Chapitre 5.
Gabe a parlé à sa mère, il lui a expliqué. Pour Castiel, qu'il allait mieux. Et elle, elle ne peut que le croire, s'il y a bien une personne à qui elle peut faire confiance vis-à-vis de Castiel, c'est bien son jumeau. Il y a toujours eu un lien entre eux.
Elle est allée voir les médecins, les infirmières… Elle a demandé des explications sur l'isolement. On lui a expliqué les visites nocturnes à un patient d'oncologie. Elle, elle s'en fiche, elle veut juste que son fils aille mieux. Alors s'il veut aller voir quelqu'un, qu'il le fasse, mais c'est hors de question de l'abrutir de médicaments. Il n'est pas dangereux. Il ne l'est plus pour lui-même…
L'appel a bien été entendu. Castiel a eu le droit de sortir un peu. C'est ainsi qu'il se retrouve aujourd'hui dans la salle d'activités, aux côtés de Dean. Dans le léger brouhaha des jeunes qu'on a mis à faire de la peinture. Pourquoi pas. L'art thérapie ça existe.
Eux s'en donnent à cœur joie, mais dans le silence. Castiel ne parle pas avec les autres autour. Dean est un peu vexé. La peinture est un des rares domaines où il n'excelle pas. Il n'y a pas de sciences aussi. Pas de méthode à suivre. Pas une certaine logique. Alors bon, il laisse courir le pinceau au gré de son envie. Il dévie même sur la feuille de Castiel et y dessine un cœur dans le coin, riant bêtement à son oreille. Le petit brun lui sourit, s'amuse beaucoup. Il n'est pas doué en peinture non plus, alors un peu d'art abstrait pourquoi pas !
Sous la table, personne ne voit leurs deux mains entrelacées quand ils ne savent plus quoi dessiner. Et cela arrive de plus en plus souvent. Que Dean peigne avec le bout de ses doigts sur la paume de Castiel ou sur le dos de la main. Qu'il la serre. La relâche. Reconnaisse le manque. Il apprend. Et comme au début, il ne communique avec Castiel qu'en le regardant. Son regard plus bleu que sombre maintenant. Il lui semble qu'ils n'ont pas besoin de plus. C'est étrange car il a l'impression que ça fait comme avec son frère. Le droit de ne rien dire pour se comprendre malgré tout. Dean serait-il lui aussi son autre ? Ce qui expliquerait ce sentiment d'être entier dès que l'autre est là. Ou alors le manque, la froideur, quand l'absence se fait sentir. Dean n'en sait rien. Pour lui, c'est déjà nouveau l'amour. Enfin il suppose que c'est ça... C'est fort comme sentiment. Ça lui fait du bien et du mal. Mais il a l'impression qu'il ne pourrait plus s'en passer maintenant. Alors Castiel regarde Dean, il lit sur son visage plein de choses. Qu'il va mieux par exemple, son teint est moins pâle, ses joues moins creusées. Et même ses cheveux encore un peu plus longs. Il ne peut pas se retenir de passer une main dedans, puis rapidement dans sa nuque... Dean frissonne et sourit. Il se serait bien vu se pencher et l'embrasser. Mais pas devant tout le monde. Pas ce petit monde fermé de l'hôpital. Il mime le baiser avec ses lèvres et retourne à sa peinture, les animateurs viennent voir ce qu'ils ont fait. Castiel se verrait bien glisser sur la table, se liquéfier de niaiserie, comme un bout de guimauve rose qu'on ferait cuire... Et son brasier, c'est Dean. Il sourit en pensant à ça. Il est vraiment idiot.
L'atelier se termine, les gens quittent la salle.. Eux essayent d'être raisonnables. Pour faciliter la vie un peu aux infirmières et inversement. Ils se quittent là, juste pour quelques heures.
La salle est restée ouverte pour l'après-midi. Ils font ça pour encourager les jeunes à se retrouver et à se parler.
Cette fois, quand Dean et Castiel s'y retrouvent, il y a du monde avec eux. Dean boude mais son ami lui a demandé. Il veut l'entendre jouer du piano. Devant tout le monde, c'est pas un problème. Mais Dean n'aurait voulu jouer que pour Castiel.
