EPILOGUE

Nous voici donc à la fin... J'ai essayé de faire de mon mieux, et j'espère que cette fiction vous aura donc plu du début jusqu'a son achèvement.

Bonne lecture à vous!


« Hmmm… »

John se redressa brusquement, se jetant sur son téléphone alors que ses paupières le picotaient durement, le punissant pour son manque de douceur matinale. Puis, la date présente sur l'appareil remonta jusqu'à son cerveau, et il se laissa tomber mollement sur son oreiller : le Dimanche restait un jour de grasse matinée, quoi qu'on en dise. Dehors, de petits flocons se battaient en silence pour savoir lequel d'entre eux atteindrait la vitre en premier.

« Tiens…Il neige. »

Sherlock allait certainement pester contre la météo dès son réveil, mais pour le moment, il était tout entier à sa récupération. Depuis que les deux hommes formaient un couple, John avait un effet apaisant sur le brun, et lui permettait d'accéder à des nuits plus longues. Le détective était donc doublement plus efficace en journée, sans compter le fait que ses cernes disparaissaient peu à peu.

« John. Je déteste quand tu me regardes dormir.

-Tu ne dors plus, tant mieux. »

John l'embrassa dans le cou, le vit frissonner, et se cala contre son dos en soupirant, lui offrant sa chaleur bienfaitrice. Dans la chambre, il aurait été dur de ne pas voir les changements opérés ces derniers mois. Un certain rangement, et ces aquarelles… Des paysages pour la plupart, des lieux clé, des monuments. Avec, sur certains dessins, une silhouette familière, voire deux.

« Tu as pris rendez-vous aujourd'hui, n'est-ce pas ? »

John embrasse l'épaule blanche et glabre, nouant ses bras autour de la taille. Petit sourire.

« Oui. »

C'est bien aujourd'hui qu'il a rendez vous avec sa psychologue, celle-là même qu'il a évité pendant plus d'une demi année. Presqu'un an et demi, en fait, à bien y regarder. Il n'avait pas eu le courage de devoir, une nouvelle fois, démentir les écrits des magasines pour recomposer son histoire, même s'il était forcé de constater que les choses s'étaient réellement tassées au fur et à mesure.

« Hmmmm… »

Sherlock se retourna, les cheveux plus bouclés que jamais en ce matin frisquet, et se lova contre son amant comme un chat endormi. L'autre le câlina distraitement, faisant de petits ronds sur sa nuque, sentant sans rechigner son excitation du matin commencer à réagir.

« Je m'ennuie en ce moment, grogna mollement le brun en accentuant innocemment son mouvement de bassin, Moriarty est partit depuis trop longtemps… »

L'agacement de Sherlock compensait avec le soulagement de Londres, mais cela n'étonnait pas le médecin. Par contre, le fait que l'assassin ne donne pas le moindre de vie restait une énigme qu'il faudrait finir par résoudre, mais pour le moment, les deux amants profitaient de cet instant d'accalmie pour mettre leur vie commune en ordre, même si l'idée n'était jamais réellement abordée verbalement.

« Je vais passer dire bonjour à Greg, aussi, tu m'accompagneras ?

-Hmmmm…Non. J'enverrais un texto. Il fait trop froid dehors. »

Comme pour confirmer, une branche claqua contre la fenêtre, envoyant valser les flocons un peu plus loin. Sherlock jeta à la neige un regard peu amical avant de se pelotonner dans la couette.

« Tu n'aimes pas ça, hein ?

-La neige efface les traces, tu devrais le savoir. C'est parfait pour les crimes stupides et je n'ai pas le temps pour ces bêtises.

-Tu devrais te remuer un peu, tu commences à grossir. »

Et ce, ponctué par un essai de pincer des poignées d'amour décidemment inexistantes chez le jeune homme. Sherlock couina, le poussa sur le côté et gronda en se cachant le mieux possible. Son amant, secoué d'un grand rire, lui embrassa le front avant de se lever, regrettant de laisser Sherlock seul et nu dans un si grand lit.

« Je reviendrais pour midi.

