For a Sick Boy

Chapitre sept :

'Love is not hideable'


Tout a commencé avec Miku. Quand elle m'a parlé au déjeuner, en me demandant si j'allais bien- me disant qu'elle me faisait « confiance » (une chose vraiment stupide à dire)- elle a poussé le premier domino de la chaîne.

J-je suis désolé si je sonne trop mélodramatique. Je déteste ça.

Eh bien…

Peut-être « détester » est un mot trop fort. Le mélodrame peut être amusant à petites doses- même divertissant. Ces stupides shows télévisés avec des intrigues compliquées et ces stupides livres de romance que Miku aime lire; ils sont tous remplis de mélodrame et mal construits, mais je ne les déteste pas. Je suis étonné du fait que quelqu'un puisse vraiment aimer cela, mais je ne les déteste pas.

En fait, ils peuvent même être attachants.

Stupides, mais amusants.

Avec modération.

Laisse-moi reformuler ma précédente déclaration.

Je déteste le mélodrame s'il arrive dans ma vie.

J'ai toujours été une personne silencieuse- un peu trop timide, un peu maladroit- et je n'aime pas vraiment parler aux autres gens. C'est pas grave de rire à ces mauvaises intrigues dans les soaps opéras que Miku regardaient presque religieusement- mais quand tout autour de toi s'écrase dans la vraie vie, tu ne peux pas en rire.

Tu ne peux pas hausser les épaules.

Spécialement quand tu es une personne comme moi.

Je n'étais pas « construit » pour vivre avec le drame.

Je…

Je ne peux pas le supporter.

Pour de vrai.

Je l'ai admis.

Je ne peux pas.

T'es content, maintenant ?

Je connais mes faiblesses, et je connais mes limites, et je ne vais pas m'asseoir là et sourire et te nourrir d'un paquet de mensonges. Ca ne servirait à rien d'embellir ma personnalité, ou de me décrire plus fort que je ne le suis vraiment.

Tu as déjà vu les cicatrices.

Tu as déjà entendu mes pensées confuses.

Tu me connais mieux que personne; pas les petites et inintéressantes choses comme ma couleur favorite (c'est le jaune, au fait) ou mon parfum préféré de glace (évidemment la banane- il n'y a aucun autre choix).

Mais tu me connais…

Moi.

Tu connais toutes les pensées qui ont naquit à l'intérieur de ma tête- et peut-être, toi (un étranger complet avec un gentil sourire) tu me connais mieux que Miku.

Et Miku a été ma meilleure amie durant presque toute ma vie.

Tu dois peut-être même me connaître mieux que Rin- et elle a été ma sœur pendant toute ma vie. Rin peut dire ma couleur préférée et mon parfum de glace favori dans son sommeil.

Mais je devine que ces choses ne sont pas vraiment importantes quand tu dois comprendre la vraie personne, au plus profond d'elle-même.

Ces choses…ne comptent pas.

Pas vraiment.

Toi, d'un autre côté, sait ce que je fais pour combattre le stress, les désastres, pour combattre le soap opéra digne d'être qualifié de « mélodramatique » autour de moi et…

Et je sais que je fais face pas extrêmement bien.

J-je ne fais pas face du tout.

P-pas moi.

Je ne suis pas fort comme Rin.

Je suis fragile.

Pathétique.

Inutile.

Je veux sortir de ma propre vie. J'en ai assez de tout ça !

Est-ce que quelqu'un peut prendre ma place ?

S'il-vous plaît ?

O-ouais, je sais, je sais.

Il n'y a pas de carte « sortez de prison gratuitement » dans la vraie vie- et je vais simplement essayer de survivre.

M-mais…

J-je ne t'ai même pas raconté- je n'ai même pas touché le sujet- la pire partie, le pire évènement qui est arrivé dans ma vie.

Mais je t'ai raconté comment cela à commencé.

Le gentil, amical « je te fais confiance » de Miku était l'étincelle qui a embrasé le foyer et qui a envoyé tout au loin- tout- pour le brûler.

S-si c'était arrivé à la télé- si ma vie était un soap opéra de merde- j'aurais ri de tout cela, à quel point c'était ridicule. J'aurais souri narquoisement avec Rin (elle déteste tout ça, également, cette poubelle émotionnelle qui se fait passer pour « divertissante »), et j'aurai qualifié mon personnage de « faible ».

Stupide.

C'est plus facile de rire des choses quand elles ne t'arrivent pas à toi.

C'est pourquoi Tei a été harcelée poussée et poussée et poussée jusqu'à ce qu'elle se jette sur la route.

C'est facile de rire des gens qui ne sont pas toi et c'est facile de se moquer de ceux qui ont des problèmes que tu n'as pas- et c'est bien beau de ricaner aux gens bouleversés par leurs problèmes, simplement parce que leur vie est pire que la tienne.

C'est probablement pourquoi les soaps opéras sont si populaires.

Ce sont des shows de sadiques, pour la plupart- complètement irréalistes; mais ça fait de bien de savoir qu'un traumatisme comme il y en a dedans ne va pas t'affecter toi.

Ça fait de bien de savoir que quelqu'un est moins bien loti que toi.

C'est…réconfortant.

Aussi réconfortant que de faire glisser une lame sur ton poignet et de voir de l'eau rouge éclabousser la baignoire.

Plic plic plic.

Le sang fait de jolis dessins quand il s'écoule de par le trou.

M-mais…

Mais ma vie n'était pas un soap opéra.

C'était réel.

Et…

Ça arrivait à moi.

Et ça…

Ce n'était pas drôle.

Pas du tout.

P-peut-être que ça a commencé avec Miku me demandant, d'une voix amicale, si j'allais bien.

Ou peut-être que ça a commencé il y a très, très longtemps avant ça.

Peut-être que ça a commencé quand j'ai pris la lame du rasoir pour la première fois et que j'ai laissé ma peau goûter le métal.

Peut-être que ça a commencé quand je n'ai pas aidé Tei, même si j'aurais pu- même si j'aurais dû- et j'ai probablement été celui qui l'a poussée en dessous de la voiture.

Peut-être que ça a commencé que je me suis réveillé pour la première fois avec les draps poisseux et le cœur qui battait la chamade, les pensées orientées vers Rin dans ma tête- des pensées orientées vers ma sœur qui criait sous le poids de mon corps.

Peut-être que ça a commencé quand j'ai embrassé Miku dans la bibliothèque ce jour-là, assis dans notre propre petit coin sécurisé entre des étagères et des devoirs de maths, et que nous avions partagé un secret.

Peut-être que ça a commencé au moment où je suis né.

Je suis en train de naufrager lentement depuis seize ans.

Et ensuite les vagues ont recouvertes ma tête.

Mes poumons remplis d'eau.

Et j'ai commencé à couler.


Quand Miku m'a demandé si j'allais « bien », ma paranoïa a commencé à augmenter. Impossible, je sais, quand on considère à quel point c'était élevé, mais…

Eh bien…

A ce moment, j'étais un peu plus qu'un désordre de cicatrices et de secrets, et j'essayais désespérément de le cacher à tout le monde. J'étais à peine une personne- juste un désordre. Un gâchis total. Et tandis que je voulais que quelqu'un m'aide- je voulais que quelqu'un enroule ses bras autour de moi et qu'il me dise que tout allait bien (qu'il me dise un paquet de mensonges, j'étais assez désespéré pour avaler, mais assez cynique pour vomir ces mots)- je voulais garder les gens loin de moi.

