Je me demandais toujours comment j'avais fait pour être si idiot d'accepter un tel pari. Jamais je n'aurais cette fille. En réalité, je m'avouais déjà vaincu mais je ne le dirais pas à Emmett, il serait bien trop content. C'est pour cette raison que je reprenais ce soir la route du club. Je ne voulais, en réalité, pas abandonner si vite. J'arriverais bien à parler avec elle, à un moment ou un autre. Je tentais de m'en persuader du moins. Quand j'étais rentré hier soir chez moi, Antanasia m'avait sauté dessus pour me faire un bisou. Je lui avais parlé de ma soirée et je voyais dans son regard qu'elle comprenait et quand je m'étais allongé sur mon lit, pris par la fatigue, elle était venue me rejoindre. Elle était restée à côté de moi toute la nuit. Sa seule présence m'apaisait. La première chose qui me frappa en entrant dans le club fut la danseuse sur scène. C'était elle, celle qui avait hanté ma nuit. Une fois de plus ces mouvements me rappelé Antanasia. Elle avait un masque bleu cette fois-ci et elle n'était déjà plus beaucoup couverte, la vue de son corps à moitié nue réveilla en moi mon esprit de compétition. Je cherchais des yeux la serveuse mais ne la vit nul part. Peut-être ne travaillait-elle pas le dimanche, tout simplement. La danseuse repartit en sous vêtement. C'était la seule qui ne se déshabillé pas entièrement. Elle devait être très jeune pour faire ça. Puis je me rappelé la serveuse, elle ne devait pas avoir plus de dix-huit ans et elle m'avait dit bien connaître la danseuse, peut-être avaient-elles le même âge. Je venais de mettre la main sur la clé manquante. Personne dans ce club ne portait de masque, sauf elle. Elle devait être jeune et ne voulait pas qu'on la reconnaisse. Ce qui est compréhensible, après tout, stripteaseuse n'est pas vraiment un métier correct, sauf pour nous, spectateurs.
Je peux vous servir quelque chose ?
Comme hier, s'il vous plait.
Elle m'avait fait sursauter sur mon tabouret. C'était elle, la serveuse d'hier soir. Ces yeux étaient noirs, attirant et je n'arrivais pas à détacher mes yeux des siens. Elle avait les yeux vert émeraude la veille et là ils étaient noir charbon. Elle partit enfin, surement gênée par mon regard. Elle revint avec mon verre et re-disparut aussitôt. Les danseuses se succédaient mais jamais je ne la revis, elle. La seule que j'étais venue voir. Je restais la toute la soirée, à boire du sans alcool en attendant qu'elle daigne refaire une apparition mais, je ne la revis pas. Le bar était de nouveau vide et j'étais seul avec cette serveuse dont j'ignorais toujours le prénom. Je la vit s'approcher doucement de moi et ce que je vis me frappa de plein fouet. Elle avait les yeux vert émeraude. Je clignais des paupières plusieurs fois mais ces yeux charbons de tout à l'heure étaient toujours verts. Alors que je me posais mille questions sur ces yeux, elle se posa sur le tabouret face à moi avec un verre d'eau à la main, qu'elle but à petites gorgée.
Je m'appelle Edward.
Isabella. Je sais c'est étrange mais c'est comme ça que je m'appelle. Du moins, je préfère Bella.
C'est très jolie… et unique, me sentis-je obligé de rajouter.
Merci. Je ne voudrais pas te mettre dehors mais je suis exténuée et j'ai encore pas mal de route pour rentrer chez moi.
Oh ! Je comprends, je vais y aller. À bientôt, j'espère.
Bonne nuit, me glissa-t-elle alors qu'elle fermé la porte derrière nous.
Alors que je me dirigeais vers la petite rue pour rentrer chez moi, je l'entendis grommelais toute seule dans le noir. Elle avait peut-être un problème. Je fis donc marche arrière et rebroussé chemin pour aller voir ce qui se passait. Elle était assise par terre à côté d'un vélo dont les pneus étaient crevés tous les deux. Elle m'avait dit avoir encore du chemin à faire pour rentrer chez elle et elle n'avait plus de moyen de transport. Je ne pouvais pas la laisser là quand même. Je m'agenouillais donc devant elle.
Tu veux de l'aide ?
Tu as des pneus de vélo sur toi ? Demanda-t-elle en essuyant quelques larmes.
