Note : Mes plus plates excuses pour cette publication tardive ! Entre un changement inattendu au boulot et un Tony Stark encore moins coopératif que prévu, je n'ai pas trouvé le temps d'écrire comme je le souhaitais. On arrive malgré tout vers la conclusion, encore deux chapitres et je pense que je pourrai taper le mot 'fin'.:)

8. Total eclipse of the heart

Il a passé toute la nuit sur la plage, les orteils enfoncés dans le sable tiède et les oreilles vibrant du fracas des vagues. Assis face à l'océan, il a contemplé la voûte céleste piquetée d'étoiles puis le lever glorieux du soleil, dans une explosion d'or, de pourpre et d'azur.

Steve a eu tout le loisir de réfléchir à sa situation. À ce monde après lequel il court pour tenter de combler le temps qui les sépare. À cette vie qui n'a de cesse de lui échapper, quand elle ne l'entraîne pas malgré lui vers des sentiers effrayants et inconnus ‒ alors pour se rassurer il s'investit totalement dans son rôle de sauveur du monde et se raccroche aux ordres qui lui sont donnés.

Il songe aux amis qu'il s'est trouvés, ou plutôt qui l'ont trouvé. Si différents des autres mais tellement proches de lui. Ils forment une petite équipe étrange, dotée de bizarreries et d'excès en tous genres. Et contre toute attente, leur alchimie fonctionne : le dieu s'humanise peu à peu, le monstre maîtrise sa colère, l'esprit mille fois brisé panse ses blessures, la solitaire apprend à faire confiance, et le génie finit par s'assagir.

Du moins Steve le croyait-il. Mais il doit se rendre à l'évidence, Tony n'a jamais eu l'intention de se montrer sérieux à son égard : il s'est joué de lui, s'est amusé de son naïf attachement pour sa très narcissique personne, a foulé avec mépris ses sentiments trop purs et son cœur trop tendre.

Une boule se forme dans sa poitrine, un picotement suspicieux lui brûle les yeux. Oh non, pas question de pleurer sur son sort ! Interdiction de fondre en larmes à cause de l'odieux Stark ! Seigneur, il n'est tout de même pas pathétique à ce point… si ? Il tente de contrôler sa respiration et laisse échapper un involontaire sanglot, qu'il étouffe aussitôt en cachant son visage contre ses genoux repliés.

Autour de lui, la journée reprend son cours. Des joggeurs matinaux arpentent les allées qui longent la plage. Les surfeurs enduisent leur planche de cire avant de profiter des premières vagues. L'ambiance est encore très calme, presque endormie, et personne ne prête attention au blond qui lutte de toutes ses forces pour ne pas sombrer dans le désespoir. Personne, sauf un immense gaillard aux allures de Californien baba-cool qui se dirige vers lui à grandes enjambées.

« Capitaine Rogers ! » s'exclame Thor en le saluant d'un ample mouvement de bras.

Steve lui lance un regard embarrassé, renifle discrètement et fait mine de se lever pour l'accueillir. Le dieu pose une main sur son épaule et se laisse choir à ses côtés.

« Je vous en prie. Profitons de cette magnifique aurore qui baigne le rivage de sa radieuse lumière. »

Le blond capitaine acquiesce faiblement, amusé malgré lui par les formules de Thor, qui semble toujours friand de haute voltige poétique.

Ils contemplent l'océan, côte à côte. Un instant de silence bienvenu, durant lequel Steve met de l'ordre dans ses pensées. Il tente de repousser dans un coin de son esprit l'image de Stark et le souvenir de ses paroles cruelles. En vain. Un pli se creuse entre ses sourcils tandis qu'il songe à ce que sa propre colère lui a fait dire. Les mots ont bien dépassé ses pensées, n'est-ce pas ? Il ferme les yeux. Captain America n'use d'aucun détour, même quand il s'agit de se mentir à lui-même. Il s'est montré volontairement blessant, a laissé éclater une jalousie qu'il ne se savait pas posséder.