Même Miku.

Je ne pense pas que j'étais un « humain » là- pas vraiment. J'étais juste un navire échoué, un paquet de chair, qui portait la culpabilité derrière comme une chaîne de métal- et c'était ça. Je ne…pensais pas très clairement.

Du tout.

Je pouvais seulement « penser »- vraiment penser- quand je pressais la lame contre ma chair et que je laissais toute ma confusion se déverser hors de mon corps dans des courants rouges rouges rouges.

Je ne voulais pas que Miku découvre mon secret- et elle semblait dangereusement proche de lui. Evidemment, j'agissais étrangement, si Miku me demandait si j'allais « bien »- alors je me suis raisonné à avoir un comportement « normal » (peu importe ce que normal était). Je me suis conditionné à sourire en réponse aux mots de Miku- et je me suis même entraîné pendant une semaine devant le miroir de ma chambre, à rendre ces sourires réels. J'ai commencé à parler à Miku plus après cela- sans jamais lui raconter mes vrais problèmes, sans jamais discuter de ces choses mais parler juste assez a fait croire à Miku que j'allais bien après tout, et mon ancienne nature était simplement un signal d'alerte; une petite perturbation dans mon ennuyeuse vie.

J'ai même réussi à m'arrêter de frissonner quand Miku posait ses doigts sur mon bras- frottant les cicatrices que je savais toujours présentes. Je résistais à l'envie de tirer mes manches à chaque seconde, et j'ai essayé de pousser toute la culpabilité et l'inquiétude et la confusion à l'arrière de mon esprit.

Je continuais à sourire.

Sourire, sourire, sourire.

Je pouvais toujours purger ces déplaisants, sentiments non nécessaires que j'essayais d'oublier- que je voulais si désespérément oublier- de ma conscience un peu plus tard. Je pouvais tout oublier; ma souffrance avec la douleur.

La douleur marchait toujours.

Je pense…

Je me sens horrible de dire ça- de même y penser- mais je pense…

Je pense que j'utilisais Miku.

J'utilisais son amitié.

J'ai commencé à passer plus et plus et plus de temps avec Miku comme ça les gens pouvaient voir que j'avais des amis. Comme ça les gens pouvaient penser que j'étais « normal ».

Alors personne ne saurait à propos des cicatrices sur mes poignets, ou les cafards qui me bouffaient le cerveau; mes sentiments malades envers Rin et mon implication dans l'histoire qui a (indirectement) conduite Sukone Tei à la mort.

Ce n'est pas comme si je n'aimais pas être avec Miku, ne te méprends pas. Evidemment que j'aimais être avec elle. Elle est ma meilleure amie. Elle l'a été pendant un long, long moment. D-dans ma façon bizarre de penser, je l'aimais. Je ne lui faisais pas confiance (haha, bien sûr que non)- mais je m'inquiétais pour elle. Mais quand nous sommes entrés au lycée, nous avons commencé à nous séparer l'un de l'autre classes différentes, la masse de travail augmentée et Miku faisait partie de la chorale de l'école, aussi…

Ce n'est pas que je détestais Miku.

C'est juste…que je n'avais pas beaucoup de temps pour la voir.

Mais après que Miku ait commencé à s'inquiéter pour moi, j'ai commencé à passer presque tout mon temps avec elle; planant autour d'elle comme un oiseau. Je gardais mon sourire en place, mes doigts loin des manches de ma chemise, et je prétendais être heureux.

Je prétendais qu'il n'y avait rien.

J'étais normal.

J'étais normal j'étais normal j'étais vraiment normal j'étais-

Et je pense que je me suis même convaincu moi-même de ça, pendant un moment.

Je pouvais prétendre que tout allait bien quand j'étais avec Miku.

Mais quand j'étais à la maison…

P-pas vraiment.

C'était trop difficile.

Soit j'aidais Rin avec ses devoirs de maths et je regardais son T-Shirt se soulever tandis qu'elle levait les bras en l'air, ou regardais un mauvais talk-show à la télé sans vraiment le regarder, ou couché dans mon lit tandis que des visions cauchemardesques dansaient dans ma tête, je ne pouvais pas faire semblant, et je ne pouvais pas oublier.

Les yeux carmin de Tei hantaient mon sommeil.

Les joyeux sourires de Rin, pleins de vie, me hantaient du petit-déjeuner au soir, et quand j'étais dans le salon, et quand nous faisions nos devoirs ensemble.

Je n'étais pas normal.

J'étais…

J'étais malade.

Tordu.

Je pouvais seulement jouer et faire croire que j'étais normal quand j'étais avec Miku.

Quand Miku n'étais pas avec moi, je n'arrivais plus à sourire, je ne pouvais continuer à mentir- c'était bien trop de travail.

Je savais que je me mentais.

Et je savais que j'utilisais Miku.

Je fuyais mes problèmes en prétendant qu'ils n'existaient pas- puis je retournais à la maison, je m'enfermais dans la salle de bains, et je m'asseyais sur mes genoux tremblants, et je savais que je ne pouvais continuer à prétendre qu'il n'y avait pas de problèmes.

Je savais qu'en repoussant mes problèmes loin de mon esprit, ils s'aggravaient, ils devenaient plus intenses, plus nombreux que quand je devais sérieusement m'asseoir et y réfléchir.

Fuir n'aidait pas.

Sourire n'aidait pas.

Je ne pouvais m'en échapper à la maison.

Je ne pouvais m'en échapper dans mes rêves.

Je ne pouvais échapper à mon propre esprit.

Je ne pouvais m'échapper- je ne pouvais pas le laisser- et parfois mes doigts agrippaient les côtés de ma tête, tiraient et tordaient mes cheveux, comme pour arracher mon squelette hors de mon corps.

Je pense que j'essayais de m'échapper.

J'essayais d'être quelqu'un d'autre.

Je ne pouvais supporter d'être Kagamine Len.

Est-ce quelqu'un- n'importe qui- pourrait prendre ma place ?

S'il-vous-plaît ?

Est-ce que quelqu'un…

…Peut venir m'aider ?

Je n'arrivais plus

à sourire

maintenant

ça faisait mal

ça faisait trop mal.


La pichenette qui a fait tomber le premier domino était la question de Miku.

-Est-ce que ça va ?

Et puis :

-Je te fais confiance.

(Très bien tu me fais confiance, c'est bon à savoir- c'est bon de savoir que tu es tellement désespérée d'attendre que je te fasse du mal. Ne me donne pas tant de responsabilités je suis seulement un humain et je vais te faire du mal ne me fais pas autant confiance je ne veux pas te faire du mal à toi aussi je ne veux pas je ne veux pas alors je vais continuer à sourire et peut-être tu vas me croire lorsque je vais te dire je vais bien d'accord ? Tu devrais mieux me donner ton cœur dans mes mains et me demander de l'ECRASER comment peux-tu être aussi stupide est-ce que tu VEUX que je te détruise en morceaux ? Non ? Je ne pense pas que tu le veuilles.)

Et le second, troisième, quatrième, cinquième domino sont tombés à cause de Miku, aussi.

