CHAPITRE CINQ

Me revoilà après une absence plus prolongée, je dois avouer que le temps me manque un peu, et comme ma première épreuve optionnelle est le 30... ARGH, vous ne me reverrez pas avant quelques semaines ( pas avant le 21 Juin, soit la fin de mes épreuves)

néanmoins, je vous remercie tous pour vos reviews et vous souhaite une bonne lecture!


Le London eye n'était pas, comme à son habitude, bondé de touristes stupides qui prenaient chaque secondes de leur existence en photo. Non, la grand roue blanche était vide de tout occupant durant le nettoyage intensif de la structure. En arrivant près de la cabine de payement, Sherlock n'eut aucun mal à distinguer l'unique personne présente dans l'une des nacelles. Elle ne parlait pas, ne criait pas, se tenant bien droite sur le petit siège. Attachée à une bombe, de toute évidence.

« Et John qui n'est même pas là pour grimper à ma place… »

Quand il le pouvait, Sherlock évitait les opérations trop physiques, laissant le soin à son acolyte anciennement militaire de faire du sport, s'occupant lui-même de détails plus intellectuels. Mais voilà, John n'était pas là. Le brun enleva donc son manteau, évalua la hauteur entre le sol et la nacelle à une trentaine de mètres tout au plus. Si l'échelle métallique qui montait n'avait pas été savonnée, il pourrait grimper sans problème notoire.

Son téléphone sonna.

« Tant pis pour toi. » siffla rageusement le jeune homme en débutant son ascension, son portable vibrant avec insistance dans sa poche droite de pantalon. Lorsqu'il réussi à grimper dans le petit endroit, il réalisa que l'affaire se compliquait quelque peu.

« Bon. Je présume que vous ne pouvez pas parler… Inutile, comme toutes les victimes. »

La victime en question, une dame d'une soixantaine d'années, le fixait avec une terreur sans nom doublée d'une fatigue certaine. La dame avait du être capturée avant d'être mise ici. Des fils colorés s'entrelaçaient absolument partout dans la nacelle, des rouges, des bleus, des noirs, bloquant les jambes de la femmes, ses bras, son cou, se faufilant sous le siège et cachant presque le boitier de a bombe.

« Alors…Voyons ça… »

Ces quelques mots firent bondir la victime qui lui fit les gros yeux. Si ses lèvres n'avaient pas été badigeonnées de plâtre, Sherlock aurait peut être pris la peine de l'écouter. Son portable vibra derechef, mais il l'ignora.

« Ce bidule marche au son on dirait…On va faire un test. »

Il claqua des doigts, et le tic-tac se fit plus rapide. Plus fort aussi. Sherlock se mit à sourire. Il venait de trouver la solution.

"..."

« Sherlock ! SHERLOCK ! »

Rien à faire, ce satané détective refusait de baisser les yeux vers lui, et s'affairait mystérieusement dans la nacelle. John se tâtait, hésitant entre monter l'échelle pour voir si le détective n'avait pas besoin d'aide, ou bien faire un périmètre de sécurité pour éloigner les badauds qui se rassemblaient. Etre médecin ou soldat, la question persistait. Puis il y eut un cri aigue, en haut. Un cri de femme, sans aucun doute. Sherlock l'avait-il blessée? Le sang du blond ne fit qu'un tour, il se rua vers l'échelle, grimpa quatre barreaux avant de realiser que Sherlock était lui même en train de descendre. Eberlué, il se laissa retomber au sol, recula, le vit passer devant lui avec un pas sévère.

« SHERLOCK BON SANG ! »

John haissait être en dehors de l'action, devoir attendre sans rien savoir, et le jeune se plaisait à le rendre anxieux à chaque enquête. Il le saisit par le col, furieux, demandant des explications. Le brun roula des yeux, agacé :

« Tu n'allais pas arriver à temps, je n'avais qu'une heure, tu étais loin. J'ai commencé tout seul, et comme ça réagissait au bruit je ne pouvait rien te crier d'en haut. »

Il lui montra sur son portable les fils mis n'importe comment, et John tiqua :

« Comment as-tu su lequel…

-Je vois tout, John. J'ai coupé le fil principal du générateur, celui qui est caché tout en dessous, et la sensibilité au bruit s'est arrêtée. »

Derrière eux, Lestrade avait finit d'installer les bannières de la police, et la grande roue descendait lentement pour permettre à la victime de sortir plus facilement. Mycroft se tenait non loin de là, les mains dans les poches et l'air passablement amer, sachant que l'autre l'ignorait.

