CHAPITRE 9
La lumière m'éblouit un peu quand elle l'allume après avoir ouvert, s'excusant à mi-voix pour le bazar. Je ne vois pas très bien de quel désordre elle parle lorsque mes yeux font le tour de son appartement.
Tout est... tout est doux.
Pendant qu'elle se débarrasse de sa veste un peu nerveusement, je laisse mes yeux trainer sur les meubles autour de moi, m'imprégnant de l'endroit et de son odeur qui règne en maitre ici.
- Tu veux boire quelque chose ? m'interroge-t-elle en se dirigeant déjà vers la cuisine ouverte dont l'ilot central trône fièrement au milieu de la pièce.
J'hoche la tête un peu distraitement, lui proposant de me servir la même chose qu'elle alors que je repars à la découverte de son environnement.
Son environnement...
En me faisant entrer chez elle ce soir, elle me laisse entrer dans sa vie, littéralement. Des photos trainent ici et là, des souvenirs sont entassés sur les étagères et sa vie entière à l'air de me saluer.
Je n'aurai pu l'imaginer vivre dans un lieu froid et dénué de vie... cet endroit lui ressemble. Cet appartement, c'est elle.
- Très joli, la complimenté-je quand elle vient vers moi avec deux tasses fumantes entre les mains.
Du café. Ô joie, cette femme doit être le messie.
Elle fronce les sourcils très brièvement, comme si elle ne comprenait pas ce que j'étais en train de lui dire.
- Ton appartement, précisé-je un peu maladroitement avant de lui sourire quand je sens le trouble qui la secoue. Pas que tu ne sois pas jolie mais...
- J'avais compris Edward, s'amuse-t-elle.
Son sourire perce sa voix, pourtant je suis presque sûr qu'elle rougit en plongeant le nez dans sa tasse. Pense-t-elle réellement que je ne suis pas capable de me rendre compte à quel point, elle, elle est belle ?
Un léger silence presque gêné s'installe entre nous. Elle à l'air presque déçue et moi je suis un idiot fini. J'inspire lentement pour repousser tout ce que je ressens, pour contrôler le tremblement de mon corps entier à l'idée seule d'être plus proche d'elle. Je m'avance vers elle presque prudemment, ignorant au mieux son regard sur moi et la sensation que cela créer en moi.
- Ce cancer me ronge peut-être les poumons mais pas les yeux Bella, tu es très jolie.
Je la contourne pour avancer vers son salon, capturant tout ce que mes mots provoquent en elle : de sa respiration qui s'accélère très légèrement au rougissement qui s'étale sur ses joues. Son émotion provoque une réaction en chaine en moi tandis que je respire calmement pour éteindre le feu que l'avoir près de moi provoque.
Sans réellement comprendre pourquoi, la voir réagir de la sorte a l'air de me redonner de la force. La fatigue intense que je ressens depuis des heures semble s'apaiser. Je bois une gorgée de son fabuleux café en faisant trainer mes yeux sur les photos des étagères à droite du canapé gris foncé.
- C'est toi ? demandé-je avec curiosité au bout de plusieurs secondes à les découvrir, sentant le regard de Bella surveiller tout mes faits et gestes.
- Ne te moque pas, prévient-elle dans un sourire lorsque je me redresse pour la regarder.
- Ma mère tenait absolument à ce que je devienne une danseuse étoile...
Cette Bella miniature en tutu rose bonbon me fait sourire largement.
- Tu étais déjà très jolie, m'amusé-je, la faisant lever les yeux au ciel.
- J'étais ridicule. Et ça a duré 2 ans avant qu'elle ne comprenne que je n'étais absolument pas faite pour ce genre de... de chose.
Son hésitation me fait rire.
- Ca s'appelle un sport.
- Ca s'appelle de la torture.
- Tu...
- As-tu passé ne serait-ce qu'une heure avec ces choses là au pied Edward ? demande-t-elle sérieusement en s'approchant.
Mon silence lui répond et lui offre un sourire de victoire qui me ferait presque frissonner, ou est-ce sa proximité ?
