Lorsqu'il se réveilla, Draco se sentait quelque peu groggy. Il avait un goût pâteux dans la bouche, sa tête brumeuse et son corps engourdi. Mais surtout, il avait froid. Un froid qui semblait provenir de l'intérieur de lui. Il ouvrit lentement les paupières, comme si ce geste lui demandait trop de force et regarda d'un air dérouté le plafond terne au-dessus de lui.
Il leva lentement sa main, toucha délicatement son front, pour rencontrer le contact revêche d'une bande médicinale. Draco se figea un instant lorsqu'il se rendit compte qu'il avait bougé sa main droite. Il fixa d'un air abasourdi le membre qui pourtant avait été arraché par un monstre, il y a peu.
D'un geste frénétique, il tata tout son bras, de la naissance de son épaule au bout de ses ongles. Une joie immense et un soulagement infini l'envahissent alors qu'il refoulait les larmes qui lui brûlaient les paupières. Salazar merci, les médicomages avaient réussi à lui recoudre son bras !
Il lui fallu quelques minutes pour surmonter son soulagement. Puis, il tourna lentement la tête d'un mouvement circulaire pour voir où il était, mais la pénombre de la pièce l'en empêcha.
« Où suis-je ? » pensa-t-il tout haut.
« Au Chaudron Baveur. » répondit une voix d'une incroyable douceur recelant pourtant une étrange puissance qui coupait le souffle.
Le regard acier de Draco se posa sur sa provenance, c'est-à-dire le coin le plus sombre de la pièce. Là où il ne pouvait strictement pas distinguer son interlocuteur.
« Qui êtes vous ? » s'enquit aussitôt Draco d'une voix écaillée.
« Pour l'instant, cela n'a pas d'importance. » lui assura l'inconnu. « Buvez d'abord cette concoction, et ensuite je répondrais à toutes vos questions. »
Draco vit une coupe en argent apparaître près du lit, alors qu'il sentit son corps se redressait tout seul sur les gros oreillers. Avant même qu'il s'interroge sur l'étonnante liberté que prenaient ses membres, la coupe vint à ses lèvres et il la but lentement, ne laissant pas une goutte du breuvage sans goût qu'elle contenait.
Au fur et à mesure que le liquide coulait dans sa gorge, Draco sentit une chaleur agréable et douce l'envahir, chassant ce froid intérieur qui le rongeait. En quelques secondes, il se sentit beaucoup mieux. Toute la lassitude et mal-être qu'il éprouvait s'envolèrent pour ne laisser que cette délicieuse chaleur.
Le blond s'installa plus confortablement sur lit et fixa avec intensité la pénombre qui dissimulait l'inconnu. Aussi insolite que cela puisse paraître, il ne trouvait absolument pas incongru qu'il soit dans une chambre de la taverne la plus célèbre du monde magique avec un parfait étranger dont il ne connaissait que la voix pour l'instant. Au contraire même, il avait étrangement confiance en lui, comme s'il savait qu'il ne lui voulait aucun mal.
« Qui êtes-vous ? » rééditera-t-il.
Difficilement, il perçut un mouvement provenant de lui et la lumière fut dans la pièce. Draco fit face alors à un homme longiligne vêtu de cuir noir de la tête aux pieds, chaque pli de ses vêtements se faisant un devoir de souligner la majesté de ce corps androgyne. Pour tout bijou, il n'avait qu'une chevalière en argent où un énorme diamant noir avalait toute lumière à sa portée. Son regard se porta sur son visage. Et là, stupeur !
Un teint nacré et velouté rehaussé par la cascade sombre de sa chevelure ébène, un front haut, empreint de noblesse, des sourcils parfaitement arqués, des pommettes hautes, seyante, un nez fin et légèrement busqué, une bouche admirablement ciselée. Un visage aux lignes si parfaites que tout sculpteur se devait de mourir de jalousie devant le créateur de tant d'harmonie et de magnificence.
Et dans le velours de ce visage, deux diamants noirs scintillaient d'une aura oppressante, luisant d'une ironie incommensurable et d'un dégoût impérieux. Draco en était estomaqué de fascination. L'inconnu était d'une beauté si époustouflante que le blond en aurait presque oublié qu'il devait respirer
Il était installé sur un canapé avec une outrecuidante désinvolture, ses longues jambes étendues devant lui. Sa main gauche nonchalamment appuyée sur son genou relevé, tenait entre ses doigts albâtres un verre d'hydromel. Son bras droit replié soutenu sur l'accoudoir, la tête posée sur sa main, il fixait Draco d'un regard vide qui déstabilisa totalement le blond.
Le silence s'étira lentement, alors que Draco ne se remettait toujours pas de la beauté de l'inconnu. Celui porta le verre à ses lèvres d'un geste plein de grâce et en but une gorgée savourant lentement le goût de l'alcool.
« Qui… qui êtes-vous ? » réussit à articuler Draco.
Il eut un long silence où leurs yeux ne se quittèrent pas. Il y avait une insupportable tension dans l'air qui rendait la respiration de Draco difficile. Il avait aussi énormément de mal à soutenir le regard de l'inconnu. Mais il lui était impossible de détourner les yeux. Il avait l'impression qu'ils été cloué à ceux de cet homme.
