For a Sick Boy

Chapitre onze :

Epilogue

"To a Sick Boy"


-Hé, Hiyama.

Hiyama Kiyoteru leva les yeux de son bloc-notes, surpris. Le cahier devant lui était couvert de stylo bleu et de bavures- et l'encre était ensuite passée au noir- sans doute parce que son stylo bleu ne marchait plus. Ce n'était pas particulièrement important. Hiyama Kiyoteru était une personne bien organisée, et il gardait toujours quelques stylos, environ trois, dans la poche intérieure de son manteau sophistiqué.

Tout à propos d'Hiyama Kiyoteru criait « strict », depuis la netteté de ses cheveux noirs jusqu'à ses chaussures immaculées. Même ses notes étaient sans fautes, en dépit du fait que la couleur changeait soudainement. Ses papiers étaient couverts d'une écriture indiscutablement fine; des mots comme « maniaco-dépressif » et « auto mutilation » et « tentative d'assassinat » revenant souvent sur les pages.

Kiyoteru avait griffonné (Hiyama Kiyoteru ne « gribouille » pas, il griffonne) ses notes sans interruption dans le coin d'un petit café. Une tasse de thé intacte, glacée, montrant depuis combien de temps il s'était assis là à écrire. Il commençait à faire nuit dehors, même s'il était seulement quatre heures de l'après-midi- ce qui était assez compréhensif, étant donné que février approchait.

Hiyama Kiyoteru aimait le mois de février. Beaucoup de gens n'étaient pas d'accord; ils clamaient que c'était une saison « ennuyante », passé Noël et pas encore le printemps. Kiyoteru, lui, trouvait qu'elle était une saison paisible.

La femme qui avait appelé le nom de famille de Kiyoteru- et, en conséquence, l'avait extirpé de sa rêverie induite au travail- était une femme plutôt attractive avec de longs cheveux blancs. Elle portait un manteau noir et un pull-over blanc; un pull que Kiyoteru lui avait acheté pour Noël.

Son nom était Miriam Stockley.

-Vous n'avez pas besoin de m'appeler « Hiyama », dit Kiyoteru, tout en regardant Miriam enlever son manteau de ses épaules et- sans vraiment être invitée- s'asseoir en face de lui. On se connaît depuis assez longtemps déjà.

-Je suppose- mais c'est strictement une rencontre d'affaires, Hiyama, répondit Miriam, souriant malicieusement. Tu ne veux pas mélanger vie privée et professionnelle, pas vrai ?

-N-non…corrigea Kiyoteru en rougissant.

-Brave homme.

Miriam avait…un effet étrange sur lui. Elle le faisait se sentir enfant- aussi jeune que sa petite Yuki.

Il y avait quelque chose d'incroyablement déroutant à propos de Miss Miriam Stockley.

Miriam appela une serveuse- une jolie fille aux cheveux rouges avec un visage adorable- et commanda une tasse de…quelque chose- ou autre. Kiyoteru ne savait pas ce que Miriam aimait boire; elle était si spécifique, et la moitié de ce qui était sorti de sa bouche n'avait pas l'air japonais.

Eh bien, ce n'était pas étonnant, étant donné qu'elle était anglaise.

Kiyoteru n'aimait boire rien d'autre que du café noir ou du thé Earl Grey. Autre chose aurait semblé…excessif.

Miriam était différente, pourtant.

Miriam et Kiyoteru parlèrent paresseusement pendant quelques minutes de Yuki et de comment ça se passait pour elle à l'école. Miriam avait bien dit que c'était une rencontre « d'affaires »- mais Yuki était, en citant Miriam, « simplement trop adorable pour qu'on ne parle pas d'elle ».

Finalement, la tasse de…quelque chose…de Miriam arriva. Miriam souffla un instant sur le liquide couleur miel avant de le boire et, quand elle eut fini, elle repoussa la tasse et croisa les mains.

-Maintenant, discutons de notre cas récent. As-tu eu une progression avec L ?

Miriam se référait, bien sûr, à Kagamine Len. En public, la paire ne pouvait parler en grands détails de leur « cas » c'était, après tout, privé. Kagamine Len s'était confié à Hiyama Kiyoteru, le réputé psychologue infantile, et il aurait été contraire au code professionnel pour Kiyoteru de diffuser au monde entier les pensées du jeune garçon. Il pouvait, en revanche, en parler à Miriam. Miriam était un membre du NPA- la police japonaise et, étant donné la nature du cas Kagamine, la police travaillait étroitement avec Kiyoteru pour apporter au cas Kagamine une classification satisfaisante.

