Nous avions discutés très longtemps hier soir et ce matin. Je n'avais finalement rien appris sur la danseuse. Je l'avais finalement raccompagné en voiture au petit matin. Le vélo dans le coffre et elle à l'avant. Elle avait refusé longuement avant d'abdiquer à ma proposition. Je compris son refus quand elle m'indiqua le chemin. Elle habitait dans le quartier le plus mal famé de la ville. Elle me désigna un bâtiment, vieux d'au moins soixante ans. La peinture était terne et écaillée. Je savais que ces appartements étaient très petits. Voilà pourquoi elle ne voulait pas parler de sa vie. Elle n'avait pas beaucoup de moyens, d'où son travail au club. Avant qu'elle ne descende, je lui avais promis que nous nous reverrions le soir au club. J'étais ensuite allé travailler, Emmett m'avait posé un nombre incalculable de questions sur mon week-end, auxquelles, je ne répondais pas vraiment, ce qui l'agaça au bout d'un petit quart d'heure. Quand ma journée fût terminée, je partis chez moi pour me changer et j'allais au club directement. Avec un peu de chance, je verrais ma danseuse plus d'une fois sur scène. Quand je rentré, Bella était au bar avec un client, elle lui servit son verre puis vint à ma rencontre. Contre toute attente, elle me fit la bise avant de repartir au bar. Je la vit préparer un verre, qu'elle me ramena ensuite. J'allais m'assoir à ma table, devant la scène. À cette heure-ci, le club est encore vide de monde. Il n'y a que l'homme assis au bar, en face d'Bella. Elle n'a d'ailleurs pas l'air très rassuré. Je vis dans son regard, un sentiment de peur à l'égard de cet homme. Il avait l'air très entreprenant avec elle et bizarrement j'avais peur pour elle. Je ne voulais pas qui lui arrive quelque chose. Sans réfléchir, j'allais vers le bar et je me posais à côté du type qui, en me voyant, se reposa sur son tabouret, il but son verre d'une traite et prit la porte.
Est-ce que ça va ? Demandais-je inquiet.
Merci beaucoup, je ... merci, souffla-t-elle visiblement soulagé qu'il soit partit.
À ton service !
Je retournais m'assoir à ma table, près de la scène quand je vis le patron entrer et Bella partir derrière. Que faisait-elle ? Je ne la revis pas avant que les premiers clients n'arrivent. Elle arriva sur scène avec une musique endiablée. Elle se déchaînée sur scène tout en s'effeuillant. Mon regard rencontra le sien quand elle se pencha vers ma table. Je vis à travers son masque bleu qu'elle avait des yeux noirs. Un noir d'acier qui vous fait fondre sur place. Comme les deux autres fois, elle restait en sous-vêtements et quitta la scène. Bella n'était toujours pas revenu au bar. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire derrière pendant tout ce temps ? Une nouvelle fille fit son entrée sur la scène alors que je l'apercevais derrière le bar, enfin. Je n'étais visiblement pas le seul à me poser des questions puisque plusieurs hommes avaient le visage rivés sur elle. Ils l'a regardaient comme un vulgaire morceau de viande fraiche et je trouvais ça écœurant. Elle servit plusieurs verres avant de re-disparaître derrière. Quelques secondes après ma danseuse faisait son apparition sur scène. Je venais de comprendre, la danseuse et Bella étaient une seule et même personne. Elle n'avait rien voulut me raconter de sa vie ni sur celle de la danseuse puisque c'était une seule et unique personne. Bon sang, j'aurais dû comprendre plus tôt quand j'ai vu ses yeux charbon au lieu du beau vert émeraude. La danseuse avait les yeux noirs. Elle mettait des lentilles pour ne pas que l'on reconnaisse ses yeux et le masque pour cacher son visage des clients. Elle ne voulait surement pas que quelqu'un sache ce qu'elle faisait dans la vie. Elle était face à moi sur la scène et je déglutis difficilement suite à ma trouvaille. D'un seul coup, je voulais perdre le pari avec Emmett. J'appréciais trop Bella pour ça et je commençais à bien m'entendre avec elle. De plus Antanasia l'adoré, quand nous étions partis ce matin de chez moi, elle lui avait sauté dessus, posant ses pattes sur ces épaules pour lui lécher la joue. Je ne l'avais jamais vu comme ça avec une étrangère. Je ne savais pas si je devais lui dire que j'avais compris. Le temps que je repense à tout ça, Bella avait déjà refait son apparition derrière le bar. Elle était très rapide pour se changer. Il faut dire qu'elle n'avait plus vraiment d'habits quand elle sortait de scène, il fallait juste qu'elle repasse cette robe pour servir. Elle arriva vers moi doucement avec un nouveau verre et c'est à ce moment-là que je me rendis compte que mon verre était vide sur la table.