Miku, et une fille que je n'avais jamais rencontré avant- mais Miku avait été désespérée de me la faire connaître.

Son nom était Megurine Luka.

Connais-tu Luka ?

…Hmn ?

Non ?

Quelle surprise !

Tu connais Neru et Tei, mais tu ne connais pas Luka…

H-hé, pourquoi tu me regardes comme ça ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Est-ce que j'ai dit quelque chose de drôle ?

Je n'ai…rien fait…pas vrai ?

Pas vrai…?

T-tu dis que ce n'est pas important ?

D-d'accord ?

Je suis sûr que je n'ai rien fait d'étrange, mais…J-je veux dire, je sais que je suis étrange, mais-

L-laisse moi te parler de Megurine Luka, donc.

Non- en fait…

Je vais te raconter l'histoire. Comment je l'ai rencontrée, je veux dire. Ce n'est pas des dramatiques niveaux de soap opéra, et Luka n'était pas une princesse que j'ai sauvée d'une tour ou quelque chose de ce genre- pas du tout.

Et, aux dernières nouvelles, Luka est toujours vivante.

Alors c'est bon.

Au moins je n'ai pas foutu sa vie en l'air.

Ahahaha…

O-ouais, ce n'est pas vraiment drôle.

Je suis désolé.

C'était de mauvais goût- et auto dérisoire. De l'humour noir.

Je ne tue pas tout ce que je touche, n'ait pas l'air si effrayé.

Jusque la plupart des choses.

Heh.

Quoi qu'il en soit.

J-je vais peut-être être un peu méchant si je parle franchement de Luka, si tu ne sais pas qui elle est. Ce n'est pas comme si elle avait une anomalie ou qu'elle était horrible, bien sûr- elle est même très jolie et sympathique- mais j'ai peur de bouleverser Miku. E-elle m'a fait confiance (encore ce mot. Je le déteste. Vraiment, je le hais, comment peux-tu faire confiance à quelqu'un quand tu ne te fais pas confiance ?) pour que je ne le dise à personne. C'était un secret.

M-mais je suppose que ce n'est pas grave.

Je ne pense pas que tu vas en parler à quelqu'un. Après tout, cette conversation est « confidentielle » pas vrai ?

Très bien.

Miku m'a invité à sortir avec elle un dimanche matin. Elle disait qu'elle voulait me présenter un ami- une personne très importante, selon ses mots. Je la taquinais, en lui demandait à quel point cette personne était « importante ». Quoi, était-il de la royauté ou un fils de président ? Est-ce que je devais m'incliner bas lorsque je le rencontrerais ? A cela, Miku était très troublée, et son visage est devenu rouge, et elle m'a hurlé que cette personne était :

-Importante pour moi, d'accord ?

Miku est vraiment adorable quand elle s'énerve. Ses yeux deviennent si gros, comme ceux d'un personnage de dessin animé, et sa lèvre inférieure commence à trembler et parfois- et elle faisait ça à ce moment- elle commence à enrouler une mèche de ses cheveux cyans autour de son doigt.

C'est toujours très amusant de pousser Miku à bout, juste pour voir à quel point elle peut devenir rouge et comment ses cheveux finissent par s'onduler après son petit manège.

Ahaha- je sais, je sais, je suis cruel.

Pardon.

C'était un bref moment de bonheur dans ma vie si morne- et je savais pourquoi.

J-j'ai peut-être « utilisé » Miku, ainsi je pouvais apparaître normal- comme ça Rin n'aurait pas à me questionner pourquoi j'étais soudainement devenu si antisocial, et elle n'aurait pas à trouver les cicatrices… Elle n'aurait pas à ouvrir la litanie de secrets que je cachais des yeux inquisiteurs et des yeux discrétionnaires… Mais, même si j' « utilisais » Miku, j'avais besoin de sa compagnie également.

Je dis la vérité.

Crois ce que tu veux, mais je ne mens pas.

Jusqu'à présent je ne t'ai pas menti, hein ?

Non.

Très bien.

J'ai commencé à taquiner Miku encore un peu plus- en lui demandant pourquoi, exactement, cette personne était « importante ». Est-ce que c'était son « amoureuuuux ? » Le visage de Miku a pris une jolie coloration rubis- on aurait dit que toute sa tête était en feu. Elle a glapi et m'a tapé- très fort- et j'ai dû rire et m'excuser.

-Vraiment, Len, a dit Miku en fronçant les sourcils, tu es méchant. On dirait Rin.

-Pas vraiment, j'ai dit, lui ébouriffant ses cheveux turquoise. Je ne sais pas aussi mauvais qu'elle. Ne m'en veux pas, hein- c'est juste que j'aime te voir embarrassée.

-C-comme si ça m'arrangeait !

Du coup Miku nous avait arrangé une petite sortie- surtout du shopping. C'était un passe-temps de filles, et je voulais m'éloigner le plus possible des choses « pour filles », puisque j'ai une…urgh…silhouette féminine moi-même.

Je sais- je ne suis pas exactement ce qu'on pourrait qualifier de quintessence virile. Je suis plutôt un nabot efflanqué- la même taille et la même carrure que Rin. Cette dernière me traînait dans les centres commerciaux avec ses amies, et le « shopping » était synonyme de « torture ». Rin faisait fréquemment des blagues à mon propos, du genre :

-Oh ! Cette robe t'irait troooop bien, Len, ça mettrait tes jambes en valeur !

Et je devenais tout rouge et gigotais comme un poisson qui est hors de l'eau.

Ouais…

Je n'ai pas de super-souvenirs du shopping.

En revanche, ça ne me dérangeait pas tant de le faire avec Miku. Elle ne me taquinait pas autant que Rin- même ça ne l'empêchait pas de faire des commentaires à l'occasion, mais toujours avec ce grand sourire qui rendait impossible le fait que je la déteste pour ça, peu importe ce qui sortait de sa bouche. Je voulais surtout sortir de la maison.

Je…

Je n'aimais vraiment pas être à la maison.

Quand j'étais seul, je pensais, sans interruption, à propos de…choses.

Tu sais.

Tei.

Et Rin.

Et parfois, Neru, juste un peu.

Penser n'était pas bon pour ma santé, parce que ça me déprimait. Mon sourire, bien glué à mon visage avec de la colle forte, commençait alors à se briser en morceaux comme du verre- et mes cicatrices entrecroisées contre ma peau commençaient à m'irriter, comme si mes vaisseaux sanguins étaient bouchés par des centaines d'asticots ballonnés. Et chaque ver était un secret; chaque cicatrice était honteuse- et parfois, je m'asseyais dans la baignoire, remontais mes manches, et je m'écorchais les bras- grattais les croûtes jusqu'à ce qu'elles s'ouvrent à nouveau et que les cicatrices saignent.

Et encore.

Et encore.

C'était encore pire quand Rin était à la maison également- parce que je ne pouvais même pas me faire confiance- et à chaque fois qu'elle se tournait pour me regarder, je sentais la culpabilité m'étouffer qui écrasait mon cœur entre des doigts glacés jusqu'à ce que mon cœur soit froid.

C'était mieux avec Miku.

Je pouvais être heureux avec Miku.

Quand je rencontrais Miku à la gare, je ne pouvais m'empêcher de sourire quand je la voyais. Mes sourires devenaient de moins en moins faux à côté de Miku- jusqu'au point qu'ils étaient réels.

