Voici une petite suite!
Bonne lecture! :)
Elle avait enfilé le premier habit qui lui était tombé sous la main, et avait transplané immédiatement...
Elle s'en rendit compte en atterrissant devant Azkaban. Il était près de minuit, nous étions en décembre, et elle n'avait sur elle, en tout et pour tout qu'une robe... noire.
- Bien joué..., se murmura-t-elle sans conviction.
Mais elle ne sentait même pas le froid... Elle était comme vide.
- Bonsoir, Hermione...
Ambroise. Il était toujours là, à veiller l'entrée de la prison.
Elle arrêta son regard sur la bâtisse. Elle détestait tellement cet endroit...
- Vous avez donc reçu mon hibou...
- Je suis venue le plus vite possible...
Il eut un sourire triste.
- Je vois bien... Je vous l'ai envoyé il y a trente minutes...
- Je... Je me suis dépêchée.
- Tenez.
Il ôta sa cape, et la lui tendit.
- Mettez cela sur vous.
Elle l'accepta.
- La cellule...
- Elle n'a pas changé, c'est toujours la même, depuis huit ans maintenant... Mais je vais vous accompagner. L'ambiance est explosive, à l'intérieur, depuis que la nouvelle s'est répandue...
- Je vois, dit-elle seulement. Ambroise... Vous n'avez pas changé, durant ces deux années...
- Vous si, Hermione... Vous avez maigri... Et vous semblez fatiguée.
Elle ne répondit pas, se laissant juste guider dans ces couloirs qu'elle n'avait jamais oubliés.
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Ils y arrivèrent enfin.
Elle eut un mouvement de recul.
Tout était flou en elle, mais s'il y avait une chose dont elle était certaine, c'est qu'une fois qu'elle pénétrerait dans le cachot, plus rien ne serait comme avant...
Et elle n'était pas sûre d'être prête à affronter tout cela...
- Ça va aller?
- Non... C'est pour cela que je suis ici.
Il acquiesça. Lui ouvrit la porte, et la laissa entrer.
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Elle n'avait cessé de penser à comment elle réagirait, ce qu'il se passerait lorsqu'elle entrerait dans la cellule... Elle s'était imaginé toutes sortes d'images, mais pas cela...
La première chose qu'elle vit dans cette pièce qu'elle s'était refusée de visiter durant ces deux dernières années, fut Pansy.
Le corps de Pansy.
C'était ce qu'elle ne voulait pas voir, pas réaliser.
Hélas, elle était bien là. Gisante sur le sol de pierre. Sans vie.
Ses jambes avancèrent d'elle-même jusqu'au corps. Elle ne contrôlait rien... Elle se retrouva à genoux, près de Pansy, sa main dans la sienne glacée et meurtrie, l'autre caressant le visage si fin de la jeune fille...
- Je suis désolée... Oh, Pansy, je suis tellement désolée...
Elle n'était même pas secouée de spasmes tant elle était horrifiée...
Seules les larmes inondaient ses joues et signaient sa douleur, mais elle ne le remarqua même pas.
- Je croyais que ça irait... Je croyais qu'ils te laisseraient tranquille si je ne venais plus... Pourquoi t'es-tu fait cela? J'aimerais que ce ne soit qu'un cauchemar... Ou que tu sois juste évanouie... Mais tu ne te réveilleras pas, n'est-ce pas? Pansy...
- Elle est morte Granger.
Cette réplique fusa dans l'air. C'en était trop, il ne supportait pas cette vision.
Malefoy vit Hermione chanceler, mais elle ne se retourna pas.
- Je le sais..., murmura-t-elle.
Elle continuait de tenir la main de Pansy tout en s'excusant. Elle n'était pas elle-même, elle semblait tellement affectée, sous le choc... Il ne comprenait pas pourquoi. Elle ne les avait pas vus depuis deux ans, et pourtant... C'était comme si elle venait juste de revenir...
Il lui avait demandé de disparaître, pour le bien de Pansy. Elle lui avait demandé en échange d'accepter qu'elle soit présente pour leur sortie de prison... Ils n'auraient pas dû se revoir avant.
Mais Pansy avait voulu la revoir. Il s'était trompé. Les choses ne s'étaient pas arrangées pour elle, il y a deux ans. Ce n'était pas Granger la raison de la maltraitance qu'elle subissait... Ça ne l'avait jamais été.
On l'avait prise en grippe, point. Il n'y avait pas de pourquoi, pas de comment. Juste des faits, et une victime.
