For a Sick Boy

Chapitre trois :

"Love love nightmare"


Rebonjour.

Non, c'est bon- pas besoin de te présenter. Je ne t'ai pas oublié- la dernière fois, si- mais je ne serai pas si impoli. Je sais qui tu es. Et je sais de quoi tu veux parler.

…N'aie pas l'air si coupable, je ne suis pas en colère.

C'est juste la nature humaine, la curiosité. Ils disent « la curiosité est un vilain défaut », mais les humains sont bourrés de défauts et on ne peut s'empêcher de nous occuper de choses qui ne nous concernent pas.

Des choses qui nous embrouillent.

Même des choses qui nous dégoûtent.

Tu essayes de te cacher derrière tes sourires amicaux, et tes « ça va ? » et tes « ça a dû être difficile… » mais tu n'es pas plus différent des autres.

Tu es toujours dégoûté.

Et c'est comme ça que cela doit être.

Eh bien, peut-être pas ...

Mais c'est comme ça que ça se passe, en tout cas.

Tu pourrais être une sorte de stoïcien, tu dis que ce n'est pas vrai, que tu n'es pas dégoûté, que tu veux vraiment aider, mais, à la fin, tu reste toujours une personne.

Tu restes humain.

Tu as des bras et des jambes et des yeux et un nez et une bouche et mille et un sentiments-idées préconçues martelées dans la tête à la naissance-que certaines choses sont fausses, certaines choses ne devraient pas être, et si tu rencontres une de ces choses tu dois les ignorer; tu dois les juger; tu dois les craindre.

Tu ne peux t'empêcher d'être humain.

Tu ne peux t'empêcher d'être humain pas plus que tu peux empêcher la Terre de tourner.

Tous les êtres humains se jugent les uns les autres.

Et tous les êtres humains sont par nature égoïstes.

Nous avons tous la capacité d'être cruels.

Et c'est ... comme ça qu'est la vie.

C'est pas important.

Je vais bien, vraiment.

Miku dit toujours que je suis pessimiste, mais je ne le suis pas, honnêtement, je ne le suis pas, ne me souris comme ça, c'est vrai.

Je vois les choses comme elles sont.

Et je dis les choses comme elles sont.

Et c'est tout.

Ne t'inquiète pas sur ce sujet- j'ai déjà dit que je ne suis pas en colère.

Alors.

Veux-tu parler un peu plus de Rin ?

Haha ... je vois tes yeux s'allumer, même si tu essaye de faire preuve de professionnalisme, en essayant de dire « euh non, tu vois ce n'est pas la ce que tu crois parce que tu vois... », mais c'est pas grave.

Je vois.

Je le vois trop clairement.

Épargne-moi la conversation. Je ne veux pas parler de la pluie et du beau temps- même s'il fait assez chaud ici, n'est-ce pas ?

Enlever mon pull ?

Non, je ne pense pas que je le ferai.

Désolé.

Si tu veux parler de Rin, nous allons parler de Rin.

Tout le monde veut savoir sur Rin. Ils veulent tous de discuter de mes sentiments, ils ont tous envie de tirer mes pensées hors de ma tête et les mettre sous leurs microscopes pour les inspecter.

Essaye de leur donner des étiquettes.

Comment peut-on étiqueter les sentiments ?

Mais ...

Pour emprunter une expression de Rin : « Peu importe ».

Ce que je veux ne prend pas compte de ça.

A vrai dire, je préfère parler de l'histoire européenne, c'est intéressant, vraiment, et l'histoire (l'histoire, même ancienne) n'est-elle pas basée sur la nature humaine, de toute façon ?

Mais, apparemment, ce qui se passe dans l'esprit d'un garçon perturbé est bien plus intéressant que les causes de la guerre mondiale- deux guerres mondiale, à vrai dire- donc ...

Um...

Voyons.

Rin a un petit ami, tu sais ?

Son nom était Kaito, et il était... Je ne sais pas sa taille exacte (pourquoi le saurais-je ? Je ne suis pas un harceleur. Je ne sais ni son groupe sanguin ni son poids ni son anniversaire ou toute autre chose comme ça, alors ne me demande pas), mais il était assez grand, bien plus grand que Rin, même s'il avait seulement un an de plus qu'elle.