Chose terrifiante et fascinante à la fois, il avait l'impression que le noir ténébreux de ses prunelles s'assombrissaient davantage, gouffre sans fond dont la froideur n'avait d'égal que son intense obscurité. Puis brusquement, une image s'imposa à Draco. Il eut soudain l'impression de voir de majestueuses ailes noires se dresser derrière l'inconnu. Sur front une marque terrifiante et envoûtante à la fois. Cela n'avait durait qu'une fraction de seconde, mais c'était suffisant pour qu'il sache qui était en face de lui.
« Vous êtes… vous êtes… »
Il ne put le dire. Les yeux démesurément agrandis, Draco le fixait bouche bée. Le silence s'étira. L'inconnu nullement mal à l'aise, se contenta de regarder Draco en portant de temps à autre son verre à ses lèvres fines. Draco avait beau rejeter en bloque l'identité de cet homme, pourtant tout en lui – de son corps tremblant à son âme suffocante, en passant par son esprit en déroute – lui soufflait que cette homme était bien le Prince des Enfers, Juge des Démons, celui devant qui même les empereurs infernaux baissaient la tête. Lucifer.
« En effet, je suis. » finit-il par confirmer de cette vois douce lacérant l'air.
« Mais… mais… comment ?... pourquoi ?... » balbutia le blond, encore plus blanc que ses drap. « Je… vous… enfin… »
Il s'interrompit, agacé par le tremblement de sa voix. Il prit une profonde inspiration et se lança :
« Je veux dire, ce n'est pas vous qui accueillez les… »
« A trop appeler les choses, elles finissent par répondre. » coupa son interlocuteur, imperturbable.
Silence.
« Vous… vous n'êtes pas là pour ça ? » parvint à demander Draco, un long moment plus tard.
Sa voix s'était raffermie, mais elle était encore très loin de la tonalité suavement glaciale des Malefoy.
« Non. »
Court. Explicite. Ne laissant place à aucun doute. Le silence se fit à nouveau. Draco remonta ses couvertures jusqu'à son menton, un froid sournois s'étant faufilé jusqu'à lui.
« Alors pourquoi… ? »
« J'ai à m'entretenir avec vous d'une affaire urgente. » coupa l'autre.
L'inconnu n'avait toujours pas bougé d'un cil. Même ses lèvres se mouvaient à peine au grès de ses paroles. Seule sa main semblait animée d'une audacieuse soumission, portant le verre à sa bouche, dans des gestes plein de grâce.
Claquant des dents, Draco se rendit compte que l'atmosphère s'était anormalement rafraîchie. Un froid étrange suintait l'air ambiant, le rendant presque blessant à chaque inspiration. Il eut un frisson violent et serra davantage les draps contre lui. Cette froideur, on aurait dit qu'elle se dégageait du corps de l'Autre.
« Buvez. Cela vous réchauffera. »
Un verre rempli d'un liquide ambre apparu devant le blond. Il hésita un instant à le prendre. Mais croisant le regard de l'Autre, il crut voir ses prunelles si sombres luire d'un éclat émeraude qu'il ne connaissait très bien. Harry. Il pouvait avoir confiance. Il prit la coupe et la vida lentement, savourant la chaleur infernale coulant dans sa gorge. Ce breuvage n'était certainement pas fait par des Vivants.
« Q-que faites-vous ici ? » s'enquit Draco après un long moment, quant il eut recouvré quelques couleurs.
« Je vais vous expliquer. » lui assura l'Autre de cette voix doux et glacée à la fois. « Mais ne m'interrompez pas. S'il y a une chose qui m'exècre encore plus que les longues explications, c'est bien d'être coupé quand j'en donne une. » ajouta-t-il, placidement.
Si sa voix était d'une neutralité infinie, la menace était claire. Draco déglutit bien malgré lui. Son auguste interlocuteur capta sa peur et cela sembla l'amuser. Preuve en était que ses lèvres du péché s'étiraient en un fin sourire sarcastique. C'était la première fois que son visage affichait une émotion.
Le démon prit le temps de boire une nouvelle gorgée, avant de reprendre la parole. Draco avait observé un silence strict, durant ce laps de temps, fasciné par les gestes plein de noblesse de son interlocuteur. On aurait dit une souris en hypnose devant un serpent !
« En tant que Juge des Enfers, mon devoir est de veiller à ce que les Lois Maléfiques de l'Être Suprême soient respectées. L'une d'elles interdit aux démons de venir sur terre. Mais comme vous avez pu le constater, il y a toujours des petits malins qui se croient au dessus des lois. Pour remettre ces opportunistes dans le droit chemin, la Brigade des Cavaliers Noirs, dont je suis le chef, a été crée. Mais en tant que démons, nous ne pouvons venir dans votre monde sans être nous-même hors-la-loi. C'est pourquoi, chaque membre de la Brigade a un Réceptacle, qui lui permet d'intervenir dans votre monde... Vous ne le savez pas mais votre mari est un Réceptacle… Mon Réceptacle. »
Harry, un Réceptacle ! Celui de Lui, en plus ! Nom de… !
Draco en fut si estomaqué qu'il en resta bouche bée. Il dévisagea le démon de ses yeux gris exorbitants. Le Prince des Ténèbres aurait balancé le sort de la Mort en pleine face qu'il n'aurait pas réagi autrement. Il crut même pendant un instant qu'il allait défaillir.
