CHAPITRE DEUX
Mon dieu, tant de reviews en si peu de temps! Merci beaucoup mes chéris ça me fait tellement plaisir :)!
D'ailleurs, à partit d'aujourd'hui, je vous promets de répondre à CHACUN de vos commentaires, c'est plus poli et vous le méritez...
VOICI DONC le second chapitre, et le début des catastrophes :)
Sherlock posa les feuillets sur le rebord du lit, les yeux toujours fixés dessus. John était donc passé à l'aquarelle. A quel moment avait-il peint ? Le soir même, pendant qu'il dormait ? Non, probablement le matin.
« Si Mycroft voyait ça… »
Le jeune homme était représenté semi-allongé sur le canapé, yeux clos, la serviette immaculée glissant sur ses hanches anguleuses. L'aquarelle donnait un effet de rêve, flou, une simple vapeur colorée… Une lueur bleuté dans ses cheveux, un rose pâle sur ses pommettes, et Sherlock devenait un être presque surnaturel, d'une beauté éclatante.
« Un ange aux ailes coupées…John…Tu me réinventes…Je ne suis pas cet homme là… »
Sur le suivant, le brun était sur le dos, la bouche entre ouverte, comme désireux, et une main lui caressait la joue. Une main à la peau dorée, une main large et rassurante. Sherlock tourna brutalement la page.
Le troisième et dernier dessin le présentait cambré, totalement nu, riant et haletant à la fois, accroché au pull de John qui se tenait contre lui. Son regard était rendu à la perfection : la jubilation de tenir le détective contre lui, et la douleur de se savoir un être de papier, si loin de la réalité.
C'était une superbe création, ils semblaient prêts à sortir de la page pour s'embrasser sur le divan.
« John… »
Les pages furent replacées à l'endroit indiqué. Sa tête lui faisait mal. Sherlock retourna sur ses pas, la gorge nouée et sèche, et alla chercher son paquet de cigarette caché dans l'ami Crâne. Alors que la flamme brillait dans l'obscurité de l'appartement, il s'imagina entre les bras du blond. Son souffle dans son cou, ses doigts sur sa taille, son bassin contre le sien…Sa chaleur…Ses dents le long de sa jugulaire, le murmure de son prénom, cette voix qui se fait rauque, possessive…
« …Je deviens fou. »
Sherlock s'était cambré, les yeux clos, la cendre de sa cigarette brûlant le tapis. La bosse, sous le peignoir, était plus que visible. Ses yeux coulèrent vers son téléphone. Il devait l'entendre. Juste l'entendre, pour être sur que John existait, que tout existait. Entendre sans rien dire. Ses doigts graciles attrapèrent le téléphone.
« Réponds. Réponds. »
"..."
« C'est Sherlock. Tu ne réponds pas ?
-…Non. »
Sarah observa le blond au dessus de son sushi, puis haussa les épaules, elle n'allait quand même pas commencer à se mêler de cette affaire là. Et puis, si le médecin préférait ignorer l'autre tordu…C'était bénéfique à leur couple. Car couple il y avait, elle le sentait. Un couple étrange, car John semblait, sous sa bonhommie habituelle, cacher des secrets qu'il faudrait un jour ou l'autre lui extirper, mais un couple tout de même.
Le nom de Mycroft clignota sur l'écran.
« Bon sang, mais ils s'y mettent tous !
-Tu t'es engueulé avec Sherlock ?
-Non, c'est juste que je ne lui ai pas envoyé de message depuis ce matin… »
Il repoussa son téléphone loin de lui, l'air coupable. Evidemment, Sherlock n'était pas habitué à ca, lui qui le voyait rappliquer à la moindre demande. Mais maintenant, les choses devaient changer, depuis ces dessins maudits, l'ancien soldat avait réalisé qu'être avec son colocataire tout le long de la journée ne l'aidait en rien. Il devait s'éloigner, obtenir de l'autonomie. Et rapidement, s'il ne voulait pas perdre la face.