Pas des masques, mais la vérité.

Miku était vraiment très bien habillée- et je me rappelle avoir pensé que c'était étrange. Miku était toujours jolie; elle aurait très bien pu mettre un sac à patates, les cheveux emmêlés et sans maquillage qu'elle serait encore jolie (euh…en fait, j'en sais rien, mais, tu as compris, quoi). En tout cas, elle était bien trop bien habillée, pour une simple sortie entre amis, ou juste pour faire du shopping. Elle portait une robe blanche avec des manches bouffantes et c'était trop…fashion pour simplement ça, d'autant plus que son maquillage était différent (glamour ?)

-Tu es très jolie, je lui avais dit, en lui tirant une de ses longues couettes. J'ai l'impression d'être miteux à côté de toi.

Miku avait fait la moue, en gonflant ses joues comme un poisson-lune et en tentant de se recoiffer d'un air irrité- et je me suis moqué d'elle.

Rapidement, elle a commencé à rire, aussi- même si ce n'était pas très drôle. Miku me fait toujours rire. On s'amusait, je pense. Amis.

C'était bien, d'avoir un ami…

-Eh bien, pourquoi cette jolie robe ? j'ai demandé, en marchant à côté d'elle tout en détaillant ses vêtements. Tu ne t'habilles jamais comme ça normalement, quand on sort tous les deux !

Miku est devenue très troublée et elle a commencé à tirer les pans de son haut, en disant :

-J-je voulais juste un peu de changement…

Haha. Ouais.

Je ne sais pas si tu sais- probablement pas- mais Miku est aussi transparente que du polyéthylène.

Elle ne peut pas dire un mensonge.

Impossible.

Je pense que sa langue tomberait par terre si elle essayait.

Miku bafouillait qu'elle n'était pas « bien habillée » (oh, le mensonge) et que ce n'était sûrement pas pour moi (ça, c'était vrai, par contre) e-et de toute façon, je l'embarrassais, alors je devais sérieusement penser à la fermer maintenant et-

-Tu as un petit ami, j'ai dit, coupant court aux gazouillements hystériques de Miku.

Ses yeux se sont écarquillés. On aurait dit qu'ils allaient sortir de leurs orbites- et j'ai commencé à rire quand j'ai vu son expression scandalisée sur son visage.

-C'est ça, l' « importante » personne que tu veux me faire rencontrer ? Ton petit copain ! C'est pourquoi tu t'es si bien habillée ! ai-je dit.

Puis, j'ai souri- j'avais le sentiment d'avoir résolu un complexe et mystérieux meurtre (alors qu'en fait, tout ce que j'avais fait, c'était de rendre son visage de la même couleur qu'une fraise- ce qui est quand même extraordinaire, et j'en suis très fier).

-Comment est mon raisonnement, Watson ?

-J-je ne m'appelle pas Watson, a dit Miku- le ton de sa voix encore indigné. E-et ce n'est pas…pas vraiment un…petit ami…Aeheheheh…

-Je ne peux pas te laisser sortir avec un GARCON, Miku ! T'es si pure et si innocente ! J'me dois de défendre ton honneur ! Si un autre garçon que moi pose ses mains sur toi, je vais… déchaîner ma colère sur lui ! Je vais lui foutre un pain ! ai-je crié en imitant un boxeur.

En fait, je ne me rappelle pas exactement ce que j'ai dit, mais en tout cas, ça ressemblait à ça. J'ai probablement l'air d'un père trop protecteur.

Ou un mec bizarre.

C'est drôle de taquiner Miku. Son visage devient tout rouge, et elle oublie complètement comment parler. C'est incroyable, vraiment. Tu devrais essayer.

Non merci ?

Ahaha.

Je suppose que tu n'es pas aussi joyeusement sadique que moi.

Ha.

Blâme donc Rin pour ma cruauté. C'est entièrement sa faute.

En tout cas, tandis que Miku couinait :

-C-ce n'est même pas… !

Nos enfantillages furent interrompus par l'arrivée de la « mystérieuse personne X » tant attendue (environ cinq minutes).

Le petit ami de Miku.

Du moins…

C'aurait dû être le petit ami de Miku.

Mais ça ne l'était pas.

Ce n'était pas du tout un garçon.

Les seins m'en avaient donné l'idée- et ils sont plutôt difficiles à ne pas remarquer.

La fille qui courait vers nous était plutôt grande- bien plus grande que moi. D'environ une tête. P-pas que ce soit difficile d'être plus grand que moi. Je veux dire, je suis assez petit- au cas où tu n'aurais pas remarqué. C'était quelque chose que Rin et Miku aimaient utiliser pour m'embêter…

Ahaha. Je n'ai pas du tout de ressentiments à leurs égards. Pas du tout !

A chaque fois que Rin se moquait de ma taille, je mélangeais de l'eau de la cuvette des toilettes avec son jus d'orange, alors…

H-hein ?

Non, je plaisantais seulement- ne me prends pas au sérieux.

Je ne ferais jamais quelque chose comme ça !

…Bien sûr que non.

Evidemment, ça ne m'aidait pas que la fille portait des talons hauts- et ses talons faisaient des clac clac clac alors qu'elle courait gracieusement vers nous dans la rue.

Je pense qu'il devrait y avoir une loi sur les grandes filles qui portent des talons hauts. C'est injuste. Si tu es déjà grande, pourquoi en as-tu besoin ? Pour rendre les gens inférieurs ? Surtout les petits gars.

C'est pas cool.

Sérieusement.

Elle avait de longs cheveux roses (une couleur inhabituelle) et, même si je ne pouvais pas le voir à ce moment-là- mais Miku me l'a dit plus tard, en parlant avec animation comme elle le fait toujours lorsqu'elle parle de films de romance ou des acteurs ou des chanteurs- elle avait les yeux bleus.

-Comme des saphirs ! s'était écriée Miku- si fort qu'il aurait fallu quinze points d'exclamation pour orthographier correctement son expression.

Son nom était Megurine Luka.

Sans effort une très jolie fille. Ou peut-être aurais-je dû dire « femme », étant donné à quel point sa silhouette possédait de courbes. Elle était le complet opposé de Miku. Celle-ci était aussi plate qu'une planche à pain, et elle n'avait pas mûri depuis la crèche (excepté sa taille, bien sûr). Je taquinais Miku à propos de beaucoup de choses, mais jamais à propos de son corps- même si Miku faisait des remarques sur le mien. Les filles peuvent être très susceptibles sur ce genre de choses.

Ce n'était pas le « petit ami » de Miku, donc.

Mais…

Eh bien.

Je ne suis pas une personne particulièrement obtuse. Du moins, j'aime penser que je ne le suis pas. Mon bulletin de notes est une preuve suffisante que je ne suis pas un idiot complet.

Et j'ai su que Miku et Luka étaient plus que de simples amies.

Les yeux de Miku s'allument lorsqu'elle voit Luka ils brillent comme des étoiles. Son amour pour la fille aux cheveux roses était particulièrement…évident.

Mais, là encore, Miku n'a jamais été la personne la plus subtile au monde.