Quand j'ai vu le couple, j'étais à moitié sûr que Rin entretenait une liaison avec un gars de vingt ans- et laisse-moi te dire, je n'étais pas très heureux à ce sujet.

Quel frère sur-protecteur ne le serait pas ?

Hahaha ...

Mais même quand j'ai découvert que Kaito n'avait que quinze ans (à ce moment Rin en avait quatorze. Un peu de maths, quinze moins un est égal à ... ?) j'étais encore...

Pas très heureux à ce sujet.

Bien sûr.

Ces deux-la ont toujours l'air si heureux ensemble; souriants, comme s'ils étaient perdus dans leur propre petit monde.

Avant que Kaito ne vienne, c'était toujours Rin-et-Len. Réunis. Parfois, c'était Rin-et-Len et Miku, ou Rin-et-Len et quelques amis de Rin du club de volley-ball et pas seulement du volley-ball, parce Rin était très populaire, alors que je restais surtout avec Miku.

Mais quand nous sommes entrés en dernière année de collège, tout a changé.

Tout d'un coup, il n'y a plus eu de Rin-et-Len.

On ne jouait plus aux jeux vidéos ensemble la nuit, et on a arrêté les batailles de peaux d'oranges sous le kotatsu*, et nous avons arrêté de faire des biscuits ensemble, ce qui était probablement une bonne chose pour notre cuisine énormément maltraitée, quand on y pense- compte tenu que Rin avait le talent incroyable de pouvoir mettre de la farine partout.

Je n'exagère même pas.

Chaque coin de notre cuisine était blanc comme s'il avait neigé, lorsque Rin avait terminé avec le rouleau à pâtisserie.

Mais nous avons toujours nettoyé après- nos manches retroussées, cheveux attachés en queue de cheval, les bulles de savon qui, en voletant librement dans l'air, reflétaient les jumeaux Kagamine d'une couleur arc-en-ciel. Le produit liquide de nettoyage que nous utilisions avec cette odeur de fleurs- le freesia.

Je me souviens encore que...

Je nettoyais.

Rin séchait.

Et puis, quand nous avions fini, nous mangions les cookies, tout droit sortis du four et ils brûlaient la langue, et la cuisine avait toujours cette odeur de mousse de savon, et nos vêtements étaient trempés, mais c'était amusant.

C'était le bon vieux temps.

On était habitués à être si proches.

Même si Rin et moi étions si différents- elle était assourdissante, j'étais calme, elle était brillante, j'étais tellement pathétique- nous étions collés comme des aimants.

Ou peut-être Rin était l'aimant, et j'étais un métal qui se faisait attraper par sa personnalité lumineuse.

Je n'ai jamais eu cette puissance moi-même; jamais eu de gens accrochés à chacun de mes mots comme Rin- jamais eu un troupeau d'amis se pressant autour de moi, désespérés d'entendre ce que j'avais à dire, et ...

Et ça ne m'a pas vraiment affecté.

Je n'ai jamais été jaloux.

Je ne le suis toujours pas.

Je déteste les foules.

J'ai une aversion naturelle pour les gens en général.

Je ne suis pas bon pour parler d'eux.

Oh, bien sûr, je te parle- je dis beaucoup de bêtises, probablement, même si tu gardes ton sourire, en répondant que tu comprends…

C'est pas grave si tu ne comprends pas, tu sais ?

Tu comprends ?

D'accord, alors ...

Je peux te parler raisonnablement, je suppose.

Mais quand il s'agit de foules- une mer d'êtres humains, tous uniques et totalement différents, avec des pensées et des sentiments et des opinions distinctes, et que dois leur plaire à tous…

Je déteste ça.

Rien que d'y penser me fait frémir.

S-suis-je timide?

Je ne sais pas.

Peut-être.

Peut-être que c'est pour cela que Rin a dû me traîner partout quand nous étions plus jeunes.

Peut-être c'est pourquoi je suis devenu tellement dépendant d'elle.

Et c'est peut-être pourquoi je me sentais si perdu, écrasé et seul et même un peu trahi, quand Kaito est venu et a pris Rin loin de moi.