Il avait toujours su que Harry était quelqu'un de spécial. Non parce qu'il était le Survivant, mais à cause de ce regard qu'il avait parfois. Un regard d'un vert très sombre, empli d'une sagesse sans âge écrasante d'une froide indulgence et d'un cynisme acide. Un regard qui mettait toujours Draco mal à l'aise, qui lui avait toujours laissé l'impression de n'être qu'un insecte face à un Eternel. Un regard qu'il détestait car il lui donnait la sensation de n'être qu'un grain de sable dans la vie de son mari.
« Je ne savais pas. » finit par murmurer Draco pour rompre le silence inconfortable qui s'était installé.
« Voilà pourquoi je vous le dis. » dit le démon, imperturbable. « Les Réceptacles sont bien sûr choisi avec un soin particulier. Il faut qu'ils se soient très puissants corporellement et mentalement, pouvant supporter notre pénétration. Il faut aussi un être à l'apparence et au caractère semblable au notre pour que la fusion de nos corps, esprit et âme soit possible. »
« Mais, Harry n'est strictement pas comme vous… n'est-ce pas ? » protesta faiblement Draco, une fois la stupéfaction digérer tant bien que mal.
Le démon émit un imperceptible soupir et posa un regard légèrement agacé sur Draco qui le paralysa de peur et de fascination. Le blond déglutit, pensant sa dernière heure arrivée. Mais, le Prince des Enfers se contenta de boire une dernière gorgée d'alcool avant de poser son verre sur un plateau venu de lui-même offrir ses services au démon.
Lorsqu'il posa à nouveau les yeux sur Draco, celui-ci se sentit écrase par leur froideur abyssale. Pour la première fois, son côté démoniaque se fit réellement ressentir. L'atmosphère était devenue lourde, rendant la respiration difficile.
« Comment pouvez-vous l'affirmer alors que vous connaissez si mal celui que vous prétendez aimer plus que tout au monde ? » railla le démon avec une cruauté méprisante.
Draco voulut le contredire, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Que pouvait-il répondre à cela ? Il savait bien que le démon avait parfaitement raison. Il savait si peu de chose sur Harry. On aurait pu croire que le fait d'être son mari aurait amené le brun à se confier à lui. Mais c'était tout le contraire.
Harry n'avait jamais évoqué son enfance ou les périodes troubles de la guerre. Lorsqu'il en parlait, il restait toujours dans les vagues, sans jamais révéler ses sentiments. Ce manque de confiance avait énormément chagriné Draco qui voyait là une preuve évidente du faible amour que le brun lui portait.
« La confiance est quelque chose qui se mériter. Or, vous n'avez rien fait pour cela. A chaque fois qu'il vous a mis à l'épreuve, vous avez lamentablement échoué. » susurra le démon, avec un moue adorablement condescendante.
Draco tressaillit sous cette attaque. Il sentit son cœur se serrer. Il le savait ça. Il le savait qu'il avait déçu Harry. Qu'il n'avait pas était à la hauteur de ses espérances. Il n'avait pas besoin qu'on le lui dise. Il le savait. Il ferma les yeux un instant, brimant l'immense tristesse l'envahissant. A nouveau un long silence les enveloppa.
« Pourquoi êtes-vous là ? » demanda finalement Draco en redressant la tête. « Je croyais que les esprits ne révélait jamais l'identité de leur possédé. »
« Je en suis pas un esprit. » souligna calmement le démon. « Mais il est vrai que la pénétration est basée sur le même principe que la possession. Révéler notre identité, ainsi que celle de notre Réceptacle peut être très dangereux. »
Silence.
« Que voulez-vous ? » s'enquit une nouvelle fois Draco, la peur lui contractant le ventre.
Il sentait que ce qu'allait lui dire le Prince des Enfers ne lui plairait pas.
« Votre mari a réussi à deux reprises à prendre le dessus sur moi. »
Draco cligna plusieurs fois des paupières, pas sûr d'avoir bien saisi.
« Attendez ! Vous voulez dire que Ha… »
« Je vous ai déjà dit qu'à trop appeler les choses, elles finissent par répondre. » coupa sèchement le démon.
Draco se crispa aussitôt, aussi impressionné qu'effrayé.
« Je… hum, vous voulez dire que… mon mari aurait réussi à vous renvoyer chez vous ? »
« Non. Laissez-moi vous expliquez… Lors d'une pénétration, l'âme et l'esprit du Réceptacle sont enfermés dans une sorte de bulle protectrice les coupant totalement d monde extérieur et de son propre corps. Cela nous permet d'avoir une totale maîtrise du corps pénétré. Mais dans le cas de votre mari, il semblerait que l'amour qu'il vous porte vous relie même lorsqu'il est enfermé dans cette bulle. Et ce lien est un énorme problème. »
« Je… pourquoi ? »
« Les deux uniques fois où votre mari a annihilé ma volonté et repris le contrôle de son corps, c'était lorsque vous étiez en réel danger. Lorsqu'Elle était si proche de vous, qu'il pouvait sentir son odeur jusqu'au plus profond de lui-même. Il ne permettra jamais qu'Elle vous fauche. Et pour cela, il serait près à faire n'importe quoi… même à vous tuez de ses propres mains. »
Silence abasourdi.