- Donc tu ne peux pas critiquer.
- Je ne le ferais pas, promis-je une main sur le coeur.
Son sourire est vrai, authentique. Il fait décoller mon coeur lentement alors que son visage redevient sérieux, me faisant prendre conscience de notre proximité et de ce crépitement autour de nous qui fait vibrer mes veines.
- Tu... tu veux regarder un film ? propose-t-elle après avoir jeté un coup d'oeil au canapé à coté de nos corps immobiles.
- J'imagine que tu n'as pas Avengers...
Elle me lance un regard qui me fait rire avant qu'on s'installe dans son canapé. Il n'est pas immense, mais il est largement plus confortable que le mien.
Après un débat animé sur les Marvel et une quinte de toux qui me fait trembler de la tête au pieds, elle lance un DC en me promettant que, quand celui-ci sera terminé, je ne pourrais plus jamais dire que Marvel est le meilleur univers que l'homme est inventé.
J'en doute sérieusement... enfin, je m'en fou sérieusement. Elle seule à l'air de compter à l'instant où le film démarre, assombrissant la pièce entière.
Elle a éteint les lumières au plafond pour ne laisse que la télévision et une minuscule lampe de l'autre côté de la pièce.
L'obscurité, à nouveau nous entoure et sème le chaos en moi.
Elle est proche de moi. Si proche quand son odeur entêtante m'entoure et apaise les brulures de mes poumons. Si proche que sa cuisse repose contre la mienne et que son bras m'effleure a chaque inspiration.
L'envie de la toucher se réveille en même temps que la fatigue à l'air de me, nous tomber dessus.
Je la vois s'étirer le cou avant de grimacer discrètement.
- Courbatures ? demandé-je sans pouvoir la quitter des yeux.
Son regard accroche le mien avant qu'elle ne sourit timidement.
- J'ai un boulot stressant, explique-t-elle dans une gêne que je ne comprends pas bien. Etre sur l'ordinateur sans cesse me détruit les cervicales.
Elle hausse les épaules en passant une main sur sa nuque pour tenter de calmer ce qui ressemble à de la douleur tout en reportant son attention à l'écran qui nous fait face.
J'ai pleinement conscience que si ma main touche sa peau, j'aurai tout le mal du monde à la quitter... je le sais parfaitement, pourtant mes doigts tremblants atteignent sa nuque avant même que je n'ai pu y réfléchir pleinement.
Elle sursaute quand mes doigts effleurent sa nuque, sa main.
- Laisse-moi faire.
Son regard retrouve le mien quelques secondes alors que tout semble disparaitre autour de nous. Je déglutis quand elle retire sa main lentement, comme ralentie par tout ce qui flotte entre nos corps tremblants.
J'inspire lentement en massant sa peau avec toute la délicatesse dont je suis capable, contrôlant chaque geste, chaque inspiration.
Tendue, elle respire presque difficilement pendant ce qui me parait une éternité avant de se détendre légèrement.
Silencieusement, mes doigts remontent du bas de sa nuque à la racine de ses cheveux remontés en chignons haut, appréciant plus que de raison l'électricité qui me brule la main.
Elle remue discrètement une première fois en même temps que je me redresse pour m'approcher un peu plus d'elle. Notre position n'est pas confortable, pas adéquat et je finis par passer derrière elle après un instant à me torturer l'esprit, ignorant la soudaine crispation de son corps lorsqu'elle se retrouve assise entre mes jambes.
J'aimerais être plus près d'elle mais cela reviendrait à devenir une torture pour mon corps déjà brulant. Le tremblement de son être me fait me demander si c'est une bonne idée de faire ça, ici et maintenant alors que nous sommes seuls et que personne ne pourra arrêter ce que je viens d'enclancher... pas même moi.
Je repousse mes pensées plus loin, cherchant à rester maitre de moi-même.
- Détend-toi, soufflé-je d'une voix tremblante en posant mes deux mains autour de sa nuque.
Son visage que j'aperçois de profil me sourit légèrement alors que ses paupières se ferment, créant une série de frisson le long de ma colonne vertébrale. Le simple fait d'effleurer une peau m'a-t-il déjà fait un effet pareil ?