Oh non, ne te méprends pas, je ne le haïssais pas.

Je ne le hais pas.

Honnêtement, je pense que personne ne peut détester Shion Kaito. Il dit des malheureuses choses parfois, mais ce n'est pas de tout de la cruauté inhérente, il ne met pas tellement de pensées derrière ses mots, c'est tout.

Il est malhabile.

Maladroit.

Et c'est peut-être à cause de ça que Rin a commencé à sortir avec lui dans un premier temps, parce qu'il était quelqu'un qu'elle pouvait taquiner, quelqu'un dont elle pouvait se moquer- et en même temps, c'était quelqu'un qu'elle pouvait réparer.

Rin est très douée pour réparer les choses.

Elle n'est pas très forte à l'école (elle dit que c'est ennuyeux, elle ne peut pas se concentrer, elle préfère dormir), mais elle peut prendre des ordinateurs et des pièces inutilisables pour les rendre plus performants qu'avant et elle peut même réparer des pièces de voitures. Elle avait l'habitude d'aider papa quand elle était enfant, avec ses doigts potelés et son ruban surdimensionné sur le crâne. J'ai toujours eu l'envie de courir avec les deux mains derrière son dos au cas où le poids du ruban serait trop lourd au point de la faire basculer en arrière et de la faire tomber.
Rin peut réparer beaucoup de choses.

-C'est facile, Rin a toujours dit, en souriant. Il faut juste mettre plein de ruban adhésif dessus !

Et Rin peut réparer les gens, aussi.

Kaito a sans doute rappelé à Rin comment j'étais ; une sorte d'inutilité, et Rin passé toute son enfance à me forcer à parler aux gens, à être plus sociable, à « poser mes livres et de vivre ma vie, parce qu'un jour, je vais regarder d'en haut et comprendre que je me suis coupé du monde extérieur ! »

Ouais ...

Je suis timide, mais si Rin n'avait pas été avec moi, me poussant tout le long- m'encourageant, je serais probablement pire.

Mais Rin ne pourra jamais me réparer complètement.

Elle ne pouvait pas...

Je suis brisé.

Mais ce n'est pas sa faute.

Je suis né de cette façon.

C'est horrible de penser ...

Mais je pense que Rin-en dépit de sa nature têtue- pourrait avoir renoncé à moi.

Peut-être qu'elle n'avait pas trouvé assez de ruban adhésif.

Ou peut-être ...

Moi, je ...

J'emploie le mot « peut-être » un peu beaucoup, n'est-ce-pas ?

Je suis désolé.

J'aime penser à différentes possibilités; comment X serait passé si j'avais fait Y, et si je n'avais pas dit Z au point A ce que je suis arrivé au point B ?

C'est un peu difficile à expliquer, mais je pense que beaucoup de gens sont comme cela.

Peut-être que je devrais utiliser « sauf que » à la place?

Peut-être…

Hahaha.

Je viens d'utiliser « peut-être » encore une fois, hein ?

Eh bien.

Rien dans la vie n'est certain.

... Voyons voir ...

Eh bien.

Kaito était juste un ami de Rin au début, j'en suis sûr. Rin a toujours dit des choses comme :

-Moi et Kaito ? Tu rêves !

Et elle ricanait si quelqu'un avait donné ce sujet.

Mais alors, un jour, j'étais assis à la maison- en train de faire mes devoirs ou quelque chose (je fais toujours mon travail. L'étudiant modèle- j'en suis un. Du moins, de l'extérieur. Je suis toujours très occupé, et parfois je faisais les devoirs de Rin ... N-non pas que ça me dérangeait ...), et Rin s'est précipitée dans ma chambre, les yeux écarquillés, ses cheveux, en désordre, le visage rouge.

-Lennnn~ ! a-t-elle crié, en se précipitant vers l'avant, et puis elle a arraché mon livre de mes mains et l'a jeté à travers la pièce.

Je pense que je faisais de la trigonométrie.

Triangles.

Sinus, cosinus, tangente?

Pas très intéressant, mais, même ainsi, je me sentais toujours un peu irrité envers Rin pour avoir perturbé mon travail.

Ma colère n'a pas duré très longtemps, cependant.

Elle ne dure jamais longtemps.