Son visage est devenu rouge quand elle a vu Luka, même si elle essayait de cacher ses rougissements derrière ses mèches- et quand elle m'a présenté Luka, elle l'appelait :

-C-c'est…u-umm…Mon amie…

Miku balbutiait plus que nécessairement quand elle m'a présenté son u-umm-amie.

Et c'est là que j'ai réalisé.

Hatsune Miku, ma meilleure amie, était amoureuse d'une autre fille.

Et je n'avais jamais vu ça venir.

Mais je suppose que j'avais pleins de signes.

Ce baiser maladroit dans la bibliothèque en était un.

Ca ne changeait pas mon opinion de Miku- bien sûr que non. Ce serait hypocrite, pas vrai ? L'hôpital qui se fout de la charité. Ou, dans mon cas, un incestueux garçon malade qui dirait de sa meilleure amie qu'elle est dégoûtante juste parce qu'elle est lesbienne.

…Ouais.

C'est plutôt dur quand on le formule ainsi, pas vrai ?

Etre amoureux d'une personne du même sexe que toi n'est rien comparé à aimer ta sœur jumelle. Quand Miku était avec Luka, son visage était plein de sourires, tout le temps. C'aurait été cruel de ma part de dire :

-Non, c'est mal.

Alors que Miku était…ravie aux côtés de Luka. Je ne l'avais jamais vue si heureuse pas même quand elle était avec moi. C'était presque écœurant, pour être honnête- mais, haha, tu devrais juste m'ignorer.

J'étais juste un peu jaloux.

Un adolescent amer, jaloux et solitaire.

Peux-tu réellement me blâmer d'être si cynique ?

Je n'ai…jamais aimé voir des couples heureux.

Pas même à la télé.

Hmn.

Peut-être que c'est la raison pourquoi je ne peux supporter les films de romance ou les romans à l'eau de rose.

Jalousie.

Peut-être que c'est pour ça que j'étais à deux doigts d'ouvrir le champagne à la fin de Titanic.

Aha, j'ai regardé ce film avec Miku et Rin pour la première fois quand nous avions environ…treize ans, je pense. Miku a pleuré pendant des heures durant; assez de larmes pour faire couler un vrai navire. Moi, de l'autre côté, j'étais super content de voir ce foutu paquebot s'éclater en morceaux. Je veux dire, c'était surtout pour ça que j'ai regardé le film- et je n'aimais pas trop voir un film documentaire ruiné par des clichés et une romance dramatique.

Dans les mots de mon adorable sœur Rin :

-Ca m'emmerde ! Appelle-moi dès que tout commence à péter et que les gens se font tuer !

…Ouais, je suis une personne horrible.

Je pense que je suis plus comme Rin que je ne l'avais pensé.

Je ne sais pas si c'est une bonne ou mauvaise chose, ahahah.

Titanic est probablement le seul film que Miku et moi aimons regarder ensemble. Elle aime l'aspect romantique, et j'aime l'histoire. Elle pleure à la fin, tandis que moi, j'ai envie de faire une dance du scalp. On l'aime pour de différentes raisons, mais c'est pas grave. Je pense que nous avons vu ce film treize ou quatorze fois ensemble.

…Ah, les bons souvenirs.

Whoa, je ne voulais pas me remémorer ça.

J'espère seulement que je ne t'ennuie pas.

Quoi qu'il en soit…

Ahem.

En dépit de ma jalousie initiale envers Miku et Luka, j'étais heureux pour elles. J'aimais bien Luka- vraiment (même si je devais tout de même me craquer le cou pour la regarder dans les yeux, jusqu'à ce que ça fasse mal). Après avoir fait du shopping (ce qui était surtout Miku qui se collait contre le bras de Luka, pour la traîner un peu partout, tandis que Luka soupirait et essayait de prétendre que ça la dérangeait- ce qui est complètement faux, puisqu'elle appréciait la proximité), nous sommes tous trois partis dans un petit café pour parler. Miku s'est assise à côté de Luka, bien plus près que ça ne soit nécessaire- et à chaque fois que Luka tournait la tête pour regarder Miku, le visage de cette dernière devenait tout rouge.

Luka est plutôt calme, comme moi- mais je pense qu'elle était surtout timide, même si elle souriait. Peut-être qu'elle était embarrassée à cause de Miku qui était très collante- mais elle n'a jamais repoussé Miku, ou cassé Miku. Elle riait, seulement.

Luka a un joli rire.

Et Luka semblait rire beaucoup auprès de Miku.

D'après Miku, Luka était une étudiante en art à l'université locale- elle avait environ trois ans de plus que nous. Ca m'a fait me sentir juste un petit peu mieux à propos de la taille de Luka. Miku disait qu'elle avait rencontré Luka quelques mois auparavant dans un parc. Luka dessinait quelque chose, et Miku- curieuse personne- avait essayait très- peu- subtilement de voir ce qu'elle dessinait.

C'était une fille.

Une fille avec de longs cheveux turquoise attachés en deux couettes.

-C-c'était moi ! s'est exclamée Miku- et je n'ai pu m'empêcher de sourire en voyant à quel point les deux étaient adorablement gênées.

-C-c'était embarrassant, a dit Luka, en piquant la joue de Miku avec sa paille rouge. Je ne voulais pas que tu voies, parce que j'avais l'impression d'être bizarre…C-comme un harceleur ou un truc du genre, parce que, dessiner un dessin de toi…E-et le dessin n'était même pas bien pas vraiment. Et puis- tu étais si enthousiaste après- tout le monde me fixait…

-Pardon~ J'étais juste...tellement flattée ! Personne ne m'a jamais dessinée…a dit Miku, en souriant- tout en enroulant une mèche de ses cheveux turquoise autour de son doigt.

-Eh-eh bien, tu étais...commença Luka- mais sa voix s'effaça dans le bruit.

Je dois admettre que j'étais curieux. Il y avait un large nombre de choses que l'on pouvait insérer à la suite de cette phrase.

-Tu étais la personne la plus étrange là, peut-être ?

P-pas que Miku agit « étrangement ». Elle est parfaitement normale- si l'on omet ses cheveux incroyablement longs. J'aime juste embêter Miku. C'est drôle de voir les différents tons de couleur rouge que peut prendre son visage.

Tu devrais vraiment essayer.

C'est apaisant.

-J'étais… ? J'étais… ? a demandé Miku, sa voix devenant de plus en plus impatiente, tandis qu'elle tirait légèrement la manche de Luka.

-T-tu étais…pausa la fille aux cheveux roses, en regardant ses pieds.

C'était assez déroutant.

Luka semblait une personne très confidente et sûre de soi. Je veux dire, une fille qui met des talons hauts de cette taille doit être confiante de soi- assurée qu'elle ne va pas trébucher et tomber au beau milieu de la rue.

Luka était le genre de personne qui attirait l'attention simplement en étant dans une pièce. Sa taille devait avoir un lien avec ça c'était juste colossal !

Okay…

Oui, bon, peut-être que « colossal » est exagéré.

Je suis toujours un peu amer au sujet de ma taille.

Haha.

Les plaisanteries de Rin, décidément, me suivront partout.

T-tu dis que je suis parfait comme je suis ?

Ahahaha- merci.

O-oh, quoiqu'il en soit.