Est-ce que tu pourrais me rendre un service ? Demanda-t-elle doucement.
Bien sûr. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? Demandais-je sans réfléchir.
Je suis venue à pieds ce soir, je n'ai pas pu réparer mon vélo, je voulais savoir si tu pouvais me ramener chez moi, enfin si tu es venue en voiture, dit-elle dans un chuchotement.
Je suis venu en voiture et je veux bien te ramener.
Merci beaucoup, dit-elle en me faisant un baiser sur la joue.
Elle me lança un dernier regard avant de repartir derrière le bar. Je siroté mon verre tranquillement quand je sentis une main se poser sur mon épaule. Bella était derrière moi et je m'aperçus que le club était vide. Elle était venue pour me dire que nous pouvions y aller. Je la suivis à l'extérieur et la conduisit ensuite à ma voiture. Je me rappelé du chemin que nous avions pris le matin même.
Tu veux monter ? Demanda-t-elle une fois sortie de voiture.
Tu ... tu veux que je monte ? Demandais-je hésitant, de peur d'avoir mal compris.
Tu n'es pas obligé, si tu ne veux pas on se revoit demain je suppose.
Non, je viens.
Je me garé mieux et coupé le contact. Je fermé la voiture derrière moi et la suivit dans l'allée sinueuse jusqu'à l'immeuble. Il y avait des hommes dehors qui nous regardaient passer et soudainement je compris pourquoi elle voulait que je descende avec elle. Si j'avais était une fille, je n'en aurais pas fait moins. Comment pouvait-elle vivre la dedans ? L'extérieur était vraiment insalubre mais quand elle ouvrit la porte, je du retenir un cri de surprise. L'intérieur était pire que l'extérieur. On ne peut pas vivre ici, ce n'est pas possible. J'avais plus appris sur elle par moi-même que par ces révélations. Son sourire caché mal sa tristesse et sa peur. Quelque chose ne tournait pas rond chez elle et je voulais l'aider. Tout ça était à cause d'Emmett, si jamais il n'aurait pas fait ce pari ridicule, je ne me serais pas intéressait à elle pour avoir des renseignements sur la danseuse et je n'aurais jamais vu dans quelle misère elle était et je n'aurais donc pas voulu l'aider. Je la suivis dans les escaliers, qui étaient noirs de poussière, jusqu'au cinquième étage. Elle ouvrit la porte au fond du couloir et je pénétrais dans une pièce ou se trouvait la cuisine, un lavabo et un lit. La pièce dans laquelle elle vivait quotidiennement était plus petite que ma propre chambre. Comment est-il possible d'en arriver là ?
Assieds-toi, si tu veux. Flocon ? Flocon ? Où est-ce que tu te caches ?
Qui est flocon ? Demandais-je en regardant une cage vide posée à côté du lit.
Mon chinchilla, répondit-elle en se couchant par terre devant moi et en passant sa tête sous le lit. Ah flocon ! L'entendis-je dire doucement. Viens là mon beau.
Elle ressortit la tête du lit avec un petit chinchilla blanc dans les mains. Il était vraiment mignon. À cet instant je pensais à Antanasia. J'avais une panthère noire et elle avait un chinchilla blanc. Nous nous opposions sur tout. Peut-être était-ce la raison pour laquelle je l'appréciais autant. Nous étions diffèrent. Elle posa Flocon sur le lit et se posa à côté. Flocon courrait partout sur le dessus de lit bleu. Je repensais soudain à ce que j'avais cru comprendre au club et je me demandais toujours s'il fallait que je lui en parle. Finalement, je pris mon courage à deux mains et me lançais.
Pourquoi est-ce que tu ne m'a rien dit ?
Quand est-ce que tu as compris ? Demanda-t-elle en fixant Flocon.
Ce soir, chuchotais-je doucement.
Comment ?
Quand j'ai vu les prunelles noires charbon de la danseuse je me suis rappelé qu'hier tu avais un moment les yeux de cette couleur et chaque fois que tu disparaissais du bar, elle faisait son apparition sur scène. Et puis tu m'avais dit bien la connaître alors j'ai réfléchit un instant et j'ai relié tous les éléments pour en venir à une conclusion, toi et la danseuse qui m'intriguait tant, vous n'êtes qu'une seule personne.