Castiel adore, le voir bouder comme ça, ça fait revenir les papillons. Mais il le force quand même, le pousse jusqu'au piano, et va s'asseoir sur le côté. Pour le regarder... Les grands et longs doigts de Dean se posent quelques secondes sur les touches blanches. Ils hésitent sur quoi jouer pour Castiel. Et quand ils ont fait leur choix, d'un coup tout le monde se tait et écoute. C'est fluide et mélodieux. Le pianiste est sûr de lui. Doué. Aucun doute.
Castiel reconnait cette fois... La mélodie tendre et mélancolique. C'est cette musique dans Amélie Poulain... Il a l'impression que son cœur virevolte avec les notes légères... Comme des gouttes de pluie... Ou des feuilles dans le vent...
Il se laisse aller à fermer les yeux, ses jambes comme toujours ramenées contre son torse. Se faire oublier, alors que lui n'oublie pas que ce sont les doigts de Dean qui font danser la musique comme ça.
Dean s'amuse. Il rajoute des petites notes, ici et là, des harmoniques, ou invente même une mesure supplémentaire quand il voit le visage apaisé de son ami. Mais dès qu'il arrête, on redemande de lui. Il continue avec Yann Tiersen parce que c'est facile, joli. Ça plaît tellement plus qu'un morceau de Bach par exemple. Mais tant que Castiel aime, il continue. Castiel le regarde, avec des yeux d'amour... Qu'il est émerveillé quand Dean pose ses doigts sur les touches, que son cœur suit les envolées mélodiques. Comme si Dean s'amusait avec lui. Il s'en fiche, il peut bien se laisser emporter comme ça.
Dean finit par arrêter. On vient le voir pour lui demander depuis combien de temps il en fait. Trois ans. Mais comme le reste, c'est venu vite. Il s'éclipse sur le côté, pour se mettre près de Castiel. Lui prendre la main et lui demander à l'oreille combien il a aimé. Castiel serre sa main et murmure que oui il a aimé. Et qu'il faudra qu'il lui montre quand ils seront juste tous les deux. Ça sera mieux. Dean promet. Puis il abandonne Castiel quelques minutes, il va voir Jérôme qui était en chimio avec lui. Il lui demande ce qu'est devenu Célia, il ne la voit plus. Mais vu la mine triste de Jérôme, il devine. Il s'excuse. Alors Dean retourne avec Castiel, il veut profiter de lui jusqu'au bout. Castiel ne dit rien, il est bien avec Dean. Même sans rien dire il est parfaitement à l'aise. Ses doigts parlent pour lui. Ils glissent à l'intérieur du poignet pour caresser... Dean se laisse glisser, la tête contre l'épaule de son ami, le nez dans son cou. La maladie continue à emporter les gens qu'il a connus, même de loin. Et à chaque fois, ça lui fait mal. Mais bon, lui il a quand même une bonne nouvelle à dire à Castiel. Il embrasse son cou et remonte jusqu'à son oreille pour confier dans un sourire qu'il sort dans une semaine. Castiel demande pour les résultats, il ne sait pas trop comment ça se passe. Dean met de côté les détails. Le plus important c'est qu'il soit en rémission.
« Parle au psy ce soir Castiel... C'est bon, tu peux., sourit Dean.
Castiel ouvre la bouche et reste bête quelques secondes.
Et tu m'as rien dit avant ?
De quoi ? fait Dean sans comprendre.
Castiel se lève et tire Dean hors de la pièce pour sa chambre.
Tu es en rémission et ça fait deux heures qu'on est là et que tu me dis rien ?
Bah euh j'attendais qu'on soit bien. Et puis tu voulais m'entendre jouer... Enfin non j'sais pas, j'attendais un bon moment., fait Dean, surpris par l'agitation de Castiel.
Mais Dean... C'est important... C'est... C'est ta vie., fait Castiel, sérieux.
Arrivés dans la chambre, Dean le prend dans ses bras. Il scrute ses yeux et y voit un peu d'inquiétude.
Tu es bien sérieux d'un coup Cas'... Et inquiet aussi. De quoi tu as peur ?
Mais j'ai peur de te perdre.
Tu veux pas sortir d'ici toi aussi ?
Je sortirai pas sans toi. Dean, dehors j'ai rien. Si tu es pas avec moi j'ai rien à y faire. Mais... Mais je veux pas te faire peur..., bafouille Castiel.
