Chapitre 4.

Castiel se lève, il fait nuit. Ne sait pas l'heure. Se glisse dans le couloir, à peine arrive-t-il à la porte qu'il tente de l'ouvrir. Une fois... Elle résiste. Deux... Encore.

« Novak ! Dans votre lit ! Vous cherchez à faire quoi là ? » murmure fort l'infirmière de garde.

Et merde...

Dean n'a rien entendu de tout ça, dormant profondément. S 'il avait entendu, il aurait su pourquoi il n'a eu aucune visite de son petit brun dans la journée du dimanche. Heureusement que sa famille était là. Il a même eu une visite de ses cousins. C'était bien. Mais ce soir il est encore plus fatigué. Il aimerait veiller pour guetter Castiel mais il n'arrive pas à résister aux bras de Morphée...

Castiel aussi a reçu la visite de sa famille. Son frère l'a regardé, a scruté son regard pendant un long moment. Et finalement il a presque souri. Lui et son jumeau se comprennent sans rien dire, alors oui, Gabriel va pouvoir dire à leur mère que Castiel va mieux.

Cette nouvelle nuit, Castiel veut aller plus vite. Ne pas hésiter.

Comme la première fois il vérifie dans le couloir, il n'y a personne, juste de la lumière au fond à l'accueil. Tant mieux.

En chaussettes et pyjama il avance dans le couloir en vitesse, glisse un peu. La porte s'ouvre cette fois-ci.

Et si Dean ne voulait pas de lui près de lui ? S'il le dérangeait ?

C'est ce à quoi il pense quand il pousse la porte de sa chambre. Silence…

Dean n'entend rien. Replié en position fœtale, il dort profondément. C'est toujours comme ça après le week-end. Les visites, il adore mais il a oublié que son organisme n'était plus aussi fort qu'avant... Alors là, il reprend plein de forces pour attaquer la semaine.

Castiel ne peut s'empêcher de sourire en le voyant comme ça… Il fait le tour du lit, pour le voir de face. Son visage détendu, calme… Les papillons sont dans son torse cette fois…

Le plus doucement possible, il se hisse sur le lit, soulève les draps et la couverture pour se glisser à l'intérieur… Dean sent quelque chose contre lui, qui bouge. Ce n'est pas dans son rêve, il ne rêvait pas... Il fronce les sourcils et se met à bouger les mains pour trouver ce que c'est sans sortir de son sommeil.

Il passe dans les cheveux bruns et doux, le visage. Il reconnait une bouche, un nez... Alors il sourit. Dean sourit dans son demi sommeil. Parce qu'il sait qui est là. Et que sans ouvrir les yeux, il murmure :

« Cas'...

Le petit brun sourit… Tout doucement il embrasse son menton…

Rendors-toi… »

Dean finit par ouvrir les yeux. Le baiser l'a réveillé. Si près de sa bouche, vierge de tout. Il en a eu encore chaud et mal au ventre, au cœur... Non, il n'a pas mal. Il sent juste que ça s'agite.

« Je... Et toi ? murmure-t-il.

Castiel tremble. Il vient de se rendre compte de ça… Une de ses mains passe sur la taille de son ami, tandis que l'autre se pose sur son torse.

Je peux dormir avec toi ?

Oui. »

Dean est bien comme ça. Son mal dans le cœur s'en va, laisse place à l'agréable chaleur. Sa meilleure alliée. S'il est bien pourquoi se priverait-il de ça ? La question de l'éthique, de la morale... Il s'en fout. Il est bien. Il agit.

Mais Castiel surtout… Parce que c'est lui lève la tête… Pour embrasser à nouveau son menton… Et monter encore… La main sur son torse se crispe, la gorge serrée, l'effet papillon dans le creux de son ventre… Ses lèvres viennent se poser doucement, tremblantes contre celles de Dean… Si chaudes… Ce dernier a le cœur qui s'emballe. La douleur revient mais il doit être un peu maso. Mon Dieu, il aime... Oui, sentir toute l'importance qu'il a pour Castiel, toute la place qu'il lui accorde dans sa vie. Il va prendre la main qui se crispe, la serre à son tour.

Plus rien n'a d'importance. On aurait pu être en plein jour, il sait que la sensation aurait été identique. Il aime.

