CHAPITRE SIX.

Quand la machine infernale bloque, puis se brise.

Un grand merci pour vos nombreux commentaires, vous êtes prêts pour le spectacle? je vais essayer de vous en mettre plein la vue!


"Hmm… "

John s'était endormi dans son fauteuil, ce soir là, et il ressentait une douleur dans son dos qui n'avait pas apprécié la position alors qu'il se levait en grondant. Devant lui, sur la table basse, s'étendaient des dessins faits au stylo noir sur un journal datant d'il y a deux mois. Des croquis représentant Sherlock affublé de son chapeau ridicule, de trois quart pour la plupart. Il n'y avait pas d'odeur de café, pas de bruit, soit rien qui aurait pu aiguiller le médecin sur l'état de son colocataire.

"Sherlock ? "

Pourquoi fallait-il que chaque premier mot de la journée soit le nom du jeune homme ? John décida de ne pas se focaliser dessus. Regardant son portable, sa bouche devint un pli amer. Un message de Lestrade annonçant un meurtre au National Museum -voilà ou devait se trouver Sherlock- , un de Sarah lui demandant s'il comptait lui reparler un jour -il en avait envie et s'en fichait à la fois-, et le dernier était envoyé par son supérieur médical lui indiquant gentiment qu'il avait intérêt à venir travailler plus souvent, sinon il finirait par se passer de ses services.

John sourit.

"Il me fait le coup à chaque fois, je devrais lui offrir une bonne bouteille ou quelque chose pour le remercier de me garder… "

Réfléchissant à un cadeau approprié, John fit un tour dans la cuisine, se servant une tasse de thé.

Pas de message de Sherlock, evidemment. Pourquoi aurait-ce été le cas, puisqu'il pensait que le médecin ne voulait plus l'accompagner lors des enquêtes.

"Tu te prends trop la tête mon vieux, arrête un peu de t'en faire. "

John fit des étirements. Alors qu'il jouait de ses muscles, il ne remarqua pas à quel point la circulation, dans sa rue, était dense. Il ne remarqua pas qu'il venait de recevoir de nombreux messages tous portant sur le même sujet. Le blond alla se laver, sifflotant Comets, une chanson de Cocoon qui lui donnait envie d'être un baroudeur.

"I'm still trying, to figure out, the end of what I was starting to say… "

Il faisait beau dehors, c'était un dimanche parfait pour un jogging entre les voitures. John mit un survêtement noir, un tee-shirt blanc, noua ses vieilles basket avant de descendre rapidement les escaliers le menant à la porte. Il ne toucha pas à son portable, et ne se rendit donc pas compte que Sherlock avait voulu le joindre huit fois.

Il ouvrit la porte en chantonnant.

"John, John Watson ! Un mot pour le People !

-S'il vous plaît, qu'avez vous à répondre à cet article ?

-Allez vous attaquer le responsable de la fuite ?

-Monsieur ! Monsieur !

-Sherlock Holmes est-il là ? "

C'était une déferlante de questions étranges que le blond ne comprenait pas. Evidemment, il y avait déjà eu des journalistes devant sa porte, mais, habituellement, ils étaient plus sérieux, moins…Avides. Et surtout moins nombreux. Les voisins n'allaient pas apprécier tout ce tapage, c'était sur. John se saisit à la volée d'un magazine brandit, et ferma la porte aussi sec en renonçant instinctivement à aller courir.

"Bon sang, qu'est ce que Sherlock à encore foutu cette fois-ci… "

Il regarda la première page du gutter press, et sentit ses doigts devenir moites de honte. Il ne pouvait que cauchemarder. Evidemment. Il avait oublié ce foutu truc, il avait commencé à oublier tout ça, à croire qu'au final il ne se passerait rien. Il jeta le magazine sur le sol, trembla, sentit une nausée lui tordre l'estomac.

"Ne vomis pas. Calme toi. "

Sherlock essayait de le joindre à nouveau. On avait du le harceler aussi, evidemment. Lorsqu'il eut bu un verre d'eau, et qu'un semblant de couleur eut recouvert ses joues, John alla s'asseoir sur la table basse, regardant le magazine.

