Demandeur : Rien ne m'appartient (et c'est tout pareil pour l'auteur et la traductrice)
Chapitre 4 : Point de vue de Bill
(2 nuits plus tard)
Judith et moi sommes à l'extérieur en train de régler notre compte à l'épicerie pour 2 caisses de True Blood quand mon portable sonne. Je regarde l'écran et laisse échapper un long soupir. Que veux-t-elle ? Pourquoi elle ne peut pas juste me laisser en paix ?
Je pouvais ne pas répondre mais quand l'adjoint du Sherriff appelle, la laisser parler à la boite vocale n'est pas une option. J'appuie sur le bouton « accepter » et amène le téléphone vers mon oreille.
"Pam, que puis-je faire pour toi ce soir ?" dis-je de ma plus agréable voix. Les choses avec Eric se sont calmées pour ainsi dire. Maintenant que Sookie est pleinement à lui de son plein gré, il semble moins enclin à me mépriser et vraisemblablement, ma vie est plus sûre. Aujourd'hui, je dois seulement le supporter quand il affiche sa relation avec Sookie devant moi quand je fais mes heures de présence mensuelles au Fangtasia. Déplaisant certes mais beaucoup mieux que la mort définitive.
"Compton, ton sheriff requiers ta présence ce soir. 1176 Synove Dr, à Shreveport. Sois à l'heure. " Là-dessus, elle raccroche. Judith me regarde tout en payant pour nos achats. Je soupire encore, le devoir m'appelle. Je conduis rapidement Judith à la maison et je prends l'autoroute en direction de Shreveport. Pam était aussi vague qu'à son habitude, je n'ai donc aucune idée de ce qu'Eric me veut. Quand j'arrive à l'adresse qu'elle m'a donnée, je suis toujours dans le vague comme on dit. Les très jolies maisons du voisinage dans le très joli quartier bourgeois ne m'en apprennent pas plus.
A l'instant où je sors de la voiture, Pam ouvre la porte d'entrée et me pousse à l'intérieur. Clairement, la maison d'un vampire puisque je n'ai pas besoin d'une invitation et clairement pas la sienne puisque je la connais. Je prends une profonde inspiration et immédiatement, j'attrape l'odeur d'Eric fortement et juste une trace de celle de Sookie. Ça doit donc être sa maison. Qu'est-ce que je peux bien faire ici ?
Je suis sur le point de poser la question quand je capture une autre odeur. Une très forte odeur de mort. Maintenant que je l'ai senti, je me demande ce qui m'a mis si longtemps pour la percevoir. Où que soit le corps, c'est un endroit fermé et pas aéré. Si cela était possible, j'aurais la nausée. Je vais pour demander des réponses à Pam quand je la regarde réellement pour la première fois.
Si l'apparence d'un vampire peut changer, je dirais que la sienne a changé de manière drastique depuis que je l'ai vu la semaine dernière au Fangtasia. Elle paraît vidée, fatiguée et stressée. Ses yeux sont bordés de rouge et on dirait qu'elle ne s'est pas nourrie depuis plusieurs jours.
"Bon Dieu, Pam, qu'est-ce qui se passe ?" Je suis normalement très fier de mes bonnes manières de gentleman du sud, bonnes manières qui ne me permettraient pas de poser une telle question à mon hôtesse mais au diable les bonnes manières pour l'instant.
"Bill assieds-toi". Là, je commence vraiment à m'inquiéter. Je m'assois dans la maison d'Eric qui pue les relents d'un corps vieux de plusieurs jours et Pam, qui n'a jamais ressenti la moindre émotion humaine de toute son existence, me demande de m'asseoir comme si elle essayait de m'annoncer de très mauvaises nouvelles de la façon la plus gentille possible. Le fait qu'elle m'est appelée par mon prénom sans ricaner était aussi très mauvais signe. Nous savions tous les deux qu'aucun de nous n'avait besoin de s'asseoir quelle que soit la nouvelle mais argumenter n'aurait fait que prolonger l'attente alors je m'assois.
"Bill, je t'ai appelé parce que …" Sa voix s'estompe. Elle ouvre et ferme la bouche plusieurs fois avant de simplement avant de balbutier : « Je ne sais pas quoi faire et j'espère que tu pourras m'aider ». Ma nausée est de pire en pire.
"Commençons par le début, n'est-ce pas , où et qui est le corps ? ». Pam tressaille légèrement mais autrement reste placide. Elle prend une profonde inspiration et se lançe dans la dernière histoire que j'aurais jamais voulu entendre.
"I nuits, Sookie a conduit de Bon Temps au Fangtasia pour passer le week-end avec Eric. Autant que je puisse me rappeler, il n'y avait pas de place pour se garer autour du club alors Sookie a décidé de se garer dans la rue d'à côté vers le restaurant fermé. Pendant qu'elle verrouillait sa voiture, un humain avec un couteau est arrivé derrière elle et l'a poignardé dans les reins. Au vu de la scène, je dirais que c'était un voleur car son sac était retourné et la seule chose manquante était son porte-monnaie. Ça a pris seulement une minute ou deux peut-être pour Eric et moi pour sortir du club et traverser la rue mais comme tu le sais une blessure dans les reins est souvent rapidement fatale pour un humain. Elle était morte avant que nous arrivions. » Pam dit la dernière phrase en murmurant doucement et je me sentis mal d'avoir pu présumer qu'elle ne ressentait aucune émotion. Même si elle n'en avait pas eu auparavant, elle en avait maintenant. Sookie semble avoir ce genre d'effet sur toute personne qui se rapproche d'elle. C'est pourquoi nous les vampires l'aimons autant et aussi pourquoi en ce moment précis, je pourrais facilement la détester.
