Disclamer : Aucun des personnages de FMA ne m'appartiennent.

NDA : voilà la suite! je voulais publier le chapitre 1 assez rapidement après le prologue! Le prochain chapitre mettra par contre beaucoup plus de temps à venir vu que j'ai à peine commencé la rédaction... Enjoy!


3 heures 42. Le laboratoire est encore en activité. Quelques scientifiques erraient, se perdant dans les dédales du bâtiment, disparaissant derrière une porte. Une ombre noyait les couloirs, pas un bruit ne venait des portes closes, les chariots vides, les papiers des chercheurs abandonnés.

En haut seulement, au troisième étage, un claquement résonnait. Un jeune scientifique parut de derrière la porte et poussa un profond soupir. Encore un échec. Il essuya ses mains couvertes de sang sur sa blouse immaculée, retira son masque avant de le jeter froidement sur un chariot délaissé. Son visage était figé dans une expression de profond mécontentement. Décidément, les cobayes étaient de moins en moins résistants ! Celui-ci avait tenu 10 minutes tout au plus avant de rendre l'âme. Il saisit le calepin et le crayon posé sur le chariot et raya rapidement les numéros trente quatre et trente cinq, tout en griffonnant une signature et quelques informations.

Il glissa le calepin sous son bras, rajusta ses lunettes et commença à déambuler dans les couloirs sombres du complex. Le vide des couloirs, le demi jour des petites lampes fixées au plafond, ce recueillement d'église plein de chuchotements et claquements de portes l'agaçaient. Il accéléra le pas. Durant son trajet, il longea une série de portes en métal toutes numérotées de 0 à 70. Il avait appris par son supérieur que l'accès des portes portant les numéros allant 0 à 10 étaient formellement interdit, sauf accréditation spéciale. Il baissa les yeux vers sa propre accréditation. C'était un carré de métal gris ou étaient gravé son nom et son numéro de série en lettres d'argent. En dessous, les nombres 30 et 70, séparés par un tiret, étaient écarlates. Lorsqu'il releva les yeux, il s'aperçu qu'il était arrivé au niveau de la passerelle qui surplombait l'entrée du laboratoire, la traversant dans sa largeur. L'escalier en fer à sa droite permettait d'accéder à l'étage du dessous et au rez de chaussé. En bas, dans le vestibule gris où était installé le contrôle, quelques chercheurs commençaient à se montrer puis se volatilisaient rapidement derrière une porte, laissant derrière eux une fugace odeur humaine. Nul ne savait ce qu'ils préparaient dans ces salles, chacun devant s'acquitter de ses tâches sans se poser de questions. Le jeune chercheur connaissait la plupart des salles du complex. Il y avait principalement des laboratoires ou des salles d'expériences mais certaines pièces faisaient aussi office de réserves. Il y avait également des bureaux administratifs et des salles étranges remplies de grands conteneurs transparents emplit d'un liquide rouge lumineux. Quand on pénétrait à l'intérieur de l'une d'elle, une odeur chaude nous prenait au nez. L'air y était étouffant, épaissi, surchauffé. La lumière qui se dégageait des conteneurs, déchirait l'ombre en une trouée ardente et le liquide rouge éclairait la pièce d'une lueur rougeoyante. A vrai dire, à chaque fois qu'il entrait dans cette pièce, il avait l'impression d'entrer en enfer. Ses supérieurs appelaient ce produit rouge « al-iksîr » autrement dit, « Elixir » en Amestrien. Il ne savait pas à quoi il servait, il devait juste l'injecter dans les cobayes puis observer leurs réactions. La plupart ne supportait pas cet « Elixir » et mourrait dans les minutes qui suivaient, mais il y avait quelques rares survivants. Dans ces rares cas, il devait les faire transférer dans la salle 10 et noter les détails de l'expérimentation dans un carnet.