Dean rend son baiser à Castiel. Avec douceur. Il ouvre ses yeux, voit les lèvres si près des siennes. Il n'a pas réfléchi. C'est si bon.

« Je viens de te donner mon premier baiser., souffle-t-il.

Castiel a un rire tremblant. Il a l'impression d'être liquéfie de l'intérieur. Son cœur est paniqué et apaisé à fois, il ne comprend rien. Il s'en fout. Il est là...

Moi aussi...

C'est un bon début alors, hein ?

Dean n'a toujours pas lâché sa main. Ni son regard.

Ouais... »

Castiel se tient à cette main. Il entrelace leurs doigts, il s'abandonne au fond de ses yeux. Ce n'est pas qu'il le veut, c'est pire que ça. Tellement puissant... Évident. Dean ne se pose aucune question depuis qu'il a Castiel dans ses bras. Ça va vite mais il n'a plus le temps lui. Alors il p rend, toujours plus il prend...

« Je sais plus si j'ai envie de dormir maintenant..., souffle-t-il.

Moi non plus... Je pourrais peut-être... Te donner mon deuxième baiser ? » propose-t-il.

Dean le prend de court. Lui aussi il veut essayer, il veut apprendre. Il veut contrôler les vagues de chaleur. Mais ce n'est pas en baisant les lèvres de Castiel qu'il y arrive, bien au contraire. Il glisse ses mains jusqu'à prendre le visage de Castiel en coupe, le caresse tout doucement.

C'est un garçon. Tant pis. Voilà tout ce qu'il pense. Oui un garçon, et alors ? Le petit brun n'arrive même pas à voir le mal, le problème... Il ne lâche pas ses yeux. Et même dans le noir, il les voit pétillants, passionnés... À présent il n'ose plus bouger, d'un pouce, se laisse faire parce qu'il a commencé le premier. Dean se retourne doucement sur le do s. Le lit est petit, il vont devoir se serrer. Alors il tire Castiel sur lui. Cachés sous les draps, à l'abris des autres, de la maladie. À deux ils sont plus forts. Castiel se penche vers lui, il peut maintenant passer sa main dans ses cheveux, courts, mais il n'y pense pas...

Ses lèvres retournent à la rencontre de ses semblables, tout en douceur... Les baisers sont pudiques, ce sont les premiers. Encore timides, à sourire parce qu'on hésite, qu'on ne sait pas. Les nez qui s'en mêlent. Le rire rauque de Castiel. Les joues rouges de Dean. Leurs mains amoureuses qui ne quittent plus. La candeur, la découverte, la surprise. C'est tout ça à la fois.

Castiel se sent bien, comme jamais il ne l'a été. Parce que là tout de suite son cœur est en vie, ça bat fort en lui, chaque cellule de son corps est réveillée, est irriguée de sang et d'un quelque chose en plus. Il le sent parce que c'est comme si les papillons avaient envahi chaque endroit de son corps… Et celui de Dean… Son souffle à sa bouche, leurs sourires complices. Castiel aime.

« On va peut-être dormir un peu quand même, non ? murmure Dean à son oreille qu'il embrasse.

Oui… Ça serait mieux… Faut que tu te reposes toi…

Castiel s'installe bien comme il faut, un bras en travers de son torse, la tête sur son épaule, les jambes entrelacées.

Mmmh. Castiel ça t'embête si j'enlève mon tee-shirt ? J'ai super chaud., sourit Dean.

Ha non, non.. Désolé… »

Castiel se pousse alors un peu. Ouais collés comme ça ils vont un peu mourir de chaud…

Dean se déshabille, puis va voler un dernier baiser à Castiel. C'est trop bon. Dean se rallonge dans son lit avec un énorme sourire aux lèvres. Il n'aurait jamais cru donner son premier baiser à l'hôpital. Et à deux heures le matin. Mais qu'importe. Là, au chaud, contre Castiel, il s'endort. Facilement. Pareil pour Castiel qui sombre, quasi immédiatement… Il a un drôle d'impression, celle d'être entier, d'avoir retrouvé quelque chose qu'il avait perdu… Sa peau contre la sienne, c'est chaud, tendre… Si bon… Sa main contre son ventre blanc. Elle est à sa place.