« Et le cri ? » reprit John en fronçant les sourcils.

« J'ai arraché le plâtre qui lui couvrait la bouche. Voilà tout. »

Sherlock était rarement aussi blasé lorsqu'il sortait d'une enquête. Quelque chose n'allait pas. Le blond hésita, s'approcha un peu plus :

« Sherlock…Est-ce que tout va bien ? »

Le jeune homme vit ces yeux plein de bonté levés vers lui, ce front soucieux de son bien être, ces lèvres entre ouvertes dans l'attente, ces mains qui hésitaient entre se poser sur ses épaules et…

« Oui , je…Oui. C'est bon. J'ai juste l'impression que résoudre ces enquêtes avec moi ne t'intéresse plus. »

Sherlock vit que son frère s'approchait à pas lents de Lestrade, et sentit l'orage prêt à éclater. John pausa ses doigts sur son poignet et il sursauta brusquement :

« Sherlock, non, ne pense pas ça ! J'ai juste eut besoin d'un peu d'intimité dernièrement à cause de…

-Non.

-Non ?

-Ce n'est pas de ton intimité dont tu aurais eu besoin. »

John le lâcha comme s'il s'était brûlé, incapable de traduire le masque glacé que constituait le visage de son vis-à-vis, et entendit soudainement comme un grondement près de la roue.

« Je vous prie de reculer, monsieur.

-Greg, je t'en prie je dois te parler…

-Reculez ou je vais demander à des hommes de le faire pour vous. »

Mycroft réalisa qu'il le disait sérieusement, et ses traits se creusèrent d'agacement. Comment lui dire ? Comment lui expliquer clairement que même s'il tenait énormément à lui leur relation serait un échec ? Il était un agent du MI6. Il était sans cesse en déplacement, en danger, et ne pouvait offrir à Gregory un semblant de stabilité. Or, dans un couple, c'est primordial.

« Je suis membre du gouvernement britannique, siffla le brun, laissez moi passer !

-Vous avez quelque chose qui le prouve ? »

Lestrade sourit en voyant le visage de l'agent devenir carmin.

Il y eut un bruit de détonation. Court, sec. Il ne fallu pas longtemps pour que tous voient apparaître sur le front de la femme qui venait de quitter la nacelle un point sanguinolent au niveau du front. Moriarty était un mauvais joueur.

"..."

« Pourquoi avoir tué cette femme ?

-Oh, pur amusement de ma part…

-Il y aura donc deux morts dans la même journée. »

Moriarty cessa immédiatement de sourire, et ses doigts se crispèrent sur son beretta. Il se tourna doucement vers Adler qui fumait à la fenêtre :

« Je vous demande pardon ?

-John Watson doit mourir, siffla t-elle avec ennui, j'ai envoyé des tueurs pour cela.

-Sans me prévenir ? »

Moriarty détestait quand cette femme prenait des décisions dans son dos, et plus encore quand elle souriait hypocritement en gonflant ses seins. Elle le dégoûtait.

« Depuis quand décidez vous de faire ça sans mon assentiment ?

-Voyons, voyons James, Ne montez pas sur vos grands chevaux…Et puis, vous savez bien que vous avez besoin de moi. »

Jim Moriaty n'aimait pas son prénom. Il n'aimait pas les femmes. Il n'aimait pas qu'on veuille assassiner un de ses jouets sans son accord. Il n'aimait pas qu'on le prenne pour un être faible. Et, surtout, il n'avait jamais eu besoin d'elle. D'un coup, il y eut comme un rideau rouge devant ses yeux alors que ses mains tremblaient.

Quand il reprit conscience de lui-même, il était debout, et tenait le cadavre d'Adler par les cheveux.

Il semblait l'avoir frappé à mort avec le beretta, et cette idée lui plût beaucoup.

« Bon, songea t-il en lâchant le corps, maintenant, voyant si nos deux amoureux survivent aux tueurs… »

La journée promettait d'être bonne.