"UN SOLITAIRE SE FAIT APPRIVOISER. "

Le titre était désolant. Le tableau lui-même ne figurait pas sur la couverture, on y voyait que Sherlock et John, se tenant la main par une retouche de photoshop désastreuse, avec deux bulles. Sherlock disait "mais tu ne m'empêcheras pas de courir après les méchants !" alors que John répliquait par un "bien sur que non mon amour qui faillit le faire réellement vomir. Il hésita un instant à se rendre à la page 12 pour élus de détails!" mais finit par obtempérer. A cet instant, il y eut des cris, dehors, et le bruit de quelque chose qui se brisait brutalement. Puis, une porte qu'on ouvre et claque .

"Sher… "

Le brun entra, jetant son écharpe sur le sol, les traits déformés par la fureur, un magazine ouvert en son ventre qu'il tenait à bout de bras.

"CE SONT DES SALOPERIES ! "

Sherlock disait rarement ce genre d'insulte. John baissa la tête, et se la pris à deux mains. Evidemment que l'autre lui en voulait. Se retrouver en première page de la presse poubelle était tout ce qu'il haïssait le plus. Et c'était de sa faute, s'il n'avait pas peint ce foutu tableau…

"Sherlock… "

Le brun passa devant lui sans lui jeter le moindre regard et grimpa les marches pour monter dans sa chambre. Les épaules du médecin s'affaissèrent. Il ne lui parlerait plus. Il avait tout foutu en l'air. Ses yeux se perdirent de nouveau page douze. Le tableau occupait une grande partie de la page, accompagné de textes et commentaires variés.

Le tableau.

"Tableau de merde… "

On y voyait John, dans une baignoire, souriant, avec Sherlock entre ses jambes, a demi tourné vers lui dans une attitude séductrice et pleine de grâce, délaissant son violon pour une activité plus charnelle. Le rendu de la buée était époustouflant, quand à l'excitation camouflée par l'eau…Elle était facilement repérable. Pourquoi avait-il fallu que le blond les fasse en se caressant ainsi des yeux ? Sherlock s'appuyait sur ses cuisses et son torse, et le médecin tenait sa taille entre ses paumes, faisant ressortit une fragilité feinte.

"Comment ais-je pu… "

Et il avait signé ! Le gribouilli en bas à droite, ce Watson griffonné à la hâte était bien visible, et n'importe qui aurait pu l'identifier. John voulu crier, déchirer le magazine, aller courir jusqu'à s'en éclater les poumons, mais il réalisa l'ampleur du désastre, de son geste à lui, et du fait qu'il ne pourrait jamais s'en sortir. Ainsi, le dos courbé, l'air d'un enfant perdu, il se mit à pleurer. De grosses larmes rondes et brillantes qui n'avaientt pas coulé depuis la mort de son second, l'avant dernier jour de son service.

Il pleurait encore quand Sherlock se mit à lancer des objets contondants sur la foule, depuis sa fenêtre. Il ne pleurait presque plus quand les pas de son colocataire revinrent dans le salon. Il l'entendait s'agiter un peu partout, gronder, s'énerver, puis il se stabilisa.

"John ? "

Il s'agenouilla dans un craquement de rotule impressionnant, et, avec une délicatesse jusque la inconnue, retira les paumes du visage tendu de Watson. Il y lisait une inquiétude folle qui, malgré lui, lui fit très mal. Ses doigts bancs lui caressèrent la joue :

"Je vais tous les détruire, John, il ne te diront rien. Ne t'inquiète pas d'accord ? Je vais tout régler, retrouver le tableau, et tu ne perdras ni ton job ni tes amis, même si tu pourrais te passer de certains.. "

Sherlock se leva, prêt à mordre (et à utiliser son grand frère), mais John le saisit brutalement par le poignet, se levant par la même occasion. Il avait les yeux grands ouverts, les lèvres sèches :

"Tu ne m'en veux pas ? "

Il ne comprenait plus rien. Et cette rage, tout à l'heure ? Ou était-elle passée ? Sherlock fronça les sourcils :

"Pourquoi est-ce que je t'en voudrais ? J'aime bien ton tableau. "

Il y eut un craquement sec, en bas. Les journalistes enfonçaient la porte. Ce n'était plus des humains, mais des fous avides d'informations. Sherlock le regardait, de côté, intrigué et attendant des mots qui ne viendraient pas. Le brun voulait que l'autre craque enfin. Mais il ne le ferait pas. Foutu trouillard de soldat.

"A quoi est-ce que tu joues ?"

John ne savait pas. Ne savait pas de quel côté Sherlock était. Il ne lui en voulait pas, se fichait du tableau et des retombées. Mais il était furieux contre ces gens, qui, dehors, voulaient des photos et des interviews.