« Je… je comprend pas. Le résultat final est le même… du moins si vous parlez bien de ce que je pense. » balbutia un Draco dérouté, après un long moment.
« Vous ne pouvez pas plus vous tromper. Je ne parle pas du simulacre que les Vivants craignent tant. Mais de la l'Autre, la véritable. Celle qui surpasse même le néant. L'embrasser signifie ne plus jamais exister, aussi bien dans le monde des Mortels que des Eternels »
Draco déglutit péniblement. Il avait déjà entendu parler d'Elle. Dans les sectes secrètes de la Magie Noire, on disait qu'il existait une mort absolue. Non pas seulement celle du corps, mais aussi de l'esprit et de l'âme. La destruction totale d'un être. On disait aussi que prononcer son nom, l'appelait à soi. Draco sentit un frisson lui courir l'échine. Quand ? Quand avait-il été si proche d'Elle ?
« Vous pouvez vous détendre. Vous n'êtes plus sa proie… du moins plus pour l'instant. »
Voilà qui ne rassura absolument pas Draco.
« Pourquoi me veut-Elle ? » s'étrangla-t-il.
« Elle ne vous veut pas particulièrement. Elle a juste voulu s'emparer de ce qui était à portée de main, voilà tout. Contrairement à la croyance populaire, ce n'est pas Elle qui cherche ses victimes, se sont ses victimes qui viennent à Elle. »
« Mais… je n'ai jamais voulu La rencontrer ! »
« Evidement. Votre proximité n'était pas de votre fait, mais de facteur extérieur. »
« Que voulez-vous dire ? Qu'est-ce… ? » s'enquit expressément le blond.
« Celle n'a que peu d'importance. » coupa le démon, avec calme.
« Mais… ! » protesta Draco.
« Cela n'a que peu d'importance. » répéta son interlocuteur d'un ton catégorique qui ne souffrait de réplique.
Draco frissonna sous la froideur de sa voix.
« Non seulement votre mari a réussi à vaincre ma volonté, mais en plus, il a pu avoir accès à mes pouvoirs et les utiliser contre ses ennemis. »
« Comment est-ce possible ? » s'écria Draco, sidéré. « Je veux dire, vous un Eternel et il n'est qu'un simple mortel ! C'est… c'est absolument illogique ! »
« La logique est une notion qui n'a de logique qu'elle-même. Sachez que rien n'est impossible. »
« Mais tout de même… » murmura Draco, ayant encore du mal à le croire.
« Vous êtes son valéon. Voilà pourquoi le lien entre vous est si fort. Si puissant, qu'il en annihile ma volonté. » laissa tomber le démon.
« Son valéon ? » répéta Draco, perplexe.
« J'oubliais que les Vivants n'ont aucune culture. » soupira le démon. « Le valéon est ce que vous, mortels, appelaient « âme sœur ». Bien que ce terme soit très réducteur, il est celui qui s'en approche le plus. »
Draco mit un peu de temps pour assimiler cette révélation. Il n'avait jamais cru à ce genre de choses. Il trouvait ça réducteur, dérangeant. Bien sûr, il aimait Harry, certes, mais jamais il n'avait pensé qu'ils étaient prédestinés l'un à l'autre. Il préférait croire qu'ils s'étaient choisis l'un l'autre. C'était plus… rationnel.
Troublé, Draco garda longtemps le silence, les yeux dans le vague. Son âme sœur ? Non… son valéon… Ces deux mots tourbillonnaient dans sa jusqu'à lui en donne le tournis. Il s furent vite remplacé par « Harry m'aime. ». Mister Vénale ou pas, Harry l'aimait lui et personne d'autre. Le cœur de Draco se gonfla d'une joie incommensurable. Il resta immobile, seulement attentif au ras de marais d'émotions tumultueuses qui le submergeait.
Puis, il cligna plusieurs fois des paupières, revenant à la réalité. Il se passa une main tremblante dans ses cheveux blonds alors qu'il tentait d'essuyer le plus discrètement possible les larmes traîtresses coulant sur ses joues. Il s'éclaircit la voix et releva la tête, penaud. Jamais, il n'avait été aussi embarrassé de sa vie. Quand il croisa le regard du démon, ils e noya dans deux lacs verts.
Harry !
Le temps d'un battement de cils et les prunelles de son interlocuteur étaient redevenus noirs. Draco secoua la tête, sûr qu'il était en proie à des hallucinations. Il se racla à nouveau la gorge, mal à l'aise, mais infiniment heureux.
« Je… vous… il… » bafouilla-t-il pathétiquement.
« Je crois que vous nous avez tous énuméré. » souligna le démon, avec un fin sourire narquois.
Draco le fusilla des yeux, plus gêné encore. Il détestait être en position d'infériorité.