J'ai un meurtre sur les bras. Pourquoi n'as-tu jamais mangé de poisson cru avec moi ? SH
John sentit son cœur se serrer étrangement. Il ne tempêta pas sur le fait qu'il sache tout de sa vie, ne releva pas la demande d'assistance presque polie, et ne répondit pas au message. Sarah reposa ses baguettes :
« C'est dingue, on dirait presque qu'il est jaloux. »
John la rejoignit dans son rire. Ca, par contre, c'était vraiment risible. Sherlock ? Jaloux ? Sherlock n'était qu'un scientifique, un sociopathe, et un emmerdeur de première. Il n'y avait pas de place pour la jalousie dans son disque-dur interne qui lui servait de cerveau.
Pas de place pour lui non plus.
"..."
Sherlock fixa l'écran de son smartphone quelques secondes, puis le rangea dans sa poche, remit son gant noir, et annonça d'une voix froide et sans appel à l'inspecteur qu'ils devaient chercher un autre légiste. Lestrade n'osa pas proposer Anderson, et devant le visage fermé du jeune homme, il se dit qu'il avait bien fait. Sherlock ne desserra pas les dents du voyage jusqu'à la ruelle morbide.
« Je…Vous êtes en froid avec Watson ?
-Ca ne vous regarde pas. »
Son regard aurait certifié à n'importe qui que non, ça ne le regardait pas, et que ça ne le regarderait jamais, mais Lestrade commençait à bien connaître les Holmes, et se décida à pousser le bouchon plus loin :
« Si vous avez d'en parler, je serais peut être plus aidant que votre frère. Ou le Crâne de la cheminée. »
Et il quitta la voiture. Sherlock tira sur son gant avec ses dents, se mordant le doigt par la même occasion, puis le suivit de sa démarche silencieuse. Un rouquin, en blouse blanche, rouge et visiblement embarrassé, se tordait les mains en se balançant d'un pied sur l'autre et leva brutalement la tête en voyant l'autre approcher.
« Bon…Bonjour je suis…
-Un bleu, il ne manquait plus que ça, bravo Letrade c'est bien joué… »
Le rouquin bafouilla quelque chose, déglutit, et devant le regard compatissant du grisé reprit la parole :
« La victime s'est battue avec son agresseur, elle a des traces de griffures sur le cou et le visage…
-Faux, la victime à été victime d'hallucination, ces lacérations ont été faites…Par ses propres mains. »
Sherlock attrapa habilement l'une des mains du cadavre et désigna les traces de peau sous les ongles. Le rouquin avait la bouche ouverte d'étonnement et d'un certain ravissement. Sherlock semblait véritablement agacé. Il se leva observant les alentours :
« Il devait se tenir par là…Il fumait, la cigarette s'est éteinte dans une flaque d'eau à la moitié à peine. Gâchis. Une fléchette l'a atteint, il n'a presque rien sentit, puis le poison à fait effet, il s'est débattu, griffé, il a du crier, puis il a raté une marche et en tombant sa tête à heurté le sol brutalement. »
Le brun s'accroupit, regardant le sang coagulé sur le macadam.
« Il est mort du poison, pas de sa blessure. L'assassin n'a laissé aucune trace, je pense. C'est un homme riche, cherchez dans la famille une femme cupide, avec un enfant, assez jeune. Qui aime souffler dans les sarbacanes. »
A cet instant, le rouquin poussa un petit cri : il venait de trouver une piqure cachée derrière l'oreille du mort. Sherlock resserrait déjà son col, l'air ailleurs :
« Ca ne vient pas de Moriarty, c'est donc insignifiant. »
Il se détourna de la scène du crime, allant s'adosser à la portière de la voiture. Lestrade envoya ses ordres, puis vint le rejoindre, soupirant de lassitude :
« Alors. Qu'avez vous dit à John pour qu'il vous fasse la tête ? »
Le brun ne répondit pas, il dégaina son portable, le lui passa. L'inspecteur observa les photos en silence, poussant parfois un petit souffle de surprise mêlé d'admiration, zoomant sur les détails, puis rendit l'objet à son propriétaire.
« Et bien, il semblerait que notre médecin soit bien plus doué que ce que nous pensions !