Ils sont entiers.

Pour une fois, Dean ne s'est pas réveillé avant la tournée des infirmières. Il dort trop profondément. Alors du coup, il ne voit pas Amandine qui débarque et se cache la bouche avec la main. Elle retourne fermer la porte de la chambre à clefs avant que quelqu'un d'autre n'arrive.

Amandine s'assoit à côté d'eux et passe tendrement sa main sur la joue de Dean. Elle le voit froncer les sourcils, se forcer à ouvrir les yeux. Dean sursaute en voyant que c'est elle.

« Merde..., souffle-t-il.

Ça tu peux le dire... » rigole l'infirmière.

Castiel ouvre les yeux à l'entente des voix. Il cherche une seconde à se rappeler où il est, mais quand il sent le corps de Dean contre lui, il ne panique même pas.

« Qu'est-ce qui se passe ?

Vous n'avez pas le droit de dormir ensemble... Ça va que c'est moi Dean mais bon, je peux pas couvrir ça. Ils vont commencer la tournée des chambres en psy aussi., fait Amandine.

Putain...

Dean ! le gronde gentiment Amandine.

Oh non… »

Castiel soupire.. Mais à peine a-t-il le temps de dire ouf qu'on frappe à la porte de la chambre. On clenche. Non, ici les portes n'ont pas le droit d'être fermées à clef. Amandine doit le faire, ouvrir… Pour elle aussi les problèmes arrivent.

Deux infirmières rentrent en vitesse.

« C'est pas vrai Castiel, on vous avez dit de pas sortir, on va faire quoi ? Vous mettre en isolement ? Venez. »

Castiel sur le champ se renferme et se crispe aux bras de Dean. Il ne veut pas partir. Dean se redresse, tient Castiel contre lui. Pas l'isolement. Non, pas possible ça. Il ne le supportera pas. Il le sait maintenant.

Amandine est obligée de rester en retrait. Elle va déjà devoir s'arranger avec ses collègues de psy pour que cet incident passe sous silence. Le directeur de l'hôpital l'a déjà repérée à cause de sa facilité à se lier d'amitié avec les patients. Pourtant, c'est difficile pour elle. Quand elle voit Dean qui s'acharne à garder Castiel dans ses bras alors que les infirmières crient qu'il faut le lâcher. Elle sait que Dean n'a aucune force physique, qu'il est obligé de lâcher. Elle trouve ça lâche de la part de ses collègues.

Mais Castiel ne supporte juste absolument de se sentir arraché physiquement de Dean. Il ne veut pas, il ne peut pas rester sans lui, pas après cette nuit, pas sans ses bras, pas sans un baiser… Il a une douleur atroce dans le ventre, dans le cœur.

« Noon ! Lâchez moi ! », explose-t-il, tentant de se débattre comme un fou.

Dean les supplie du regard, lui ne peut rien faire. Il a mal, il pleurerait de son impuissance physique à le protéger et le défendre. Il voit qu'Amandine est mal pour eux, mais ça ne suffit pas. Qu'elle agisse ! Elle peut pas laisser faire ça ! Les infirmières ne s'étonnent même pas de l'entendre parler, elles s'en fichent, par contre elles ne supportent pas cette façon qu'il a de se défendre, et même s'il est petit et frêle elles ne pourront pas le forcer à monter.

Castiel meurt de douleur, il tremble avec violence, se met à pleurer… Il ne sait plus qui supplier, Amandine ou Dean, peut-être les infirmières. Il ne faut pas rêver. Celles-ci ont autre chose à faire que de l'entendre geindre. Dean crie à l'injustice quand il les voit sortir une seringue, l'enfoncer dans le bras de Castiel et voir ce dernier partir dans les vapes. Oui, là c'est sûr qu'il ne résiste plus et qu'il est docile. Le sédatif a cet avantage.

« Putain mais c'est pas vrai ! Il vous a rien fait ! On demandait rien nous ! s'exclame Dean.

Dean, un conseil tais-toi. » le coupe Amandine.

Les infirmières lui jettent effectivement un regard noir et s'en vont avec le petit brun. Dean a envie de pleurer, il se retourne vers son amie infirmière. Il veut des explications.