Et Granger, n'étant plus là pour la soigner, pour la rassurer... Pansy avait décidé qu'elle avait assez souffert, et qu'elle ne souffrirait plus. Elle avait cessé de s'alimenter; et son coeur avait lâché cette nuit.
- Viens, recule-toi maintenant, lui ordonna-t-il d'une voix ferme.
Mais elle ne l'écoutait pas.
Alors il s'approcha d'elle et la souleva. Elle était plus maigre que dans son souvenir.
- Granger, viens... Arrête, ça ne sert plus à rien.
- C'était ta meilleure amie, Malefoy, peut-être même plus... Comment peux-tu accepter cela aussi facilement?
Il la reposa à l'autre coin de la pièce, le plus obscur, dos au corps, et se posa face à elle.
- Ils voulaient se débarrasser du corps tout de suite, tu sais. Je le leur ai interdit. Tu devais la voir avant...
- C'est injuste...
Il soupira.
- On est à Azkaban, Granger. C'est un monde différent de celui que tu côtoies tous les jours. Il n'y a pas de justice, ici, pas de droit de l'homme où je ne sais quelle stupidité du genre... C'est la loi du plus fort, et Pansy n'était pas forte. Je l'ai protégée jusqu'à ce soir. Quand tu entres à Azkaban, Granger, il faut t'attendre à mourir. C'est une réalité. Il n'y aura pas d'enquête, comme il n'y a pas de soins pour les prisonniers. Tu ne peux croire en plus rien. C'est un endroit où tu pourris, abandonné et maltraité. Tu devrais le savoir. Cela fait juste un prisonnier de moins à nourrir.
- Je n'ai jamais accepté cela...
- Je sais.
- J'aurais dû revenir, j'aurais dû me douter qu'ils n'arrêteraient pas de s'en prendre à elle du jour au lendemain ! Malefoy, par Merlin, est-ce que tu as vu son corps?
Il ne répondit pas. Bien sûr qu'il l'avait vu. Ce corps si frêle, battu et malmené, violet par endroits...
- Tu ne m'as jamais appelée, Malefoy. En deux ans, tu ne m'as jamais prévenue.
Elle ne pleurait plus désormais. Sa tristesse était maintenant colère. Et elle était tournée contre lui.
- Elle ne voulait pas te voir, mentit-il.
Je ne voulais pas te voir, pensa-t-il.
- Je suis médecin! J'aurais pu faire quelque chose.
- Personne n'avait besoin de toi, ici. Ni elle, ni moi. Tu cherchais à exorciser tes démons, à te prouver à toi-même que tu es quelqu'un de bien. Tu ferais mieux de refaire ta vie et de t'investir dans une autre cause, Granger, là où des gens veulent vraiment de ton aide.
Elle encaissa le coup. Le silence retomba.
- Cela fait huit ans, finit-elle par dire, que la guerre est finie. J'avais même oublié ce que l'on ressent lorsque l'on se sent responsable de la mort de personnes qui nous sont proches. Sauf qu'à dix-huit ans, je ne pouvais rien faire. Pas aujourd'hui. Pansy ne m'appréciait peut-être pas, mais je n'ai jamais cherché qu'à l'aider... Et j'aurais voulu y arriver. J'ai l'impression de revivre ce qu'il s'est passé avec mes parents... Je me suis éloignée d'eux pour les protéger, j'ai supprimé mon existence de leur mémoire pour qu'ils soient saufs, et ils ont tout de même été tués. Je me suis éloignée de Pansy pour qu'on la laisse tranquille, et cela a précipité sa mort. Je n'aurais jamais du t'écouter Malefoy, pense-en bien ce que tu veux, mais elle, avait vraiment besoin de mon aide.
Il ne répondit rien. Elle avait raison. Il cherchait simplement à la faire sortir de ses gongs. Il l'observa tandis qu'elle reculait vers la sortie.
- Tu pars déjà? demanda-t-il d'une voix qui se voulait désintéressée.
Elle l'ignora. S'arrêta près de Pansy, et s'accroupit.
Elle retira la cape qu'elle avait sur elle et recouvrit l'ancienne Serpentarde avec. Il la regarda faire.
- Adieu Pansy...
Il fronça les sourcils.
- Alors c'est comme ça? C'est tout?
Elle releva la tête.
- Pourquoi resterais-je? ... pour qui?
