Note de l'auteur : C'est ma première histoire et j'ai oublié de mettre une note concernant la propriété au début des deux premiers chapitres. Rien ne m'appartient. J'aime juste ces personnages et je voulais jouer avec.

Chapitre 3 – Point de vue de Pam

Quand j'arrive à la maison d'Eric, je sais immédiatement qu'il est là. Je gare ma voiture et rentre à l'intérieur en laissant mes chaussures à la porte. Mon intention était de ne pas énerver Eric qui était déjà instable mentalement au cas où il aurait noté quelque chose d'aussi basique que mes chaussures mais quand je regarde autour de moi, j'ai un haut le cœur. Là, sur le tapis, il y a les chaussures d'Eric et juste à côté du sang séché appartenant à Sookie.

Je traverse le séjour et voit de la lumière dans la chambre par la porte entrouverte. J'appelle doucement Eric pour lui laisser savoir que je suis là mais pas de réponse. A la place, j'entends fredonner doucement. Je me dirige vers la porte et l'ouvre silencieusement. Je n'en ai pas besoin mais je prends quand même une grande inspiration dans l'intention de me calmer.

Eric est allongé sur le lit, il porte son peignoir et tient dans ses bras le corps de Sookie. Pendant que je donnais mes instructions à Thalia et venait ici, il avait pris un bain avec elle, avait démêlé ses cheveux et l'avait couverte d'un joli déshabillé qu'il lui avait offert pour son anniversaire. Je le regarde et, pour la toute première fois, j'ai pitié de lui. Mon fort, indomptable, intelligent, ancien et arrogant créateur a perdu l'esprit à cause de la mort d'une fille qui, jusqu'à récemment, avait toujours semblé mettre un point d'honneur à lui montrer à quel point elle ne se souciait pas de lui.

"Eric …" Je ne savais pas quoi dire d'autre. "Eric … ». J'essayais encore, toujours rien. "Vas-tu … bien ?" Je connaissais clairement la réponse mais je pensais que cela pouvait l'amener à parler. Il me regarda et sembla seulement découvrir ma présence. Il ne s'était même pas aperçu que j'étais dans la maison.

"Pam, qu'est-ce que tu fais là ?" demanda-t-il mais son attention était de nouveau braqué sur Sookie. Il lui caressait les cheveux tout en chantant doucement.

"Eric, que fais-tu ?"

"Je chante" puis la regardant encore "Je ne veux pas qu'elle soit effrayée quand elle se réveillera. Elle a eu une telle peur cette nuit. Je pense que je laisserais la lumière allumée pour elle. Juste au cas où elle se réveille pendant que je serais dans mon repos »

"Eric, elle ne se réveillera pas, Eric…" Avant que je puisse en dire plus, il me regarde et ce regard est si froid, si totalement dépourvu d'émotion que je fais un pas en arrière. Depuis tout le temps qu'on est ensemble, je n'ai jamais eu peur qu'Eric me blesse. J'ai été insolente, insubordonnée quelquefois et une vraie chieuse à d'autres moments. Jamais une seule fois, il ne m'a traité autrement qu'avec amour. Quelquefois, cet amour était stricte mais il était toujours là. Maintenant, il est parti et j'ai soudainement conscience du fait qu'Eric pouvait mettre fin à ma vie d'un simple claquement de doigts.

"Pamela, tu n'es pas la bienvenue. Sookie et moi avons besoin d'intimité. Laisse-nous. » Ces derniers mots sont dit si doucement que c'en est presque un murmure, inaudible à toute autre oreille que celle d'un vampire. Mais la menace contenue dedans n'en est que plus grande. Instinctivement, je baisse les yeux et commence à marcher à reculons pour être hors de sa vue. Je ne fais pas ça parce qu'il pourrait reprendre mon invitation mais parce qu'il m'a donné un ordre en tant que créateur et je dois lui montrer ma soumission mais aussi lui faire face et être prête à toute attaque au cas où, dans son état instable, il décide de mettre sa menace à exécution.

"Oui, maître" murmurai-je. Je n'avais presque jamais appelé Eric "maître ». Mais, à cet instant, j'utilise ces mots comme un talisman contre une attaque. Une fois que je suis assez loin dans le séjour pour ne plus le voir et qu'il ne puisse plus me voir non plus, je fais demi-tour et cours hors de la maison, enfilant mes chaussures sur le chemin de la sortie. Une fois en sécurité à l'extérieur, je m'assois sur le porche, je ne peux pas le laisser. Pas dans cet état, c'est trop dangereux. A la place, je prends mon portable et compose un numéro que je ne pensais jamais faire.