Hey, calme-toi Cas'..., Dean prend son visage entre ses mains. Regarde-moi. Tu crois vraiment que je vais sortir et t'oublier ?
C'est pas à ça que je pense... Dean, j'avais peur que tu sois malade encore et de te perdre... »
Sa voix se brise dans le fond de sa gorge... Dean sent son regard s'emplir de larmes. Il serre Castiel contre lui, se cache dans son cou. Lui aussi il crève de peur. Lui qui est si sûr de lui, il n'a aucune certitude sur le futur. Il avance. Marche ou crève, il pourrait se le faire tatouer.
« Castiel chut..., murmure-t-il tout bas.
Je suis désolé de réagir comme ça, mais c'est pas facile, je sais pas quelle attitude avoir avec toi. Je sais pas comment être avec qui que ce soit vu que je suis pas sociable, je suis pas... Pas fait pour les relations avec les gens. Et il y a toi, je comprends pas pourquoi j'y arrive, mais je sais pas non plus comment agir sans te faire peur... J'ai trop peur de l'extérieur, des gens, de mon lycée, de l'avenir... Et je sais pas pourquoi ni comment mais avec toi, je peux le faire... Mais si tu es pas là, j'ai plus qu'à recommencer...
Castiel... Écoute-moi. Laisse aller. Moi je me pose pas tant de questions. J'ai plus le temps. Aujourd'hui je suis en rémission, demain on verra. Là je t'annonce une bonne nouvelle, c'est avec toi que j'en profite, toi que je la partage. Le reste... Le lycée, l'avenir... On verra plus tard. D'accord ?
Dean essaye de le rassurer. C'est dur quand soi-même, on a peur.
Je sais pas faire ça… Je comprends pourquoi tu penses comme ça, mais moi je suis pas comme ça… Je sais pas être optimiste, je vois toujours le côté noir de l'avenir… Apprends-moi à être comme toi. Être avec toi je sais que ça peut pas se dissocier de vivre au jour le jour…
Si tu veux voir comme moi, tu arrêtes d'avoir peur que je te laisse. Ça je le ferai pas. Je... J'aime. Et puis t'es le tout premier., sourit Dean en embrassant sa main.
Dean a raison, Castiel ne peut que penser à ça. Les papillons chatouille le creux de son estomac. Il lève la tête pour l'embrasser.
Je suis bien avec toi.
Ça tombe bien, moi aussi. Alors c'est bon, on continue ?
Dean va s'asseoir sur son lit et regarde Castiel d'en bas, lui tenant toujours ses mains avec lesquelles il joue.
Oui. On est… Ensemble alors ? , demande Castiel, un peu naïvement.
Dean sourit.
J'en sais rien. Je suppose que oui. Mais c'est pas un statut qui fait que je tiens à toi. Je tiens à toi, c'est tout. »
Castiel sourit aussi, il est heureux de ce qu'il entend. Alors il lui dit dans un baiser.
Au même instant quelqu'un rentre discrètement dans la chambre et tombe sur cette scène.
« Ouah celle là je m'y attendais pas… » fait la voix semblable à celle de Castiel.
Dean abandonne les lèvres de Castiel et tourne la tête vers la voix. Revient vers Castiel. Recommence. La ressemblance est frappante, pas parfaite, mais choquante quand même.
« Je suppose que c'est ton frère jumeau ? finit-il par dire.
Castiel éclate de rire.
C'est si difficile à voir ?
Gabriel lui sourit aussi et vient en fasse d'eux.
Alors c'est toi qui as réussi à faire parler mon frère ?
Dean sourit. Il enroule ses bras autour de la taille de Castiel et pose sa tête sur son ventre.
Mouais. Même que c'est ma plus grande fierté ! rit-il.
Depuis quand tu es attiré par les garçons toi ? demande Gabe, se moquant affectueusement de son frère.
Castiel se renfrogne, fait la moue. Passe ses doigts dans les cheveux de Dean.
Qu'est-ce que j'en sais moi. »
Dean rit dans son ventre. Ça y est, Castiel doit commencer à comprendre le concept de se foutre de tout.