Luka semblait être une personne très sûre de soi spécialement considéré son léger gilet, sa minijupe et ses talons hauts. Je sais que ce n'est pas bien de juger les gens à leurs habits, mais les habits peuvent en dire long sur leurs propriétaires. Pourquoi penses-tu que je porte de grands hauts à manches longues ?

C-ce n'est pas que je suis en train de dire que tous ceux qui portent des hauts à manches longues sont…

E-enfin, t'as compris, quoi.

Tout de même, c'était…surprenant- presque « mignon »- de voir la mature, sophistiquée et bien élevée Megurine Luka devenir toute rouge.

-T-tu…étais la plus jolie personne là…et tu as attiré mon attention…C'-c'est tout ! a finalement admis Luka- pour plier court aux demandes de Miku.

A la seconde après qu'elle ait déclaré ceci, gênée, Luka a baissé la tête pour prendre une gorgée de son thé glacé- mais c'était pour cacher son visage, je pense.

C'était…

C'était trop mignon.

Inattendu, mais adorable.

Miku a rigolé, et ensuite- une forme d' « amour » qui venait droit d'un film guimauve- elle a donné à Luka un rapide bisou sur la joue.

Ouais.

Elles étaient définitivement amoureuses- je peux te le dire. Si elles étaient des personnages de jeux vidéo, des petits cœurs roses volèteraient tout autour de leur tête, et les mêmes petits cœurs ponctueraient chaque phrase qui sortait de la bouche de Miku.

On aurait vraiment dit des personnages d'un film, je te jure. Je pensais que l' « amour » existait seulement dans les contes de fées- et Miku elle-même parlait de comment leur amitié était un conte de fée comme si elle était une héroïne qui avait été emmenée sur un cheval blanc par son véritable vrai amour.

Luka était très gênée, et occasionnellement ponctuait les mots de Miku avec :

-Euh, je pense mais…

Et :

-C-ce n'était pas comme ça…

Ou :

-Ne donne pas à ton ami une mauvaise image de moi…

Awwww. J'avais envie de tapoter Luka sur la tête (même si nous n'étions pas encore assez proches pour cela- et j'aurais probablement eu l'air terrifiant si je l'avais fait pour de vrai).

Miku est vraiment une très gentille fille, mais elle peut parler pendant des heures et des heures sur des sujets qu'elle aime vraiment. Je l'ai compris au tendre âge de cinq ans, quand Miku m'a coincé dans le bac à sable pour me donner une très longue et très détaillée description de son chat, « Miaou-chan » (un nom…inspiré). Tu dois apprendre à fermer la bouche de Miku avant qu'elle ne te fasse saigner des oreilles. J'ai deviné que Luka n'avait pas encore appris à « fermer la bouche de Miku »- ou alors elle était trop polie pour intervenir- parce qu'elle laissait Miku parler et parler et parler et parler.

A la fin, j'ai laissé l'ancien moi forcer Miku à changer de sujet pour en toucher à d'autres, un peu plus neutres de comment gentille peut être Luka parfois. Cette dernière m'a donné un petit, très gentil sourire (soulagé ?) et j'ai hoché la tête- avant de lui sourire en retour.

Je pense qu'elle m'aimait bien.

Je pense.

Nous n'étions pas encore assez proches pour que je puisse lui tapoter la tête, pas comme avec Miku.

Nous étions tous trois en train de parler musique (Luka aimait beaucoup de groupes que j'aimais également) quand la sonnerie du téléphone de Luka nous a interrompus. Sa sonnerie était une surprise, également. Elle parlait avec excitation de groupes de métal qu'elle aimait énormément (même si elle avait apparemment un goût prononcé pour la musique classique, aussi, et qu'elle jouait du violon depuis quatre ans)- mais sa sonnerie était étrangement familière avec une pub à la télévision que j'avais entendu plus que plusieurs fois.

Peut-être que tu connais cette chanson, toi aussi.

C'est très loin du death métal, tu vois. C'est…Je ne vais pas la chanter, mais…

Ahem.

-Tu aimes le jus de légumes, n'est-ce-pas ? J'ai décidé que tu le devais, maintenant-

Ouais, tu connais !

Tout le monde la connaît. C'est cette pub qui passe tout le temps, avec une fille qui ressemble bizarrement à Miku en chantant…en souhaitant une mort sanglante pour tous ceux qui n'aiment pas son jus de fruits/légumes, je suppose. En fait…c'est vraiment une pub flippante.

Désolé. Ce n'est pas à moi de juger les publicités. Ignore cela.

A chaque fois que ça passe à la télé, Rin commence à danser et à chanter tout le long pendant vingt secondes, ce qui gâche l'écran- juste parce que c'est entraînant.

Je connais la danse, aussi.

Tout le monde.

Même toi, hein ?

Ta fille aime vraiment cette pub ?

Tu en as marre de l'entendre ?

Hahahaha- je peux comprendre ce que tu veux dire par là ! C'est irritablement entraînant !

Luka, mortifiée d'embarras (ce qui est complètement compréhensible) a essayé de feutrer la chanson qui animait le café. Je ne pense pas que ça aille avec l'image de Luka. Je savais, par contre, grâce au sourire honteux de Miku, qu'elle était la cause de cette sonnerie inappropriée.

Miku avait dû tripoter le téléphone de Luka quand celle-ci tournait le dos.

Une vraie ninja.

En tout cas, Luka s'est excusée après le court appel téléphonique. Elle a dit qu'elle était vraiment désolée, mais qu'elle devait partir- quelque chose à propos de son stupide colocataire Gakupo qui avait perdu la clé de leur appartement, alors pouvait-elle gentiment venir et le laisser entrer ?

Luka m'a donné un petit sourire et m'a dit quelque chose comme :

-C'était sympa de te rencontrer, Len.

(C'était une personne vraiment polie) et ensuite Luka s'est tournée vers Miku. Elle semblait…confuse, pendant quelques secondes, presque nerveuse- juste avant de dire « oh, et puis merde », de se baisser, d'effleurer du bout des doigts la joue de mon amie, et de déposer un rapide baiser sur les lèvres de Miku.

Quand elle fût partie, beaucoup de têtes se sont tournées vers elle- puisqu'elle était indéniablement jolie- le silence s'installa alors entre Miku et moi. Le bruit et les bavardages des autres personnes dans le café nous entouraient et Miku, assise là, le visage rouge et un stupide sourire étirant le coin de ses lèvres, sirotait son jus de légumes à moitié fini dans ses mains.

-L…Luka est- est m-ma…pet-petite…am-am… commença-t-elle- sa voix aussi cassée que l'assiette que Rin avait fait tomber la nuit dernière.

J'ai dû terminer le mot « amie » à sa place- et elle a hoché la tête, l'air étrangement soulagée.

Les longs doigts de Miku agrippaient son verre de jus de légumes (quelque chose de dégoûtant, quoi qu'en dise la publicité. Tout le monde sait que les pubs sont des fabrications complètes pour attirer tes instincts basiques et te faire acheter des trucs inutiles dont tu n'as pas besoin) si fort que ses jointures blanchissaient, et je pensais sérieusement qu'elle pouvait briser le verre en morceaux. Miku, en dépit de son apparence frêle, était plutôt forte. Pas aussi forte que Rin- mais ayant reçu quelques un de ses lourds punchs (sûrement parce que je la taquinais trop- Miku n'était pas vraiment violente, et je méritais tous les uppercuts et pichenettes qu'elle me donnait), mais c'était plutôt douloureux. Je n'avais aucun doute sur le fait que Miku pouvait détruire ce verre entre ses doigts si elle le voulait- et elle semblait déterminée à le faire.

