Tant bien que mal, Harry essayait de reprendre ses esprits mais c'était très difficile lorsqu'il sentait le corps chaud de Draco pressé contre le sien. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. Après tout, c'était lui qui avait initié leur baiser. Baiser qui entraînait bien autre chose. Mais pouvait-il vraiment se reprocher sa faiblesse ?

Quand il avait vu son mari couvert de sang, à l'agonie, il avait totalement perdu la tête. Il avait ressenti la souffrance de Draco comme si elle avait été la sienne. Et cela lui avait été insupportable. Quand Draco avait perdu connaissance et qu'il l'avait cru mort, son être tout entier s'était brisé en mille morceaux. A cet instant, tous ses reproches contre Draco lui avaient paru bien lointain. Seul compté cette intolérable douleur lui anéantissant l'âme. Il l'aimait tellement !

Mais maintenant qu'il était rassuré sur la vie de son mari, Harry se rappelait que l'amour ne guérissait pas tout les maux et ne franchissait pas tous les obstacles. Il tenta de se soustraire aux bras de Draco mais pour un convalescent, son mari avec une poigne bien ferme.

« Dray… non… » réussit-il à articuler entre deux baisers enflammés.

« Dis-le encore. » chuchota son mari en plongeant son regard pénétrant dans le sien.

« Q-quoi donc ? »

« Dray. » dit-il de cette voix basse, sensuelle qui lui faisait perdre tous ses moyens. « Redis-le encore. »

Harry tressaillit. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait utilisé l'affectueux diminutif dont il usait du temps où ils étaient heureux.

« Dis-le. » insista Draco en emprisonnant sa nuque de sa main libre.

Ses lèvres se rapprochèrent lentement des siennes et Harry laissa échapper un petit gémissement.

« Dray… »

Ferme et douce à la fois, la bouche de son mari captura la sienne avec une ardeur qui le fit trembler de la tête aux pieds. Leurs torses se plaquèrent l'un contre l'autre, leurs hanches ondulèrent d'un même rythme. En l'espace de quelque instants, ils furent propulsés dans un monde de volupté où plus rien ne comptait sauf eux, leurs parfums, leurs épidermes, leurs gémissements et leurs frissons de plaisir. Harry perdit totalement la tête, ne se souvenant même plus de ses réticences.

Draco soupira lorsqu'il enfouit les mains dans la chevelure soyeuse et indomptable de Harry. En un clin d'œil, ce dernier fut débarrassé de sa veste et de sa chemise. Draco aussi s'était dépouillé de sa robe blanche de patient, livrant son torse magnifiquement sculpté au regard d'un Harry appréciateur. Il fit délicatement courir ses oncles sur la peau ferme du blond, lui arrachant des frissons délicieux.

Les draps qui les séparaient s'envolèrent dans un coin de la chambre avec le reste de leur vêtement. Nu, peau contre peau, ils se dévorèrent la bouche, comme des assoiffés. Leurs baisers devinèrent brûlant. Draco poussa un grognement satisfait quand il lui mordilla les lèvres, leurs langues dansèrent bientôt langoureusement. Harry saisit le sexe tendu de son mari et commença à le masser sensuellement, grisé par l'intensité vibrante de son désir. Draco gémit à nouveau tout en titillant les tétons fièrement dressés de Harry. Submergé par une onde de plaisir, ce dernier se tortilla lascivement en gémissant.

Poussé par l'envie de caresser son mari, Harry le fit s'allonger et s'assit à califourchon sur lui, une lueur gourmande dans les yeux. Il fit courir ses mains, sa langue sur chaque centimètre carré de son corps superbement découplé jusqu'à ce que, n'y tenant plus, Draco l'obligea à cesse la plus intime et torturante caresse qu'il soit, pour un baiser torride. Emportés par un tourbillon de désir, ils s'embrassèrent à perdre haleine, roulant sur le lit, étroitement enlacés.

Ce fut alors au tour de Draco de faire perdre la tête à Harry avec des caresser osées, sensuelles, gourmandes. De sa langue, de ses doigts, il le mena aux bords de la jouissance, tout en le préparant à le recevoir. Dans une longue plainte, rauque, Harry se libéra dans sa bouche, le souffle court. Draco n'attendit pas pour le pénétrer. Harry cria de douleur, de plaisir mêlé. Son mari posa une main sur sa joue en murmurant des paroles apaisantes, ne bougeant plus pour lui permettre de s'accoutumer à sa présence.

Harry tourna légèrement la tête pour embrasser sa main avant de lui faire un sourire lumineux. Il sentait Draco en lui. En lui. Cette présence oppressante et divine à la fois lui avait tant manqué. Il en avait rêvé, espéré et enfin, son souhait se réalisait. Enfin. Ivre de bonheur, Harry mordilla sa paume et ce fut au tour de Draco de gémir longuement en enfouissant ses lèvres dans la moiteur de son cou.