Je ne peux pas rester en colère contre ... Rin ...

Je me suis un peu plaint au sujet de mon livre, je suis sûr que je l'ai fait, je me plains beaucoup, mais Rin s'est mise à rire, m'orientant sur le côté; elle s'est assise sur moi, et c'était tranchant, à cause des genoux et des coudes, et ça me faisait vraiment mal, mais Rin riait et je ne pouvais pas lui dire de descendre.

Toujours aussi faible ...

Je suis si faible quand il s'agit de Rin.

-Len, Len, devine quoi, devine quoi ! Rin a continué à crier, encore- elle a essayé de me chatouiller chaque centimètre de chair sur lequel ses doigts d'araignée pouvaient accéder.

Je n'ai pas eu à deviner.

Elle me l'a dit de toute façon.

Rin est comme ça. Elle ne peut pas garder de secrets.

Ses yeux brillaient, son visage était rouge, et son ruban était de côté et elle ressemblait à la Rin que je voyais dans mes rêves (vêtements froissés, à bout de souffle) qui faisait tendre mes épaules…

Ahahaha ...

J'ai tendu tes épaules à toi aussi.

O-ouais ...

C-ce n'est pas vraiment important ...

En fait, non.

C'est un mensonge.

C'est important.

Je suis un adolescent, et je ne peux m'empêcher de rêver, tu sais... ? J'aurai arrêté si je le pouvais, mais je ne peux pas.

Peux-tu contrôler tes rêves?

Bien sûr, tu ne peux pas.

Je suis ...

Amoureux...

C'est ce genre impuissant de « l'amour » de conte de fées où tu te consacre entièrement à une seule personne, à donner et à donner et à donner, et j'avais toujours fait les devoirs de Rin, nettoyé sa chambre, je suis toujours sorti sous la pluie battante pour acheter ses céréales préférées; des petites choses qui sont rapidement devenues des habitudes, mais je ne pouvais jamais dire non.

Rin a appris au fil du temps qu'elle pouvait demander et demander et demander et je donnais et je donnais et donnais et même si je me plaignais, je ne lui ai jamais désobéi.

Je n'y arrive toujours pas.

Je l'aimais.

Je l'aime.

Putain.

E-et parfois, je pense- je ne peux pas m'empêcher de penser, peut-être que Rin a tout simplement profité de moi ; en essayant de voir à quel point et dans quelle mesure elle pourrait pousser son gentil frère obéissant jusqu'à ce qu'il dise « non », jusqu'à ce qu'il se transforme en squelette et parte.

Peut-être qu'elle attendait que je lui crie dessus.

Peut-être qu'elle me voulait également.

Peut-être qu'elle essayait toujours de me « réparer » ; peut-être qu'elle n'a jamais abandonné.

Kagamine Rin n'abandonne pas.

Mais ...

J-Je ne sais pas.

Je me sentais tellement coupable sur les rêves que j'avais (peu fréquents, au début, mais plus nous grandissions et mûrissions, ces rêves augmentaient- Rin perdait la rondeur ses joues, et le développement de certaines "courbes"), que je...

Je ne sais pas.

J'essayait d'être le frère parfait.

Du moins, en apparence.

En surface.

Je pouvais aller dehors sous la pluie battante sans un parapluie- Rin a perdu le sien, cassé le mien- pour avoir les céréales préférées de Rin, et je pouvais aider Rin à faire ses devoirs, je pouvais faire tout cela.

Faire de petites courses comme ça, ce n'était pas si difficile.

Je pouvais jouer la comédie, être le parfait frère, et même si je ne pouvais pas me tromper, je pouvais tromper Rin.

Mais je ne pouvais pas m'empêcher de rêver.

Je ne pouvais pas empêcher mes pensées d'errer.

Et j'ai pensé ...

Je ne sais pas ce que je pensais.

Peut-être que j'espérais, si j'avais fait tout ce que Rin me disait de faire, que mes sentiments à son égard serait excusés.

Je ne pouvais payer une sorte de « pénitence » pour être si incurablement malade; si malade, si tordu, si noirci et brisé ...

Mais je peux voir, par le regard sur ton visage, que rien n'est excusé.

J'ai essayé, j'ai vraiment vraiment essayé.