"Sherlock, depuis quand te préoccupes-tu de ce que ces gens disent ? Tu t'en fous. Tu t'en es toujours foutu.

-Avant, tu n'étais pas là. Je sais que tu vis déjà mal cette situation. C'est normal que je fasse quelque chose, puisque j'en ai les moyens.

-Menteur. »

John semblait plus dur. Les poings serrés, il maintenait toujours fermement le jeune homme.

"Menteur…Il y a autre chose. N'est-ce pas ? Je le vois dans tes yeux. Je le sens. Je te connais bien, Sherlock, et… Tu attends quelque chose.

-En effet.

-Dis-moi…

-Je ne devrais pas. La porte va céder dans trois secondes exactement.

-DIS MOI ! "

Sherlock le lui dit. Il le lui dit avec sa bouche, ses main, son corps entier, car il s'écrasa contre lui avec brutalité et envie, l'enserrant entre ses bras, l'embrassant jusqu'à mordre ses lèvres, s'emplissant de son parfum, de lui, il avait si souvent voulu réaliser cette scène…Et voir ces dessins, puis le tableau… Oh, le tableau ! Il en avait frissonné. Et il avait craqué le premier, au final. A ce jeu là, John était si aveugle…

Il fut surprit de sentir le blond répondre à ses attentes, les sourcils certes froncés comme s'il n'en revenait pas, avec un empressement emprunté de folie qui lui plaisait. Les dents de John sur les lèvres. La poigne de John sur sa hanche…

"Mitraille ! "

Ils étaient là, et les flashs crépitaient comme les flammes de l'enfer. John trembla contre lui. Ses yeux étaient clos. Et d'un coup, les flammes les brulèrent. John se recula d'un geste puissant, et envoya le détective contre le mur qui ne manqua pas de lui déverser sa poussière dessus. John tendit la main, la rétracta, darda un regard effrayé sur les journalistes qui braillaient toujours.

"Non ! Non, non, non ! "

Il balbutiait, perdu, et d'un coup se mit à courir. Il faillit tomber dans les escaliers, se rattrapa de justesse. Il vit le regard meutrier de Sherlock, ce regard qui disait "tu me trahiras donc jusqu'au bout ", et c'est le cœur dans un piteux état qu'il sonna chez Lestrade, les yeux rouges, gonflés, et essoufflé à en mourir.

"..."

"Monsieur Holmes, comment interprêtez-vous cette fuite ? "

Le journaliste avait l'air content de sa formulation. Aussi ne vit-il pas le poing du brun s'écraser sur sa joue rebondie.

"Et ça, tu l'interprètes comment ? DEHORS ! DEHORS ! "

Ils sortirent. La porte fut remise sur ses gonds et refermée. Ensuite, Sherlock réalisa qu'il était épuisé, physiquement et mentalement. Le petit meurtre de ce matin n'avait été qu'un amuse gueule stupide, mais il regrettait de ne pas y avoir mis plus de cœur. Ah, les yeux de John… D'abord ce regard qui devenait doux alors que leurs lèvres se joignaient…Puis le reste.

"PUTAIN ! "

Un livre, suivit d'autres, vint s'écraser contre le mur. Pourquoi avait-il fallu que les choses se passent ainsi ? Il prit une cigarette, l'alluma honteusement, en tira une longue bouffée avant de s'affaler dans le canapé.

"D'abord cette Sarah, et maintenant ça…Tout le destine à s'éloigner de moi…C'est stupide, stupide, stupide et illogique ! "

Ils étaient faits pour être ensemble. Ou, tout du monde, Sherlock était fait pour posséder John. Un point c'est tout. Il remarqua que ses paumes tremblaient incroyablement. Il aurait tout donné, tout, juste pour ressentir une nouvelle fois le confort de ses bras. Il avait répondu à son étreinte, à son baiser.

"J'aurais du attendre. Le faire autre part. Et ça aurait marché, bon sang, ça aurait marché ! "

Mais ça n'avait pas marché. Et à présent, il était seul dans un appartement ravagé. Pour la première fois de sa vie, la solitude lui pesa.

"..."

"Bon. Ca va mieux ? "

Lestrade se mordit la langue. Cela n'allait évidemment pas mieux. John était assit par terre, les cheveux désordonnés plus que de raison, et fixait d'un air absent l'écran noir de la télévision. Il avait déscendu cul sec un remontant, avait toussé, puis la situation s'était rappelée à lui avec la force d'une balle. Il avait mal. Et pourtant…Comment ignorer cette jubilation au plus profond de son être ?