Deux étages inférieurs, le père de Castiel Novak est à l'accueil. Il se bat avec la secrétaire pour voir son fils. Oui il sait qu'il est interdit de visites normalement mais il s'est fout. Son fils, ça fait deux mois qu'il ne l'a pas vu, ou presque. Il a beau expliquer maintes et maintes fois sa situation par rapport à sa presque ex-femme, on ne veut rien entendre.
Sur ces entrefaites, Hélène Winchester arrive avec la petite Lise dans les pattes. L'ascenseur met du temps à arriver. Elle a le temps d'entendre, puis d'écouter la situation de l'homme à l'accueil. Novak… Castiel… Il ne lui faut pas longtemps pour pouvoir faire le lien.
Elle fait demi tour et alors que Monsieur Novak allait franchir les portes de l'hôpital, elle lui dit de venir avec lui.
Luc Novak ne comprend pas très bien ce que cette femme lui dit. Venir avec elle mais pour quoi faire ? Elle a beau lui expliquer qu'elle sait où trouver son fils, lu ne comprend pas pourquoi elle, elle sait et que lui n'a pas le droit de voir Castiel !
Pourtant il suit, il n'a rien à perdre après tout.
Dean rigole avec Gabriel sur les dernières nouvelles d'un groupe qu'ils aiment, leurs derniers déboires. Castiel est assis sur ses genoux et il lui fait des bisous partout. Trop top. Castiel sourit. Il ne pouvait rien demander de plus. Son frère et Dean.
Sauf que ça frappe à la porte, sans savoir pourquoi Castiel se lève pour s'éloigner de Dean. Et il fait bien quand il voit à l'entrée de sa chambre son père, Madame Winchester et la petite Lise qui va se jeter dans les bras de son grand frère. Ce dernier est surpris mais la porte et lui fait des bisous. À son tour oui. Et puis vu comment l'homme avec sa mère s'approche de Castiel, il se doute que c'est son père.
Luc regarde son fils. Attentivement. Ça, ça fait longtemps qu'il ne l'a pas fait... Il le voit remettre en place sa veste, passer sa main rapidement sur sa tête pour cacher la cicatrice. Il prend bien soin à dissimuler tout le mal qu'il s'est fait...
Mais Luc prend quand même son fils dans ses bras, parce qu'il n'y croit toujours pas. Il n'a eu que des échos, il n'est pas venu et il s'en veut.
« Ça va Castiel ? Tu vas bien ? Tu veux bien me parler ?
Oui, oui… Ça va… » Castiel a une voix étrange, coincée au fond de sa gorge par une boule..
Hélène emmène son fils et sa fille à l'extérieur de la chambre. Dean souffle quand même à Castiel qu'il l'attend dans sa chambre. Luc les remercie puis reprend le visage de son fils entre ses mains.
« Je suis désolé... D'avoir rien vu, de pas avoir été là... J'étais tellement obsédé par ce qu'il se passait avec ta mère... Enfin bref...
Il a les larmes aux yeux. C'est moche la culpabilité...
Papa arrête… C'est pas… C'est pas ta faute.., Castiel se met à pleurer lui aussi, il ne supporte pas quand c'est son père.
À côté de lui, il sent la main de Gabe venir prendre la sienne. Ils sont là. Non il n'est pas seul…
Désolée Cas'... Tu es mon fils, j'ai peur pour toi... Je suis censé te protéger et j'y suis pas arrivé... Mais ça va changer hein ?
Luc caresse ses joues chaudes de larmes, enlève ces dernières.
Oui… Vraiment oui ça va. Je veux sortir… Je veux qu'ils arrêtent de me bourrer de médocs, ça me fait rien… J'avais juste besoin d'avoir quelqu'un auprès de moi, et maintenant j'ai un ami… »
Gabriel regarde son frère. Bien évidemment, il comprend par ces mots là qu'il faut que ça reste secret. Il sait que leur parents ne sont pas forcement homophobes, loin de là… Mais Castiel et son jardin secret… Puis finalement qui sait comment ça pourrait se passer avec les parents ?
« Celui qu'on vient de voir ? demande son père, surpris. Il... Il a quoi lui ? Il est aussi en psychiatrie ?
Oui lui, non il est pas en psy, il est en oncologie… Il vient de guérir d'une leucémie… il sort dans une semaine…, explique vite fait Castiel.