Je ne veux pas que les gens du club me reconnaissent dans la rue. Je ne supporterais pas leur regard affamé sur moi. Si je fais ça, c'est pour payer cette pièce ! Dit-elle en éclatant en sanglots.
Je suis désolé, je ne voulais pas te faire pleurer. Je m'excuse.
Tu n'as pas à l'être. J'ai juste une vie atroce alors je dois me débrouillé toute seule.
Tes parents sont ... morts ? Demandais-je doucement, conscient que j'allais toucher un terrain sensible.
Écoute je ne vais pas te mentir, pour maintenant tu sais qui je suis alors ... ma mère a disparu mystérieusement quand j'avais dit ans. Je n'ai jamais eu de nouvelles depuis, quand à mon père, il est saoul en permanence et j'ai dû fuguer après m'être retrouvée dix-huit fois aux urgences, murmura-t-elle fébrilement en serrant Flocon dans ses bras.
Je ... tu ... il te battais ? Demandais-je écœuré.
Depuis que ma mère a disparu. Ça fait deux semaines que je suis ici et j'ai trouvé cette chambre et ce job alors voilà. Je ne vis pas comme toi dans un appartement cinq étoiles mais mon confort me suffit du moment que je suis loin de mon père. La seule chose que j'espère, c'est qu'il ne me retrouvera pas.
En l'écoutant me raconter sa vie, j'avais une boule au ventre et les larmes qui roulaient sur ses joues n'arrangeaient rien. Une fille comme elle ne méritait pas ça. Je commençais à comprendre pourquoi elle avait l'air effrayée par l'homme au bar tout à l'heure. Son père l'avait battu pendant huit ans. Il lui avait fallu huit ans pour oser partir. J'avais mon sac sur les genoux et je me rappelé que j'avais encore son masque blanc. Je le sortis et le lui tendit. Elle s'en emparant fébrilement en plantant son regard émeraude dans le mien. Ces doigts caressé doucement la plume brillante avant de me redonner le masque.
C'est toi qui l'avais ? Demanda-t-elle doucement.
Oui, c'est moi, je suis désolé. Je n'ai pas pu résister quand je l'ai vu là au bord de la scène. Mais ... s'il était au bord de la scène ... les gens t'ont vu ?
Non, la fille qui est passé après moi me l'a pris et elle l'a enlevé sur scène. Je ne l'ai jamais retrouvé et j'ai dû en faire en autre.
Le bleu, chuchotais-je.
Oui.
Il est tard, je devrais peut-être rentré.
Oh, oui bien sûr.
Alors que j'allais me lever pour quitter sa pièce, un bruit sourd retentit dans le couloir et un hurlement perçant se fit entendre suivit d'un coup de feu. Je vis Bella se tasser et enfouir sa tête dans l'oreiller à côté d'elle, Flocon était en train de lui lécher la joue alors que je compris qu'elle était en train de pleurer. Je me demandais quand même s'il y avait un mort ou si c'était habituel. Visiblement c'était comme ça tous les jours. Une fois que ses larmes arrêtèrent de couler le long de ses joues, je m'approchais d'elle doucement et posais ma main sur son épaule, elle se raidit et je compris qu'elle avait peur des hommes en général maintenant.
N'ai pas peur Bella, je ne te ferais pas de mal. Je veux juste t'aider, murmurais-je alors que je passais un bras autour de ses épaules pour la coller à moi.
Merci Edward. Je crois que tu vas pouvoir sortir maintenant. Ils doivent être rentrés.
Tu viens avec moi. Je ne veux pas que tu restes ici. Je te prêterais la chambre d'amis mais il est hors de question que tu restes ici. Je vais t'aider à trouver mieux mais en attendant, tu vas vivre chez moi. On passera prendre tes affaires demain si tu veux, je ne travaille pas.
Tu ... veux que je vienne vivre chez toi ? S'exclama-t-elle.
Provisoirement, Antanasia sera ravie de faire la connaissance de Flocon.
Il est hors de question qu'elle touche à mon bébé ! S'exclama-t-elle apeurée.
Ne t'inquiète pas, elle ne lui fera rien. Elle aime les animaux, c'est juste les filles qu'elle n'aime pas ... sauf toi, murmurais-je en me levant du lit.
Tu sais je n'ai pas beaucoup d'affaires, juste ce sac la et les affaires de Flocon.
Très bien, tu prends Flocon, je prends le reste et on s'en va avant que tout l'immeuble s'écroule, dis-je exaspéré par cet endroit.