"Je…Ce n'est pas possible. Je…Sherlock est mon ami. S'il à fait ça, c'est parce qu'il connaît mes dessins et qu'il ne veut pas que je quitte Baker Street. Il…Il falsifie ses émotions. "

Lestrade fumait paisiblement sa Chesterfield quand ses sourcils se froncèrent :

"Je ne crois pas. S'il veut te retenir à Baker, c'est parce qu'il tient à toi. Il t'aime probablement, mais à sa façon.

-Greg, je…Je ne peux pas accepter ça. Nous sommes deux hommes… Les gens… Les gens diront… "

L'inspecteur n'en cru pas ses oreilles. Il se baissa à hauteur du médecin, et sa voix se fit un tantinet plus dure :

"Alors c'est ça ? Le soldat à perdu ses couilles, ou comment ça se passe ? Désolé d'être aussi vulgaire, John, mais tu serais capable de sacrifier une belle histoire pour des regards inquisiteurs ? Mycroft tapera du poing et les tabloïds vous oublierons ! Tu es… Egoïste, sur ce coup là."

Les yeux du médecin doublèrent de volume. Encore ce même discours. Encore ça. Il se leva brutalement, faisant face à l'autre homme :

"Mais qui suis-je pour me croire assez bien pour Sherlock ? Comment pourrais-je le satisfaire, Greg, lui qui ne s'intéresse à rien, ce n'est qu'un enfant, encore, dans sa tête, je ne suis qu'un passe-temps !

-Et si tu te laissais porter par les choses pour une fois ? Je veux dire… Il t'a embrassé, et tu as aimé. Alors refais-le. Oublie les autres une seconde. Je sais que tu as encore cette foutue habitude d'obéir aux règles sans réfléchir, mais… Sherlock s'est ouvert à toi, bon sang, tu l'as accepté…

-…Puis repoussé. Je… "

Il y eut un silence. Lestrade prit son téléphone, envoya un message à Mycroft, un message court, sec sans être agressif, lui demandant s'il désirait toujours lui parler. John bailla bruyamment :

"J'en ai assez de toutes ces choses compliquées…

-C'est bien plus simple que tu ne le crois.

-C'est dur d'assumer qu'on aime une homme. "

Il l'avait dit. Et si son épiderme se révolta brutalement, son cœur se sentit soulagé d'un terrible poids. Lestrade admira en silence son courage, l'esprit malmené. John oserait. Il oserait, jusqu'au bout, car il savait que s'il voulait vivre en paix il devrait s'expliquer avec Sherlock, et donc permettre à la situation de se finaliser. Tout finirait bien, il en était sûr à présent.

"John… Pourquoi ne pas lui téléphoner ?

-J'ai laissé mon portable là-bas. Et si tu avais vu ses yeux… Je lui ai fais du mal. Déjà, ma relation avec Sarah l'a fait souffrir, ou du moins l'a agacé, je le sais. Et ce rejet…Ne lui a pas plu. "

Lestrade souffla que Sherlock devait lui aussi accepter d'être un humain, et que ce genre de choses faisait partie de la vie. Il assura que s'il tenait à lui, il ferait avec, car tout le monde faisait avec.

"Sherlock n'est pas tout le monde… "

Second silence que les deux hommes goutèrent en silence.

Lestrade proposa une trève :

"Café ?

-Merci. "

John refusa cette trêve :

"Et après nous parlerons de Mycroft et toi. "

"..."

"Sherlock ? "

L'aîné Holmes regarda d'un mauvais œil la poussière qui jonchait le sol, puis son frère, étendu sur le canapé, une main sur les yeux, des mégots plus ou moins consumés de cigarette autour de lui. Il était visiblement tendu, sentiment observable par le rictus de ses lèvres et sa jugulaire étonnamment contractée. Mycroft sentit son instinct fraternel ressortir. Il se dit que s'il avait été présent, dans la jeunesse de Sherlock, pour l'aider à faire du tri dans ses sentiments, sa sexualité et la façon d'approcher les gens, il ne serait sans doute pas là à souffrir. Il s'en voulu mais n'en dit rien.

"Sherlock, tu ne vas pas abandonner, n'est-ce pas ?

-Abandonner ? Je n'ai rien débuté. Et puis ça ne te regarde pas. "

Sherlock avait besoin de parler. Depuis qu'il avait John, retourner les pensées dans son crâne ne le satisfaisait plus, il devait dire les choses à voix haute, il devait être écouté, et, mieux encore, obtenir une réponse franche en retour. La réponse qu'il attendait, naturellement. Mycroft attendit donc, sentant son portable vibrer sans y prêter attention.