Encore une fois Gabe écoute son frère attentivement… Et bien, il doit y tenir à ce Dean, vu le ton de sa voix…
Wahou... Et bien. C'est pour ça que sa mère connait aussi bien l'hôpital je suppose., tente de rire Luc. C'est bien qu'il s'en soit sorti, il doit avoir un moral d'acier...
Oui ça compense avec le mien !, tente de rire un peu Castiel. Sa mère est super gentille, enfin c'est les seules personnes avec qui je voulais bien parler.
Oui je comprends… Bon, je vais aller parler aux médecins d'accord, pour leur demander de te faire sortir, ta mère sera d'accord… Toi Gabe tu en penses quoi ?
Si Luc demande à Gabriel c'est qu'il sait très bien le lien entre les deux frères, et Gabe est assez honnête pour lui dire s'il n'est pas d'accord.
À mon avis tu as même intérêt à le mettre dehors au plus vite !
Bon…, sourit Luc. Je vais les voir et puis après je reviens, on ira voir la mère de ton ami… »
Luc s'en va, il a noté dans un coin de sa tête l'étage et le numéro de la chambre auquel il devait retrouver Castiel, s'il n'était pas encore dans sa chambre…
Maintenant que Gabe est seul avec son frère, il en profite pour lui faire passer un petit interrogatoire.
« Mais... Rassure-moi... Enfin j'ai rien senti moi... Mais t'aimais les garçons avant ?
Bah je sais pas… J'avais jamais fait attention… Mais je me sens toujours pas attiré plus que… Enfin je sais… Lui c'est… C'est bizarre, c'est un peu comme toi et moi, sauf que c'est pas mon frère quoi, et puis… J'ai pas besoin de lui dire que ça va pas pour qu'il le comprenne…
S'il prend ma place, veto., fait Gabe, catégorique.
Castiel sourit à son jumeau.
Mais non. Toi c'est toi. C'est pas pareil je t'ai dit…
Bon. Ça va alors. Ça me fait bizarre quand même... Pas que je sois macho et puis je sais que t'es heureux mais bon...
Bah je comprends… Mais bon… Tu me diras j'ai encore rien réalisé. Je me pose pas de questions. C'est évident.
À ce point là ? rit son frère.
Oui. Le jour ou je l'ai vu, la première fois, il a voulu me faire parler et je sais pas pourquoi y'a qu'à lui que j'ai bien voulu adresser la parole, il m'a tellement harcelé de questions que bon… Et je sais pas pourquoi c'est aussi physique… Y'a quelques jours j'ai dormi avec lui et le matin on m'a carrément arraché à lui, parce que j'avais pas le droit d'être là, et j'ai cru qu'on allait m'arracher le cœur… C'était… C'était horrible… » murmure Castiel, se confiant à celui en qui il peut avoir une confiance aveugle.
Gabe le regarde. Son frère tout fragile. Ils ont beau avoir le même âge, il le considère toujours comme plus jeune. Comme celui qu'il doit protéger. Il n 'est pas vexé que Castiel ait trouvé quelqu'un d'autre pour le faire. Il va juste lui falloir du temps pour se faire à l'idée que c'est un mec qui fait ça. Il le prend dans ses bras et lui dit que c'est bon, ils vont aller le voir.
Luc revient dans la chambre avec le psy du service.
« Bon Castiel tu peux sortir en fin de semaine mais il faut que tu parles un peu… C'est ça ?
Oui, j'ai besoin d'avoir des preuves moi quand même, savoir si tu as besoin d'un suivi, de médicaments ou pas…
Castiel hoche la tête par réflexe, avant de parler enfin à cet homme qu'il redoute comme la peste.
Oui d'accord.
Il va m'en falloir plus que ça... Tu viens en thérapie pendant trois jours encore. Et après, on te laisse sortir. Ça marche ? fait le médecin.
Ça marche. » approuve à nouveau Castiel.
Gabe sourit, oui cette fois son frère va sortir. Il va aussi oublier cette image de Castiel par terre, dans le sang, les yeux remplis de larmes… Vite. Castiel a un frisson. Il se tourne vers son frère. Ça vient de lui, c'est sûr. Mais Gabe cligne des yeux. Ça va aller. C'est fini maintenant.
« Dean... Je sors en même temps que toi..., souffle Castiel à son oreille. Va falloir que tu me dises où tu habites !