Il n'avait emmener que 2 cobayes dans cette salle et les deux en était ressortit morts dans la minute qui suivait. Il devait alors faire comme pour tout les autres cadavres : il les amenait en salle 70, rayait leur identifiant sur le calepin, inscrivait rapidement le temps durant lequel ils avaient supporté le produit et signait, avant de ramener le calepin en salle 45. Il en était à son 34e cadavre en 5 jours, soit son 1256e en 1 an. Et seulement 2 réussites. Il en venait à se demander d'où venait tous ces corps et ce qu'ils en faisaient une fois inutile. De toute manière il n'obtiendrait aucune réponse. Il pénétra dans la salle 45, arracha la feuille du calepin, et la déposa dans le 38e bac de la pièce (en référence à la salle ou il avait pratiqué l'expérience, soit la salle 38). La lumière qui se reflétait sur les murs et le sol blanc de la salle lui brûla les yeux et il s'empressa de refermer la porte. Ses employeurs étaient plutôt étranges. Quelle idée de créer une salle entièrement blanche et uniquement remplie de petites boites numérotés ? Il soupira une nouvelle fois en s'en allant vers la salle 58 chercher un nouveau cobaye.

Voilà quoi rimait sa vie. 58, 38, 70 et 45. Ces 4 numeros rythmaient son quotidien. Il ne voyait qu'eux, ne parlait que d'eux, ne pensait qu'à eux. Il était devenu une machine, automatique, réglé comme du papier à musique. Ce fut tout ce à quoi il pensa durant les quelques minutes de trajet qui séparaient les deux salles.

Mécaniquement, il ouvrit la porte et cessa de respirer en entrant dans la salle. L'air y était pourtant sain, et la salle était dans un état de propreté irréprochable. Non, c'était cette angoisse sourde qui le prenait à la gorge quand il pénétrait dans la salle qui l'empêchait de reprendre sa respiration. Une telle horreur ne devrait même pas exister. Ces « cobayes » étaient dans un état lamentable. Ils étaient là, agglutinés les uns contre les autres dans leur cages et cet amas de corps, il distinguait clairement les plus malades, ceux qui allaient mourir, facilement reconnaissables avec les yeux révulsés et les ecchymoses qui marbraient leurs peaux nues. Certains avaient des chairs putréfiées et la gangrène pourrissait le visage des autres. Des gémissements et des paroles incompréhensibles s'échappaient de cette masse humaine. Le chercheur détourna prestement le regard, le cœur soulevé.

C'est alors qu'il vit une silhouette plantée devant l'une des cages. Elle était de dos et la seule chose qu'il pouvait distinguer était la cascade de longs cheveux noirs qui lui frôlait les reins. Intrigué, il voulut la héler mais se reprit au dernier moment. Après tout, il ne savait absolument rien de cette personne. Peut être était-ce un prisonnier évadé ? Non, la qualité de ses vêtement et la longueur de ses cheveux de laissait rien à présager sur cette personne. C'était l'un des dirigeant du complex, autrement dit, son supérieur. De réputation, il savait qu'il avait tué plusieurs personnes pour soi-disant « se passer le nerfs. » Il ne voulait pas être le prochain. Il posa sa main sur la poignée et s'apprétait à s'engouffrer dans l'ouverture quand la personne l'interpella :

« Hé toi, approche par ici. »

Le ton était sec et n'admettait aucune contradiction. Le jeune homme s'avança alors en trainant les pieds. Il avançait lentement entre les cages et s'arrêta à une distance respectable de son supérieur. Il avait l'apparence d'un jeune homme d'environ une vingtaine d'années et en bonne santé. En réalité son corps ne présentait aucun défaut. La peau était blanche, lisse et sans aucune impureté, tendue sur une musculature fine. Il était vêtu d'un débardeur noir et d'un ample bermuda de même couleur qui laissait voir ses jambes fuselées. Les cheveux de jais étaient brillants et souples, certainement doux au toucher. Mais c'était surtout son visage qui frappa le chercheur. D'une beauté stupéfiante à vrai dire. Son nez était droit et sa bouche fine, pincée en une moue agacée. Il avait un magnifique port de tête et son menton légèrement relevé laissait penser qu'il s'agissait d'une personne fière et très certainement orgueilleuse. Mais ce sont surtout ses yeux qui le dérangèrent. D'une étrange couleur améthyste, ils étaient perçants et porteur d'une autorité incontestable. La lumière crue qui tombait sur ce visage lui donnait un air austère et sans âge.