-Hmm. Ne traîne pas en chemin. »

Le blond secoua la tête, puis sortit de la chambre. Sherlock bondit à la fenêtre, attendit, tendu comme un arc, et observa son amant sautiller dans la neige, gêné par la taille de ses jambes dans la poudreuse, et ne retourna dans le lit que lorsque le médecin eut disparu au coin de la rue. Si cela n'avait tenu qu'à lui, ils auraient passé la totalité de la journée dans le lit, avec une tasse de thé, loin du monde bruyant et agaçant durant cette période de l'année. En fait…Sherlock aurait pu faire une habitude de ce genre d'activité, mais son amant ne l'aurait pas toléré. Soufflant, il entoura son oreiller de ses bras et ferma les yeux.

"..."

« John ! »

Lestrade, à son minuscule balcon, lui fit un geste de la main , une cigarette coincée entre les lèvres. L'autre le lui rendit, souriant, attendant qu'il éteigne son mégot pour ensuite le rejoindre en bas de l'immeuble.

« Tu fais un bout de trajet avec moi ? J'ai rendez vous à dix minutes d'ici.

-J'aimerais bien, mais j'attend les camions…

-Ah, oui, c'est vrai que le déménagement commence aujourd'hui ! »

Lestrade hocha doucement la tête, fourrant les mains dans ses poches. Son œil droit, agrémenté d'une lentille, n'avait plus la moindre différence physique avec son collègue, même si sa vue n'avait pas progressé d'un pouce depuis le terrible accident.

« Je viendrais donner un coup de main en rentrant si tu veux.

-Ne t'inquiète pas ça va aller, je n'ai pas grand chose à transporter de toute façon tu le sais bien, et puis Myc' ne va pas tarder à arriver… »

John lui serra amicalement la main, resserrant son écharpe autour de son cou avant de faire quelques pas vers sa destination. Là, il s'arrêta, se tournant à demi :

« Pas de nouvelles de Moriarty ?

-Aucune. Mais il refera surface, John, aussi sur que le Printemps suit l'Hiver. »

Evidemment. L'assassin n'abandonnerait pas Londres aussi facilement, ce serait… trop fade, en quelque sorte. Il reviendrait, et il reviendrait très en colère. Mais ils seraient prêts pour le recevoir. Le blond souffla une buée brûlante :

« Je suis content pour Mycroft et toi. Que ça finisse par rouler.

-Le temps nous dira si j'ai bien fait d'y croire, mais…Oui. Je pense que oui. Et Sherlock… ?

-Il m'a dit qu'il t'enverrait un message pour prendre de tes nouvelles. Il n'a pas beaucoup changé, tu sais !

-Oh, ce n'est pas le plus important. Je sais que c'est à l'intérieur que ça travaille le plus. »

Clin d'œil malicieux qui fit rougir le blond. Il s'éloigna, les joues carmins, son sourire soigneusement caché sous son écharpe.

"..."

« Bonjour… »

La jeune femme à la peau foncée eut un petit mouvement de tête pour l'inviter à s'asseoir. Là, un silence un tantinet gênant prit place, puis Miss Jenckins croisa ses mains :

« Cela fait très longtemps que vous n'êtes pas venu. Vous savez que nous avions des rendez-vous prévus.

-Oui…Je sais, je…

-J'ai vu vos exploits dans les magasines. »

John rougit, balbutia, se sentit plus étranger que jamais dans cette pièce qu'il connaissait pourtant par cœur. Ainsi, la jeune femme avait eut vent des péripéties du taxi, de tous les ragots infâmes qui avaient circulés sur les deux hommes. Qu'en avait-elle pensé ? Et pourquoi John n'arrivait-il pas à relativiser ?

« Je présume qu'il y avait beaucoup d'âneries là-dedans, mais… Je dois tout de même vous congratuler.

-Je vous demande pardon ?

-Et bien il semblerait que vous ayez dépassé le second stade de votre thérapie. Après la réhabilitation sociale, la stabilisation amoureuse.»

Et le sourire qu'elle lui adressa ne faisait aucun doute sur ses pensées. Soulagé, John s'installa plus confortablement dans le fauteuil, y retrouvant ses marques sans même s'en rendre compte. Au final, passé les premières peurs, il finirait par s'habituer bien vite à confronter le regard des inconnus qu'il découvrait dans l'avancée de sa vie.

"..."