Le blond faisait tout pour se retenir et ne pas pilonner son mari comme il en avait envie. Il était surpris de trouver Harry si étroit. Il ne se souvenait pas d'une telle étroitesse. Comme si cela faisait longtemps que le brun n'avait fait l'amour, comme s'il s'était préservé pour lui seul. Cette seule idée fit pulser violemment son sexe. Il gémit de nouveau, au supplice.

« Ca va aller. » murmura Harry à son oreille, avec une tendresse qui fit chavirer le cœur de Draco.

Alors seulement, il bougea en lui. Et il faillit en mourir. C'était tellement bon ! Sentir la chaleur de Harry, respirer son odeur, entendre ses gémissements. Son cœur grognait dans sa poitrine comme un forcené et Draco était sûr qu'il allait mourir avant la fin. Comment avait-il seulement pu se passer de ça durant trois infernales années ? Comment avait-il pu ne serait-ce qu'envisager toucher un autre homme ? Il avait du être complètement atteint ! Mais heureusement, il avait retrouvé toute sa raison !

Luisants de sueur, ils s'étreignirent avec une fougue presque primitive. Les coups de rein de Draco étaient de plus en plus puissants, malmenant délicieusement la prostate de Harry, ses baisers plus goulus meurtrissaient ses lèvres. Entre eux, le sexe du brun palpité douloureusement, subissant avec ivresse les suaves frottements du ventre de Draco. Mille étincelles jaillirent dans le champ de vision de Harry, encadrant le visage crispé de plaisir de Draco. Enroulant ses jambes autour de sa taille, il alla au-devant de ses fougueux assauts ponctués de soupirs et de gémissements.

Ils étaient si obnubilés l'un par l'autre, qu'ils ne virent le phénomène magique les entourant. Les meubles et autres objets décoratifs flottaient dans les airs en une chorégraphie festive. Une espèce d'aurore boréale scintillait de mille feux, reflétant une myriade de couleurs sur leurs corps en sueur. Eux-mêmes flottaient au dessus du lit, ondulant langoureusement l'un contre l'autre en une danse aussi ancienne que le monde.

Quand il l'eut amené au bord de l'extase, Draco prit le visage de Harry en coupe et l'enveloppa d'un regard empreint de gravité. Leurs cœurs battaient à l'unisson dans le silence de la chambre. Il le dévisagea longuement, presque solennellement, avant de plonger de nouveau en lui en lui murmurant son plus précieux secret.

« Je t'aime, Harry… »

Ce dernier écarquilla les yeux de surprise et de plaisir mêlé alors que les premières ondes de l'orgasme lui coupèrent le souffle. L'étonnante déclaration de Draco avait décuplé sa jouissance.

« Oh ! » gémit Draco tandis qu'il se contractait autour de lui.

Harry l'embrassa avec une tendresse en complète contradiction avec le violent plaisir qui les emporta. Il en était toujours ainsi, entre eux : ils s'abandonnaient l'un à l'autre pleinement, sans fausse pudeur, et atteignaient ensemble les confins de l'extase. Mais, cette fois-ci, ce fut encore plus intense. A tel point que leurs magies crépitèrent dans la chambre, intensifiant la lévitation des objets, cassant l'aurore boréale en une pléiade de feux d'artifice. Harry eut même l'impression de monter si haut vers les cieux qu'il pouvait toucher les étoiles. La chute n'en fut que plus vertigineuse.

Le souffle court, Draco se remit difficilement de l'incroyable orgasme qu'il venait de vivre. Jamais, il n'avait connu une telle félicité. Allongé de tout son long sur son mari, il avait l'impression d'avoir été vidé de toute force. Il sentait le cœur de Harry battre la chamade contre sa paume, son souffle caresser son cou, son odeur imprégnant son corps. Les bras et les jambes de son mari l'enserraient comme pour l'empêcher de partir loin de lui. Il avait l'impression d'avoir Harry partout autour de lui et il adorait cette sensation. Il aurait voulu ne plus jamais bouger. Mais il finit tout de même par se décaler, ne voulant pas écraser le brun.

Comme d'habitude, la passion céda la place à un moment de tendresse. Roulant sur le dos, Draco attira Harry contre lui et glissa un bras autour de sa taille. Leurs respirations s'apaisèrent. Harry nicha sa joue dans le creux du cou de son époux tandis que son bras reposait sur sa hanche. C'était un de ces rares moments où le temps semblait suspendre son cours, où plus rien ne comptait sauf les émotions partagés.