Son regard dérive vers le dieu de la foudre. Déteste-t-il Thor pour avoir osé profiter d'un... moment d'égarement de la part de Tony ? Il se rend compte du ridicule de cette pensée au moment même où elle prend forme dans son cerveau. Il sait bien que ce n'était guère un baiser au sens « midgardien » du terme, Tony le lui a expliqué cent fois avant leur toute dernière mission et la dispute qui a suivi. Il l'a entendu, mais certainement pas écouté, trop confus, trop blessé qu'il était pour enregistrer les informations entrecoupées d'insultes et de reproches.

Déteste-t-il Thor... ?

Non. Impossible d'éprouver plus de quelques secondes une once de ressentiment envers ce géant débonnaire, qui se tourne vers lui avec un sourire aussi étincelant qu'une supernova.

« Je suis heureux de constater que nous demeurons en bons termes, capitaine, dit-il d'une voix grave comme un grondement de tonnerre.

— Ce n'est pas à vous que j'en veux, explique Steve avec un haussement d'épaule.

— Vos griefs concernent Tony Stark, renchérit Thor. Cela me peine de savoir que j'ai une part de responsabilité non négligeable dans l'argument qui vous oppose. »

Steve ne sait que répondre. Il ne veut pas accabler son camarade, mais il ne peut non plus dénigrer la douleur qu'il ressent à l'évocation voilée de ce maudit baiser. Et puis zut, c'étaient bien les lèvres de Thor qui se trouvaient sur celles de Tony, alors oui, il lui en veut un tout petit peu. Peut-être même beaucoup, parce que lui n'a jamais eu l'occasion d'aller jusque-là avec Tony, et ce n'est pas faute de n'y avoir jamais songé, bien au contraire.

À présent, il doit reconnaître que ses chances sont fortement compromises. À cause de Thor et de son ignorance des bienséances humaines. À cause de Tony qui n'a pas fait mine de le repousser, qui n'a même pas eu la décence de se montrer offusqué.

Et surtout à cause de lui-même, de son affection sans doute trop grande et trop candide, et de sa méfiance qui n'a d'égale que sa timidité.

Une large main se pose sur son épaule, le force sans difficulté à se tourner – Thor est un dieu, et tous les sérums du monde ne pourront jamais lutter à armes égales contre ce fait.

« Capitaine Rogers, se pourrait-il que je sois en mesure de favoriser votre réconciliation ?

— Je ne sais pas, soupire Steve d'un ton triste. Je ne crois pas...

— Ce que vous partagez avec l'homme de métal est bien trop précieux pour être ainsi perdu, qui plus est par ma faute.

— Thor...

— Et si je vous embrassais, capitaine ? propose le dieu avec un sérieux proprement terrifiant. Ainsi, Tony Stark et vous n'auriez plus rien à reprocher à l'autre ! »

Il se penche vers Steve, qui recule aussitôt avec effroi.

« Thor, non ! s'exclame-t-il en manquant perdre l'équilibre. Je... j'apprécie votre sollicitude, mais vraiment, ce n'est pas nécessaire d'aller jusque-là.

— Oh, fait l'autre, et Steve pourrait jurer qu'il vient de voir passer l'ombre d'une déception sur son visage. Je comprends. C'est un geste que vous préférez partager avec le seul Tony Stark.

— Hmm, marmonne-t-il, incapable de nier l'évidence. Malheureusement, c'est trop tard. »

Thor lui adresse alors un sourire indéfinissable, un sourire en coin qui lui rappelle celui du docteur Banner, mâtiné d'un soupçon calculateur façon Natasha Romanova et d'une pointe d'ironie à la manière de Clint Barton. Un curieux mélange, qui éveille chez Steve le sentiment qu'il vient juste de se faire débusquer comme un vulgaire lapin de Garenne.