J'ai la sensation de planer, littéralement.
Pendant plusieurs minutes, je masse sa peau chaude, espérant faire disparaitre la tension et la fatigue qu'elle accumule. Ni elle ni moi ne regardons le film et j'm'en cogne... je ne vois qu'elle, que sa peau, sa chaleur entre mes jambes, les tremblements de son corps et sa respiration.
- Je vais m'endormir si tu continues, murmure-t-elle après un moment, la fatigue teintant sa voix.
Un léger rire m'échappe. Je ne suis pas fatigué, pas le moins du monde. Je suis même... tout le contraire de fatigué. J'ai le sentiment que sa proximité et sa chaleur contre moi m'éveille plus que jamais. Ai-je déjà ressenti ça ?
Ma gorge me gratte à nouveau et je repousse au mieux la brulure de mes poumons en glissant mes doigts tremblants le long de ses épaules dénudés par la robe qu'elle porte. Son souffle s'accélère légèrement, faisant s'envoler mon palpitant qui résonne plus fort.
- Je ne crois pas que cela soit une bonne position pour dormir si tu veux mon avis, m'amusé-je pour tenter de reprendre le contrôle de la situation.
- Je suis tellement épuisée que je pourrais m'endormir n'importe où.
Mes doigts quittent sa nuque et ses épaules en même temps qu'elle se tourne légèrement vers moi, ignorant royalement elle aussi le film et tout ce que j'ai tenté d'instauré entre nous.
Le désir semble s'initier dans mes veines, accélérant mon cœur et brulant mon corps en un instant.
- Je peux rentrer si tu es fatiguée, soufflé-je distraitement, troublé par le désir ardent qui flambe dans son regard sombre.
Elle secoue légèrement la tête avant d'inspirer lentement. J'ai le sentiment qu'elle va allumer mon âme et mon corps d'un même ensemble en une fraction de seconde.
Ses doigts effleurent les miens quand elle se tourne un peu plus contre moi, me faisant face. Son geste manque de me faire sursauter, incapable d'ignorer ce qui est en train de se passer, ce qui va se passer... pourtant, elle ne bouge plus pendant plusieurs secondes, me dévisageant avidement, respirant calmement. Elle parait si calme, si sereine alors que j'ai la sensation que mon corps va prendre feu si elle ne bouge pas.
La brûlure de ma gorge s'accentue brutalement, me donnant le signal d'alarme que je n'ai plus envie de sentir et d'entendre... Je me sens pâlir en même temps que l'inquiétude nait en elle.
- Ca va ? demande-t-elle au même moment.
Mes paupières se ferment pour tenter de contrôler la douleur que me retenir de tousser provoque en moi. Mon corps à plusieurs sursauts nerveux alors que j'essaie de calmer la douleur en inspirant par à-coups, manquant violemment d'air.
Vaguement, je sens ses doigts effleurer mon front, mes cheveux tandis que j'inspire difficilement, m'étouffant dans les brides de ce que ma vie est devenue.
- Tout va bien, murmure sa voix presque lointaine.
Ralenti par la douleur, j'étouffe. Mes poumons, ma gorge, ma cage thoracique... tout me brule, tout s'enflamme tandis que la voix de Bella résonne jusque mon âme, ses doigts glissant contre ma tempe, mes cheveux.
La sensation que je vais m'évanouir m'aveugle tandis que je me raccroche à ce que j'ai sous les mains : son corps.
Sa chaleur me fait du bien. Sa respiration bien plus calme que la mienne, sa voix, son odeur... je tente de faire abstraction du reste et de m'accrocher à ça, à elle.
Lentement, la douleur s'atténue.
Lentement, ma respiration s'apaise, les sursauts de mon corps cessent.
Lentement, ses doigts et son souffle chaud sur mon visage, je reprends pieds.
- Respire, murmure-t-elle calmement. Respire.
J'inspire lentement, emplissant mes poumons de son odeur devenue singulière.
