CHAPITRE DIX
Bonsoir :)
J'ai plusieurs choses à dire : déjà, j'ai eu mon bac, mention AB, donc , je vais pouvoir garder mon pc, et c'est pas mal, je félicite par ailleurs les autres bacheliers/ières, et souhaite bonne chance à ceux du rattrapage.
Ca, c'est fait. Ensuite, je remercie également les reviews fidèles qui continuent de me parvenir et que j'aime toujours autant!
Nouveauté : je remercierais maintenant les reviews de lectrices/eurs sans compte dans les "en tête" de chapitre! ( ben ouais question d'égalité)
et bonne lecture surtout :)
« Tu veux les tuer ? »
Moran regardait pensivement son patron astiquer avec soin son beretta, ses mains pleines de cicatrices tapotant la table avec un rythme lent et marqué. L'autre afficha un sourire goguenard :
« Et me priver du seul intérêt que cette ville abrite ? Oh, non, les blesser un peu pour faire peur au gouvernement, cela augmentera mon crédit et me permettra de diffuser encore un peu plus mon pouvoir dans les branches intéressantes.
-Ah ?
-Viendra un jour ou Mycroft Holmes me mangera dans la main. », souligna l'assassin d'un ton joyeux. Il savait déjà que Sherlock le craignait, quelque part. Enfin, la limite entre la haine et le respect était très fine. Mais d'autres joueurs pouvaient être admissibles dans le jeu si l'on modifiait quelque peu les règles.
« Bon, Sebbie, on va devoir y aller, je pense. Ils doivent déjà avoir trouvé.
-Tu as déjà disposé tes petits trucs qui font boum ?
-Plutôt deux fois qu'une. On va voir si notre ancien soldat n'a pas perdu ses réflexes. »
Sébastien frotta lentement son menton mal rasé, songeant que ce pauvre homme n'avait décidemment pas choisit une vie facile. Puis, il se souvint qu'il adorait ça, et cessa de réfléchir pour suivre son collègue dans les méandres du souterrain.
"..."
John se sentit tout petit en passant près de la statue de bronze dominant l'entrée de l'Academy. Le bâtiment était très imposant, mais d'une finesse incomparable, et le blond se sentit stupidement heureux de passer la porte. Il se sentit heureux une bonne minute, avant que les doigts de Sherlock ne se plantent dans son épaule pour le ramener en arrière :
« John, nous ne sommes pas là en touristes, arrête d'afficher cet air niais. L'endroit est dangereux, Moriarty le connaît sur le bout des doigts, et il est truffé de pièges. Laisse moi faire un peu de repérage des lieux. »
Le brun s'avança a pas de loup dans le hall, vérifiant quelques traces sur les murs alors qu'il parcourait le guide des yeux pour trouver la salle contenant le tableau. John laissa ses yeux couler le long de sa machoire, puis reporta son attention sur un poster accroché à sa droite. C'est à cet instant qu'il remarqua, près du guichet d'entrée, un fauteuil roulant maculé de poussière et de rouille. Dessus, une jambe mécanique, pliée en trois, passablement abîmée.
« Mais… »
Un frisson lui parcouru l'échine. L'objet ne pouvait pas dater de plus de trente ans, au demeurant. Cette vision lui rappelait les amputés de la guerre du Cambodge, tous ces blessés qui perdaient leurs jambes. La plupart mourraient d'infections, mais ceux qui survivaient possédaient des béquilles, ou des prothèses de ce type. Mal adaptées, elles blessaient les chairs, déformaient les membres. Des saloperies en fer.
« Qu'est ce que ça peut bien foutre là ?