« N'en croyez rien, mon bon capitaine. Et chassez donc vos regrets. S'il y a une chose que j'ai apprise de mon séjour en Midgard, c'est qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire. »

oOoOo

C'est sans surprise aucune que Bruce aperçoit la silhouette de Stark au milieu de son atelier. Les machines s'activent autour de lui, les écrans holographiques scintillent, les processeurs ronronnent tout en accomplissant des milliers de calculs sous la houlette de leur créateur. Aux marmonnements absorbés de Tony répond l'impeccable accent so British de JARVIS, qui s'empresse de signaler sa présence dès que Bruce compose le code d'accès au laboratoire.

« Je ne te dérange pas ? s'enquiert-il d'un ton poli et un peu las.

— Lorsque je t'ai invité à rester sous mon toit en disant fais comme chez toi, il fallait le prendre au pied de la lettre, grommelle Tony sans lever la tête. Je ne pensais pas devoir subir tes excuses chaque fois que tu entres dans une pièce.

— Si tu préfères que je me mette à l'aise comme Barton qui laisse traîner ses affaires sales un peu partout, ou comme Natasha qui s'est créé un périmètre sécurisé en truffant de pièges les abords de sa chambre…

— Soit, tes arguments valent les miens. »

Le milliardaire quitte des yeux le schéma en trois dimensions qui flotte au-dessus de sa table de travail et focalise son attention sur Bruce.

« Que me vaut le plaisir de ta visite, docteur ?

— Je suis venu te parler de Steve. »

Bruce a appris à connaître Tony au cours des semaines qui ont suivi son emménagement dans la Tour Stark et ses nombreuses dépendances (dont la villa de Malibu, et malgré ses réticences et son aspiration à la tranquillité il réalise qu'il s'est plutôt bien adapté à la débauche de luxe et d'innovations technologiques en tous genres – il commence même à apprécier JARVIS et son sens de la repartie hérité des meilleures plumes anglaises.) Il sait donc que les circonlocutions n'ont pas de prise sur son camarade et qu'une attaque frontale évitera de leur faire perdre leur temps à tous les deux, à défaut de voir Stark revenir à la raison.

Il sait aussi que Tony fuit les discussions sérieuses et les responsabilités comme une horde de rats quittant un navire en train de couler, aussi ne peut-il s'empêcher de soupirer lorsqu'il note le raidissement des lombaires et la crispation des mâchoires, signes évidents que Tony n'est absolument pas d'accord pour parler de Steve.

« Tu connais la sortie, Banner. Et tu m'excuseras si je ne te raccompagne pas pour te tenir la porte. »

Sur ces paroles, Tony lui tourne à nouveau le dos et fait mine de se replonger dans ses calculs.

« Tony… » appelle Bruce d'une voix légèrement contrariée.

Il espère que l'autre homme ne va pas jouer les têtes de mule comme il sait si bien le faire, et qu'il va lui laisser une chance d'exposer la panoplie d'arguments qu'il a mis au point avec Thor la nuit précédente. Il se demande si son acolyte aura rencontré plus de succès auprès du capitaine Rogers, et décide que oui, parce qu'au contraire de Tony qui peut se révéler plus insupportable qu'un adolescent en pleine crise hormonale, Steve pense et agit comme un véritable adulte, un peu innocent sur les bords, voire complètement à l'ouest dès qu'il s'agit de certains concepts propre à ce début du vingt-et-unième siècle, mais tout de même. Sacré veinard de Thor, il savait ce qu'il faisait quand il a laissé Bruce s'occuper de Stark.

« Tony, la situation n'a que trop duré, reprend-il en jetant un coup d'œil au capteur qu'il porte à son poignet.

— Quelle situation ? Il n'y a pas de situation.

— Bien sûr que si.

— Et même s'il y avait une situation, je ne vois pas en quoi cela vous regarde, toi et les trois autres. Vous croyez que vos messes basses passent inaperçues ? Grande nouvelle pour toi, mon vieux : tout ce qui se trame entre les murs de ma maison est forcément porté à ma connaissance. Dois-je te rappeler que la maison est JARVIS ?