« Revenons au fait qui nous intéresse. » poursuivit le démon, l'air de rien. « Heureusement, votre mari a su contrôler mes pouvoirs lors de ses réveils et n'a pas de réel souvenir à leur sujet. Il se rappelle juste ne plus avoir été lui-même, d'avoir était plus sombre… diabolique. Mais nous ne sommes pas passés loin de la catastrophe. La destruction total de votre monde étant la possibilité la moins dramatique. Il est donc évident que nous ne pouvons accepter que ce genre de chose se reproduise. C'est en cela que vous nous êtes utile. »
« Moi ? Mais qu'est que je peux bien faire ? Je n'ai ni sa puissance, ni la votre ! »
C'était dur à reconnaître, mais c'était la stricte vérité. Il se voyait mal canaliser un Harry déchaîné usant des pouvoirs d'un démon supérieur.
« Votre mari s'est éveillé à deux reprise durant la pénétration. Il n'y en aura pas de troisième. »
L'air se satura d'une tension glaciale. Draco sentit une peur sans nom lui broyer les tripes. Qu'avaient-t-il fait ?
« Qu'avez-vous fait à mon mari ? » demanda-t-il, glacial.
C'était la première fois depuis le début de cette conversation, qu'il retrouvait sa voix malefoyenne.
« Un sceaux divin a été posé sur votre mari lui empêchant de se manifester durant la pénétration. » expliqua placidement le démon, nullement impressionné par la dureté de Draco.
« Mais si jamais il tentait de passer outre, son âme et son esprit seraient endommagés ! » s'écria Draco, fou de rage, se levant d'un bond.
« Je sais. »
« Mais… mais… ! » s'étrangla Draco, ulcéré par le flegme de son interlocuteur. « C'est hors de question ! » cingla-t-il au bout d'un moment.
« Votre avis n'entre pas en ligne de compte. Il est déjà scellé. »
Draco se laissa retombé sur le lit, tremblant. A nouveau, il avait envie de pleurer.
Harry, pauvre idiot, dans quelle galère tu t'es encore embarqué !
S'il mourrait, est-ce que son mari serait sauf ? S'il disparaissait…
« Ne tombons pas dans le mélodramatique, voulez-vous. » soupira le démon, semblant très las soudain.
Draco l'incendia du regard, alors même que son cœur saignait dans sa poitrine.
« Vous lisez dans mes pensées ! » cracha-t-il d'un ton accusateur.
« Votre esprit est une véritable passoire. » lança calmement le démon, confirmant ainsi l'affirmation du blond.
Draco eut envie de lui balancer le lit à la figure.
« J'ai beaucoup d'estime pour votre mari, malgré le fait qu'il soit un mortel tout aussi incompréhensible que ceux de son espèce. » continua le démon, comme si de rien. « Voilà pourquoi je vais vous révéler la seule manière de l'immuniser contre le sceaux. Ou plus exactement, comme vous protéger, vous, contre l'Autre, puisque cela semble être le seul déclencheur de cette rage dévastatrice. »
« Que dois-je faire ? » s'empressa de demander Draco.
« Bien que votre lien soit très fort, il n'est pas à son paroxysme. Pour l'instant, seul vos corps sont totalement unis. En fortifiant votre lien valéonis à son maximum, vous bénéficierez de la protection de votre mari contre l'Autre. Vous n'aurez donc plus rien à craindre d'elle car les Réceptacles ne partent qu'à la fin de leur cycle. Elle ne peut les toucher. »
« Comment fortifier notre lien ? »
« Je ne peux vous le dire. Mais je peux vous le montrer. »
Le démon leva une main majestueuse. Soudain tout se mit à tanguer autour de Draco. Il n'eut même pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait qu'il sombre dans l'inconscience.
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L'impression de chute cessa rapidement. Crispé de tout son être, Draco ouvrit lentement les yeux pour conjurer le vertige qui le tenaillait. Entendant des bruits de conversation, il se tourna. Il était dans un petit salon décoré de bric-à-brac divers formant un ensemble pour le moins étrange. Un groupe de personne était installé près de la cheminée, des tasses fumante à la main. Ils riaient et discutaient avec animation.
Draco s'approcha d'eux après avoir reconnu la tête hirsute de son mari. Le blond réprima une grimace quand il avisa que c'était toute la clique des Gryffondor qui était présent. Ce qui le dérangea au plus haut point, outre le fait qu'il subissait la belette en train de roucouler avec sa cinglée d'épouse, Loufoca, c'était de voir cet espèce scroutt de Finnigan assis sur l'accoudoir du fauteuil où était Harry, sa main se rapprochant dangereusement de la tête du brun. Le regard dans l'irlandais couvait Harry n'était pas pour plaire à Draco, non plus.
Mais qu'est-ce qu'il croyait celui-là ? Harry était marié, casé, pris, en laisse ! Indisponible, quoi ! Qu'il aille pendouiller sa putride main ailleurs ! Si jamais il osait effleurer ne serait-ce qu'un cheveux de son mari, il le plus ferait payer très cher !
Toute son attention sur Finnigan et sa main coupable, Draco n'écouta pas la conversation. Ce ne fut que lorsque la voix de Harry cajola l'air, qu'il cessa d'incendier l'irlandais du regard pour écouter son mari.
« La première fois que je le lui ai dis, c'était lorsque nous avons fait l'amour pour la première fois, à Poudlard. » confessa Harry, un sourire tendre aux lèvres et les yeux brillant de souvenir.
« A Poudlard ? Rassure-moi, ce n'était pas durant nos années d'étude ? » grimaça la belette.
