Note de l'auteur : Je veux encore remercier toutes les personnes qui ont mis un commentaire pour mon histoire et l'ont mise en alerte et dans leurs favorites ! Je sais que je suis allée vraiment très loin dans la colère et ce n'est pas encore fini mais JE PROMETS que cette histoire aura une fin heureuse. Je ne pourrais jamais laisser Eric comme ça.
Attention : Dans ce chapitre, il y a quelques lignes extrêmement imagées de sexe qui sont à la limite entre "le consenti" et le "non-consenti". C'est bref mais je pense que je devais vous avertir.
Demandeur : rien ne m'appartient (traductrice itou)
Point de vue de Pam
J'avais espéré que tirer vengeance du meurtrier de Sookie aurait été un catalyseur pour mon créateur. Que cela lui aurait donné le sentiment de libération dont il avait besoin pour passer à autre chose. Quoique Bill lui ai dit cette nuit dans sa chambre, ça avait semblé le ramener du pire de sa folie mais j'avais encore peur pour lui. Chaque nuit des 4 nuits qu'Eric passa à l'entrepôt, les loups d'Alcide patrouillaient autour de la propriété une heure avant l'aube jusqu'à la tombée de la nuit. Il n'y avait aucun doute sur ce qui se passait dans l'entrepôt d'après les hurlements qui s'en échappaient mais Sookie était une amie de la meute et je crois que, dans leur esprit, ce que faisait Eric représentait la justice et non la vengeance ou peut-être un mélange des deux. De toute façon, ils semblaient contents d'être là.
Le bâtard a tenu 4 jours. Si je ne l'avais pas détesté pour ce qu'il avait fait à mon amie et à mon créateur, j'aurais pu avoir un certain respect pour sa ténacité. Mais il n'y avait qu'une seule façon pour lui d'en finir et c'était seulement une question de temps avant qu'il abandonne. Il n'était qu'humain après tout.
Après ça, mon créateur donna des signes extérieurs qui montraient qu'il était "revenu parmi nous" comme ils disent. Mais ce n'était que de la poudre aux yeux et cela le restait jusqu'à aujourd'hui. Je sais que, même maintenant, il passe encore la plupart de ses nuits à Bon Temps. Au début, je pensais qu'il restait dans la maison de Sookie. Ça semblait logique s'il voulait être aussi proche d'elle que possible. Et Jason, débordé par sa propre douleur, semblait incapable de mettre un pied dans la maison et était heureux de laisser Eric l'utiliser.
Je pensais que, si ça ne durait pas trop longtemps, ça pouvait être une manière saine pour lui d'évacuer la douleur et de passer à autre chose. Ce que je n'avais pas réalisé jusqu'à ce que je décide de le rejoindre un soir, c'est qu'il ne dormait pas dans la maison. Quand j'arrivais, les lumières étaient éteintes et les portes fermées. Je trouvais cela d'autant plus étrange que la voiture d'Eric était garée juste devant la maison, je commençais donc à le chercher quand je tombais sur Bill. Apparemment, nous avions tous eu la même idée pour adoucir notre peine.
Quand je demandais à Bill s'il savait où Eric se trouvait, il hocha la tête affirmativement mais ne me répondit pas immédiatement. J'essayais d'être patiente avec Bill car j'avais une dette envers lui pour ce qu'il avait fait pour Eric, mais je commençais à bouillir sous la pression pour avoir à gérer avec la mort de mon amie, l'instabilité de mon créateur et la peur permanente que la moindre chose pourrait le repousser vers la folie. Donc je demandais sèchement à Bill de me répondre.
Bill grimaça mais pas de rage parce que je lui avais parlé sèchement. Sa grimace était de pitié. Il me dit que, bien qu'Eric se garait devant la ferme, quand il daignait conduire, il dormait en fait dans le cimetière. La plupart des nuits, Eric marchait de la maison à sa tombe, creusait, s'enterrait et passait la journée à dormir sur son cercueil. Tout du moins, Bill espérait qu'il s'allongeait sur le cercueil mais comme il prétendait ne pas savoir ce qu'Eric faisait et ne s'était jamais interposé quand Eric venait au cimetière ou ne l'avait jamais questionné à ce sujet, il n'y avait vraiment aucun moyen d'en être absolument sûr.
Après notre petite conversation je partais, ne ressentant plus du tout l'envie de rester dans le coin. Au contraire, je retournais à Shreveport conduisant plus doucement que je ne l'avais jamais fait afin de rester seule. C'étaient de mauvaises, très mauvaises nouvelles. Mais au moins, pendant qu'il s'allongeait sous terre avec Sookie, il ne rencontrait pas le soleil C'était déjà quelque chose.
J'ai choisi de ne rien dire et essayé d'être là pour aider mon créateur de quelque façon que ce soit. Dire qu'il était difficile à gérer était un euphémisme à ce niveau. Sans Sookie pour l'aimer, Eric a commencé à changer.
Au début, il ne voulut plus se nourrir de personne, préférant boire des sacs de sang ou même du True Blood. Quand je lui demandais gentiment une nuit s'il aimerait que je lui apporte un donneur, il renversa son bureau de rage et me hurla dessus qu'il avait promis à Sookie sa fidélité, pensai-je donc qu'il pourrait si facilement la trahir de cette façon ? Ok, trop tôt.