Le chercheur réprima une grimace et tenta de rester impassible. Il était terrifié. Cet homme le terrorisait, son aura oppressante le terrassait, lui donnant l'humiliante impression de n'être qu'un vulgaire insecte. Il voulait fuir mais ses jambes pesaient une tonne. Son corps était pétrifié et il pouvait à peine esquisser un mouvement. Même s'il gardait une attitude impassible, presque détachée, le chaos qui régnait à l'intérieur de lui devait se ressentir à des kilomètres à la ronde. Rien que les battements de son cœur l'assourdissait et l'homme à côté de lui avait déjà du l'entendre. Il allait mourir ici. Seul, dans le froid, l'horreur, parmis ces déchets humains il allait…

Soudain l'homme tourna la tête vers lui et son regard transperça son âme. Une expression de pure horreur traversait son visage sans qu'il ne puisse la réprimer. De multiples tremblements secouaient ses membres. Il avait perdu tout contrôle. Cet homme, non….qu'est-ce qu'était cette chose ? Car un regard pareil ne pouvait appartenir à un humain. La chose parfaite poussa un soupir ennuyé et d'un signe de tête lui indiqua de regarder devant lui. Le chercheur obéit prestement. Devant lui se dressait une cage plutôt petites comparée aux autres mais qui pouvait facilement contenir une vingtaine de personnes. Les barreaux et le fond étaient en métal gris et sur le socle, une petite fille était assise et les observaient curieusement. Elle devait avoir environ 8 ans. Elle était habillée d'une petite robe blanche, relativement propre. Ses petits pieds étaient nus et écorchés mais cela ne semblait la déranger aucunement. Toute son attention était focalisée sur les deux hommes. Ses grands yeux bleus, visibles à travers ses cheveux noirs, pétillaient de curiosité et elle affichait une petite moue intriguée.

La voix de l'homme retentit de nouveau, faisant sursauter le chercheur :

« - Alors ?

- Alors quoi ? bredouilla le plus jeune.

- Alors qu'est-ce que cette gamine fiche ici ? s'énerva t-il.

- Eh bien.. c'est qu'elle fait partie des cobayes et…

- Très bien. Débarrasse m'en. »

Le chercheur fut surpris par sa demande. Cette jeune fille avait un très fort potentiel et les cobayes étaient toujours sélectionnés soigneusement. Alors pourquoi s'en passer ?

Lorsqu'il fit part de cette réflexion à son interlocuteur celui-ci fronça les sourcils et lui lança un regards des plus noirs. Le jeune homme déglutit avant d'essayer de le convaincre.

« - Dé-désolé mais je ne peux p-pas, bégaya-t'il avant de se reprendre. Ce cobaye nous a été vendu à prix d'or par le roi de Drachma. C'est…Il s'agit de sa propre fille ! On ne peut la rendre. Et….elle a vraiment un potentiel impressionnant.

- C'est la petite du Roi ? Hmm… »

Il semblait être plongé dans une intense réflexion. Pendant plusieurs minutes qui lui parurent une éternité, le chercheur attendit. Il commençait à se demander s'il ne devait pas partir quand la voix de l'homme retentit de nouveau.

« - Sors. »

C'était clair, net, précis et sans appel. Le jeune scientifique acquiesça avant de sortir prestement.

L'homme s'approcha de la cage et s'accroupit devant la petite, la détaillant scrupuleusement. Ils n'étaient séparés que par les barreaux et quelques dizaines de centimètre. La gamine releva les yeux alors qu'il s'approchait et soutint son regard.

" - Tu sais pourquoi tu es là, dit-il soudainement sans baisser les yeux."

Ce n'était pas une question mais la petite répondit quand même.

"- Oui ! Le monsieur de tout à l'heure va certainement me faire une piqure avec un liquide rouge dedans ! C'est une expérience, c'est le monsieur qui me l'a dit ! "

L'homme ferma les yeux et se crispa, une veine battant sur sa tempe.

"- Tu es stupide ou quoi ? Parle normalement !"

Aucun des deux ne brisa le silence et ils reprirent leur jeu de regard pendant un temps jusqu'à ce que la petite détourne vivement les yeux, ayant entendu un bruit sourd dans les cages voisines. L'homme sourit et reprit la parole :

"-Tu sais que tu vas mourir ?