Il est 21h45, juste au-delà de la limite où Sookie disait que c'était des "appels à problèmes" mais Alcide Herveaux répond à la 2ème sonnerie.

"Pam, que me vaut le plaisir ?" Il crache le dernier mot comme s'il avait de la boue dans la bouche pour montrer à quel point il s'en fout. En temps normal, je n'aurais pas hésité à lui balancer un sarcasme en retour mais ce soir, j'ai besoin de son aide donc je sais que je ferais mieux d'être poli.

"Herveaux, je requiers ton aide." Je l'entendis taper sa boisson contre quelque chose à l'autre bout du fil. Nous l'avions tous joué cool pendant la guerre contre les sorcières mais depuis chacun était retourné dans son coin. Donc, je savais qu'il faudrait plus qu'un simple « s'il te plaît ». « J'ai besoin de 4 gardes à la maison d'Eric une heure et demie avant l'aube. Peux-tu faire ça pour moi ? J'en aurai peut-être besoin pour plusieurs jours. Si tu m'aides, je te devrai une faveur de ton choix réclamable à ta convenance. » Les mots me restent en travers de la gorge. Je déteste avoir à supplier, encore plus à un sale chien mais je ne laisserais pas mon créateur se blesser intentionnellement sous le coup de la colère.

Le chien fut silencieux un moment puis répondit par l'affirmative. Il les enverrait et se mettait en poche sa petite faveur. Après avoir raccroché, je m'autorisais à m'effondrer contre la porte.

Les loups arrivèrent quelques heures plus tard, je fus surprise de voir qu'Herveaux était parmi eux. "Tu es là, bien."

"Qu'as-tu besoin que nous fassions ?" me demanda-t-il tout en regardant les alentours pour se faire une idée du voisinage.

"J'ai besoin que tu surveilles la maison de maintenant au coucher du soleil. Plus spécifiquement, je veux que tu t'assures que personne ne sorte. » Le chien leva un sourcil interrogateur mais hocha juste la tête affirmativement.

"Ce sera fait." dit-il. Comme je commençais à me diriger vers ma voiture, les 3 loups d'Herveaux se déployaient autour de la maison. Herveaux, lui-même, me suivit jusqu'à ma voiture. « Ok Pam, qu'est-ce qui se passe ? » me demanda-t-il à voix basse. Je me retournais et le regardais droit dans les yeux.

"Eric n'est pas lui-même. J'ai peur qu'il puisse essayer de … sortir durant la journée. Tu comprends ? ». J'eus encore droit à un sourcil interrogateur mais il ne dit rien de plus. « Je suis surprise que tu sois venu personnellement ». Je ne savais pas pourquoi j'entamais une discussion avec le chien mais après les évènements de cette nuit, je suppose qu'une petite conversation avec un loup-garou était la chose la moins agressive qui puisse arriver.

"Je ne l'apprécie pas beaucoup mais Eric est l'homme de Sookie et Sookie est une amie de la meute. C'est une question de responsabilité personnelle. » Mon visage resta neutre quand il prononça son nom mais intérieurement, je ressentis ce haut le cœur encore. Personne ne savait encore qu'elle était morte, j'ai pensé que je devrais lui dire. A la place, j'ai juste hoché la tête, je suis monté dans ma voiture et j'ai conduit pendant 10 minutes jusque chez moi.

Il restait encore une heure avant l'aube mais je ne pus rien faire d'autre que laisser tomber mes vêtements sur le sol, enclencher le système d'alarme de la chambre et m'affaler sur le lit. Alors que j'étais allongé, attendant que les premiers rayons du soleil m'emportent dans mon repos quotidien, j'essayais désespérément de ne pas penser. J'essayais de ne pas penser à mon amie qui était morte. J'essayais de ne pas penser à mon créateur qui était méconnaissable par rapport à l'homme que je suivais depuis 200 ans. Et j'essayais de ne pas penser à comment j'allais gérer tout ça la nuit prochaine. J'essayais si fort de ne penser à rien. Mais à la fin, alors que la mort s'emparait de moi pour la journée, la dernière chose que je vis fut Eric tenant le petit corps sans vie de Sookie dans ses grands bras aussi précautionneusement que s'il s'agissait d'une poupée de porcelaine.