« Non, c'était à la soirée des anciens élèves. » pouffa Harry.
Draco adorait l'entendre rire. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait plus écouté ce son grave, légèrement rauque, et incroyablement sensuel.
« En tout cas, c'était la soirée des premières fois, dis-moi ! » se moqua Thomas.
« Draco a été le premier dans bien des domaines. » révéla Harry, son sourire tendre refaisant surface.
« Merlin ! Ne me dit pas que la Fouine a été ton premier amant ! »
Draco lui lança un regard féroce, montrant presque des dents. Non mais de quoi se mêlait-il, celui-là ? Et d'où il croyait pouvoir l'appeler de ce détestable surnom impunément ? Il oublia bien vite les diverses scènes de torture dédicacées à l'irlandais, quand il entendit la réponse glaciale de son mari.
« Il se nomme Draco et oui, il a été le premier sur ce plan aussi. Il me semble qu'il y a d'autres sièges disponibles dans cette pièce. »
Un petit silence tendu suivit ses mots. Finnigan s'éloigna de Harry, le visage légèrement pâle. Un sourire un peu idiot flotta sur la lèvre de Draco. Salazar qu'il aimait quand son petit lion le défendait !
« C'est tout même incroyable que tu soit resté vierge jusqu'à vingt ans ! » finit par dire Granger, pour relancer la conversation.
Bon, ils vont le lâcher, oui, avec cette histoire ? s'agaça Draco, qui n'aimait que modérément que sa vie privé soit étalé devant ces crétins.
« C'est vrai qu'avec un physique comme le tien, cela paraît incroyable ! » renchérit Finnigan dans une pitoyable tentative pour amadouer Harry.
Mais, à la plus grande satisfaction de Draco, le brun ne lui jeta même pas un coup d'œil.
« D'abord, je n'avais pas vraiment le temps, durant la guerre. Et par la suite, personne ne m'a donné envie de franchir le cap avant Draco. »
Normale, je suis le meilleur, se vanta le blond, avec un sourire suffisant.
« Mais qu'est-ce que tu lui trouve ? » s'agaça Finnigan.
Celui-là, il perd vraiment de bonnes occasions de se taire, songea Draco alors qu'il vit la bouche de son mari devenir une fine ligne, signe avant coureur de réplique cinglante à venir.
Mais la belette femelle ne lui laissa pas le temps de parler.
« T'es aveugle ou quoi ? Outre le fait qu'il soit riche comme crésus et soit doté d'une intelligence supérieure à la moyenne, ce mec est une véritable bombe sexuelle ! »
« Ginny ! » suffoqua son frère, aux bords de la syncope.
Tout le monde éclata de rire, Draco aussi. Cependant, il cessa bien vite quand il entendit ce fichu irlandais marmonner : « Cela ne l'empêche pas d'avoir un caractère de détraqueur ! ». Au regard polaire que Harry lança à Finnigan, Draco comprit que son cher et tendre avait parfaitement entendu la boutade. Il faudrait qu'il s'occupe du cas l'irlandais. On n'insultait pas un Malefoy impunément !
« Et lui, quand te l'a-t-il dit ? » demanda Loufoca, un air rêveur sur le visage.
Le visage de Harry s'assombrit aussitôt. Draco se raidit, sentant que la suite n'aller pas lui plaire. Qu'était-il sensé avoir dit à son mari ?
« Héhé ! Crache le morceau, Harry, qu'on se marre ! » ricana la belette en se frottant les mains d'anticipation. « Allez, Ry, fait pas ton timide, dis-nous comment Malefoy s'est déclaré. Ca a du lu coûter, ça, nyark !... Allez, Harry, ne le couvre pas !... Harry ? »
Mais, il va se la fermer, ce stupide glouton !
Draco tremblait de rage, alors même que son cœur se serrait dans sa poitrine. Son mari avait détourné le regard, le visage fermé. Un lourd silence s'en suivit. Draco vit Harry faire tourner son alliance autour de son doigt, chose qu'il détestait. Quand son époux faisait ça, il avait toujours l'impression que Harry n'avait qu'une envie : arracher l'anneau de son doigt. Se libérer de lui, donc.
« Draco ne m'a jamais dit qu'il aimait. » laissa tomber Harry.
Le silence qui suivit fut encore plus insupportable que le précédent.
Le visage blême, Draco se rendit à peine compte que le décor changeait. De cris joyeux l'arracha à ses tumultueux sentiments. Draco releva la tête. Un spectacle déchirant le lyncha les yeux. Harry tenait un bébé dans les bras, un sourire si heureux sur les lèvres que le cœur du blond en chavira. Le brun soulevait le poupon dans les airs, provoquant moult hurlement appréciateurs.
« Tu feras un excellent père, Harry ! » le complimenta Loufoca en lui tendant un biberon.
« Merci ! » s'exclama joyeusement son mari en caressant doucement le fin duvet du poupon qui tétait avidement son biberon.
C'est bien le fils de son père, lui, songea narquoisement le blond.
« Quand est-ce que Draco et toi allaient en faire un ? »
Le sourire de Harry vacilla. Draco sentit son estomac se contracter d'avantage.
« Je ne crois pas que se soit pour maintenant. » répondit le brun avec une légèreté feinte.