- Tout dépend de ce que vous entendez par mourir."

Et voilà ! Il le savait. Cette gamine d'environ 8 ans était tout à fait capable de s'exprimer comme une adulte. Vive l'éducation royale !

"-Tu sais très bien ce que je veux dire par là, répond plutôt à ma question."

La jeune fille tourna la tête vers lui et le regarda sans répondre. Son visage était fermé et ses yeux brillaient d'intelligence. Elle semblait avoir gagné plusieurs années en à peine quelques minutes. Enfin, elle consentit à répondre :

"- Oui, je le sais. Mais ai-je vraiment le choix ? Je suis enfermé dans une cage, seule, et mon destin se résume à attendre une mort quasi-certaine. Je ne peux lutter contre ça."

… Elle l'avait soufflé ! Cette gamine... Elle était si déstabilisante ! Sa surprise du se lire sur son visage car elle lui lança un sourire éclatant ! Il esquissa un sourire en réponse. Cette petite avait suscité son intérêt, elle l'amusait.

" - Et tu n'as pas peur ?

- Non.

- Pourtant tu vas mourir. La plupart des hommes trembleraient à ta place.

- C'est possible. Mais cela ne m'intéresse pas. Les hommes qui tremblent devant la mort sont faibles. Ils ont peur de leur inévitable disparition, ils ont peur parce ce qu'ils ne savent pas ce qu'il y a après. Moi, je ne tremble pas, je ne suis pas aussi faible qu'eux.

- Haha ! Tu me plais bien ! Tu serais pas une humaine je suis sure qu'on aurait pu s'entendre !"

La petite fut soudainement reprise de curiosité et afficha une moue étonnée.

"- Vous n'êtes pas humain ?

- Bravo ! quel esprit perspicace ! Mais tu as du t'en apercevoir non ? ajouta-t-il en baissant le ton, un sourire malsain étirant ses lèvres.

- J'avais senti que vous étiez différent. Mais je ne pensais pas que vous ne seriez pas humain. Vous êtes bizarre.

- Et tu ne sais même pas le nombre de bizarreries qu'il y a dans ce monde ! Bon c'est pas le tout mais faut que j'y aille, j'ai du boulot moi ! dit-il en se relevant et en s'étirant. "

Il se détourna de la petite et s'apprêta à sortir quand elle l'interpella.

" - Dites…"

Elle hésitait. Incertaine elle posa son regard son dos et réfléchit un moment. Allait-elle oser ?

Un « quoi ? » agacé la ramena brusquement à la réalité. Il s'impatientait. Même si cette gamine était étrange, c'était une gamine et il n'aimait pas les gosses.

" -… vous reviendrez hein ? demanda-t-elle pleine d'espoir."

Il fut surpris de sa demande. Plus que surpris même ! Il était scotché ! Et cela faisait déjà deux fois en à peine un échange de paroles et de regards. Oui, cette petite était particulière ! Il se reprit et s'avança d'un pas rapide et léger vers la porte, ses longs cheveux noirs effleurant son dos en suivant le rythme de ses déhanchés. Elle était déçue. Il l'avait tout bonnement ignorée. Elle ne pouvait pas le forcer, elle n'était qu'une gamine en cage. Mais cet homme, elle le trouvait étrange. Il l'amusait et savait l'intéresser. Elle avait cru comprendre que c'était réciproque. Elle s'était trompée.

Il arrivait déjà près de la porte. Et alors qu'il l'ouvrait, il lui répondit. Elle avait eu du mal à percevoir sa réponse et allait lui demander de répéter quand il s'engouffra dans l'ouverture et disparut. Insaisissable.

Un sourire naquît sur son visage. Elle n'était plus seule. Elle le savait, et cela la comblait de joie ! Elle se repassa en boucle ses dernières paroles.

"A plus !"

Oui…il reviendrait !


Voilà pour ce chapitre! J'espère qu'il vous aura plus et que la partie de description n'aura pas été trop indigeste. Il risque d'y en avoir beaucoup dans cette histoire vu qu'il n'y a pas vraiment d'action, ce sont plus des réflexions axées sur la psychologie des personnages.

Une review? ça me motive à écrire plus vite! (vraiment!)

A bientôt pour le prochain chapitre!