Je suis un vampire depuis 150 ans. C'est plutôt jeune en comparaison de beaucoup d'autres de ma race. Mais, sur ce laps de temps, j'ai déjà beaucoup souffert. Ma transformation contre mon gré et mon appartenance à une cruelle et sadique créatrice. La séparation puis la mort de ma femme et de mes enfants. Cette existence est solitaire et la mort nous encercle. Jusqu'à il y a peu de temps, j'aurais dit que tout cela n'avait plus aucun ascendant sur moi. Mais rien ne m'avait préparé à ce que Pam venait de me dire. Sookie était morte. Une espèce de rebut de l'humanité avait ôté la vie à la seule femme que j'avais aimé en 150 ans. Ça n'avait aucune importance qu'elle ne m'aimait plus. Ça n'avait aucune importance qu'Eric me l'ait pris. J'aurais pu vivre avec tout ça si j'avais su qu'elle était heureuse. Si j'avais pu profiter de sa présence de temps en temps, être son ami, me baigner dans la chaleur de son sourire et dans les clochettes de son rire. Mais je ne la verrais ou ne l'entendrais plus jamais. Mon amour était parti.
Comme j'absorbais ces nouvelles, l'odeur du corps une fois encore envahit mes sinus et alors qu'avant je trouvais ça dégoûtant mais avec un certain détachement maintenant, je commençe à avoir une profonde sensation de nausée, ce qui doit s'apparenter au mal de mer pour les humains.
"Pam, le corps est dans la maison ?" Elle me regarde sans bouger pendant un moment, une larme rouge coulant sur son visage. « Bill, je ne sais pas quoi faire. Il l'a ramassée. A essayé de lui donner son sang bien qu'elle était déjà clairement morte et quand j'ai essayé de lui expliquer, il a sorti ses crocs et s'est envolé avec elle. Vingt minutes plus tard, je le trouvais ici dans sa chambre avec elle. Il refuse de comprendre ce qui est arrivé, il continue à prétendre qu'elle va se réveiller. Bill, il est en train de perdre l'esprit. »
"Qu'est-ce que tu attends de moi, Pam ?" Je n'essayais pas d'être sarcastique ou effronté. C'était juste la pire situation qui soit mais honnêtement, que pouvait-elle attendre de moi. Eric m'avait toujours détesté parce que j'avais eu Sookie le premier. Si j'entrais là-dedans, dans son état, il serait capable de me mettre en morceaux avant que je puisse prononcer un mot.
"Bill, je ne sais pas. Mais je sais que, toi aussi, tu as aimé Sookie. Peut-être, si tu lui parles, qu'il t'écoutera. Je suis à court d'idées, rien de ce que je dis ne l'atteint et nous devons l'enterrer. Il doit comprendre ce qui est arrivé. »
Il y avait au moins deux bonnes raisons pour lesquelles je savais que je devais faire ce qu'elle m'avait demandé. Etant mon sheriff, j'avais des obligations envers Eric. De plus, je savais très bien que la force et la ruse d'Eric étaient tout ce qui nous avait permis d'éviter la mort définitive ou l'esclavage lors de la prise de pouvoir du Nevada. Il allait de mon propre intérêt de l'aider mais je ne le ferais pour aucune de ces raisons. Je le ferais parce que je savais que le cœur de Sookie se briserait de voir Eric comme ça et je devais faire tout ce que je pouvais pour le ramener à la raison.
Sookie nous avait aimé tous les deux mais au final, Eric avait toujours été son protecteur. Peu importe combien de fois elle l'avait rejeté, il avait toujours été là pour être sûr que rien ne lui arrive. Sa bravoure et sa force étaient deux des choses qu'elle admirait le plus chez lui. Elle n'aurait pas voulu qu'il souffre comme ça, qu'il soit réduit à ça. Pour toute la peine que j'avais causée à Sookie, je lui devais ça.
N'ajoutant rien d'autre, je me levais pour trouver Eric. Je n'avais pas demandé à Pam où était la chambre, je suivis juste l'odeur nauséabonde de décomposition et essayait de me préparer à ce que j'allais voir. « Bill … » Pam me rappela du salon. « Si Eric t'écoute, dis-lui que nous avons celui qui a fait ça. Thalia a appelé plus tôt. Elle l'a amené à l'entrepôt. ». En entendant ça, je sentis mes crocs descendre. Oh oui, je lui dirais et je le rejoindrais. Je hochais la tête en direction de Pam et continuais mon chemin vers la double porte au bout du séjour. La source de l'odeur infecte qui, je le savais maintenant, était le corps de mon doux amour.