« Pourquoi ? Vous voulez des enfants, non ? »
« Oui, bien sur ! » répondit aussitôt Harry, avant que son visage s'assombrisse. « Enfin moi, j'en veux, mais Draco pense qu'il est encore trop tôt. »
Il y eut un moment de silence où Harry empêcha la progéniture de la belette de s'étouffer avec son biberon.
« De tout façon, même s'il était pour, il se passera des lustres avant que je tombe enceinte ! Draco passe tout son temps au bureau. C'est à peine si je le vois ! » marmonna amèrement Harry.
« Je vois. »
« Et puis, je ne crois pas que Draco veuille vraiment des enfants. » reprit Harry, après un petit silence. « Il retarde juste le moment où il me le révèlera avec son excuse bidon ! »
Draco fronça des sourcils. Qu'est-ce qu'il racontait ?
« Qu'est-ce qui te fais dire ça ? » s'étonna Loufoca, en prenant sa belette miniature pour lui faire faire le rot.
« Il suffit de voir comment il se comporte avec eux. Dès qu'un enfant est dans les parages, il a cette moue méprisante et les regarde comme s'ils étaient de la vermine sur ses chaussures bien cirées. Ils ne voient en eux que d'horribles petits monstres touchent à tout, bavant, criant, vomissant, salissant leur couche ! » s'écria presque Harry, le visage contracté d'indignation.
« Change de père. »
Silence perplexe où Harry comme Draco cherchent de quoi parler Luna.
« Si tu es sûr que ton mari ne veut pas d'enfant et que toi, tu en veux absolument, alors change de père… ou de mari, si tu préfères. » expliqua Loufoca devant l'air interrogatif du brun.
Draco crut qu'il allait voir une attaque.
Mais elle est malade !
C'était donc ça, les judicieux conseils que lui donnaient ses chers amis ! Pas étonnant que Harry l'ait quitté ! Ce qui rassurait quelque peu Draco, c'était que son mari avait une expression aussi choquée que lui. Puis, il éclata de rire en secouant la tête.
« Le problème Luna, c'est que je ne veux pas d'enfants s'ils ne sont pas de Draco. » dit tristement Harry.
« Oooh ! Alors, il ne te reste plus qu'à attendre le bon vouloir du dragon. »
« J'en ai bien peur, oui. » sourit Harry, résigné.
La tristesse de son mari lui brisa le cœur. Cependant, il ne put s'appesantir d'avantage sur sa douleur, car le décor changeait à nouveau, dans un tourbillon.
Ce souvenir-là, Draco s'en rappelait parfaitement. Harry et lui venaient de se marier et prenaient un repos bien mérité après une nuit d'amour. Draco fixa son double avec un mélange d'envie et de nostalgie. Il se souvenait le bonheur parfait de leur premier mois de mariage. Pourquoi tout avait volé en éclat ?
Son double avait un visage si serein, si heureux alors qu'il serrait contre son cœur la source de toute cette joie. Draco se rappela le sentiment de puissance et d'amour qui l'avait submergé de tenir cette perle rare dans ses bras, d'avoir été choisi par Harry, d'être la cause du sourire béat qui incurvait ses lèvres rougies par leurs baisers. Comment avait-il pu oublié, ça ? Il n'était qu'un idiot !
« Lorsque nous rentrons, nous nous marierons à nouveau. » souffla son double en déposant un baiser dan les cheveux en pagaille de son tout nouveau mari.
« Se remarier ? » s'étonna Harry en redressant la tête pour le regarder. « Draco, l'encre n'est même pas encore sec sur notre acte de mariage ! » rit-il.
« Peut-être mais pas un de nos proches n'était présent. » protesta Draco.
« A qui la faute ? » accusa Harry ave un tendre sourire.
Il balaya de la main la boutade du brun.
« On va organiser un grand mariage, comme ceux des contes de fée ! » s'exclama son double, enflammé.
« Tu joueras le rôle de la princesse, je suppose ? » se moqua son mari.
« Harry, je suis sérieux ! » dit Draco, en fronçant des sourcils.
« Mais, moi aussi ! » pouffa la brune.
Draco sourit alors que son double leva les yeux au ciel, exaspéré que son mari raille ses plans. Pour le punir, il s'embrassa férocement. Et ceci entraînant cela, ils ne reprirent leur conversation que bien plus tard.
« Je veux que le monde entier soit témoin de mon bonheur ! » souffla son double.
« Tu crois qu'ils l'accepteront ? » s'enquit Harry, inquiet.
« Ca, je m'en fiche ! Tout ce qui compte, c'est nous. » répondit son double en embrassant voluptueusement son mari.
« Oui. » dit Harry quand sa bouche fut libérée. « Je me remarierais avec toi autant de fois que tu voudras. » ajouta-t-il devant le regard interrogatif du blond.
Son double l'embrassa à nouveau plus fougueusement. Un long moment plus tard, il reprit la parole en serrant Harry plus fort contre lui.
« Je ne laisserais jamais personne s'immiscer entre nous. Je te protègerais de tous les conspirateurs et je t'enchaînerais à moi de toutes les manières possibles. Pour que jamais tu ne m'échappes. »
« Je n'aurais jamais envie de t'échapper. » souffla Harry.