J'essaie toujours.

Je fais toujours de mon mieux en tout.

Mais je ne pourrais jamais m'arrêter d'aimer Rin.

J'aurai toujours ces rêves ...

T-tu veux que je clarifie ?

Humain, tellement humain, tu dis que tu veux m'aider m'aider, mais tu n'es pas si différent des autres, mais je ne suis pas en colère, ne t'inquiète pas.

Pas contre toi.

Je n'ai jamais vraiment été en colère contre personne, mais moi-même ...
P-permets-moi de préciser.

Presque chaque nuit, depuis ce « baiser » avec Miku, j'ai eu des rêves, des idées, des fantasmes…

Des fantasmes où je baise ma sœur.

C'est cru, je sais.

Je m'excuse, mais je ne vais pas mâcher mes mots.

Je suis un adolescent; mes sentiments (même si c'est censé être de « l'amour», ça reste une attraction physique, je-je suis physiquement attiré par elle- ses angles aigus, ses coudes- et- ses genoux et ses os fragiles et son sourire narquois) sont crus.

Je voulais- je veux encore, j'en ai toujours besoin... de la voir allongée en dessous de moi, le visage rouge, en criant mon nom, en appréciant ce que je lui fais...

C-c'est un mensonge.

Je ne me soucie même pas de savoir si elle aime ou non, parce que mes rêves sont les seuls endroits où je peux être vraiment honnête.

Veux-tu que je sois honnête avec toi ?

Je m'en fous.

Il ne s'agit pas de Rin.

C'est simplement moi.

Ma vie entière a été pour RinRinRinRin ; j'ai été désespéré de pouvoir l'aider, de faire quelque chose pour la faire sourire- parce que je suis un bon frère, tu sais, le meilleur frère ... Ahahaha ...

Mais dans mes rêves, je ne me soucie pas de tout cela.

Je ne me soucie pas de faire en sorte que Rin se sente bien.

Je me soucie seulement de moi.

Parfois, elle sourit.

La plupart du temps elle pleure.

Elle me dit d'arrêter.

Mon rêve- Rin (ma sœur fantôme, qui a juste un peu plus de courbes que dans la vie réelle, avec des seins plus gros et une incapacité à dire non) me dit de m'éloigner d'elle ; ça fait mal, ça fait mal ça fait mal ça fait mal et je suis censé être son grand frère, son frère jumeau, que suis-je en train de faire arrête arrête arrête arrête et son souffle s'étrangle dans sa gorge et des larmes coulent sur ses joues et ça ne m'arrête pas- ça me fait seulement sourire narquoisement.

Je vais plus vite.

Et elle pleure plus fort.

Je suis égoïste.

Une personne égoïste.

Tous les êtres humains sont égoïstes.

Je n'ai jamais dit que j'étais mieux que toi.

... Je suis sûr que tu as eu quelques fantasmes malades avant aussi.

Alors peut-être que nous ne sommes pas si différents, toi et moi.

Toi et moi et n'importe qui que l'on puisse voir qui se promène dans la rue. Nous avons tous des airs et des grâces, mais nous sommes tous pareils- pas si différents...

Mais je rêve de ma soeur jumelle.

Tu es « normal ».

Et je suis malade.

Et je ne pense pas qu'il y ait un remède.

Je suppose que je suis né d'une mauvaise façon ; avec des asticots dans mon esprit, rongeant toutes les pensées et les sentiments sensibles, pour ne laisser que la luxure qui se manifeste dans ces fantasmes « sans danger »- c'est dégoûtant, dégoûtant ...

Mes rêves sont peut-être « sans danger », mais quand je me réveille- le cœur battant, le visage rouge et en sueur, je me sens toujours dégoûté par moi-même.

Parfois, je mords les ongles- j'arrache la peau avec les dents avec force, encore et encore et encore, ce qui rend les souches dégoûtantes autour de mes ongles et la chair meurtrie, traînée rubis poisseuse autour de mes cuticules, parce que je le mérite, je mérite de ressentir de la douleur; la même douleur que j'ai causée à Rin dans mes fantasmes...

Mais je suis égoïste, tu te souviens ?