Harry leva légèrement le visage pour déposer un langoureux baiser sur ses lèvres. Draco eut un long soupir de satisfaction avant de planter un baiser dans ses cheveux humides. Le brun laissa airer son regard sur la chambre silencieuse. Celle-ci était dans un état de désordre et de délabrement indescriptible. Même le lit n'avait pas été épargné ! En un clin d'œil, il répara les dégâts. Le lit reprit sa place sous leur corps repus et les couvertures vinrent les envelopper.

Puis il poussa un soupir d'aise et se blotti un peu plus contre Draco. Celui-ci émit un faible gémissement. Se trompant sur sa signification, Harry se redressa brusquement, blême.

« Par Gryffondor ! Draco, comment te sens-tu ? » paniqua-t-il en palpant le corps de son époux avec frénésie.

« Qu'est-ce qui te prend, Harry ? » demanda Draco, perplexe par cette soudaine agitation.

« Tu es blessé et moi je ne trouve rien de mieux que te sauter dessus ! » déplora le brun, angoissé.

Draco sourit tendrement et se détendit.

« Si ce n'est que ça, saute-moi dessus quand tu veux ! » rit-il.

« Je suis sérieux, Draco ! Tu as été gravement blessé ! » s'indigna Harry.

« Et tes baisers m'ont guéri. » souffla le blond en l'embrassant, ne lui laissant pas le temps de protester. « Harry, revins vivre avec moi. » chuchota-t-il contre son oreille quand leurs bouches se furent séparées.

Il sentit son mari se figer contre lui. Draco se redressa sur les coudes pour le regarder. Le visage de Harry était un masque de surprise.

« Pourquoi, Draco ? » demanda-t-il d'une voix légèrement tremblante. « Pourquoi as-tu changé d'avis au sujet du divorce ? Pourquoi me veux-tu de nouveau dans ta vie ? »

Draco arqua un sourcil surpris. Harry n'avait-il pas entendu ce qu'il avait dit plus tôt, alors que la passion les emportait ? Il lui avait pourtant fallu tout son courage pour les lui murmurer. Ce n'était peut-être pas glorieux, mais les Malefoy avaient toujours eu du mal à conjuguer le verbe « aimer ». Mais pour garder Harry, il serait prêt à le redire autant de fois qu'il le faudrait.

Il roula sur Harry, prenant à nouveau son visage en coupe, soudant son regard au sien.

« Parce que je ne peux pas vivre sans toi. »

Harry trembla mais il ne sut si c'était d'allégresse ou de peur. C'était un aveu si incroyable dans la bouche de cet homme affirmant n'avoir besoin de personne qu'il en était terrifiant. Il se sentait si vulnérable, tout d'un coup. Il savait qu'une fois qu'il accepterait la proposition de son mari, il ne pourrait plus revenir en arrière. Du moins pas sans douleur. Et cette fois-ci, ce n'était pas sûr qu'il puisse s'en relever.

« Et… et si nous recommençons à nous faire souffrir ? »

« Je veux t'accueillir de nouveau dans ma vie, sous mon toit et dans mon lit. » déclara Draco avec une espèce de férocité bouleversante. « Je n'ai pas l'intention de te faire souffrir, je n'ai aucune envie que nous nous déchirions. Ce que je veux, c'est retrouver le bonheur que nous avons connu avant que le monde extérieur nous rattrape… je te veux, toi, tout entier… j'aimerais t'entendre dire que c'est également ce que tu désires. »

Coincé entre le matelas et le corps chaud de Draco, les yeux rivés aux siens, débordant d'amour et de sincérité, Harry se sentit fondre de joie et d'appréhension mêlées.

« Et dans ton cœur : est-ce que tu m'y accueilles ? »

« Tu n'as jamais quitté mon cœur, mon ange… je t'aime… »

Un bonheur et un soulagement sans nom envahirent Harry. Les yeux brillants, il attira le visage de Draco vers lui. Et ce fut tout contre ses lèvres qu'il murmura les trois petits mots, plus magiques que la magie elle-même, mettant à nu l'âme humaine. Il les lui livra espérant de tout son être que Draco saurait en faire meilleur usage que les fois précédentes où il les lui avait criés.

Ils échangèrent alors un baiser d'une rare sincérité, plein d'émotion, bouleversant de tendresse et de compréhension mutuelle

« Oui. » chuchota-t-il, une fois leur baiser rompu. « C'est ce que je veux moi aussi. Je veux être avec toi où que ce soit. »

Ils s'aimèrent de nouveau avec une douceur pleine d'audace. Alors que Draco lui faisait perdre la tête avec ses langoureux va-et-vient, Harry se jura qu'il ne regretterait pas sa décision. Cette fois-ci, il ferait tout pour que ça marche.