"..."

Sherlock Holmes adorait voir le médecin dans un état d'ébullition. Lorsque John se mettait en colère – ce qui était tout de même relativement rare-, les rides soucieux de son front disparaissaient, ses muscles se gonflaient, et il avait l'air incroyablement jeune. Quand il se mettait à donner des ordres, une aura de séduction étonnante émanait de lui, et Sherlock avait toujours envie de l'embrasser avec fureur.

« Bon sang faîtes quelque chose ! Vous, soldat, recouvrez le corps, mettez le près du camion, vous, dispersez la foule ! »

le « soldat », pauvre petit flic effrayé, fit un salut militaire avant d'obéir à ce médecin si autoritaire. Sherlock, adossé à une voiture et loin d'être partisan de cette panique générale suivant l'assassinat de la victime, réfléchissait en regardant John enlever sa veste pour observer le cadavre de plus près.

Sherlock savait , depuis quelque temps, que l'ancien militaire en pinçait pour lui, ou du moins n'était pas insensible à sa présence. Il le savait, aussi bien qu'il savait qu'il était lui-même tombé sous le charme improbable de John depuis presque deux ans, maintenant.

"Depuis ce jour au restaurant, en fait. »

C'était la première fois qu'un homme le regardait autrement qu'avec dégoût ou peur. John, lui, avait paru intéressé, enthousiaste, puis même impressionné. Il avait apprécié cela chez lui. Mais Sherlock avait bien compris que s'il voulait, un jour, ne serait-ce qu'obtenir un semblant de relation entre eux, il devait laisser au blond le soin de faire le premier pas.

« Foutu trouillard. »

Depuis, Sherlock attendait. En silence. Sans rien changer à ses habitudes. Mais les dessins l'avaient changé en un gamin capricieux impatient, et il voulait que les choses se débloquent rapidement, sinon il céderait à ses envies primaires. Il voulait mordre le cou de cet hommes, là, qui faisait un massage cardiaque à une femme bien morte. Il voulait le faire tout de suite mais…

« JOHN ! »

Sherlock bondit comme un fauve. Lestrade, qui à deux pas de là ordonnait aux policiers de faire leur job, le vit se ruer sur le blond, les faisant tous deux rouler au sol alors qu'une salve de balles s'abattaient sur le sol. Greg devint blanc comme un linge, furetant autour de lui, et prit quatre hommes pour aller déloger les assassins . Les nerfs à fleur de peau, il se glissa sous la bannière, beuglant à John et Sherlock de se planquer quelque part tout en sachant qu'ils n'en feraient rien, puis se mit à chercher.

« Fais attention à toi. »

Murmure brûlant à son oreille. Mycroft s'éloigna sans rien ajouter, plus calme que jamais dans la panique ambiante. Lestrade se mordit la langue.

« Sherlock, attention ! »

John n'avait mit qu'une seconde pour réaliser qu'ils avaient affaire à une fusillade. Des tueurs, envoyé par Moriarty, qui en voulaient à sa peau. Quand Sherlock s'était jeté sur lui, il n'avait pas eu le temps de réfléchir, mais à présent ses reflexes revenaient, par vagues, et ses muscles se raidissaient déjà alors qu'il sortait son pistolet de la poche de sa veste :

« BAISSE-TOI »

Sherlock obéit instinctivement, et ses cheveux se dressèrent sur sa tête alors qu'il sentit une balle frôler son crâne. John tira deux coups, un cri lui répondit. Un de moins. Lestrade, de son côté en avait neutralisé deux. Sherlock scanna la scène :

« Il y en a un qui fuit sur un bateau vapeur, là-bas, et un qui vient de ranger son arme, dans cet immeuble. Un sacré tireur, il est très loin. Envoie Lestrade le cueillir à sa sortie. »

John s'ébroua, obtempéra. Déjà, l'adrénaline se tarissait dans son sang, faisant place à une inquiétude plus sourde. Mais les souvenirs de la récente conversation avec Sherlock lui tournait dans la tête, l'empêchant de se concentrer convenablement. Pourquoi lui semblait-il que le détective lui tendait des perches ? En était-il arrivé à un stade dans lequel il imaginait des choses ?