-John ? J'ai reçu un message de Moriarty. »
Les sourcils froncés, Sherlock se tourna vers le blond en pianotant sur son portable :
« Lève la jambe, elles ne sont pas toutes intelligentes. Je ne comprends pas le…
-Sherlock. Ne bouge pas. Je… »
Intelligentes. Intelligentes. Evidement. L'ancien soldat ferma doucement les yeux, son sang battant sourdement dans sa tête alors que les souvenirs affluaient. Il revoyait si bien son second, sa cicatrice le long du bras, les yeux vides de celui qui a vu trop de gens mourir. Damon l'écoutait lui raconter l'histoire des mines. Les dernières développées étaient intelligentes. On pouvait les programmer pour exploser à une heure particulière, ou bien simplement pour qu'elle finissent par s'éteindre au bout d'un certain temps.
« Sherlock, il…Il faut partir, il… »
John voyait, maintenant. Il voyait la poussière accumulée dans les angles des murs, il voyait les dalles qui avaient été bougées. Il voyait la mort, ce taureau aux yeux rouge, galoper vers eux avec une aisance quasi féline. Il le voyait, et il croyait entendre la voix de Damon, saturée d'anciens cris, lui lancer d'un air nonchalant que ces armes avaient été crées par des démons eux-mêmes.
Sherlock percutait.
« Mémoire de guerre. John, ou sont les pièges ? Uniquement au sol ?
-Enterrés ça et là. Des mines. Des mines intelligentes. Qui nous éclaterons au premier pas. SHERLOCK ! »
Le brun avait fait un pas sur la droite, et le grincement qui avait résulté avait effrayé le médecin.
« John, nous allons être prudent et tout se passera bien. Il n'y a que deux salles a traverser pour atteindre le Fussli. »
John, les yeux au sol, torturé et étrangement sûr de lui, s'approcha de son amant et le serra brutalement contre lui :
« Sherlock, c'est comme la guerre. Je ne veux pas que tu laisses aller tes impulsions habituelles, ici c'est trop risqué. Je ne veux pas te voir exploser sous mes yeux. »
Le brun embrassa son front, puis se retourna pour marcher fermement vers la salle en question. Ses yeux perçant remarquaient sans trop de problème les dalles qui avaient été bougées. Moriarty avait fait un travail grossier par volonté. Il le savait. Si l'assassin avait réellement souhaité les voir marcher sur une mine, cela aurait déjà pu se produire.
"..."
Quand Lestrade sortit de la voiture, son téléphone vibra. Il remarqua tous ses agents collés à la porte de l'Academy, rongés de curiosité, sans pouvoir apercevoir quoi que ce soit de concluant, et il sortit son appareil en souhaitant qu'il s'agisse de Sherlock et de ses explications lumineuses.
« Mais… ? »
Greg fixa son écran d'un air éberlué, essaya d'appuyer sur une touche, secoua l'appareil, et au final sentit une sueur froide lui glacer le dos. C'était du piratage. Et l'inspecteur ne connaissait que deux personnes capable de faire cela aussi rapidement. Sur le portable, l'écran affichait un compte à rebours. Qui ne comptait plus qu'une minute.
Quoi qu'il y ait à l'intérieur de ce bâtiment, dans une minute, il exploserait. Au même instant, un petit message s'inscrivit, avec un bruit de machine à écrire – ou de mitraillette ?- sous le décompte :
« Ils ne devraient pas mourir. »
Greg se mordit violemment la langue. Il restait quarante secondes. Soudain, il s 'élança, criant à quatre de ses agents de patrouiller les alentours à la recherche de caméras. Il pria pour les deux hommes à l'intérieur en pesant sur la poignée de la porte pour entrer dans le batiment, puis remarqua qu'il ne restait que quelques secondes.
« TOUT LE MONDE A TERRE ! »
Puis la porte vitrée qui constituait l'entrée explosa, envoyant l'homme à plus de six mètres de sa place initiale.
Et puis il y eut beaucoup de poussière.
Quand John et Sherlock entendirent la première explosion, ils n'eurent pas besoin de parler pour comprendre que la situation venait brutalement d'évoluer. Non, Sherlock allait se plaquer contre un mur et inviter son amant à en faire de même, sachant que les mines se limitaient aux centres des pièces, mais c'était sans compter l'esprit de John. Le blond le saisit par le poignet, et écouta.