« Il va aller en chambre d'isolement., fait-elle. Au moins pour la journée.

Non ! Ils lui ont déjà donné un sédatif, faut arrêter là ! On a juste dormi ensemble, c'est pas la fin du monde putain ! On était bien, on a fait de mal à personne à ce que je sache !

Aux règles. Allez Dean, calme-toi… »

Amandine vient lui masser la tête. Elle est en retard dans sa tournée mais tant pis. Elle est bouleversé par son petit patient. Ses yeux tristes. Son corps affaissé. Bien différent de quand elle l'a trouvé au lit avec Castiel.

Et celui-ci a agacé tout le monde, alors voilà, ça suffit. Il doit rester seul, il doit réfléchir. Arrêter de faire tourner en bourrique tout le personnel de la psychiatrie. Castiel ne supporte pas le sédatif, il ne peut tenir debout, on l'emmène alors comme on peut là-haut. Les larmes sur son visage coulent sans rien demander, juste ses nerfs qui ont été brisés en une seconde.

Il veut Dean.

Personne d'autre. Rien d'autre.

La chambre est froide, fermée à clef. Lui dort, il ne sait pas qu'on l'a attaché. Pour son bien. C'est cela oui. Ses parents vont être avertis.

Ils s'inquiètent. Séparément bien sûr vu qu'ils ne vivent plus ensemble. Ça, ils ne l'ont pas encore dit à Castiel, ils ont trop peur de l'état de santé de leur fils. Ils ne le connaissent plus qu'à travers les critiques du personnel de l'hôpital ou bien les interprétations de Gabe.

C'est sûr que s'ils le voyaient avec les yeux de Dean, tout irait beaucoup mieux. Ils verraient Castiel avec une sa timidité transformée en chaleur, sa naïveté changée en affection, son attention métamorphosée en amour.

Dean soupire. Il n'a rien dit depuis ce matin. C'est dur pour lui, grand bavard et grand blagueurs. Mais là, il ne peut rien dire. Il a mal au ventre. Alors il dort. Ou du moins somnole. Écouteurs enfoncés dans les oreilles pour éradiquer le manque.

Il s'est vite attaché.

Castiel ne peut plus rien penser, pendant une journée entière et deux nuits. Il est considéré comme dangereux pour lui-même. Si seulement il savait, il pourrait râler. Enfin…

Mais là, même dans son sommeil artificiel, il ne pense qu'à une personne.

Dean.

Et peut-être qu'ils se retrouvent en rêve pour à nouveau découvrir à deux. Les baisers, les câlins. Tout ce qu'ils n'ont jamais donné à per sonne d'autre. Il faut dire que Dean n'y a jamais songé, à être en couple. Vraiment pas son truc, même lorsqu'il était en pleine santé et à Paris. Et là , aujourd'hui, malade, il choisit de le faire. Avec une seule personne.

Castiel.

Après sa seconde nuit on le ramène dans sa chambre. Le petit brun est encore dans les vapes, il faut attendre que les calmants s'éliminent. Quelques heures, il ne mange pas encore, il n'a pas la force de se redresser.

Il appelle, il essaye de le faire venir en l'appelant ..

Dean fait une tête de chien battu à Amandine. Chaque fois qu'elle lui change sa perf. Et elle et son pauvre petit cœur d'artichaut ont du mal à résister. À chaque écart, elle met sa carrière en jeu mais elle n'y peut rien. Il y a Dean. Et Maïa en cardiologie. Ou alors ce petit vieux adorable en gériatrie. Amandine, elle a toujours un petit coup de cœur pour ses patients.

Là c'est pour deux. Même si Castiel n'est pas son patient, elle ferait n'importe quoi pour voir Dean sourire.

Elle lui ordonne alors de la suivre. Sans discuter. Elle ouvre la salle des activités fermée à clefs et y enferme Dean. Qui sourit. Parce qu'il croit bien deviner ce qu'elle manigance.

Castiel par contre lui ne s'attendait pas à voir Amandine rentrer dans sa chambre. Il est à l'ouest, fatigué… Alors elle l'aide, ne dit rien. L'aide à se lever, à mettre ses chaussons, elle passe sa main dans ses cheveux pour le faire tout beau.