Toi aussi idiot ! rit doucement Dean. Et ton numéro. Et tout. Je veux tout.
Merde va falloir que je rachète un portable d'ailleurs..., réfléchit Castiel.
Pourquoi ? fait Dean en passant sa main dans les cheveux bruns.
Je l'ai noyé dans le lavabo juste avant de... Enfin voilà...
C'était pour le symbole ?
Dean s'empêche de rire en embrassant Castiel.
Bah un peu ouais... Vu qu'il me servait à rien de toute façon...
Moui. J'te préviens, j'ai les textos illimités moi..., sourit Dean.
Castiel éclate de rire.
Ha oui d'accord, tu vas me harceler quoi !
Oui. Et je t'appellerai aussi. Pour que tu voies que j't'oublie pas. »
Dean enlève son tee-shirt. Comme à chaque fois que Castiel vient dans son lit, il a trop chaud. Castiel pose sa tête sur son torse, une main sur son ventre.
« Ça va être bizarre de te voir en dehors de l'hosto...
Ça va être mieux. Tu crois pas ?
Oui ! Mais je pourrais pas te voir comme je veux comme ici...
Pourquoi tu crois que je t'ai dit que j'avais les textos illimités ? rit Dean.
Ouiii... Et puis je vais te faire visiter la ville !
Oui. De ce que j'ai vu, c'est tout petit de toute façon. Tu sais que j'ai une maison face à la mer ? fait-il, tout fier.
Non ?! Han la chance putain, j'en ai toujours rêve !
Tu viendras. Tu viendras et on ira à la mer, même si c'est l'hiver., souffle Dean, plein d'espoir.
Oui... Oh trop bien, c'est génial ! »
Castiel embrasse le haut de son torse. Dean caresse sa tête tout doucement. Il commence à s'endormir. Il adore être avec Castiel. Mais il fatigue plus vite à parler tout le temps, à embrasser, à aimer. Si son esprit adore, son corps a encore du mal à suivre.
Castiel remonte contre lui. Oui encore des baisers, il en veut plus... Toujours plus... Découvrir et adorer... Dean n'arrive pas à l'en empêcher. Après t out il est allongé, il se repose comme ça aussi.
« Tu dors avec moi cette nuit ? souffle-t-il.
Oui... Je profite de nos dernières nuits ici... On est bien...
Si j'avais su que j'arriverais à te faire dire ça sur l'hôpital !
Et toi tu pensais le dire un jour ?
Non, bien sur que non. Je suis parti de chez moi, je connaissais personne ici, j'ai eu un cancer... Alors non, je pensais pas dire que je serais triste de quitter l'hôpital.
Mais non faut pas être triste. Tu repars avec moi dans la poche ! »
Un Castiel de poche. Voilà ce qu'il gagne en portant enfin d'ici.
Quelqu'un tape à la porte. Dean se redresse, Castiel toujours à moitié dans les bras. Mais il se détend quand il voit que c'est Amandine qui vient leur dire bonne nuit. Castiel lui sourit, elle aussi. Elle les embrasse tous les deux sur le front. Demande à Dean si tout va bien, mais visiblement avec lui dans les bras, il n'y a pas grand chose qui irait mal... Elle lui dit aussi qu'elle est de repos, même le jour de la sortie. Mais à peine voit-elle sa triste mine qu'elle le rassure en lui disant qu'elle viendra le voir quand même.
Dean la remercie d'un sourire. Il en parlera à sa mère, il veut lui faire un petit cadeau. Elle s'en va, éteignant la lumière au passage. À peine dans le noir que Castiel s'amuse à nouveau à grignoter la bouche de son petit ami... Une main sur la taille, l'autre sur le torse. Dans le noir, dans le secret. À s'en faire exploser le cœur... Dean sourit entre les baisers, il a le ventre tordu, il a chaud. Comme la dernière fois, il prend Castiel sur lui. Et finit par lui dire qu'il faut dormir. C'est pas sérieux. Non pas du tout... On ne s'adonne pas à ce genre de plaisirs dans un lit d'hôpital... Alors Castiel ferme les yeux, respire la peau pale de Dean, le garde près de lui... Dean s'endort vite. Il a encore oublié de mettre le réveil pour que Castiel puisse s'enfuir avant la tournée des infirmières, mais il tombe comme une masse.