Lorsque mes paupières lourdes s'ouvrent, son visage à quelques centimètres du mien fait se contracter mon estomac. Son regard capture le mien, tentant de déchiffrer mon âme.
- Ca va ? demande-t-elle d'une petite voix, l'inquiétude flottant sur son visage parfait.
Je hoche la tête lentement, incertain d'être en état de parler. Les tremblements de mon corps persistent, ce qui lui fait froncer les sourcils.
- Je vais te chercher de l'eau, annonce-t-elle en se levant.
- Non je... attends.
Ma voix cassée me fait frémir. Bella se fige debout devant moi, mes doigts autour de son poignet pour l'empêcher de partir.
Je suis certain que si elle disparait de mon champ de vision, la crise n'en sera que plus forte, plus douloureuse.
- Ne t'éloigne pas.
C'est presque une supplication.
Sa chaleur revient contre moi quand elle se penche sur moi pour me pousser à m'allonger sur le canapé. Vidé, je me laisse faire sans protester, les yeux rivés sur elle. Elle tape un oreiller pour le caler derrière ma tête avant de s'asseoir à mon côté. Pendant plusieurs secondes, je suis littéralement incapable de la quitter des yeux.
Elle semble hésiter un peu avant d'inspirer lentement.
Je m'écarte un silence, me couchant sur le côté pour lui laisser de la place.
Je ne sais pas réellement ce que je suis en train de faire et je refuse finalement de le faire... je n'ai plus envie de me battre, de réfléchir... je n'en ai plus la force.
En silence, elle s'allonge sur le canapé -contre moi.
Pendant un moment, couchée sur le dos, elle fixe le plafond. Je ne vois qu'elle. Qu'elle, son nez fin, sa bouche ronde, ses longs cils.
Le film continue de défiler en fond, comblant le silence entre nous. J'aimerais parler, j'aimerais la toucher, lui montrer tout ce qu'elle provoque en moi, tout ce qu'elle réveille... mais je ne le fais pas.
Je reste immobile, même quand elle finit par bouger, me tournant le dos. Le bras calé sous la tête, elle fixe l'écran de télévision, m'empêchant de la voir, de déchiffrer la moindre de ses expressions.
Finissant par me tourner à mon tour pour trouver la même position qu'elle, je finis par soupirer lentement pour évacuer la tension grandissante en moi. Pourquoi cela me semble-t-il si compliqué, si douloureux de ne pas la toucher ?
Bella
Lui tournant le dos, je tente de compter posément pour retrouver mes esprits.
Cette soirée -cette semaine- est largement trop perturbante pour mon cerveau malmené.
Je n'arrive pas à m'empêcher de me figer lors que je le sens bouger légèrement, s'adaptant à ma position. Plusieurs fois, je tente de me raccrocher au film qui défile sous mes yeux mais que je n'arrive pas à voir le moins du monde.
Il n'y a qu'Edward. Que lui, sa présence contre moi et pourtant trop loin pour qu'il me touche, son souffle brulant sur ma nuque créant sans cesse des vagues de frissons, son odeur chaude et réconfortante qui apaisent mon inquiétude.
Une nouvelle fois, je le sens soupirer. Je n'ose pas bouger, presque pas respirer normalement. Va-t-il finir par s'endormir ? par avoir une nouvelle quinte de toux ?
Je sursaute nerveusement quand le bout de ses doigts effleurent ma nuque, mon épaule lorsqu'il repoussent les mèches qui se sont échappés de mon chignon.
Mes paupières se ferment pour savourer son geste malgré moi, bien trop consciente que cela ne durera pas, que cela sera certainement un souvenir dans une seconde.
Bientôt, comme je l'avais pressentie, ses doigts quittent ma peau, faisant naitre la déception dans ma poitrine. J'aurai tant aimé avoir tord... j'aurai tant aimé pouvoir me donner tord. J'aurai tant aimé être certaine que ce que je ressens, ici et maintenant, n'est pas simplement le fruit de mon imagination et que le désir que je ressens pour l'homme dans mon dos n'est pas autre chose que mon simple fait.