Kiyoteru soupira et enleva ses lunettes, pour les nettoyer légèrement. Kiyoteru n'avait pas besoin de nettoyer ses verres; il n'y avait aucune trace. C'était une habitude qu'il avait, il essayait d'occuper ses mains tandis qu'il tentait d'arranger ses pensées.

Et Hiyama avait énormément travaillé sur Kagamine Len. Son carnet le montrait clairement.

-Oh…

Le visage souriant de Miriam se décomposa, et elle fronça les sourcils.

-Pas de chance, hein ?

-Il est incroyablement têtu, dit Kiyoteru. Je lui ai demandé de me raconter ce qui s'est passé de nombreuses fois, et il me donne toujours la même histoire. Je ne pense pas que ce ne soit pas vrai- mais les détails ne collaboreraient pas avec les faits matériels.

-C'est-à-dire ?

-L dit que R a fait amende honorable. Rien ne cloche. Toutefois…

Kiyoteru sortit son fidèle stylo bille noir (un stylo qu'il avait depuis un an, et qui avait toujours de l'encre- pas comme ce traitre de stylo bleu) et griffonna rapidement une petite note sur le mouchoir en papier de Miriam.

On pouvait lire :

« L'histoire de L n'explique pas pourquoi R a terminé à l'hôpital avec des brûlures au troisième degré ».

La bouche de Miriam s'ouvrit en un petit « o » et elle hocha la tête- en passant ses mains sans ses cheveux argentés.

-Il n'a pas changé de discours ?

-Non. C'est toujours la même chose, répondit Kiyoteru. En fait, à ce stade…

Kiyoteru reprit le mouchoir en papier, et son stylo glissa.

« Je ne pense pas que L est conscient de ce qu'il a fait. Il raconte l'histoire exactement comme il pense qu'elle est- et pour lui, je pense que c'est vrai. »

-Le déni ? demanda Miriam.

-Peut-être. C'est évidemment sûr qu'il a de profonds problèmes psychologiques.

Miriam sourit- mais ce n'était pas un sourire cruel, ou un railleur. Il était triste. Sombre.

-Je t'aurais dit la même chose et je ne suis même pas psychologue, murmura Miriam. Pourquoi te payent-ils, Hiyama ? Est-ce que tu t'assoies simplement dans ton superbe bureau et dans ton superbe costume, buvant ton café noir et pensant « je pense que cette personne a, en théorie, un problème » ? Je peux faire ton boulot. Je peux faire ton boulot les yeux fermés.

-J'ai bien peur que je ne puisse intimider mes patients pour obtenir des informations; il y a des lois contre ça, dit Kiyoteru- secouant la tête. Je crois que ce cas requiert une approche plus délicate, Miss Stockley.

-Mais tu as déjà utilisé une approche délicate, rétorqua Miriam. Et ça ne marche pas. Apparemment tu n'as pas la version complète de l'histoire.

-Je ne vois pas en quoi interroger plus loin L changera quelque chose. Il est catégoriquement sûr et certain que son histoire est vraie. En fait…

Kiyoteru n'eut pas le temps de reprendre le mouchoir, cette fois Miriam l'avait déjà poussé en dessous de ses doigts. Kiyoteru lui donna un petit sourire avant de commencer à écrire. Il écrivait rapidement et manquait d'espace, mais son écriture restait nette et propre.

« L ne semble même pas réaliser qu'il parle à un psychologue. Il n'y a aucun signe qui montre qu'il comprend ce qu'il a fait. »

Miriam émit un faible sifflement.

-C'est un cas sérieux de déni.

Kiyoteru hocha la tête.

-Eh bien, si ce que tu dis est correct, continua Miriam, et je n'ai aucun doute de pourquoi ça ne le serait pas, étant donné que tu es un expert sur ce terrain-là- alors peut-être…peut-être que questionner L ne va pas faire avancer l'enquête.

-Mir- J-je veux dire, Miss Stockley, se corrigea Kiyoteru, c-cette fille est pour lui un traumatisme profond. Vous n'êtes pas en train de suggérer que nous devions lui rouvrir d'anciennes blessures ?