« Non, marmonna t-il, Sherlock ne dit jamais rien au hasard, comme ça, innocemment. »

Cette idée lui remit un certain baume au cœur. Lestrade couru vers lui, annonçant que le danger semblait être passé. En effet, il l'était. Dans un sens, en tout cas.

"..."

Moriarty avait regardé par ses caméra les tueurs se faire avoir un par un, sauf un petit chanceux qui avait fui par la Tamise. Le soldat n'était pas aussi rouillé qu'il l'avait cru. Il se gratta le menton, termina sa cigarette, puis tendit la main vers le tableau. Ne trouva rien. Allons bon, ou cette sale femelle avait-elle bien pu le mettre ?

Ronchonnant, il enjamba le corps qui commençait à produire une odeur épouvantable, et remarqua un petit papier sur la table.

« Quelque chose me dit que je vais encore m'énerver… »

Il avait vu juste, mais personne n'était pas là pour qu'il puisse se défoule en paix. Moriarty hurla un bon coup, trépigna, puis se frotta les yeux.

« Bon. Cette pute a envoyé le tableau au People, un magazine stupide qui ne raconte que des ragots et ne va pas tarder à faire tourner l'info. »

Il consulta sa montre, hésita. Il n'avait pas vraiment envie que ces journaux fassent les choux gras de cette histoire, il avait peur que ses jouets ne réussissent pas à dépasser la situation. Puis, il haussa les épaules , et se dit qu'au final, ce serait probablement très amusant. Demain matin, le regard de l'Angleterre allait changer sur le détective. Moriarty décrocha son portable :

« Moran ? Ramène un sac poubelle. J'ai un truc pas frais sur le parquet. »

"..."

A l'instant même ou Moriarty réalisait les méfaits d'Adler, qu'il n'avait pas assez étroitement surveillé, John et Lestrade, se remettant de leurs émotions, discutaient près du London Eye. L'ambulance avait emporté le corps de la dame, et une certaine tristesse surplombait les lieux. Sherlock était rentré à Baker Street sans un mot de plus à son colocataire, disparaissant dans un taxi noir.

Sherlock se demandait s'il n'allait pas devenir fou. Il voulait garder son indépendance, sa haine des gens, des imbéciles qui peuplaient le monde, il voulait conserver son statut de sociopathe…Et il voulait John. Il voulait être sûr que personne ne pourrait l'intéresser. Que personne d'autre que lui ne pourrait le regarder dormir. Et, bien sur, il voulait rester le seul au centre de ses dessins.

Par ailleurs, à présent installés à même le sol, les deux autres hommes regardaient les passants.

« Une femme est morte, mais…Je n'ai plus la même terreur. Je…

-Tu as l'habitude. Etre inspecteur, être soldat, c'est voir la mort au travail tous les jours. C'est comme ça. »

Lestrade hocha la tête. Machinalement, il cherchait Mycroft dans la foule mais ne le trouvait pas. Evidemment. Trop simple.

« Pourquoi Moriarty a t-il voulu te tuer ?

-C'était Adler. Et d'après Sherlock, Moriarty va finir par l'exécuter. »

Malgré lui, John était heureux de ce constat. Mais il aurait préféré être torturé plutôt que de l'avouer, naturellement. Greg haussa les épaules, montrant que la vie de cette femme ne l'intéressait pas plus que ça.

« Moriarty a tué tant de gens…

-Et il s'amuse avec nous. Comme des fourmis sous une loupe. »

Ils soupirèrent de concert.

« Et sinon…Avec Mycroft ?

-Je me sens stupide…Il a voulu me parler mais j'ai refusé, j'étais trop en colère. Tu trouves ça immature ?

-Non. Enfin, pas plus que de refuser d'admettre que l'unique personne que je dessine est…Enfin…

-Dis-le, il n'est pas là.

-…Sherlock. »

Greg sourit, le secoua doucement par l'épaule :

« Aller, tout va s'arranger, tu vas voir ! »

Il avait tors, lui aussi.


Oui, je sais, je ne dévoile pas grand chose, mais le prochain chapitre sera bien plus explosif encore ! A la prochaine !

les commentaires sont toujours les bienvenus :D