Pourtant, comme émanant de lui par vagues, quelque chose change dans l'atmosphère et résonne jusqu'à moi.
Edward bouge à nouveau, presque imperceptiblement mais quand son corps brulant se blottit lentement contre mon dos, je me mords les joues pour ne pas bouger. Si je le fais, s'échappera-t-il à nouveau comme toutes ces fois où la moindre approche est née ?
Edward
Je ne peux détacher mes yeux d'elle, comment le pourrais-je ?
Je ne le dois pas... il ne le faut pas.
Je ne peux pas... pourtant, je suis incapable de faire taire mes pensées qui s'entremêlent et les sentiments que cela réveille en moi : je veux la toucher, je veux la sentir... sentir sa chaleur et la force qu'elle ne fait que me donner depuis le premier instant. J'aimerais lui rendre ne serait-ce qu'un quart de ce qu'elle provoque, de l'effet qu'elle me fait rien qu'en existant.
Sans rien dire, elle cesse de respirer lorsque mon corps se moule parfaitement au sien, accélérant mon cœur dans mon torse. Son parfum envoutant exhalé par ses cheveux, par son corps contre le mien me donne le sentiment de planner. Mes paupières se ferment de soulagement, presque, de la sentir enfin contre moi... comme pour mieux la sentir, pour mieux capter chaque émotion.
Le cœur battant, comme si c'est la première fois que je touche une autre peau, je dégage à l'aveugle le reste de ses cheveux de son épaule dénudée, inspirant lentement pour contrôle les tremblements de mes doigts et le feu se répandant lentement dans tout mes membres.
Je voudrais l'enlacer, l'enlacer vraiment mais je doute sérieusement d'en avoir la force. Tout en elle me trouble et m'emporte plus loin encore, du soupire qui passe ses lèvres lorsque mon nez effleure sa nuque au mouvement instinctif de son corps quand ma main effleure sa hanche.
Il y a un moment de flottement où je ne sais plus très bien lequel de nous a enclancher ça avant que ses doigts ne rejoignent les miens.
En moi, comme en elle, quelque chose vient de rompre.
Nous renoncons aux apparences... Pour un moment.
My eyes become large and
(Mes yeux s'agrandissent et)
The light that you shine can be seen.
(La lumière dont tu brilles peut être vue)
La musique lente, presque mélancolique du film tournant tout seul me parvient à peine alors que ses doigts s'accrochent aux miens dans un tremblement qui efface tout mes doutes. Son corps est brulant quand elle se recule un peu plus pour se blottir d'avantage contre moi, coupant mon souffle sous l'effet qu'elle me fait.
C'est déroutant... déroutant et magnifique.
Nos corps se serrent l'un contre l'autre, mon visage se perd dans ses cheveux, effleurant sa nuque du bout des lèvres tandis qu'elle ramène ne mains liées à son visage pour embrasser mes doigts.
Refusant de me perdre dans les conséquences de ce que cela va provoquer, j'étouffe mes pensées et la brulure encore présente de ma gorge pour ne me concentrer que sur elle, et seulement sur ce que nous ressentons à l'instant. Rien n'est désormais plus important que ça, rien d'autre ne compte. M
Ses lèvres brulante contre mes doigts me font frissonner de la tête aux pieds, provoquant une nouvelle vague de désir qui ne fait que m'enfoncer plus fort dans les méandre du désir que j'éprouve pour elle et que j'ai repoussé tant de fois...
En silence, presque religieusement, mes doigts se détachent des siens pour effleurer sa bouche, son menton avant de glisser sur son visage pour en dessiner les contours, découvrant à l'aveugle sa peau et la sensation que cela créer en moi de la découvrir ainsi.
Je ne veux plus réfléchir, plus penser. Je veux ressentir sa chaleur, son corps, sa douceur et toute la force qu'elle me donne.
Un soupire passe ses lèvres quand mes doigts tremblants survole son corps bientôt trop couvert à mon gout, peinant à contrôler l'envie d'elle qui me dévore.
Je n'ai jamais connu ça, jamais ressentit autant l'envie, le besoin d'être plus proches, plus collés. Je découvre à travers sa robe la délicatesse de ses formes, absorbant chaque souffle qu'elle m'offre dans le silence de son appartement.