Deux secondes.
Deux secondes d'intervalles. Il se mit à courir, un, deux, sauter sur la droite, un, deux, sauter sur la gauche. Respirer malgré l'atmosphère chargée de poudre. Espérer. Espérer. Sherlock avait perdu l'aide de ses sens. Ses yeux le brûlaient, ses oreilles grondaient, il fonçait dans un nuage brumeux sans consistance et sans aide. Le toucher de John le rassurait, même s'il se savait coupé de toute solution.
« Plus vite ! »
Sherlock pressait son amant qui commençait à haleter. L'endurance, dans le domaine de la course, n'avait jamais été son fort. Ils s'écrasèrent contre une porte. Le blond chercha fiévreusement la poignée, découvrit que la serrure était verrouillée. Sherlock le poussa, tira quatre fois dessus, et le souffle d'une autre explosion les propulsa à l'intérieur de la salle.
"..."
« Alors ? »
Moriarty sirotait son café avec un air d'enfant sage, alors que Moran suivait l'action attentivement sur l'écran de son dernier joujou électronique divisé en deux parties.
« On a dégommé un imbécile qui a voulu rentrer dans le jeu. Je crois qu'il s'est mangé pas mal de bouts de verre.
-Je m'en fiche, gronda l'assassin, ce n'était qu'un inspecteur. Et Sherlock ?
-Watson a ait du beau boulot, il a tilté tout de suite. Par contre ils ont pris la salle en face d'eux.
-La salle moderne ?
-Ca a faillit leur être fatal, elle est fermée, mais Holmes a dégainé de justesse. »
James Moriarty se mit à battre des mains, franchement content de la tournure des évènements. Il bondit sur l'écran , poussant son collègue de côté :
« Laisse moi voir laisse moi voir !
-Putain, Jim ! Fallait voir avant, là c'est finit !
-Oh, non, je veux juste les voir s'embrasser dans la poussière c'est très excitant. »
Moran lui céda sa place d'un air dégoûté et amusé à la fois.
"..."
« Sherlock –touss- , ça va ?
-Comme quelqu'un qui a avalé un litre de poudre. J'ai connu mieux. Ta jambe ?
-Passable. J'ai un peu forcé dessus, mais c'était nécessaire.. »
John roula sur le dos, et tourna la tête vers sa droite. Leur regards se croisèrent, et ils se sentirent extraordinairement vivant alors que le cadre de la porte, consumé, s'effritait dans un grésillement désagréable. Une fois encore ils s'en sortaient avec quelques poils roussis, mas la chance y était aussi pour beaucoup.
« Tu vois, je n'ai pas explosé.
-Non, mais tu restes une sacré bombe. »
Sherlock ne comprit pas la blague et fronça les sourcils alors que le blond, sentant l'adrénaline retomber, pouffait derrière sa main.
« Ce n'est pas le moment de faire de l'humour. »
Le brun avait raison. John se redressa, mais uniquement pour accueillir les lèvres bouillante et parfumée à la poudre de son détective préféré.
"..."
« GREG ! GREG ! »
Un film. Un film d'horreur, peut être, mais un film quand même. Donovan s'était relevée la première, après l'explosion qui avait fait valser son supérieur. Le choc avait ébranlé tout le monde, elle-même ayant heurté le mur de façon assez douloureuse, mais elle n'avait pas hésité à courir pour voir l'état de son boss. Puis, elle s'était mise à hoqueter.
« G…G….Greg…G…
-Arrête ça tout de suite… »
Si Lestrade s'était vu, il n'aurait peut être pas dit cela. Si la vitre l'avait en partie protégé des brûlures, elle ne lui avait fait aucun cadeau en se brisant, et les multiples morceaux de verres planté dans son corps le prouvait lorsqu'il essayait de bouger. Les articulations du coude droit, les côtes, la base du cou, l'épaule droite, la tempe gauche. Et tout ce sang qui coulait.