Les yeux brouillés, Draco regard sans les voir les deux amants s'unir à nouveau.
Quand ? Quand ce jeune marié passionné été-t-il devenue ce sinistre homme d'affaire casant son époux entre deux rendez-vous ? Draco n'aimait pas ce qu'il était devenu. Certes, les affaires de la famille avaient requis toute son attention, mais jamais elles n'auraient du passer avant Harry.
Comment avait-il pu faire tant de mal à l'être qu'il chérissait le plus en ce monde, sans même s'en rendre compte. Comment avait-il pu être si aveugle. Il n'avait tenu aucune des promesses faites à Harry. Pire même, il l'avait rendu malheureux. Le bilan était catastrophique. Comment s'étonner maintenant que Harry l'ait quitté, qu'il se soit lassé ? Lui-même aurait abandonné bien avant que son mari. Mais quel crétin, il avait été !
« Je ne vous le fais pas dire. »
Draco tressaillit. Il leva la tête et se rendit compte qu'il était à nouveau dans son lit, dans la chambre du Chaudron Baveur. Le Prince des enfers lui faisait face, toujours imperturbable.
« Vous n'avez tenu aucune des promesses que vous lui avez faite. Pire même, vous l'avez fait souffrir plus quiconque. »
Draco ferma les yeux. Il avait été en dessous de tout, il le savait. Pas étonnant que Harry soit allé se consoler dans les bras de Mister Vénale !
« Votre crédulité ne fait pas honneur à votre perspicacité. Croyez-vous réellement qu'il se serait engagé avec un autre alors même que son alliance luisait à son annulaire ? Le mariage est un sacrément très important pour lui. Il ne tolèrerait pas de le bafouer. S'il avait voulu prendre un amant, il aurait d'abord divorcé. »
« Ce qu'il s'apprête à faire. » murmura Draco, la gorge soudain très nouée.
« Il me semble que votre mémoire vous joue des tours. Vous avez entamé cette procédure de divorce. Pas lui. Pour vous marier avec un autre qui plus ait. Avant que vous ne preniez les choses en main, votre mari ne semblait pas empressé d'officialiser votre rupture. Ne trouvez-vous pas cela étrange de sa par ? »
Draco ne sut que répondre. Il n'avait jamais réellement pensé à ce côté de leur rupture. Harry l'avait quitté, point. A ce moment-là, leur couple allait suffisamment mal pour qu'il comprenne la décision de son mari. Maintenant qu'il y repensait, il voyait toutes les failles de son raisonnement.
Harry n'était pas du genre à fuir. Généralement, il se débarrassait toujours rapidement de ce qui l'encombrait, de manière plus ou moins douce selon les cas. S'il avait réellement voulu le rayer de sa vie, il serait resté et lui aurait fait signé les document le libérer à coup d'Impérium si nécessaire. Or, il avait fait tout le contraire. Pourquoi ? S'il ne le connaissait pas aussi bien, Draco aurait dit qu'il voulait qu'il lui…
Merde !
Harry avait voulu qu'il lui courre après ! Il n'avait strictement rien compris ! Mais quel crétin ! Qu'est-ce qu'il disait déjà sur le fait de bien connaître son mari ? Non mais quel crétin ! Comment avait-il pu passer à côté de ça ? Mais quel crétin ! La seule explication qu'il voyait, c'était qu'il avait été bien trop imbriqué dans sa propre douleur pour réfléchir posément au comportement de Harry.
Ce n'est pas une excuse, imbécile ! se maugréa-t-il, écoeuré par sa propre bêtise.
« Maintenant que vous vous êtes rendu compte de vos erreurs et que vous savez comment faire pour les réparer, je peux m'en aller. Un dernier conseille tout de même : prenez garde à votre famille. Ils n'étaient pas étrangers à votre rupture. Bonne chance. »
« Merci. » fit vaguement Draco alors que l'apparence du Prince des Enfers changeait étonnamment sous ses yeux.
Les longs cheveux de jais se rétrécissaient jusqu'à ne devenir qu'une éparse forêt brune. Les yeux sombres s'éclaircirent pour prendre la couleur de l'émeraude. La peau pâle s'assombris, prenant une teinte plus légèrement plus mate. Même les vêtements changèrent d'apparence pour redevenir l'ensemble beige sexy qui moulait le corps parfait de son mari. Sur son nez, des lunettes ovales à fines montures étaient apparues.
Harry était de retour.
Le brun cligna plusieurs fois des paupières comme pour améliorer sa vue. Il semblait un peu perdu. Mais dès qu'il posa les yeux sur le blond, l'inquiétude et la peur se disputaient le soulagement et la joie. Ce mélange contradictoire conférait une teinte assez étonnante au regard de son mari. Avant que Draco ait pu se remettre de sa surpris, une fusée brune lui sauta dessus.
« Draco, tu es vivant ! Merlin merci, tu es vivant ! J'ai eu si peur ! » pleura presque Harry dans son cou, en le serrant contre lui à l'en étouffer.
Le blond ne put le rassurer car sa bouche fut soudain fort occupé avec celle de son époux.
C'est pas grave, on a tout le temps pour parler, songea Draco en savourant le goût exquis des lèvres de Harry.