-Si. C'étaient dans nos atouts depuis un long moment. Hiyama, ce garçon est détenu depuis quatre mois, et nous n'avons vu aucun développement ou changement dans son histoire.

-Je vois…dit Kiyoteru, tirant sa cravate- une autre habitude nerveuse. C-c'est un peu extrême, oui…M-mais c'est notre seule option si L refuse de, ou, pour une certaine raison, ne peut, raconter la vérité.

Miriam hocha la tête. Ses yeux étaient durs comme de l'acier.

-Nous devons parler à R en détails. Une enquête plus approfondie que la dernière fois, quand elle a refusé de divulguer les informations. Je me fiche de savoir si elle veut discuter avec la police ou non. Elle est sûrement la seule qui sait vraiment ce qui est arrivé.

Kagamine Rin.

Elle était la seule qui détenait la clé du mystère.

Et peut-être était-elle la seule qui savait ce que Kagamine Len avait vraiment fait.


The End


A/N : Ohohoho.

Combien d'entre vous on vu ça arriver ?

Je me sens vraiment mal de vous avoir donné un os, pour vous faire croire à un happy end, mais j'avais décidé dès le début que ça se finirait ainsi ;A; C'était une fatalité, étant donné que Len parlait à un psychologue, c'était sûr que quelque chose n'allait pas dès le début D: Je hais quand les livres/films/jeux ont une fin heureuse qui a été écrite à l'arrache, au dernier moment, bâclée, juste pour plaire. Et je ne voulais absolument pas que cela arrive à mon histoire.

Donc.

Combien d'entre vous arrivent à imaginer ce qui s'est vraiment passé ? :/

En attendant, je songe à écrire une histoire parallèle à partir du point de vue de Rin, mais je ne pense pas que cela puisse être intéressant (Rin n'est pas autant torturée que Len, ce ne serait pas marrant...) Non, j'imagine surtout quelque chose qui parlera de Neru. J'ai déjà écrit un chapitre de l'histoire, intitulée "For a Lost Girl". Cela vous plairait-il d'y jeter un oeil ? ^_^;; Si le temps et l'inspiration me le permettent, ça sortira le mois prochain.

Comme toujours, je suis extrêmement reconnaissante à tous ceux qui ont suivi et commenté cette histoire, les lecteurs français inclus- ^_^ Ca veut dire beaucoup pour moi, ça me touche énormément. Je vous remercie donc tous, et j'espère que cette fin horrible ne vous énervera pas ! ^_^; Merci !

~renahhchen xoxoxoxo


T/N : Nous y voilà donc, l'épilogue.

...Oui, je sais ce que vous allez dire, que je ne suis qu'une b*tarde, à vous donner de faux espoirs pour tout détruire en un instant...Et j'ai clairement menti ("Qui te dit qu'il n'y aura pas de happy end ?") mais je voulais que vous ayez le même sentiment que moi quand j'ai lu l'original.

La sensation que l'on tombe de haut.

Et- j'en suis sincèrement désolée. Néanmoins, j'espère que vous aimerez cette histoire tout autant que moi. Je m'excuse pour toutes les erreurs qui se sont dissimulées ici- cela passe par les points-virgules effacés, comme aux typos, et les petits mots oubliés.

EternalCarnival, oui, bien sûr que j'aime le KaiLen ! A vrai dire, j'aime tellement Vocaloid qu'aucun pairing ne me dérange. Je suis pour tout (vraiment, c'en est effrayant. J'ai déjà lu des Gumo/Zatsune, c'était assez drôle) Merci beaucoup de me complimenter sur ma traduction (je suis cependant d'accord à 200%, elle est loin d'être parfaite, et il y a bien trop d'erreurs. Je tâcherai de régler ça.) Erwana...Hmm. Rien à dire xD Ca va te déprimer, je sens. Même chose, Vanille Cup, Sarabeka, Miyuki... Ahaha. Hum. *secache*

Voilà voilà. Toujours est-il que "For a Lost Girl" n'est pas sorti, et je pense à l'écrire moi-même. (Oui, je vais écrire.) J'ai une nouvelle traduction en tête, amatrices de yaoi, ce sera du AkaiKuo (Akaito X Mikuo).

A plus o/

~Paru-ch4n