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Draco se réveilla sous de délicieuses caresses. Poussant un gémissement, il ouvrit paresseusement les yeux pour contempler Harry dans ses œuvres les plus hardies. Fermant les yeux, il savoura à sa juste valeur ce petit cadeau. Il s'abandonna totalement au plaisir, entraîné loin de la réalité par la bouche entreprenante de son mari. Il adorait quand Harry le caresser ainsi, sentir son gland buter contre le fond de sa gorge lui procurer un plaisir inouï. Il ne tarda pas à sombrer dans la jouissance en un râle puissant.

Il sentit Harry remonter, se frottant lascivement contre son corps. Il effaça son sourire d'un baiser ardent. Draco noua un bras autour de son cou alors que l'autre alla se poser sur ses fesses rondes. D'un coup de rein il inversa leur position et se mit à le masturber avec une sensualité sadique.

Harry ne mit pas longtemps à perdre la tête à son tour, tous ses cris de plaisir étaient étouffés par les baisers profonds de Draco. Mais il finit tout de même par changer leur position. Il se plaque contre le dos de Harry, lui écartant largement les jambes pour mieux atteindre son sexe tendu. Ainsi, son époux pourrait suivre chacun des mouvements de sa main.

Pour une raison qui dépassait l'entendement, Harry faisait une véritable fixation sur ses mains. Il adorait les avoir sur lui, sur partie bien précise de son anatomie en particulier. Accompagnant ses mouvements de main par de langoureux coups de rein, Draco ne tarda pas à le faire chavirer dans l'extase. Il étouffa ses gémissements de jouissance de ses lèvres, alors que le corps de son mari tressautait de plaisir.

Ils restèrent un long moment ainsi, l'un contre l'autre, savourant la présence, la chaleur de l'autre.

« Je suis trop bien dans tes bras. » baya Harry en s'étirant comme un félin. « Je devrais me lever avant de m'endormir. » ajouta-t-il avec un petit soupir.

« Oui, on devrait se lever parce qu'où sinon jamais nous ne quitterons ce lit. » souffla Draco, en pressant contre ses fesses, son sexe de nouveau tendu par les tortillement de son époux.

Harry éclata de rire avant de se lever.

« Et puis, nous avons beaucoup de chose à régler. » ajouta Draco avec un soupir résigné, en se levant à son tour.

« Tu es sûr que tu peux marcher ? » s'inquiéta Harry.

« Si j'ai pu te faire l'amour avec tant d'enthousiasme, je pense que je peux marcher. » répondit moqueusement Draco.

Harry lui tira la langue.

« Moi qui pensais t'inviter à partager ma douche… eh bien tanpis pour toi ! » répliqua-t-il en s'envolant vers la salle d'eau.

Draco le suivit aussitôt, soudain galvanisé.

Deux heures plus tard, ils sortirent enfin de la chambre. Ils prirent ainsi de plein fouet l'effervescence régnant au Chaudron Baveur. Médicomages et infirmières s'agitaient en tout sens, sortant et entrant dans les chambres, les bras chargés d'ustensiles médicales. Harry blêmit d'un coup se souvenant soudain de son oncle Remus.

« Mon Dieu ! »

S'arrachant à la main de son époux, il descendit les escaliers quatre à quatre. La salle du bar était toujours dans un désordre sans nom et surpeuplé. Avec affolement, Harry chercha le loup-garou du regard. Au bout de cinq minutes, où il eut le temps d'imaginer le pire, il le repéra enfin, au fond de la salle, sur un petit lit de camp. Il se précipita vers lui, évitant avec une fluidité déconcertante tout obstacle lui barrant le passage.

« Remus ! » s'écria-t-il en s'agenouillant à son chevet.

Il lui prit la main, la serra, les yeux brillant d'angoisse. Il ne pouvait pas le perdre, pas maintenant !

Draco, qui venait d'arriver près d'eux, libera aussitôt le lycanthrope du sort de sommeil.

« Tu as jeté un sort à mon oncle ! » s'indigna Harry, le regard flamboyant.

Draco grimaça.

« Il ne voulait pas me laisser te rejoindre. Et puis, c'est un sort bénin. » se défendit-il.

« Hum… Harry ? » murmura Remus, en battant des cils.

« Ca va ? » demanda aussitôt ce dernier en reportant un regard soucieux sur lui.

« Un peu sonné. »

Harry lança un regard noir à Draco.

« Que s'est-il passé ? » demanda son oncle en tentant de se redresser.

« Ne bouge pas ! » protesta Harry en l'obligeant à se recoucher. « Un crétin fini t'a jeté un sort ! »

Draco grimaça à nouveau mais ne dit mot.

« Malefoy ! » s'écria soudain le lycanthrope en redressant d'un coup. « Désolé Harry ! Je n'ai pas réussi à le retenir ! »

« Ce n'est pas grave. » tenta de le calmer le brun, mais c'était peine perdue.