Ça continua comme ça pendant à peu près 20 ans. Eric remplissant tous ses devoirs de Sheriff, étant en apparence le même vampire qu'il avait toujours été, mais ne se nourrissant jamais sur un humain et dormant toujours sous terre avec sa bien-aimée. Mais le temps passa et la colère commença à remplacer la tristesse, la bête en lui prit peu à peu le dessus jusqu'à ce qu'une nuit il choisisse deux petites brunettes et les ramène dans son bureau.
Je voulais être heureuse. Les sons provenant de son bureau prouvaient qu'il était passé à autre chose, agissant selon sa personnalité, celle d'avant Sookie. C'était bien. C'était un progrès.
Mes espoirs furent de courte durée. Cependant, je ne pense qu'il est tué l'une d'entre elles mais ce n'était plus comme avant. Il est presque vide de l'intérieur, il ne reste rien d'autre que de la haine et de la rage. Alors que l'ancien Eric utilisait les femmes pour le sexe et le sang, il l'avait toujours apprécié pour ce que c'était. Nous sommes des vampires après tout, nous VIVONS pour le sexe et le sang. Cet Eric ne l'apprécie pas et il fait en sorte que ses partenaires non plus. Il est toujours plus cruel avec les blondes. Comme si c'était leur faute qu'elles ne soient pas Sookie.
Ce soir n'est pas une exception. J'ouvre la porte de son bureau apportant un paquet de factures qui requiert sa signature. J'ai pu entendre ce qui se passait à l'intérieur tout le long du couloir bien sûr mais il ne se soucie pas que je voie ce qu'il fait ou pas.
Il a une petite blonde à moitié allongée sur son bureau, le visage contre le bois, la main d'Eric écrasant pratiquement sa tête alors qu'il s'enfonce en elle par derrière. Son cou saigne là où il l'a mordu mais il n'a pas refermé la plaie et elle est clairement en train de pleurer à la fois à cause de la douleur de la blessure ouverte et de la manière vicieuse dont il la baise. Il est beaucoup trop large pour elle et n'a probablement même pas pris la peine de la préparer.
Je ne le regarde pas dans les yeux et je ne dis rien. Je pose juste les factures sur la partie de son bureau qui n'est pas imprégné du sang de la fille et sort de la pièce pour retourner dans le club. Honnêtement, je ne sais pas comment il trouve encore des filles assez stupides pour baiser avec lui. N'importe quelle femme avec deux sous de jugeote devrait voir que derrière ces yeux couleur d'océan, il n'y a plus la moindre parcelle d'humanité et même si elles sont trop stupides pour le voir, ce n'est pas un secret que le propriétaire du Fangtasia n'est pas fair play avec sa nourriture. Cependant, elles le suivent encore, trop éblouies par son beau visage et son corps magnifique pour comprendre qu'il ne ressent rien sauf la douleur et qu'il ne leur fera ressentir que de la douleur aussi.
10 minutes plus tard, la petite blonde émerge du bureau d'Eric en boitant, des larmes barbouillent son visage et un mouchoir est pressé fermement contre la blessure de son cou. Elle ne regarde pas autour et ne parle à personne. Elle attrape son sac sur la table où elle était assise et court vers la sortie. Je soupire profondément et m'apprête à effectuer ma tâche la moins plaisante de la soirée. Ma tâche la moins plaisante de presque toutes mes soirées. Je cours vers le parking à vitesse vampirique pour attraper la femme au moment où elle essaye de trouver ses clefs de voiture dans son sac.
"Excuse moi ?" dis-je de ma voix la plus douce. Elle me regarde et je l'hypnotise instantanément. « Brave fille » dis-je d'une voix revenue à la normale. « Tu as passé une merveilleuse soirée avec mon maître, ça t'a tellement plu que tu l'as supplié de ne pas soigner ta morsure afin d'en garder la marque. Rentre chez toi, prends un bain chaud, et trouve un autre bar à fréquenter. » Elle hoche la tête bêtement, monte dans sa voiture et démarre, elle ne reviendra heureusement jamais.
Une heure plus tard, Eric sort de son bureau. Il me regarde et désigne son bureau d'un mouvement de tête « Demande à quelqu'un de nettoyer la pièce ». Là-dessus, il part. J'entends sa voiture faire demi-tour et sortir du parking. Heureusement, il en a eu assez pour ce soir en violant pratiquement cette gamine, je n'ai pas le temps avant l'aube d'en intercepter une autre s'il décidait d'en ramasser une en rentrant.
Je ferme le bar avec Félicia et rentre chez moi pour tomber sur mon lit et essayer d'oublier une autre mauvaise nuit. Honnêtement, il ne m'était pas poussé une conscience depuis la mort de Sookie. Je n'avais jamais été comme ça et n'allait certainement pas le devenir maintenant. Je me foutais complètement de ce qu'il faisait avec la vermine qui venait au bar. Je l'aurais laissé les drainer toutes de leur sang si cela avait pu arranger les choses mais ce n'était pas le cas. Cela semblait seulement empirer les choses. Chaque nuit, il devenait plus dur, plus cruel, plus mort à l'intérieur. L'homme que j'avais connu, mon créateur, n'existait plus. Comment, COMMENT, une seule fragile petite humaine avait pu détruire quelqu'un comme Eric ? Pourquoi ne pouvait-il pas l'oublier ? Pourquoi ne voyait-il pas qu'il y avait encore tellement à apprécier ? Je dois, je dois trouver un moyen de l'aider ou je le perdrais. Ça ne peut pas continuer comme ça plus longtemps.