-Il ne s'agit pas que de ça. John est perturbé par ces dessins. Je ne comprends pas pourquoi. »
Lestrade voulu parler mais le brun secoua la tête avant de rentrer dans la voiture, l'air passablement ennuyé par la tournure de la conversation. L'inspecteur se mordit les lèvres. Evidemment, il comprenait le blond. John s'était toujours persuadé n'avoir que de l'admiration pour le jeune homme, et voilà tout d'un coup qu'il se mettait à le dessiner comme un tentateur, divine succube à la peau blanche et sourire énigmatique… Il se sentait mal, cherchait à s'éloigner, et créait donc un malentendu de tous les côtés. Le grisé sortit son portable alors que le taxi de Sherlock démarrait en trombe pour filer vers la capitale.
« Allo, John ? Oui…Je dois vous parler… »
"..."
Quand Sherlock poussa la porte de l'appartement, il sentit que quelque chose clochait. Les objets n'étaient plus au même endroit, les volutes de poussière brillant dans les rayons de soleil indiquaient un certain mouvement récent dans la pièce… Cambriolage ?
« Oh non… »
Sherlock ouvrit de grands yeux. John était passé à Baker Street, avait récupéré certaines de ses affaires, puis, sans laisser de mot, s'en était retourné chez Sarah. John déménageait, doucement, sans rien dire, le fuyant avec une lâcheté qu'il ne lui reconnaissait pas. Brutalement, il jeta son manteau par terre, et lança un vase qui se trouvait à sa portée contre le mur. Le bruit qui en résultat ne lui fit aucun bien.
« SHRLOCK ! »
Mrs Hudson entra en trombe, criant qu'elle avait faillit faire un arrêt cardiaque et qu'il la ferait devenir folle. Puis, elle le vit, prostré ainsi, sans vie, telle une ombre désarticulée, et elle fit un pas hésitant dans sa direction :
« Sherlock, que se passe t-il ?
-John est partit. Et je ne sais pas pourquoi. Je…Je n'ai rien fait, cette fois ci. »
La vieille dame eut un hoquet. Sherlock était-il humain ? Semblait-il réellement touché par l'absence du médecin ? Elle n'eut malheureusement pas le temps d'explorer cette piste, car le jeune homme serra les poings :
« Je n'ai pas besoin de lui. Bon débarras. »
Et le sujet fut clos. John ne répondait pas à ses messages. Il jouait au plus con. Et Sherlock ne serait pas le perdant à ce jeu là.
"..."
Une semaine passa. Une semaine durant laquelle les affaires du blond prirent la poussière à Baker Street, reléguées dans un coin de l'appartement que Sherlock n'approchait jamais. Le médecin ne parvenait plus à contacter son ancien colocataire, celui-ci ne répondant plus ni aux appels, ni aux messages, et encore moins aux mails. Il avait finit par franchement s'inquiéter, sachant que Mycroft s'abstenait désormais de lui parler et que Lestrade restait dans le flou, ne lui apprenant que de maigres détails sur la nouvelle vie du sociopathe.
« Foutu égo… »
Car c'était forcément l'égo du brun qui était à l'œuvre, il n'en doutait pas. Mais le fait était que John Watson n'était pas bien. Sans Sherlock, il dépérissait peu, il perdait ce certain grain de folie qu'il lui apportait au quotidien. Et les dessins…
« O, foutus dessins… »
John se prit la tête entre les mains. Autour de lui, le lit double de l'appartement de Sarh était recouvert de croquis. Simple coups de crayons, dessins à l'encre, aquarelles, crayons de couleur… Les images le hantaient avec toujours plus de fièvre. Sept jours sans Sherlock, et son imagination réinventait leur vie à Baker Street. Sept jours également que John refusait d'aller aux rendez-vous de sa psychologue.
Puis, il y eut la sonnerie de la porte.
John se leva de mauvaise grâce, longeant le couloir. Il n'aimait pas ce lieu, c'était trop propre, impersonnel, cela manquait de…
« Sherlock ? »
La main du médecin trembla sur la poignée de porte. Sherlock fumait sa cigarette, le fixant d'un air mauvais, un pansement sur la pommette droite. Il y eut une seconde gêne intense, puis John lui proposa de rentrer.