« Si c'est grave ! Tu comptais sur moi et je n'ai pas réussi… » se dépita Remus. « Je sais pourtant que s'il arrivait quelque chose à Malefoy, tu en perdrais la tête… Je n'ai aucune excuse… »

« Tu ne devrais pas t'inquiéter pour cette petite fouine. Il a la tête dure ! La preuve, il n'arrête pas de grimacer d'indignation derrière mon dos. »

« Draco ! »

Celui-ci incendia son mari du regard avant de revenir à Remus.

« Je vais parfaitement bien. » le rassura-t-il.

Le lycan le détailla avidement, à la recherche qu'une quelconque égratignure. Mais la potion du le Prince des Enfers avait fait disparaître toutes ses blessures en plus de la douleur de paire avec. A ce constat, Remus poussa un profond soupir de soulagement.

« Vous ! Qu'est-ce que vous fichez là ! » hurla presque Jonas Marvel, qui venait d'arriver, un bac d'eau dans les mains.

Il fixait Draco avec férocité.

« Je vois qu'ils vous ont soigné le nez. » constata le blond avec une ironie mordante. « Voilà qui est merveilleux, je vais pouvoir le casser à nouveau. » ajouta-t-il avec un sourire effrayant.

« Espèce de… ! » cracha le Kinémage.

« Je peux savoir ce qui se passe ? » l'interrompit Harry, en fronçant des sourcils.

« Jonas et Draco ont eu un différent te concernant. » répondit calmement Remus.

« Un différent ? » répéta Harry en fronçant encore plus des sourcils.

« Ils se sont battus. » crut bon de préciser Bass Urlfess qui était dans un état pitoyable.

Ses vêtements étaient déchirés et couverts de sang.

« Par Merlin, que vous est-il arrivé ? » s'alarma Harry.

Hermione allait le défigurer si jamais il était arrivé quelque chose à son petit protégé !

« Oh ! Ce n'est pas mon sang. J'ai juste aidé les Médicomages à soigner les blessés. »

« Je vois. »

« Harry, peux-tu m'expliquer ce que tu fais avec ce type ? » aboya Jonas en agrippant le bras du brun.

« Lâchez mon mari ! » cingla Draco.

« Il suffit ! Je vous rappelle que des personnes blessées sont à quelques centimètres de vous. Témoignez-leur au moins un peu de respect à défaut de compassion ! » réprimanda sèchement Harry.

Jonas prit un air penaud alors que Draco arborait une moue arrogante. Harry leva les yeux au ciel.

« Jonas, si je suis avec Draco, c'est parce que nous avons décidé de reprendre la vie commune. »

« Comment ! » s'écria le Kinémage. « Mais Harry, tu disais… »

« Harry, es-tu sûr de toi ? » coupa Remus en agrippant sa main.

Le brun s'accroupit de nouveau près de lui.

« Je n'ai jamais été aussi sûr de quelque chose. » affirma-t-il avec un sourire radieux.

Remus eut l'air surpris avant de couler un regard spéculatif sur Draco. Puis il revint vers Harry.

« Dans ce cas, je te souhaits d'être heureux… cette fois-ci. »

« Attendez, je ne suis pas d'accord, moi ! » intervint Jonas.

« Et qui se soucie de votre avis ? » rétorqua narquoisement Draco.

« Harry, et nous dans l'histoire ? Tu avais dis qu'après ton divorce… » poursuivit Jonas, jetant un coup d'œil noir au blond.

« J'aurais besoin d'un peu de temps avant d'envisager une nouvelle relation. » coupa le brun d'un air désolé. « Il me semble que c'est ce que j'ai dis. »

« Oui mais je pensais que… »

« Et bien vous vous êtes trompé. » assena durement Draco.

« Vous, ne vous mêlez pas de ça ! » rugit Jonas.

« Et moi, je vous conseille de protéger votre nez. » menaça sarcastiquement Draco.

« Ça suffit tous les deux ! Tout le monde nous regarde ! » intervint Harry, irrité. « Jonas, je suis désolé que tu te sois fais des fausses idées sur notre relation. Mais j'aime Draco et j'ai décidé de lui donner une autre chance. »

« Je n'aurais jamais du venir ici ! » marmonna le Kinémage, la mâchoire contractée.

« C'est la première chose sensée sortant de votre bouche. » railla Draco.

Jonas jeta un coup d'œil haineux vers Draco, la main se dirigeant vers sa baguette. Captant ce mouvement, Harry s'interposa entre eux.

« Je ne te laisserais pas faire de mal à mon mari. » avertit Harry, glacial.

Une tension presque palpable régnait entre eux. Harry et Jonas s'affrontèrent du regard et le brun gagna. Le kinémage détourna les yeux, déconfis.

« Je m'en vais ! » annonça-t-il, dégoûté.