— Pas vraiment, soupire Bruce, qui n'est jamais parvenu à se débarrasser de l'impression qu'il participe à la toute dernière version de l'émission Big Brother.

— Parfait. Maintenant que ce point est éclairci, tu me feras le plaisir de garder le nez dans tes affaires et d'apporter la bonne parole à Riri, Fifi et Loulou.

— C'est là où tu te trompes, Tony. Aussi bizarre et dérageant que cela paraisse, ta relation avec Steve nous implique tous. À un niveau différent, certes, mais le fait que vous vous soyez disputés met toute l'équipe en péril. Regarde notre dernière mission…

— Minute, je croyais que tu détestais toute cette histoire d'équipe et d'Avengers, le coupe Tony.

— Si je me souviens bien, tu étais toi-même très sceptique. Et pourtant nous avons tous fini par loger sous ton toit.

— Oh, évidemment. Comme si j'avais eu mon mot à dire lorsque Fury vous a tous collés entre mes pattes en prétextant que les locaux du SHIELD n'étaient pas adaptés pour abriter un cirque pareil.

— Il a dit ça ? fait Bruce en haussant un sourcil.

— J'ai extrapolé à partir de ses grognements et ses aboiements. Quoiqu'il en soit, cette conversation est terminée et je te prierai de me foutre la paix.

— Il n'en est pas question, réplique-t-il en s'adossant, bras croisés, contre le rebord d'une table.

— Sinon quoi, le grand méchant monstre vert va venir me filer une fessée ?

— Continue sur ce ton, et le grand méchant monstre vert pourrait fort bien trouver l'idée séduisante. »

Tony cesse de trafiquer avec ses écrans pour lui faire face, l'air soupçonneux.

« Tu serais carrément fichu de laisser le Hulk prendre les choses en main, pas vrai Bruce ?

— Seulement si tu m'y obliges, Tony », rétorque-t-il avec l'ombre d'un sourire.

Comme pour appuyer son propos, les discrets bip de son capteur adoptent un rythme un tantinet plus accéléré. Tony pousse un soupir empli de souffrance.

« Si je ne me trompe pas, et je me trompe rarement, pour ne pas dire jamais, nous sommes en plein cas de coercition.

— Appelle ça comme tu veux. Quoi qu'il en soit, nous allons parler de Steve, et de l'attitude déplorable qui est la tienne dès qu'il s'agit de faire face à tes sentiments.

— Oh pitié, Banner ! s'écrie Stark d'un ton mélodramatique. Ne me dis pas que tu veux que l'on ait une conversation à cœur ouvert. Et la prochaine fois ce sera quoi ? On discutera des régimes minceur et de la nouvelle crème anti-ride ?

— Le problème avec toi, Tony, c'est que tu esquives tout ce qui ressemble à la douloureuse réalité avec un sens de la dérision qui ne fait rire que toi-même.

— Jusqu'à présent, ça a très bien marché.

— Eh bien, considère que maintenant ce genre de détournement ne prend plus. »

Le milliardaire se lève, approche de Bruce d'un pas décidé et le considère d'un regard sombre et perçant.

« D'accord, parlons de Rogers. J'ai trahi sa confiance, il me déteste, fin de l'histoire. Ça te va comme ça, c'est suffisamment clair ou tu as besoin de plus de détails ? Parce que si c'est le cas, tu n'auras qu'à visionner les enregistrements des caméras de surveillance.

— Il ne te déteste pas, Tony.

— Sans blague. M'envoyer son bouclier dans les gencives était un geste d'amour, peut-être !

— Toi qui parlais de caméras de surveillance, tu regarderas ce que celles du SHIELD ont filmé.

— Parce que tu les as regardées ? Participer à la bataille ne te suffisait pas, il fallait encore que tu te repasses les meilleurs moments, hein Banner ? le nargue Tony.