« Ca ira, je suis juste passé te donner ton courrier. Ca prend de la place. »
En vérité, Sherlock avait craqué. Il avait besoin de le voir. Et vite. Il rêvait de plus en plus éveillé, et cela commençait à l'effrayer. Il s'imaginer contre le blond, l'embrassant, il sentait sa peau, son grain, contre le sien, il était lové contre son torse nu, il lui chuchotait des stupidités à l'oreille pour le faire rire, il….
Il commençait à se demander ce qui se passait dans sa tête pour que qu'il ne se reconnaisse plus.
« Sherlock… »
Le blond lui pris par le poignet, et les enveloppes tombèrent au sol dans un froissement significatif. Sherlock ne chercha pas à se soustraire de la poigne de l'ancien soldat, il sentait la chaleur des doigts sur sa peau, et ce contact lui brouillait l'esprit.
« Sherlock je… »
John ne savait pas quoi dire. Il avait fuit du jour au lendemain sans explications, et le brun devait être furieux contre lui même s'il le cachait, comme le prouvait sa présence devant la porte. Puis, il vit quelque chose, dans les yeux du détective, virer à l'orage alors que ses lèvres se tordaient :
« Ta femelle n'est pas là ?
- Ne l'appelle pas comme ça, elle à un prénom !
-Pour moi elle restera une femelle stupide, fade et dénuée du moindre intérêt intellectuel. »
John leva son bras droit alors que son visage se crispait d'une certaine colère. Sherlock insultait avec une gratuité atroce, il le faisait exprès, il le provoquait. Pourquoi ? Pourquoi faire ça ? Pourquoi haïssait-il Sarah avec une telle intensité ? Son bras tremblait, en suspend. Le regard de Sherlock sur lui, et ces lèvres qui se retenaient de sourire insolemment… Pourquoi…
« Je ne veux pas te frapper. Même si tu es insupportable… Pourquoi as-tu un pansement ?
-Si tu étais resté tu aurais su. Pourquoi es-tu parti, comme ça, d'un coup ? »
John détourna ses yeux gris, et sursauta en sentant les doigts fins du détective glisser le long de la joue,le forçant à lui présenter son visage de face. Ce n'était pas du romantisme, ou de la tendresse exacerbée, ce n'était qu'un instant de douceur que le jeune homme s'autorisait, pour une fois, sans réflexion. Il poussa un long soupire, sa voix se faisant murmure :
« Tu n'es pas bien ici, John. Je le sais. Tu es soucieux, tu n'es pas heureux. Il te manque quelque chose. »
John se sentit rougir. Pourquoi fallait-il qu'il devienne comme ça ? S'il était arrivé, sec, hargneux, rapide, comme à son habitude, l'expédiant sans douceur, il serait revenu à l'appartement. Il aurait été persuadé que les choses auraient pu s'arranger. Mais Sherlock était toujours aussi beau, aussi intenable, aussi mystérieux, aussi ambiguë, et il faisait preuve d'un sursaut d'humanité. Fallait-il lui montrer les dessins ? Non. Il perdrait son ami à coup sur.
John réalisa qu'il avait fermé les yeux alors que le pouce du détective frôlaient sa lèvre inférieure. Enfin, il le réalisa quand la voix de Sarah lui parvint juste derrière lui.
« John, je viens d'aller dans la chambre, il faut que tu m'expliques, j'ai trouvé tous ces foutus dessins de… »
La voix se brisa. John recula prestement, rouge vif sans pourtant savoir la raison de son embarra alors que Sarah dévisageait le nouveau venu :
« Tiens, Sherlock. Ca faisait longtemps que je ne t'avais pas vu. »
Le regard se Sherlock se fit intensément plus acide, et son sourire s'accru. Il était temps de récupérer ce qui lui revenait de droit.
TADADAM.
Pourquoi Sherlock a t-il un pansement?
Qu'a dont dit Lestrade à John, au téléphone?
Sarah va t-elle se prendre une droite magistrale?
Vous le saurez au prochain épisode :)