Et il s'en fut dignement.

« Bon débarras ! » marmonna Draco. « Comment tu as pu laisser ce veracrasse te toucher, »

« Veracrasse, hein ? Ce n'est pas toi qui l'appelle Mr Vélane ? » se moqua gentiment Harry.

« Tsss ! » fit Draco pour marquer sa désapprobation.

Harry rit de bon cœur. Il déposa un léger baiser sur les lèvres boudeuses du blond avant de lui chuchotait quelque chose à l'oreille qui rendit toute sa bonne humeur à Draco.

« Espèce de manipulateur ! Tu m'as bien fait tourner en bourrique, hein ! » gronda-t-il en lui donnant une tape sur les fesses.

Harry n'en rit que de plus bel.

« Tout est de ma faute. C'est moi qui ai monté la tête de Jonas. Je suis désolé, Harry. » avoua soudainement Remus.

« Ce n'est pas grave. Je viens de perdre un ami, mais j'ai gagné un mari. »

« Tu y gagne au change, je peux te l'assurer. » affirma Draco d'un ton arrogant.

« Ca, ce n'est pas dit, mon cher ! » rétorqua Harry. « Il va falloir que tu fasses tes preuves. »

Bien que le brun ait parlé sur le ton de la moquerie, Draco savait qu'il devrait démontrer à Harry qu'il avait bien fait de lui redonner cette seconde chance. C'est sans doute pour cela qu'il prit le visage de son mari en coupe, en le fixant avec gravité. Il déposa un doux baiser sur ses lèvres.

« Je te donnerais toutes les preuves nécessaires. » promit-il solennellement.

Le cœur de Harry s'arrêta, avant de repartir de plus belle. Draco avait l'air tellement sérieux. Il finit par lui faire un large sourire auquel le blond répondit par un nouveau baiser.

« Rentrons à la maison. » souffla Draco.

Harry se tendit un peu. L'idée de retourner dans une demeure inhospitalière ne l'enthousiasmait pas vraiment. Mais il s'était promis que rien ne s'interposerait entre Draco et lui.

« D'accord. Où est ton fauteuil, oncle Remus ? »

« Je ne sais pas. » murmura ce dernier en fouillant les alentours du regard.

Alors que Draco faisait venir à lui le fauteuil roulant d'un Accio, Bass Urlfess prit Harry à part.

« Mr Potter, êtes vous sûr de vouloir reprendre la vie commune avec Mr Malefoy ? Je vous rappelle que vous pourriez prétendre à la moitié de sa fortune. »

« Dites-moi, Hermione n'était pas sensé vous faire un résumé de mes intentions ? » questionna Harry, en fronçant des sourcils.

« Elle l'a fait. Mais il est de mon devoir, en tant que votre avocat, de vous informer de toutes les possibilités s'offrant à vous, avec les avantages et les inconvénients que cela implique. »

« Je comprend. C'est vraiment très consciencieux de votre part, mais je ne crois pas que la montagne d'or que m'apportera le divorce vaille le bonheur d'être de nouveau avec Draco. Des galions, mon coffre-fort en déborde. En avoir plus ne m'intéresse pas. La prochaine fois, contentez-vous de suivre les directives de votre supérieur. » finit par dire Harry après un court silence.

« Excusez mon impudence, monsieur. » s'excusa l'avocat, comme un gamin prit en faute.

« Vous devriez rentrer chez vous. Vous avez une mine épouvantable. » dit seulement le brun.

« Harry, on est prêt. » annonça Draco.

« Harry ! »

Une petite fille blonde étrangement accoutrée jaillit d'un coup du plafond pour tomber sur le brun. Celui-ci se décala de justesse et la fusée humaine se rétama lamentablement par terre.

« Flavy ? Que fais-tu là ? » s'étonna Harry, penché sur son agresseur.

« Mais où est-ce que tu étais, bordel ! » hurla la fillette en se redressant d'un bond. « Le Capitaine Orwell est fou de rage ! Ça fait des heures qu'il essaie de te contacter ! Je me suis encore faite engueuler à cause de toi, sombre crétin ! Qu'est-ce que tu foutais, hein ! Je suis sûre que tu pionçais tranquillement pendant que moi, je me faisais hurler dessus ! Pauvre con ! »

« Uh ! Attends ! Arrêtes de hurler et expliques ! » intervint Harry les mains levées en signe d'apaisement pour tenter de tempérer la fureur de la dénommé Flavy.

« Euh, Harry, tu peux expliquer là ? » demanda Draco, perplexe.

Mais le brun ne put en placer une.

« Des emmerdeurs ont profité de la pagaille provoqué par l'autre déchet de l'humanité pour attaquer les frontière du Nord. Toute la Ligue est sur le pied de guerre, sauf un stupide épouvantail qui se la coule douce ! » ragea Flavy sans un regard pour Draco.