Elle attendait une réponse. Elle voulait qu'il lui dise qu'elle pouvait venir le voir, lui...
Il rit jaune.
- Si Pansy n'avait pas été ici, tu ne serais jamais venue. Tu ne serais jamais venue à Azkaban, Granger. Il n'a jamais été question de moi. Tu connais la réponse depuis toutes ces années.
- Tu es vraiment...
- Quoi? Ce n'est pas vrai, peut-être?
Le sang de la brune ne fit qu'un tour.
- Tu ne m'as jamais laissé t'approcher, Malefoy! De tous les dimanches de toutes ces années, tu n'as jamais daigné m'accorder ne serait-ce qu'un regard! Alors bien sûr que je venais pour Pansy, comment aurais-je pu faire autrement, puisqu'il n'y avait qu'elle dans cette cellule qui m'acceptait! explosa-t-elle.
Un long moment de silence s'abattit sur le cachot.
Ils se dévisageaient, se joutaient des yeux.
Elle l'avait dit.
- Je ne suis jamais venue uniquement pour Pansy. J'ai toujours attendu que tu daignes venir me parler... Tu ne l'as jamais fait, mise à part la dernière fois.
- Granger...
- C'est dommage que tu crois cela, parce que la toute première fois que je suis venue, je ne savais pas que Pansy et toi étiez dans la même cellule... Je n'avais pas l'intention de la rencontrer... C'était à toi que je venais rendre visite. Je n'avais pas prévu en pénétrant dans Azkaban, que j'en ressortirais avec la décision de revenir tous les dimanches pour effectuer des soins aux prisonniers... Je n'avais décidé de venir que pour prendre de tes nouvelles... Mais tu m'as demandé de dégager, Pansy s'est laissée approcher, et il a continué d'en être ainsi...
Malefoy se rapprocha d'elle. Elle ne comprenait décidément rien.
- Je sais comment cela va se finir, je l'ai toujours su. Je ne voulais pas que l'on se rapproche, Granger...
- Mais pourquoi? souffla-t-elle.
Il plongea ses yeux dans les siens, et répondit, sérieux comme jamais.
- Parce que j'aurais fini par tomber amoureux de toi.
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Elle ferma les yeux, blessée.
- Je vois... Et tu considères cela comme la pire chose qui puisse t'arriver...
- Non, pas du tout. La raison pour laquelle je ne veux pas avoir de sentiments pour toi, Granger, c'est...
Il prit une inspiration. Il ne s'attendait pas à ce que leur échange prenne ce tournant...
- ... que je ne suis pas sûr de sortir vivant d'ici... Et à en juger par la douleur que tu éprouves pour Pansy, je suis convaincu que te repousser est la meilleure décision que j'ai prise.
Hermione ne bougeait plus, sonnée par ce qu'il venait de lui dire.
Non, elle ne comprendrait pas...
- Il te reste quatre ans, Malefoy, seulement quatre...
- N'y pense même pas. Ça ne marchera jamais.
- Malefoy...
- Rentre chez toi. Continue de vivre. Je ne veux plus que tu viennes... Ça ne mène à rien. Je n'aurais pas besoin de ton aide.
Il avait parlé doucement, comme s'il venait de lui avouer une confidence...
Elle sentit qu'elle devait l'écouter, ne pas le contredire... Elle savait qu'il n'était pas en train de la repousser. Au contraire.
Elle regarda une dernière fois le corps de Pansy.
Elle n'avait plus rien à faire ici, il avait raison.
Elle se dirigea vers la porte. Elle n'osa pas le regarder.
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- Est-ce que... cela tient toujours? demanda-t-elle.
- Quoi donc?
- Je viendrais... Lorsque tu sortiras de prison... Tu avais promis.
Elle n'avait pas oublié... Il soupira.
- Si tu le dis...
Elle sourit tristement.
- Merci. A dans quatre ans, Malefoy, porte-toi bien.
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Elle appela Ambroise, et ils soulevèrent le corps. Elle allait donner à Pansy une sépulture décente.
Malefoy la regarda s'en aller, sans rien dire.
Il savait que ce serait la dernière fois qu'il la voyait avant longtemps, peut-être jamais, si elle faisait sa vie. Et il espérait que ce serait le cas.
Ils lui avaient tous menti, il n'avait fait que confirmer ce qu'elle croyait.
On ne reste pas douze années, lorsque l'on est envoyé à Azkaban.
On y est à perpétuité.
Voilà pour cet OS :))