-Hé, arrête ça, ai-je dit, essayant de retirer le verre de sa poigne de fer.

Miku m'a surpris, tout de même. Elle a libéré le verre presque immédiatement, elle a même failli le faire tomber- pour ensuite agripper mon poignet avec la même force à briser les os.

J'étais un peu inquiet à l'idée qu'elle pouvait me briser moi.

Si Miku était aussi âpre avec Luka au lit, les perspectives artistiques et musicales de Luka pouvaient être sérieusement endommagées.

D-d'accord, je suis désolé- je suis un peu pervers là.

Je ne peux pas m'en empêcher.

Les lesbiennes sont excitantes- n'importe quel mec vous le dira.

Même si l'une d'entre elles est ma meilleure amie déjantée aux cheveux turquoise.

…Bon sang, je suis dégueulasse.

Miku m'a regardé attentivement, les yeux écarquillés, son expression complètement sérieuse.

-T-tu ne penses pas que c'est…bizarre ? a demandé Miku, sa voix qui baissait de volume.

-Oui. Je pense que tu es très bizarre. Tu l'as toujours été, ai-je gentiment plaisanté. Je veux dire, je savais que j'étais cruel- mais Miku me faisait mal.

-J…je veux dire…à propos…à propos de Luka… a-t-elle clarifié, le visage rouge d'embarrassement.

Honnêtement, je pense que ses joues sont devenues soixante-dix pour cent plus rouge que d'ordinaire- et je ne pense pas que ce soit bon pour sa santé. Je ne pouvais m'empêcher de me demander si elle était capable d'exploser si je la taquinais encore plus- mais, finalement, j'ai décidé de ne pas le faire.

C'aurait été méchant.

Et je n'étais pas aussi cruel.

-Ce n'est pas bizarre. Ce n'est pas du tout bizarre, l'ai-je rassurée.

Miku m'a regardé, soulagée, comme si elle s'attendait à…je ne sais pas. Que je lui jette le verre de jus de légumes sur le visage. Peut-être qu'elle s'attendait à quelque chose de dramatique après sa confession- mais, pour être parfaitement honnête, je ne suis pas le genre de personne qui jette des verres au visage.

Je n'aime vraiment pas faire de scène.

-V…vraiment ? a-t-elle demandé.

-Vraiment. J'veux dire, tu pourrais être amoureuse d'une plante verte que je m'en ficherais. Tu seras toujours la même fille bizarre au nez tordu pour moi, j'ai dit, en souriant narquoisement.

-M…mon nez n'est pas tordu ! s'est-elle exclamée, en claquant ses doigts sur son nez, juste pour être sûre- et cela nous a fait rire.

Rire faisait du bien.

Ca dissipait la tension, d'une certaine manière.

-Je…j-je pensais que tu…trouverais ça étrange…C-c'est étrange, pas vrai ? a-t-elle continué, une fois que son traumatisme sur son nez fût passé.

-Pas du tout, je te promets. Tu peux aimer qui tu veux, et ça ne te changerait pas. Que tu soies amoureuse de Luka ne fait pas de toi une personne différente- c'est juste… que ça s'ajoute à ton Hatsune Miku'ttitude. En-enfin, si tu vois ce que je veux dire, ai-je répondu, utilisant mes « grands pouvoirs d'éloquence ».

Miku a pouffé de rire, et a essayé de me pincer la joue- et a failli faire tomber son jus de légumes encore une fois. Je pense que le soulagement la rendait maladroite; j'ai dû prendre le pauvre verre et le pousser au bout de la table, le plus loin possible des bras en coton de Miku.

-Tu n'es pas doué pour les discours, Len. Tu es adorable- mais t'es vraiment nul pour expliquer les choses, a-t-elle dit.

-Oh, d'accord. Insulte-moi. Insulte-moi lorsque j'essaye de te consoler, ai-je rétorqué en roulant mes yeux.

Miku s'est excusée, toujours en souriant.

-Depuis combien de temps est-tu avec Luka, du coup ? lui ai-je demandé.

Miku a tapoté sa lèvre inférieure avec son doigt et a regardé autour de café, calculant. Elle m'a dit que ça faisait environ deux mois- mais elle n'était pas vraiment sûre.

-Le temps passe si vite quand je suis avec Luka ! s'est-elle exclamée, sans aucune trace d'ironie dans la voix.

Beurkkkk.

Pendant combien de temps Miku avait-elle attendu d'utiliser ces répliques clichées- qui venaient, sans aucun doute, d'un livre à l'eau de rose ?

Il me fallait mimer quelqu'un en train de vomir, à ce moment.

Je le devais.

J'espère que tu comprends.

Miku m'a pincé la joue, encore, et a dit que…je ne sais pas, que j'étais :

-Une personne sans cœur qui ne comprend rien à l'amour, le vrai !

Et j'ai probablement répondu quelque chose de sans-cœur encore, et l'instant d'après nous étions en train de nous chamailler encore.

-Pourquoi ne m'as-tu rien dis, à propos de Luka auparavant ? Je croyais que tu me faisais « confiance » ? ai-je sifflé, mes doigts mimant des guillemets.

« Confiance ».

-Je te fais confiance, m'a-t-elle répondu.

Elle s'était calmée rapidement après cette question- en regardant ses pieds, triturant ses doigts ensemble. Sa voix n'était pas plus forte qu'un chuchotement quand elle a admis :

-Je…j'avais peur.

-Je fais peur ? Ce n'est pas comme si j'avais deux têtes ou quelque chose comme ça, ai-je tenté.

-Je sais…c'est juste…Q-que depuis toujours…L-les garçons…J-je les entendais parler de moi- et je les voyais me regarder…disaient que j'étais jolie…M-mais…Pas les filles. Jamais les filles. A-alors j'ai pensé que j-je n'étais pas normale…a-t-elle murmuré, le visage rouge.

Miku et moi avons commencé à parler gentiment, de choses facilement prévisible comme « il faut toujours rester soi-même ! » (Ouais. De bons rires, pour cette journée) et « c'est bon, ça va, ce n'est pas bizarre » (et j'ai dû répéter cela énormément, pour que Miku garde le sourire). Tu peux toi-même t'imaginer comment s'est déroulée la conversation, mais je n'ai pas envie d'en parler.

C'est privé.

De plus, je suis un peu gaga sur Miku, ces derniers temps.

Et c'est embarrassant.

C-ce n'est pas étrange ?

J-je t'ai parlé de tout à propos de Tei…et Rin…E-et pourtant, je me sens encore plus mal à l'aide quand je te parle de ça…

Pourquoi c'est comme ça ?

E-en plus, « ce » sujet est bien plus à propos de Miku que sur moi. Ce n'est pas vraiment à moi de partager ces informations. J-je n'aurais pas dû, d'ailleurs, ce n'était pas important.

Mais en fait, ça l'est.

J-je suis désolé d'avoir dit ton secret, Miku.