« Et merde ! » jura Harry, avec une grimace. « Je vais me faire démolir ! »

« Bien fait ! » rétorqua la fillette sans le moindre compassion.

« Flavy, pars devant, j'arrive. » ordonna Harry en se tournant vers son mari.

« Alors là tu rêves, mon gars ! Hors de ques… »

« Oseriez-vous désobéir à votre supérieur, Sous-capitaine Flaviana ? » coupa Harry, glacial.

« Ouais, ouais, c'est bon ! Pas la peine de monter sur tes grands chevaux ! » marmonna la fillette avant de disparaître comme elle était venue.

Le brun se tourna vers son oncle et son mari. Draco semblait attendre une explication.

« Mon travail m'appelle. Je vous rejoindrai dès que possible. »

« Quel travail ? » s'enquit Draco, perplexe.

« Rem, explique-lui. Là, j'ai vraiment pas le temps. » pria Harry. « Occupes-toi bien de mon oncle. » dit-il pour Draco avant de lui voler un baiser torride. « Ça c'est pour la route ! » ajouta-t-il malicieusement. « A tout à l'heure ! »

Sûr ce, il disparut lui aussi. Draco n'avait même pas eu le temps de savourer à sa juste valeur leur baiser. Il eut un silence abasourdi.

« Mais qu'est-ce qui se passe ? » s'écria Draco, le regard flamboyant.

« Allons-y, je vous expliquerai tout en route. » promit Remus.

Bien que sidéré et légèrement en colère que Harry lui fasse faux bon ainsi, Draco se reprit vite. Etrangement personne se semblait surpris par l'apparition soudain de cette fillette, ni par le départ précipité de Harry. Au contraire même, les gens agissaient tous comme si rien ne c'était produit. Etrange. D'habitude, le moindre geste de Harry provoquait moult émeutes. Enfin, il n'allait pas s'en plaindre. Pour une fois qu'ils avaient pu discuter tranquillement sans qu'un enquiquineur vienne demander un autographe !

Il mena l'oncle de son époux en dehors du pub, côté moldu. Une calèche déguisée en limousine devait les y attendre. Une fois confortablement installés, le lycanthrope expliqua la situation à Draco.

« Je suppose que vous avez déjà entendu parler de la Ligue des Thaumaturges. »

Draco hocha la tête. Cette organisation était sensé protéger leur monde des invasions de peuples d'autres mondes. Seuls l'élite aussi bien des sorciers que d'être d'autres races étaient admis dans leur rang. Cependant, peu de gens savaient son existence car elle la protégeait jalousement. Si Draco en avait entendu parlé, c'était juste parce que l'un de ses ancêtres avait fait parti de cette prestigieuse Ligue, il y a six siècles. Qu'est-ce que Harry avait avoir avec cette organisation ?

Salazar, ne me dites pas que…

« A votre expression, je crois que vous avez déjà compris. Harry est le capitaine de la Septième Division de la Ligue. »

Draco ferma les yeux en se massant les tempes. Alors récapitulons, le Réceptacle du Prince des Enfers et le Capitaine d'une Division de la Ligue des Thaumaturges. Pas étonnant que le Seigneur des Ténèbres se soit fait balayer par Harry !

« Et cette fillette braillarde et grossière fait parti de la Ligue ? » s'enquit sceptiquement Draco, n'osant imaginé ce que devait être les autres « collègues » de son mari.

« Ne vous fiez pas aux apparences, Draco. Le Sous-capitaine Flaviana est bien plus vieille et plus puissante que nous deux réunis. » assura Remus avec un sourire indulgent.

Si elle faisait parti de la Ligue, c'était à n'en pas douter !

« Vous avez l'air de bien la connaître. » dit-il après un moment.

« « Bien la connaître » serait un grand mot. Mais il est vrai que nous avons souvent eu l'occasion de discuter ensemble à San Francisco, lorsqu'elle venait chercher Harry pour une mission. » expliqua le lycan. « Vous semblez plutôt bien prendre la nouvelle. » remarqua-t-il, songeur.

« De Harry, plus rien ne m'étonne. » assura Draco, blasé.

Une pensée lui traversa soudainement l'esprit.

« Depuis combien de temps Harry fait parti de cette organisation ? » s'enquit le blond, calme en apparence mais le cœur battant.

Il eut un silence. Avec ses sens surdéveloppés de loup-garou, sûr que Remus avait du sentir son angoisse.

« Et bien, il l'ait depuis qu'il a vaincu Voldemort. » finit-il par répondre.