Non mais je n'habite pas très loin. Je peux te prêter mon canapé pour cette nuit, je pense qu'Antanasia ni verra aucun inconvénients puisqu'elle dort avec moi.
Antanasia ? Demanda-t-elle en levant un sourcil interrogatif vers moi.
Je te la présenterai en arrivant. Allez viens avec moi. Je vais regarder demain matin si j'ai encore un vélo pour que tu puisses rentrer chez toi. Je ne commence qu'à dix heures demain matin.
Tu vas en cours ?
Non, je travaille à la bibliothèque avec Emmett.
Oh !
Et toi ?
Quoi moi ?
Tu ne travailles qu'ici ?
Elle hocha la tête fébrilement et je compris que la discussion était terminée. Je poussais son vélo sur le trottoir et elle me suivait tranquillement. Enfin pas si tranquillement que ça. Elle avait remonté le col de son manteau sur son visage et ses mains y étaient agrippées fermement. Elle avait peur. Sans réfléchir je passais un bras autour de sa taille et la collait à moi pour la rassurer. Elle me regarda surprise tout d'abord puis elle se détendit un peu. Il nous restait encore à peu près cinq minutes pour rentrés chez moi quand un violent orage s'abattit au-dessus de nous. Les éclairs zébrés le ciel et éclairés notre chemin. Bella tremblait contre moi. Soudain, une averse nous trempa jusqu'aux os et la pluie ruisselée sur mes joues et perlait dans les cheveux d'Bella. J'étais frigorifié à cause de cette pluie abondante qui nous tombé dessus en masse. J'aperçus enfin mon appartement et lâchais Bella pour sortir mes clés, qui comme toujours étaient au fond de mon sac. Une fois trouvées, je m'empressais d'ouvrir la porte pour que Bella puisse entrer et se mettre au chaud. Je ne voulais pas qu'elle prenne froid. Je poussais le vélo derrière elle et entré à mon tour dans la chaleur de mon appartement. Je posais son vélo sur le côté le temps qu'elle enlève sa veste.
Tu veux prendre une douche ? Ça te réchaufferait.
Je veux bien, merci.
Je la conduisis dans la salle de bain, je voyais son regard se posais sur tous les éléments de mon appartement. Je lui donné des serviettes propres et lui dit que je l'attendrais dans le salon. Je passais par ma chambre pour me changer. Antanasia était allongé sur le lit et me regardait de ses grands yeux noirs.
Je sais que tu n'aimes pas que je ramène des filles ici mais je n'allais pas la laisser au bord de la route !
Pas de réponse, ça m'aurais étonné de sa part. Je savais très bien qu'elle n'aimait pas les filles que je ramenais mais j'espérais qu'elle ne ferait rien de méchant cette fois.
Edward ?
Oui. Dis-je en sortant dans le couloir.
Je ... tu n'aurais pas des vêtements secs à me prêter ? Demanda-t-elle timidement.
Incapable de répondre face à son corps nu enroulé dans une serviette, ma serviette, j'acquiesçai et entré dans la chambre d'amis, il devait bien y avoir des vêtements de ma sœur qui lui iraient. Alors que je cherchais frénétiquement dans un tiroir, la porte grinça dans mon dos, elle se tenait dans l'encadrement de la porte, dos à moi et elle reculait doucement. Qu'est-ce qui lui arrive ?
Bella ?
Chut, murmura-t-elle en continuant de reculer.
Elle avait tellement reculé qu'elle se retrouvé dos au mur, les mains agrippant fermement la serviette qu'elle avait autour du corps. Je commençais à paniquer en entendant sa respiration saccadée alors qu'elle avait les yeux rivés sur la porte. Je détournais le regard pour voir ce qui la mettait dans cet état. Une araignée peut-être ou une souris, que sais-je ? Non, Antanasia était à la porte, le regard mauvais faisant des allers retours entre Bella et moi.
Euh ... je te présente Antanasia. Antanasia, voici Bella, elle va dormir ici cette nuit.
Elle ne répondit pas et j'allais vers Antanasia pour lui déposer un baiser sur le sommet de la tête. Elle se radoucit à se contact puis reporta à nouveau son regard sur Bella. Elle faisait toujours peur aux gens qui venaient chez moi mais jamais au point de les faire pleurer. Sans réfléchir, je me dé dépêchais d'aller voir Bella. Je la pris dans mes bras pour la rassurer mais elle me repoussa tout de suite. Qu'est-ce que j'avais encore fait ?