Encore une fois, l'obscurité nous entoure et ne fait qu'accentuer ce que je ressens contre elle quand ses doigts rejoignent les miens à nouveau.
Silencieusement, nos doigts s'entre-mêlent avec douceur avant qu'elle les fasse glisser sur son corps, sur ses cuisses découvertes par le mouvement lascif de son corps contre le mien. Je la sens frissonner quand ma main trouve la peau laiteuse de sa cuisse, remontant sous le tissus de sa robe sans même m'interroger sur ce qui est en train d'arriver.
Mon visage dans son cou, inspirant son parfum captivant, je ne peux retenir un soupire lorsque mes doigts atteignent enfin leur but.
Nos souffles se coupent en même temps.
Je repousse la brulure que ma respiration rapide provoque dans mon torse et laisse définitivement mon instinct prendre le dessus.
C'est trop tard.
Baby,
(Bébé,)
I compare you to a kiss from a rose on the grey.
(Je te compare à un baiser d'une rose dans le brouillard)
Lorsque j'ouvre les yeux, bien plus tard, la télévision est éteinte et seule la petite lampe à l'autre bout de l'appartement éclaire la pièce. Il me faut battre des paupières plusieurs fois pour prendre conscience de la réalité... de notre réalité.
Le souffle chaud et régulier d'Edward dans ma nuque provoque une nouvelle série de frisson. Son parfum m'entoure et fait s'accélérer mon cœur malgré moi. Ses bras enroulés autour de moi, son corps brulant dans mon dos... je n'ai donc pas rêvé ?
Je n'ai aucune idée de l'heure qu'il peut bien être et pour la première fois depuis longtemps... je m'en fou. Je m'en fou complètement.
Les brides de notre soirée reviennent m'effleurer en douceur, à l'image du comportement que l'homme dans mon dos à eu avec moi ces dernières heures. Je ferme les paupières à nouveau, savourant ce que je ressens à l'instant : mélange de désir et d'apaisement, du souvenirs de son souffle brulant dans mon cou et de la douceur de ses doigts sur moi, en moi.
Je n'ai jamais connu, ressentit ça. Est-ce cela, dont parle les livres ? Est-ce ce désir si ardant que seul l'autre compte ?
J'ai le sentiment que tout cela n'était qu'un rêve mais sa présence dans mon dos me ramène à la réalité lorsqu'il bouge légèrement pour me ramener un peu plus contre lui, serrant mon corps contre le sien en soupirant dans ma nuque.
Est-ce ça, cette notion d'amitié dont il ne voulait pas entendre parler ? Qu'en est-il désormais de celle-ci ?
Il m'a pourtant prouvé ce soir qu'il était bien plus que mon ami, et ce que j'ai ressenti contre lui n'avait rien à voir avec une quelconque amitié.
J'éteins mes pensées qui s'emballent en me blottissant un peu plus contre son corps brulant, fermant les yeux à nouveau.
Je veux m'en remettre au destin... si Edward m'a autorisé à entrevoir son âme il y a quelques heures, je suis certaine que cela voulait dire quelque chose.
Lorsque j'ouvre les yeux à nouveau, plusieurs heures plus tard, il fait presque jour.
Il ne me faut pas trois secondes pour comprendre que quelque chose à changé.
Mon corps frissonne alors que je tire sur le plaid à mes pieds, couvrant mon corps tremblant.
Autour de moi, le vide. Le froid.
Je me redresse lentement dans le canapé, écoutant le silence détonnant de l'appartement à la recherche du moindre bruit.
Je n'ai pas besoin de jeter un coup d'œil à la place vide derrière moi pour comprendre, repoussant au mieux ce que cela me fait ressentir...
Il est partit.
Coucou vous !
Un chapitre publié autour de la piscine pour vous souhaiter un beau week-end !
Comme pour chaque chapitre clé, j'ai hâte et peur de lire vos réactions...
Dites moi ce que vous ressentez.
J'vous embrasse
Tied