Il lourd silence s'en suivit. Draco détourna les yeux regardant la rue défiler sans la voir. Ainsi Harry n'avait jamais jugé utile de lui préciser cela. Il n'avait pas eu assez foi en lui pour lui parler de son travail. Il n'avait pas suffisamment gagné sa confiance pour qu'il se confie à lui. Le cœur de Draco se serra.

« Comment cela se fait-il que je ne m'en sois jamais rendu compte ? Je veux dire si Harry disparaissait en mission pour la Ligue, je l'aurais remarqué tout de même. »

Remus ne fut pas dupe. Ce n'était pas la question qu'il voulait poser.

« Les membres de la Ligue réapparaissent avec une minute de décalage sur le lieu de leur départ. De plus, dès qu'ils sont en mode Thaumaturge, le commun des mortels ne les voit plus, sauf s'ils le veulent. Plutôt commode pour passer inaperçu. »

« C'est impossible ! Nous l'aurions vu, sinon. » fit remarquer Draco, sceptique.

« C'est parce qu'il n'est pas parti en mission du Chaudron Baveur, mais de San Francisco. Tout son matériel est là-bas. En ce moment, il doit être en train de dormir pour récupérer. »

« A San Francisco ? Vous en êtes sûr ? » s'exclama Draco en se redressant brusquement.

« Eh bien, c'est la seule explication que je vois pour expliquer son absence. » dit Remus.

« Je vais le rejoindre ! » annonça le blond.

« C'est inutile. Quand Harry revient de mission, il est toujours exténué et a besoin de dormir au minimum trois heures. Et puis, le transplanage d'un continent à l'autre est déconseillé. »

« Harry le fait bien lui ! » souligna Draco, irrité. « Je veux être près de lui ! »

Remus le retint alors qu'il allait transplaner.

« Draco, il a besoin de se reposer avant d'affronter votre famille. Et quoi que vous disiez, si jamais vous allez le voir, il ne le pourra pas, nous le savons tous les deux. Si Harry est de mauvaise humeur à cause de la fatigue, tout se passera très mal. Et puis, je crois que vous auriez intérêt à apprendre aux vôtres le retour de Harry, et ne pas les mettre devant le fait accompli. Il va falloir ménager la sensibilité de chacun et cela ne pourra se faire dans la précipitation. Je ne veux pas que Harry souffre à nouveau. »

Remus avait raison, bien sûr. Mais c'était très difficile pour Draco de ne pas transplaner tout de suite à San Francisco. Et si Harry changeait d'avis ?

« Il a décidé de vous donner une seconde chance, il ne va pas faire machine arrière. Je pensais que vous le connaissiez suffisamment pour ne pas douter de sa parole. »

Bien sûr, Harry n'était pas homme à revenir sur sa parole. Trop entier, trop Gryffondor pour ça. Draco se sentit quelque peu rasséréné, même si l'envie le taraudait encore d'aller rejoindre son époux. Mais comme ses intentions étaient beaucoup moins avouables qu'il voulait bien le dire, il resta sagement assis sur la banquette et réfléchit au moyen de « préparer le terrain » entre sa famille et son époux, comme le disait Remus.

« Aure chose, Draco. Contrairement à ce que vous semblez croire, Harry n'a jamais voulu vous dissimuler sa profession. Il n'a tout simplement pas le droit d'en parler. Personne à part moi, ne sait qu'il est un Thaumaturge. Pas même Ron et Hermione. » précisa doucement Remus.

Il eut un petit moment de silence.

« Mais à vous, il l'a dit. » souligna Draco, regardant fixement la rue défiler.

Remus soupira.

« Quand les recruteurs de la Ligue sont venu le voir, ils ont précisé qu'il fallait une personne à prévenir en cas de décès. Harry m'a choisi. C'est pour cela que je suis au courant. Et à ce moment-là, votre histoire n'avait même pas encore débuté. »

Draco fixa le lycanthrope pendant un long moment, doutant encore. Puis, il se souvint du regard brillant d'amour de son mari quand il lui avait fait sa déclaration. Il émit un soupir soulagé. Avant de faire une grimace peu seyante.

« C'est pas vrai ! Il vient à peine de se tirer des griffes d'un démon pour aller combattre Merlin sait où contre Salazar seul savait quoi ! Et moi, je dois rester là, à me morfondre ! Argh, stupide Gryffondor ! »

Remus éclata de rire.

« Il en va toujours ainsi avec Harry ! » pouffa-t-il.

Draco échangea un sourire complice avec le lycan.

« Mais le fait que je le sache maintenant, ça ne va pas lui attirer des problèmes ? » s'enquit soudain Draco en fronçant des sourcils.

« Sûrement. Mais il a l'habitude de se faire passer un savon ! » dit Remus avec un sourire indulgent.

« Tant qu'ils ne m'abîment pas son superbe corps ! » déclara un Draco polisson.

Remus éclat à nouveau de rire.