« J…Les pompiers arrivent. Ca va aller.
-Je…'al a respirer. 'ang qui 'oule. »
Donovan se sentit blanchir. Si son chez mourrait bêtement en s'étouffant avec son sang, elle ne le supporterait pas.
« Ne le bouge pas ! » brailla un jeune flic pâle comme un mort. Elle l'ignora, passant une main sous sa nuque pour le faire basculer sur le côté. Cela facilita la respiration de l'inspecteur, et lui permis en plus à la jeune femme de jeter un œil à son dos.
« Dieu du ciel… »
"..."
« Cela me paraît étrange.
-Quoi ? »
John avait repoussé les mains franchement baladeuses de son amant d'un geste sec, et Sherlock, à présent vexé, croisait les bras en faisant la moue.
« Qu'il n'y ai rien dans cette salle.
-Au contraire. C'est du Moriarty tout craché. L'indice attend près du tableau. »
John se retourna soudainement vers les décombres du grand hall de l'Academy :
« J'espère qu'il n'y a pas eu trop de dégâts dehors..
-Avec un peu de chance Anderson aura eu un nouveau brushing, voilà tout.
-C'est moi ou tu fais du second degré ? »
Sherlock ne lui répondit pas, souriant légèrement, fit craquer ses doigts et se dirigea vers la salle du tableau. Il allait revoir Moriarty, il le sentait. Et cette fois…Il allait se faire un plaisir de lui passer les menottes. Cela li montrerait une fois pour toute qu'il ne valait rien face à lui… Et puis il cesserait d'embêter son grand frère, accessoirement. Evidemment, ce détail n'avait pas besoin d'être révélé au grand jour. Le blond clopinait un peu derrière le détective, et Sherlock posa doucement une main sur son épaule :
« Il te faut un quart d'heure pour récupérer. Je le sais, c'est un calcul simple, mais je te reparlerais de ta masse graisseuse plus tard. Je veux que tu restes ici, assis, calme. Je vais être prudent, ne pas jouer l'insolent et faire durer l'échanger verbal. Dans un quart d'heure tu viens. Si tu entends des coups de feu, fais comme tu le sens. D'accord ? »
Avant, John n'aurait jamais accepté. Il aurait été prêt à parier que le brun allait être provocateur, et par vanité faire une erreur dangereuse. Mais à présent…C'était un lien plus confiant qui les unifiait, et cela entrait en jeu. Même si Sherlock restait un gamin incontrôlable, John devait assumer sa jambe. Il s'installa à même le sol en soufflant puissamment, et porta sa main à ses lèvres :
« Fais attention, d'accord ?
-Bien sur. »
Il se baissa pour l'embrasser, et lui mordit fiévreusement les lèvres avant de marcher rapidement vers la sortie. John observa sa montre, remarqua que le cadran avait été légèrement déformé, calcula quinze minutes, puis ferma les yeux pour aider son pouls à reprendre un rythme normal alors qu'il calait sa jambe plus confortablement.
Au loin, il entendit Sherlock entrer dans une autre salle.
« Déjà ? »
Il l'imagina de dos, droit, souriait de façon purement Holmesienne, des frissons tout le long du corps. Et là, une seconde, le blond se demanda s'il pouvait lui offrir ne serait-ce qu'un semblant de tout le bonheur que les meurtres lui procuraient.
La porte claqua.
John songea qu'il aurait bien aimé prendre une cigarette. Comme à l'armée. Une Winston. Puis, il se leva, réalisa que sa jambe s'était tout de même dérouillée, puis commença à marcher pour retrouver son amant.
Bon, ce chapitre était bien plus sérieux que les précédents, j'espère qu'il vous a tout de même plu :)
a bientôt pour la suite ! et bonne soirée.