« Je suis r… »

Sherlock dormait toujours, pas de bruit dans la cuisine, pas de feu dans la cheminée, rien qu'un doux silence brisé par le sifflement du vent. Dehors, la neige était passée à la vitesse supérieure, chatouillant abondamment la ville, la couvrant d'un manteau blanc qui effaçait le rouge de ses briques. Le blond monta doucement les marches, frottant ses mains l'une contre l'autre pour les réchauffer plus rapidement, et s'introduisit dans la chambre sans faire de bruit.

« Et dire que je pourrait réduire son autorité à néant, avec une seule photo… »

Le jeune homme, sur le ventre, serrant son oreiller contre lui avec une possessivité attendrissante, perdait quelques années ainsi positionné. Ses cheveux en bataille, sa moue délicieuse, et son visage rendu lisse par un sommeil tranquille lui ôtait cette détestable expression d'ennui permanent. Mais que serait Sherlock Holmes sans son air dédaigneux ?

« Pas grand chose, assurément… »

Le docteur alla passer deux doigts agiles sur sa joue, le regarda grogner, puis se posa au bout du lit, attrapant dans son sac un nouveau carnet de dessin. Il en caressa la couverture avec amour, l'ouvrit, puis se ravisa. Il aurait tout le temps pour dessiner, après tout. Se levant, il ôta ses vêtements, ne conservant que son boxer pour la forme, et se glissa dans le lit, oubliant le fait que la journée soit déjà bien avancée.

Les paupières, lourdes, du brun se levèrent avec hésitation :

« Bien passé ?

-Très bien. C'était mon dernier rendez-vous. »

John avait été guérit de la guerre, par bien des remèdes. Sherlock restait, au demeurant, le plus fidèle des médicaments, et il espérait ne jamais avoir à s'en passer un jour. Songeant cela, John comprit que le détective était plus une drogue qu'autre chose à son égard.

« Tu penses trop…Je sens tes neurones qui brûlent. Viens me réchauffer. »

John le prit contre lui, le cala dans la couette, puis ferma les yeux. Il ne lui fallu pas cinq minutes pour s'endormir. Plus tard, Sherlock se redressa sur ses coudes, écoutant la respiration de son amant avec une attention curieuse.

Il faudrait penser à le prévenir, aussi.

Le prévenir que Moriarty lui avait envoyé un mail, un long mail écrit de façon pénible et tendancieuse, comme à son habitude, arguant qu'il allait faire de sa vie un enfer et les pousser à se séparer. Voire pire.

Oui, il faudrait lui dire que Moriarty souhaitait monter le monde entier contre eux, à commencer par Londres.

Sherlock embrassa les lèvres sèches. Il faudrait lui dire, mais qui voudrait forcer ce front à se plisser sous l'effet de l'inquiétude ? Ils affronteraient cette épreuve ensemble. Mais plus tard.

Le jeune homme se leva, en tenue d'Adam, et promena son regard sur les murs recouverts d'art. John avait un foutu talent, il devait à présent l'admettre, même si ses capacités, dans ce domaine, restaient nulles. Il prit une feuille banche un peu froissée qui traînait, un tube de gouache ocre, et inscrivit une courte phrase. Contemplant son œuvre avec un sourire mi-figue mi-raisin, il se munit d'une punaise, et l'accrocha à droite du Fussli aux bords noircis.

Ainsi, si vous venez au 221b Baker Street, et que vous pénétrez dans la chambre commune du célèbre détective et de son compagnon médecin, vous trouverez, en face du lit, une feuille portant les mots « Sherlock Holmes aime John Watson. »

Ce jour là, il neigea jusqu'au soir.

The End (?)


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Oh God, c'est terminé! Oui, oui, nous voila à la fin de ces petits chapitres qui m'ont bien plu, je dois l'avouer, et je dois TOUS vous remercier pour m'avoir accompagné le long de ces lignes!

Comme vous le voyez, je laisse la fin en suspend... Parce que j'adore le Cliff, vous le savez, et... Parce que je risque de vous pondre une suite, quand j'en aurais le temps ( et l'inspiration, histoire d'ecrire quelque chose d'original et de ne rien pomper sur mes anciennes fictions)

Si vous avez des questions, des remontrances, des désirs, la volonté d'un ajout, que sais-je encore, laissez moi un commentaire, je me ferais une joie de vous répondre!

Merci encore, et bonne soirée à vous, ce fut un plaisir.

Misro.