Pour Dean quand même.

Castiel sent juste son cœur battre plus fort, mais il se tient à Amandine pour marcher. Ça tourne… Elle l'amène dans jusqu'à la salle où Dean fait les cent pas. Son cœur en loupe un battement quand elle voit Dean se précipiter pour prendre Castiel da ns ses bras, le soutenir et le bercer contre lui.

« J'ai pas beaucoup de temps là, c'est ma pause. Je reste devant la salle. Pas de bêtise d'accord ? »

Dean promet pour eux deux. Car pour une fois c'est Castiel le plus fatigué. Le petit brun se laisser couler contre son ami, les bras autour de sa taille, le nez dans son cou. Il lui a manqué, horriblement. La douleur dans sa poitrine s'en va. Il est là… Dean l'embrasse sur la joue. Par pudeur, il n'ose pas aller plus loin. Juste le temps de le respirer, de reprendre des forces.

« J'arrive pas à émerger c'est horrible…, souffle Castiel, ne le lâchant.

Dean lui fait relever le visage par le menton et scrute ses yeux.

Ils t'ont drogué ou quoi ?

Castiel fait juste oui de la tête. Il est si bien là dans ses bras.

Je me souviens pas des dernières heures…

Dean va les asseoir dans les banquettes, pestant contre le personnel hospitalier.

J'espère que tu vas te souvenir de cette petit demi heure qu'on a.

Oui moi aussi… Je crois que je me souviens même à peine de quand on nous a réveillés…

Dean sourit et remet ses cheveux en place.

C'était bien... J'ai bien aimé dormir avec toi..., confesse-t-il.

Moi aussi…, souffle Castiel, posant sa tête contre son épaule. Ça faisait longtemps que j'avais pas aussi bien dormi… Et tu me tiens chaud… Moi qui ai tout le temps froid..

Tu as froid ? Les médecins ont contrôlé ça ? Je te demande pas si tu leur as dit vu que tu refuses de parler., sourit Dean en touchant son front.

T'en fais pas comme ça, j'ai tout le temps froid… Je suis comme ça depuis toujours… Et ils m'ont déjà fait tous les tests possibles et imaginables… J'ai rien d'autre qu'une dépression profonde…, sourit Castiel, attendri.

Ça me rassure pas forcément tu sais. »

Dean le serre fort contre lui, essaye de lui donner le peu d'énergie qu'il a réussi à emmagasiner ces derniers jours. Il lui avoue au creux de l'oreille qu'il lui a manqué. Fort. Très fort. Castiel lui répond la même chose… Il lui a beaucoup trop manqué… Il ne sentait plus sa présence, et ça lui faisait mal… Trouvant ses propos un peu décousus et surtout bêtes, il préfère fermer les yeux et chercher la bouche de son ami, pour un baiser…

Dean sourit, content que Castiel veuille tenter à nouveau l'expérience. La prolonger même un peu, les langues s'invitant, se découvrant. Comme un jeu. Ils découvrent. Ils apprennent à aimer. Le plus bel apprentissage.

Le petit brun s'arrête une seconde, parce que son cœur bat trop fort. Que ça lui fait presque peur… Alors il souffle juste à sa bouche. Une main dans son cou… Il n'a jamais rien fait, rien… Et rien que ce baiser… Un peu approfondi, c'est une torture pour les sens… S'il avait su un jour ça… Dean papillonne à ses lèvres, multiples baisers déposés sur tout le visage. Il y a bien plus de surface que la bouche, de nouvelles façons d'aimer Castiel. Il se calme quand même. Lui quand son cœur s'emballe, ça peut être dangereux. Mais pourtant, il ne voit pas comment Castiel pourrait être un danger pour lui.

« Tout va bien ? finit-il par murmurer.

Oui je crois bien…, sourit Castiel. C'est… J'aime…

Moi aussi... Je sais pas trop pourquoi... Je sais juste que j'aime. Je veux pas m'en priver.

Moi non plus.. je pensais pas être capable un jour de sourire autant. Je… Moi qui ai regretté pendant deux semaines de m'être loupé, là… Je suis heureux que ça se soit passé… Juste pour t'avoir rencontré…

Castiel ne peut que murmure, passer sa main sur son torse.

