux de la soirée. Elle fixa les quelques voiliers qui naviguaient au milieu de l'étang devant elle lorsqu'elle entendit une douce mélodie retentir depuis l'intérieur. Soudain, des bruits de pas se mêlèrent à la musique et son compagnon ne tarda pas à apparaître avec un plateau garni d'une bouteille de champagne et de petit-four qu'il déposa sur la table basse devant eux.

« C'est toi qui as fait tout ça ? demanda-t-elle émue.

- Ouais… Enfin, j'ai eu l'aide de Jules pour les petits fours, répondit-il en s'installant à ses côtés.

- Oooohh… Merci… chuchota-t-elle contre ses lèvres avant de l'embrasser. Mais attend… le verre avec Nathalie…

- Ok… J'avoue… Je l'ai mise dans la confidence…

- Et j'ai rien vu… déplora-t-elle en souriant.

Antoine s'empara de la bouteille, l'ouvrit et versa le liquide dans les coupes avant de lui tendre la sienne. Il s'empara de sa coupe et la leva en l'air pour signaler qu'il allait trinquer.

- Alors… À ma presque-femme ! annonça-t-il.

- Eh ! Oh ! Non ! protesta-t-elle. Papier signé ou pas, je suis ta femme ! Point ! lâcha-t-elle fièrement.

Antoine éclata de rire avant d'approcher sa coupe de la sienne à nouveau.

- Alors à ma femme… lâcha-t-il tout bas avant de l'embrasser. À ta nouvelle vie qui démarre…

- À NOTRE nouvelle vie ! le corrigea-t-elle avant de l'embrasser tendrement à nouveau.

- À nous ?

- À nous… confirma-t-elle en l'embrassant avant de s'installer confortablement dans ses bras pour contempler le coucher de soleil devant eux.

Confortablement installée dans ses bras, Candice profitait de ce moment de calme et de tendresse face à ce coucher de soleil qu'elle prenait bien trop rarement le temps de contempler. Le silence s'installa doucement, laissant place aux gestes tendres. Soudainement intriguée par le rire d'Antoine, Candice releva la tête vers lui et l'interrogea du regard.

« Je crois que là on tient un record… annonça-t-il.

- De ? répliqua-t-elle perplexe.

- Ça fait un quart d'heure que le plateau est posé devant toi et… tu n'as toujours pas mangé la moindre noix de cajou…

Candice éclata de rire, amusée par sa remarque.

- T'es bête ! lâcha-t-elle en caressant son torse »

En réponse, Antoine se mit à rire à son tour. Candice le regarda à nouveau, fixement, tendrement et, transpercée par un flot d'émotions, sentit ses yeux s'embuer. Antoine le vit et s'empressa de lui caresser la joue. Doucement, la commandante approcha son visage du sien et déposa un tendre baiser sur ses lèvres. Son compagnon lui répondit positivement et approfondit le baiser lorsque la sonnerie du téléphone de Candice retentit.

« Ah non ! Pas ce soir… protesta Antoine contre ses lèvres.

- Mais c'est peut-être important… Si c'est Emma…

- Mais non… J'ai confiance en ta fille… Suzanne est entre de bonnes mains ! Comme toi ce soir… lâcha-t-il en venant déposer une kyrielle de baisers dans son cou.

Candice éclata de rire à nouveau en caressant ses cheveux.

- Tu perds pas le nord hein…

- Non… Mais… J'ai autre chose pour toi…

- Ah ? »

Antoine passa sa main dans son dos, et sortit deux enveloppes. Il lui tendit la première et l'encouragea à l'ouvrir. Candice arracha l'enveloppe et sortit la feuille avant de lire ce qu'il y avait dessus. Il la vit ouvrir la bouche d'étonnement, visiblement, la commandante n'en revenait pas.

« Donc c'est bon ?

Antoine acquiesça en souriant.

- J'ai eu la réponse tout à l'heure mais je voulais te faire la surprise… J'ai discuté avec l'agent immobilier et notre offre a été acceptée donc j'ai pris rendez-vous chez le notaire pour la signature.

- Avec tout ça… J'avais complètement oublié notre dossier… Je pensais que c'était mort… avoua-t-elle doucement.

- Eh bah non ! J'ai négocié et il a fini par accepter…

- Oh… se contenta-t-elle de répondre émue par cette annonce. Merci mon coeur…

- Ah oui quand même... plaisanta-t-il en se laissant embrasser. »

Candice éclata de rire et l'embrassa à nouveau tendrement avant de le voir brandir une deuxième enveloppe. De nouveau intriguée elle s'en empara et sortit deux billets d'avion. Elle l'interrogea du regard.

« On… On avait parlé d'un voyage de noce la dernière fois donc… fin… Je me suis penchée dessus et voilà…

- Une semaine en amoureux en Corse ? observa-t-elle émue.

- Exactement ! Ça te plaît ?

- Tu rigoles… J'en rêve ! Mais… pour l'hôtel et…

- Tout est déjà réservé ! Mais je garde la surprise…

- Je… Je sais pas quoi dire… Je… Merci… répondit-elle simplement avant de l'embrasser. Mais… réalisa-t-elle. Comment je vais faire pour prendre des jours je…

- C'est déjà fait ! la coupa-t-il. J'ai pris contact avec ton commissaire, j'ai arrangé le coup… Il a fait reculer de 10 jours ta prise de fonction. Donc on part une semaine et ensuite tu t'installes là-bas.

- Oh… lâcha-t-elle en souriant. Mais t'es parfait en fait…

- En fait ? répliqua-t-il faussement boudeur.

- Je t'aime ! murmura-t-elle contre ses lèvres avant de l'embrasser »

Complices, ils passèrent une soirée romantique où tendresse, passion et amour se conjuguèrent à la perfection. Vers 22h, ils retrouvèrent Emma et Sacha rentrés du cinéma avec Suzanne. Antoine les remercia à nouveau et tous terminèrent la soirée dans la bonne humeur.