— Je n'ai pas participé au combat, rétorque Bruce, dont les poings se serrent imperceptiblement. Le Hulk était là. Pas moi. J'ignorais ce qui s'est passé jusqu'à ce que l'agent Hill me montre les enregistrements. »

Tony semble prendre conscience qu'il vient de toucher un point sensible et se tait. Son visage arbore un air presque contrit.

« Toujours est-il que si le capitaine ne t'avait pas fait dévier de ta course, tu te serais retrouvé prisonnier des appendices de la pieuvre géante. Je reconnais qu'il n'a pas agi de la manière la plus douce et la plus subtile, mais il t'a au moins épargné le ridicule d'une étreinte tentaculaire. »

Les paupières de Tony se réduisent à deux fentes calculatrices, comme s'il mesurait le degré de véracité des paroles de Bruce. Ce dernier respire doucement, pressentant qu'il vient de trouver une faille dans l'impénétrable cuirasse de Tony Stark.

« Le pire, c'est que tu crois dur comme fer à ce que tu viens de dire, constate celui-ci en fronçant les sourcils.

— Les images ne mentent pas.

— Quand bien même, cela n'enlève rien au fait qu'il se soit senti trahi lorsque j'ai… lorsque Thor m'a fourré sa langue au fond de la gorge.

— Thor a fait ça ? s'enquiert Bruce, plus amusé que choqué.

— Tu n'auras qu'à lui demander d'honorer tes qualités de guerrier, la prochaine fois. Je parie que notre ami asgardien sera ravi de rouler une pelle au Hulk.

— Ah. Pas sûr que le Hulk apprécie. Pour en revenir à notre sujet, je pense vraiment que tu devrais aller parler à Steve.

— Pour lui dire quoi ? Et inutile de me dire que c'est à moi de lui présenter mes excuses, parce qu'il n'y a rien que j'aie fait qui mérite d'être excusé.

— Dans ce cas, tu pourrais juste lui dire que tu tiens à lui.

— Je ne tiens pas… commence Tony, si offusqué que ses globes oculaires semblent prêts à jaillir de leurs orbites. Okay, peut-être que je tiens un peu plus à lui qu'à vous autres. Mais seulement parce qu'il ne sème pas ses chaussettes sales dans toutes les pièces comme le Petit Poucet Barton. Et parce qu'il possède un physique pas désagréable à mater.

— Je suppose que c'est le mieux que l'on puisse tirer de toi en termes de confession amoureuse, soupire Bruce.

— Qui te parle de confession amoureuse ? Ce sont des faits scientifiques, uniquement des faits scientifiques.

— Si tu le dis.

— Je suis même prêt à signer une déclaration écrite, si ça peut te faire plaisir.

— Ce qui me ferait plaisir dans l'immédiat, c'est que tu acceptes de lui parler.

— Qui te dit qu'il acceptera de m'écouter ?

— Hum, le fait qu'il se montre bien plus mature et raisonnable que tu ne l'as jamais été ?

— Voilà qui serait blessant si ce n'était pas si vrai, concède Tony.

— La vérité est souvent douloureuse à entendre, murmure Bruce, soulagé d'être enfin venu à bout de l'insupportable obstination de Stark. Maintenant que c'est décidé, tu n'auras plus qu'à te rendre au restaurant Moonshadow, non loin de la marina. La réservation est à ton nom, pour dix-neuf heures trente. Ne sois pas en retard et surtout, rends-toi présentable.

— Je suis toujours présentable… hé, ça ne sentirait pas le coup fourré orchestré à l'avance, tout ça ? » s'exclame Tony, mais Bruce a déjà battu en retraite et sort de l'atelier en priant pour que Tony ne le rattrape pas.

Il songe que le docteur Love se sera surpassé si ces deux imbéciles qui se prétendent super-héros parviennent à établir une relation stable et durable. Et qu'il méritera amplement de longues vacances en solitaire, si possible loin de toute civilisation. Il a déjà testé l'Amazonie et l'Inde. Aujourd'hui, l'Antarctique lui paraît être une destination touristique des plus attractives.