Miku m'a expliqué qu'elle me l'aurait dit tôt ou tard- mais qu'elle avait peur. Peur d'être rejetée, je suppose et ça lui aurait brisé le cœur. Elle me disait qu'elle était désolée d'avoir été si distante récemment- mais qu'elle avait beaucoup de choses sur le cœur, et qu'elle n'était pas sûre d'avoir pu m'expliquer.

J'ai dit que c'était pas grave.

Après tout, j'avais été « distant », moi aussi- trop occupé par mes propres problèmes.

Mais, après notre conversation dans la cafétéria, quand Miku m'a dit qu'elle me faisait « confiance », Miku a réalisé à quel point elle le pensait. Vraiment. Et c'est pour cela qu'elle voulait me présenter Luka.

-J-j'avais un peu peur…M-mais j'étais sûre que tu me soutiendrais. C-c'est ce que font les amis, pas vrai ? a dit Miku, souriant si innocemment, si naïvement, que j'ai compris que Miku ne savait rien sur la manière dont les êtres humains fonctionnaient vraiment.

Mais, là encore…

J'étais heureux qu'elle n'en sache rien.

Si pour Miku être naïf était être heureux…

Alors c'était la seule chose qui comptait pour moi.

Miku méritait d'être heureuse.

Miku et moi étions assis dans un café, l'odeur réconfortante de café, de miel et de gâteaux embaumant l'air. Tous les deux, nous avions un talent bizarre de nous asseoir toujours dans des endroits bondés et que l'on soit toujours isolés- parce que le café était en forme de « L », et notre table était au coin du « L ». La plupart des gens étaient assis vers l'entrée- mais Miku et moi étions séparés d'eux. La seule chose qui indiquait leur présence était leurs légers bavardages- mais leur voix étaient si loin, et nous n'y faisions même pas attention, quoi qu'ils puissent dire, dans un autre langage d'un autre univers.

Le fait que Miku et moi ayons cette capacité, celle de trouver les coins les plus silencieux qui existent pour nous cacher des gens montraient qu'elle et moi étions des personnes timides.

Qui se ressemble s'assemble.

Miku souriait durant toute la conversation- et on aurait dit que ses yeux s'humidifiaient, mais ça devait sûrement être un jeu de lumière. Peut-être que je voyais des choses.

-Merci, Len…Tu es… si gentil. J'ai- j'ai été stupide de douter de toi, a-t-elle dit.

J'ai ri, tout en tirant une de ses longues couettes- une habitude que j'avais développée depuis le jardin d'enfants. Miku était une enfant un peu capricieuse (je ne sais pas si a changé, aujourd'hui) et elle me volait fréquemment mon dinosaure en plastique. La seule manière d'arrêter son règne tyrannique était de lui tirer les cheveux- et je suppose que c'est resté dans ma mémoire, même si nous avons grandi de plus en plus proches.

-C'est stupide de ta part d'avoir douté de moi, j'ai dit. Mais je te pardonne.

-M…merci…S-si tu m'avais rejetée…J-je ne sais pas ce que j'aurais fait, a-t-elle répondu.

J'ai vite réalisé que cette singulière brillance dans ses yeux n'était pas un jeu de lumière- parce que, quelques secondes plus tard, Miku a commencé à pleurer- de grosses larmes coulaient tout le long de ses joues sans qu'elle ne tente de les essuyer.

Je ne suis même pas sûr qu'elle ait réalisé qu'elle pleurait.

Mais, alors que je me moquais d'elle et que je tamponnais ses larmes avec la nappe, je…me suis souvenu de quelque chose.

Tei.

Tei, me regardant avec ses yeux plein d'espoir et de confiance.

Et j'avais trahi cette confiance.

Je l'ai…

Je l'ai tuée.

Je l'ai moi-même poussée sous la voiture.

Mais Miku était différente.

Miku pleurait, bien sûr- mais je pense que c'était plus des larmes de soulagement qu'autre chose et, alors que ses yeux s'écarquillaient (elle réalisait, je suppose, que ses larmes roulaient sur ses joues et gouttaient sur la table), elle a doucement commencé à rire. A travers ses larmes, et en dépit de sa confusion initiale- la peur d'être rejetée- Miku riait.

Je…

Je pense que j'ai dû l'aider- simplement en étant là.

Simplement en écoutant ses peurs et en la consolant sans m'enfuir.

S'enfuir ne résolvait pas tout.

Et, tandis que Miku et moi étions assis ensemble, en riant- en riant vraiment (je ne pense pas que j'aurais pu faire semblant)- j'ai commencé à réaliser quelque chose.

Je n'avais pas été capable de sauver Tei.

Mais ça ne faisait pas de moi une mauvaise personne.

Miku ne pensait pas que j'étais une mauvaise personne.

Et…

Je ne pouvais continuer à fuir mes problèmes.

Je ne pouvais leur tourner le dos et les purger avec ma douleur quand personne ne me voyait.

Je me devais de confronter ma propre peur, comme Miku.

Ensuite…

Ensuite je serais capable de sourire aussi joyeusement que Miku.

Je devais en parler à Rin.

Il le fallait.

C'était le seul moyen d'avancer.

C'était le seul moyen que j'avais pour grandir.

Et donc, grâce à Hatsune Miku et Megurine Luka, un autre domino est tombé.

Et la réaction en chaîne a commencé.

Le début de la fin ?

Je suppose que tu peux appeler ça comme ça.

Miku et Luka étaient… « destinées » pour le bonheur, je pense.

Mais certains ne le sont pas.

Et…

Je n'avais toujours pas saisi cela.

M-mais…

Je comprends très bien maintenant.

Vraiment.


A/N : J'aime ~vraiment~ ce chapitre XD; je pense que c'est celui-là mon préféré dans toute la fic. J'ai essayé de faire ça réaliste, comme la scène de la bibliothèque dans le chapitre 2. Et (le choc !) ce n'est pas Len malheureux ici seulement. Je pense que ça lui donne un peu plus de personnalité. Comme si c'était la personne qu'il aurait pu être si ça vie ne craignait pas autant.

Et ouais, /des trucs/ sont arrivés. Trucs qui mèneront à d'autres trucs :O des trucs importants !

Attendez-vous à plus de Rin.

Gah j'ai vraiment envie d'écrire :3

Fsssh j'ai toujours ce complexe de ne pouvoir écrire sur les personnages secondaires, comme Neru ou Luka, à cause de la limitation avec la narration à la première personne XD Len ne peut donner des informations qu'il ne connaît pas après tout.

J'crois que je vais faire un p'tit one-shot pour explorer les autres personnages à la fin de la fic...

~renahhchen xoxo


T/N : J'écris la note avec une bro'. Si vous la connaissez pas, c'est Tsuki_Munemiya sur le site. Elle a pas écrit mais ozef.

Bref, j'suis désolée Sarabeka ;w; ce chapitre j'espère qu'il te remontera le moral, après tout, il est bien plus léger (et plus heureux, pas vrai). Ensuite, à Nemeseia : qui te dit que ça n'aura pas de happy end ? ;D

Et puis Vanille Cup, ton "Juste terrible" m'a bouleversée, et je crois que toi aussi.

Crotte, maintenant je me sens coupable d'avoir traduit ça... Je vais déprimer tous ceux qui fréquentent la section Vocaloid ;w; SHAME ON ME.

~Paru-ch4n