Alors c'est elle Antanasia ? Demanda-t-elle furieuse. Est-ce que tu es fou ou juste idiot ?
Quoi ? Je t'assure qu'elle parait méchante au premier abord mais elle est vraiment gentille, elle a juste sale caractère.
Sale caractère ? S'exclama-t-elle. Mais enfin, c'est une panthère noire !
Tu t'attendais à quoi ? À une fille ?
Bien que le prénom aurait était étrange pour un humain, oui je m'attendais à une fille ou peut-être un chien mais une panthère bon sang !
Bella, ne t'énerves pas. Je n'y peux rien si elle n'aime personne à part moi !
Prétentieux, souffla-t-elle.
Je restais choqué par ce qu'elle venait de me dire. À cet instant je la trouvais arrogante mais terriblement sexy dans cette serviette. Je lui donnais les affaires et sortit avec Antanasia pour aller au salon. Cette dernière se coucha à côté de moi et posa sa tête sur mes genoux. Je la caressé doucement en repensant à la danseuse, il fallait que je questionne Bella. Elle revint à ce moment vêtue du pyjama de ma petite sœur.
Je suis désolé, dit-elle timidement trouvant un intérêt soudain pour ses pieds.
Je ne répondis pas car Antanasia se dirigeais vers elle lentement. Avant qu'elle ne puisse réagir, Antanasia se frotta doucement contre ses jambes comme l'aurait fait un chat. Jamais elle n'avait fait ça avec quelqu'un d'autre que moi. C'était ma panthère et je l'aimais plus que n'importe quoi. Bella me regarda surprise par ce geste et se pencha doucement pour la caresser, elle posa affectueusement sa main derrière ses oreilles et lui gratta un peu. Forcément, Antanasia se coucha à ses pieds pour qu'elle continue. Géniale, je ramène une fille à la maison pour lui soutirer des informations sur une de ses amies et c'est avec ma panthère qu'elle reste. Le monde ne tourne pas rond !
Tu voudrais me parler de la danseuse ? Tentais-je délicatement.
Que veux-tu savoir sur elle ? Dit-elle sans me regarder, son regard plongé sur les caresses qu'elle faisait à Antanasia.
Hum ... tout ce que tu sais !
Pose-moi des questions et je te répondrais, si je peux.
Comment s'appelle-t-elle ?
Je ne peux pas te le dire.
D'accord. Quel âge a-t-elle alors ?
Dix-huit ans.
Pourquoi est-ce qu'elle est stripteaseuse ?
Pourquoi es-tu bibliothécaire ? Dit-elle en levant enfin les yeux vers moi.
Oui, répondis-je résigné. Tu sais où elle habite ?
Oui mais je ne te le dirais pas.
Tu sais que finalement je n'ai appris que son âge ?
Si tu n'as appris que son âge, c'est parce que tu ne peux savoir que ça. Tu sais, ce métier n'est pas fait pour nous. Si nous sommes arrivées au club c'est parce que nous avions des problèmes et que nous ne pouvons pas faire autrement.
Je suis désolé. Parle-moi de toi, s'il te plait.
Quoi ? Pourquoi ?
Eh bien, disons que je ne suis pas fatigué et que Antanasia à l'air de bien t'aimer alors t'en qu'a parler autant apprendre à se connaître.
Euh ... ma vie n'est pas intéressante pour quelqu'un comme toi.
Pourquoi ça ?
Parce que vu ton appartement, ma vie est minable à coté de toi, chuchota-t-elle doucement en déposant un baiser sur la tête d'Antanasia avant de venir s'assoir face à moi dans le canapé. Parle-moi de toi plutôt.
Oh ! Et bien j'ai vingt ans. Mon père est cadre dans une grande entreprise et ma mère est secrétaire. J'ai une petite sœur de dix-sept ans qui vient de temps en temps ici sinon elle habite avec mes parents en ville. Je travaille à la bibliothèque depuis deux ans. J'ai un groupe de musique, je fais de la guitare avec Emmett, nous avons un batteur et un bassiste, il ne manque plus qu'un chanteur.
Oh !
Ce fut sa seule réponse. Je venais de lui étaler ma vie et elle me répondait par un monosyllabe. Cette fille allait me rendre dingue. Je n'avais rien appris sur la danseuse ni sur elle.