"Il a répondu à mon baiser. Il était prêt à me faire l'amour, là, comme ça. Mais il a suffit qu'une paire d'yeux se pose sur lui, et il redevenait cet être stupide qu'il était avant de me connaître. La peur, Mycroft, la peur ! Il a peur des gens. Et ça me dégoûte.

-Ca te dégoûte des gens. Pas de John.

-Non. Non, évidemment.

-Il lui faudra du temps pour accepter. Mais tu as déjà attendu si longtemps, ce serait dommage de…

-Et si je le perdais ? Et si ça ne marchait pas et qu'il s'en allait définitivement ? "

Mère de Dieu, songea Mycroft, voilà que son frère se mettait à devenir sentimental ! Plus possessif qu'autre chose, certes, mais inutile de se leurrer le détective variait ses émotions. Il s'inquiétait de perdre quelqu'un qu'il avait toujours considéré comme étant sa propriété. Il découvrait les règles qui régissaient le monde. Des règles qu'il ne pouvait dicter.

"Sherlock. John est amoureux de toi, et ne partirait jamais même si tu commettais un meurtre. Il faut juste que tu arrêtes de faire l'enfant gâté pour aller récupérer ton dû et… "

Mycroft laissa sa phrase en suspend. "Tu veux toujours qu'on discute ? ". Greg. Greg lui avait envoyé un message. Etait ce John qui lui avait ouvert les yeux ? Son pouls s'affolait, et les paroles de son frère perdaient tout leur sens. S'ils se revoyaient en face à face, il ne répondrait plus de rien et lui avouerait probablement tout.

Comme Sherlock, Mycroft n'aimait pas qu'on touche à ses affaires.

"..."

"Sebastieeeeeeen… "

La voix aigue fit grimacer Moran qui tourna sa chaise pour faire face à l'assassin qui, allongé sur le ventre en travers du bureau, les jambes battant l'air, ressemblait terriblement à une adolescente frivole, et lui demanda non sans une moue agacée ce qui se passait.

"Tu peux me lire l'article sur les deux proies ?

-Tu l'as déjà lu, Jim. Deux fois.

-Je sais. Mais c'est sûrement ce qui va signer leur liaison, et je suis sûr qu'Adler nous entend, des Enfers. "

Moran esquissa tout de même un sourire. Il fallait dire que ce bon vieux Jim avait les mots juste, et que même si cette femme lui avait fait, en l'espace d'une soirée, redécouvrir entièrement le monde du sexe, il ne regrettait pas sa mort.

"Bon, bon…Juste un passage.

-Page cinq ", murmura langoureusement Moriarty en posant son visage triangulaire entre ses avant bras alors que son complice levait les yeux au ciel.

"…Cette peinture, envoyée par un anonyme, a confirmé les rumeurs qui circulaient depuis longtemps sur la prétendue amitié du détective et du médecin. L'œuvre, signée par John Watson lui-même, témoigne des sentiments amoureux entre les deux hommes non sans un côté érotique qui à attiré l'attention de plus d'une demoiselle…

-Continue, continue !

-Bon sang, Jim, tu peux être une sacrée gonzesse parfois… "

Mais Moriarty lui fit les gros yeux, et lorsqu'il se mit à jouer avec son pistolet, Moran fila doux :

"… Ce couple combine feu et glace, nous confirme Maria Jamson , psychologue dans le domaine conjugal, c'est une alliance entre le côté distant et impénétrable d'Holmes, qui est pallié par la normalité abordable de Watson. La question crousty du jour… Oh putain Jim ne m'oblige pas à lire ça à voix haute… "

Moriarty lui fit les yeux doux. L'autre soupira, se mordit la langue, puis reprit :

"…Qui est donc celui qui mène la danse ? La réponse est partagée. Mr Holmes semble avoir plus de caractère, plus d'envie, et cela semblerait contraire à la logique qu'il se laisse dominer par un être aussi doux et attentionné que Watson… "

Ce en quoi la presse se trompait lourdement.


Comment ça, ce chapitre donne des indications sur la suite)?

Je marche sur des oeufs pour continuer, mais je vais essayer de ne pas vous décevoir!

Review?

ps la chanson Comets" de Cocoon est très paisible, je l'aime bien en ce moment