Je me réjouis de ces rêves et je les accueille à bras ouverts le lendemain.

J'ai rarement mordu mes ongles- ou ma lèvre inférieure, ou l'intérieur de ma bouche.

Je le fais beaucoup maintenant.

Et ce jour-là, quand j'étais censé faire mes devoirs, avec Rin perchée sur moi, en souriant, je fus soudain frappé par le souvenir de ces rêves.

Parfois, la Rin de mes rêves sourit m'invite- elle écarte les jambes plus grand, ouvre son cœur.

La plupart du temps ...

La plupart du temps elle pleure.

Et comme la véritable Rin rigolait et pressait mes côtes, me taquinait, elle a commencé à brouiller ma sœur imaginaire qui me disait ce que j'étais (un monstre tu ne mérite pas de vivre je te hais je te hais) dans mes cauchemars.

Je ne pouvais pas enlever ce fantasme de ma tête.

Moi, je ne peux même pas commencer à le décrire.

Je ne peux pas.

Je ne veux pas.

Je suppose que tu peux appeler ça de la « culpabilité ».

Et puis Rin a dit quelque chose, mais mon esprit vagabondait, je me noyais dans mon dégoût et mon désir, deux émotions contradictoires qui m'ont fait mordre la peau autour de mon pouce jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'ongle- mais ensuite...

Ce qu'a dit Rin m'a attiré l'attention.

Elle disait qu'elle avait eu son premier baiser.

-Je t'ai battu, Len !

Rin a continué à rire et à sourire (toujours sourire) - parce que je n'avais pas raconté à Rin ce qui s'était passé avec Miku- et je ne voulais toujours pas le lui raconter.

Mon baiser avec Miku ne comptait même pas.

J'ai fait bien pire en imaginant ma sœur comme une poupée esclave- qui devait faire tout ce que je lui disais de faire, même si elle ne voulait pas, de toute façon.

À ce moment-là ...

Je pense que je me suis figé.

Ca sonne cliché- comme une ligne qui apparaîtrait dans un livre de « romance » de Miku, mais je n'ai pas pu m'en empêcher.

Je savais.

Je savais avec qui elle avait partagé son 'premier baiser', mais je ne voulais pas y croire.

Je ne voulais pas le croire, jusqu'à ce qu'elle me l'ait dit.

Kaito.

C'avait été avec Kaito.

Cet idiot et maladroit…

M- mais je ne pouvais pas le haïr, pas même maintenant, tandis que Rin souriait et a dit, dans un ton si bien informé :

-Ne t'inquiète pas, Len~ Je suis sûr que tu vas expérimenter ça un jour, aussi! Tu es juste un peu en retard !

Je ne pouvais pas détester Shion Kaito.

Je n'ai jamais pu.

En réalité, je me détestais plus.

Je me suis toujours…

Détesté plus.

I-Il fait vraiment très chaud ici, n'est-ce pas...?

Huh ?

Arrêter de me ronger les ongles ?

Je me...?

Je ne savais pas.

Je fais beaucoup de choses sans m'en rendre compte-haha ...

Je suis désolé.

Oh, regarde.

Je saigne.

N-non...

Je ne pense pas que je vais enlever mon pull.


*kotatsu : support de faible hauteur recouvert d'un futon ou d'une couverture épaisse, sur lequel repose un dessus de table. Le dessous d'un kotatsu est chauffé. C'est le mode de chauffage le plus courant au Japon.


A/N : ... ;A;

C'est assez déprimant.

Ecouter Dresden Dolls aide beaucoup à écrire ce genre de choses déprimantes qui peut passer dans le cerveau d'un garçon perturbé xD

La fiction entière, je pense, peut avoir comme OST la chanson "Bad Habit"

~renahhchen xoxo


T/N : ...Uh, ouais. La première fois, j'avais des grands yeux ronds, mais à vrai dire, ça me plaisait assez. renahhchen décrivait assez bien ce qui se passait, et j'ai fait de mon mieux pour correctement le retranscrire. J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira .w.

Un énorme merci à Miyuki-Horanai et Vanille Cup. Je suis tout à fait d'accord avec vous ! (^w^)b En tout cas, préparez-vous à tomber de haut. Kekeke.

~Paru-ch4n