- Tu es heureux alors ça me va. Dis-le aux infirmières avant de partir. Que tu es heureux. Prouve-le qu'un suicidaire peut être heureux. Personne ne me croyait quand je disais vouloir te faire sourire...

Je leur dirai pour partir. Quand tu auras tes résultats, que tu pourras partir, je parlerai à mes parents, au psy même… Mais je sortirai aussi. Je leur dirai que je recommencerai pas. Jamais. »

Dean sourit. Le garçon noir et renfermé dans cette salle, il ne s'en rappelle plus. Il n'existe plus.

Il ne dit plus rien alors. Il sait le langage du corps entre eux deux, ils ont dû s'apprendre ainsi. Alors pourquoi ne pas continuer ?

Castiel lève à nouveau la tête pour ravir ses lèvres… Et cette fois s'applique un peu mieux, pour faire jouer leur langues… Dans un baiser langoureux, chaud… Ils se mélangent, se touchent si intimement… Il apprend la texture de sa bouche, de la langue, de ses lèvres, il en retient le goût, la douceur, la chaleur… Ce n'est pas un baiser sans rien derrière, ils s'ouvrent encore plus l'un à l'autre. Ventres serrés, papillons en folie, bouches mouillés, yeux fermés…

Dean sourit. Il s'amuse parce qu'il savoure. La sensation de chaud revient, il l'apprivoise. Pourtant, Castiel se moque quand il le voit retirer sa veste Et ses joues rouges aussi. Il les pointe du doigt en riant. Et même si Dean adore ce rire, il le fait taire dans un nouveau baiser.

Voilà comment Amandine les retrouve. Castiel au cou d'un Dean hilare, qui l'embrasse et le tient contre lui. Ça ne la choque pas elle. Non. Elle les trouve trop beaux.

Castiel sourit à Amandine, il l'aime bien. Elle est dans le secret. Bien qu'ils ne fassent rien de mal. Il l'a supplie du regard, mais il sait qu'ils doivent repartir dans leurs chambres.

Les journées vont être longues…

Dean la remercie, il la prend dans ses bras à son tour. Elle en a les larmes aux yeux. Les hormones, c'est ce qu'elle trouve comme excuse.

Dean embrasse son (petit ?) ami une dernière fois. Il lui tient la main jusqu'à dehors. Il fait des pieds et des mains pour pouvoir raccompagner Castiel.

Castiel tire Dean, jusque sur le pas de sa chambre, il n'y a personne. Encore un baiser, encore un… Puis un autre… Puis lâcher sa main… Enfin ses yeux… La douleur revient. Il n'aime pas être séparé de lui. De près ou de loin.

Dean a un sourire idiot sur le visage tout le reste de la journée. Même le soir, sa mère lui demande ce qu'il a pour être de si bonne humeur après deux jours où elle l'avait trouvé morose. Mais Dean ne répond pas. Il ne saurait pas comment expliquer de toute façon.

Le médecin qui suit Dean vient les voir ce soir-là. Il lui propose de faire une analyse après-demain, il a regardé ses constantes et il remarque, qu'étrangement, il récupère plus vite qu'avant. Comme ça, il pourrait sortir de l'hôpital et reprendre une vie plus normale. Monsieur et Madame Winchester sont heureux, Lise saute de joie. Elle va retrouver son grand frère à la maison. Et dire à ses nouvelles copines que son frère, c'est vraiment le plus fort.

Castiel de son côté reste encore à ne rien dire. Mais il sourit.

Il prend à part son frère qui est à nouveau venu lui rendre visite. Dans la salle de bai , il lui dit qu'il va bientôt rentrer, qu'il en est certain. Qu'il ne doit pas s'inquiéter. Pas maintenant, mais vite. Il a confiance en Dean. Il ne peut que guérir. Son jumeau ne sait plus quoi dire en entendant sa voix, après un mois. Evidemment qu'il comprend, il voit la joie de vivre sur son visage. La veste qui cache ses cicatrices, il ne la porte pas par honte.

Gabe lui demande qui est à l'origine de tout ça. Castiel se contente lui de poser un doigt sur ses lèvres.

C'est secret. Seule son âme a le droit de savoir.