Chapitre 6.
Castiel est à nouveau dans sa chambre, sa chambre à lui. Dans sa maison. Gabe l'a aidé à ranger ses affaires. Dans le vieux placard moche. La chambre est peu lumineuse, il n'y a qu'un velux. Le lit est en hauteur, en dessous le bureau… C'est pour ça qu'il s'est fait aussi mal en tombant.
D'ailleurs sur le parquet il n'y a plus la moindre trace de sang. Castiel imagine tellement sa mère en train de frotter le parquet… Il s'en veut… Les draps aussi sont propres. Les vieilles décorations qu'il a tentées de faire sont toujours là. Faites de posters de cinéma, de pochettes d'album, de cartes postales… Mais pas de photo, jamais. Sauf peut-être maintenant.
Castiel grimpe à son lit, à côté de son oreiller sur le mur il colle une photo. La première. Celle qu'Amandine a prise avec son Polaroïd, d'eux. De Castiel et son petit ami.
Ce dernier profite de tout ce dont il n'avait pas droit il y a encore quelques jours. Se balader dehors. Ne plus se cacher des bactéries. Manger parce qu'il a retrouvé l'appétit. Être dans sa chambre et écouter la musique fort. Trouver ses marques dans cette grande maison qu'il a moins habitée que l'hôpital. Sa mère y a par ailleurs fini la peinture comme il avait choisi, essuyé beige, sobre. Il a juste demandé à ce qu'elle laisse un mur en blanc où il ferait la décoration lui-même. Il espère faire écrire ses anciens ou nouveaux amis. Ou bien coller des choses. Lui n'a pas le Polaroïd, il n'a que la photographie de ce Polaroïd par son portable. Mais il espère bien qu'ils auront d'autres photos, souvenirs ensemble.
Pour le moment, pour ne pas oublier, il accroche le bracelet de l'hôpital qu'il a eu les premiers jours.
Son lit deux places est en face de ce mur. Et à droite, dans le coin il y a son bureau où les lettres, les cours se sont entassés. Il a lu les premières à l'hôpital. Les cours, inutile. Il n'avait pas la force. Il s'y remettra en tant voulu.
Lise et ses parents rentrent dans sa chambre pour savoir si tout va bien. Si ça lui plaît. Il répond qu'il verra mieux demain, avec le soleil, la vue de la mer de son petit balcon. Mais pour le moment, ça va. Il les embrasse tous les trois et se retrouve à nouveau seul.
Dean sait qu'il ne va pas pouvoir dormir avant un moment. Il est excité. Il a fini... Il est chez lui, guéri. Il ne devrait pas parler aussi vite mais pfff...
Pour fêter ça, il enfile un pull et se glisse sur son petit balcon. Il fait froid en ce début décembre mais il s'en fout. Il est en vie. Il est dehors. Ça sent la mer...
Il aimerait pouvoir partager ça avec Castiel. Bientôt... Et comme ça, même s'il fait froid à cette heure, avec lui, il ne pourra pas avoir froid, et regarder le reflet de la Lune sur la mer avec lui.
Les jours qui suivent sa sortie de l'hôpital sont affreux. Enfin pas tant que ça. C'est bien de parler à mamie, papi, les amis, la famille, les rassurer, leur dire que tout va bien. Que même s'il reste fatigué, adieu le cancer ! Dean passe ses journées au téléphone, passant plus de temps avec ses amis c'est vrai… Il a loupé les vacances de la Toussaint car il était dans sa chambre stérile mais il promet de faire quelque chose pendant les vacances de Noël. Il faut qu'il voit avec sa mère si elle le laisserait monter à Paris pour le Nouvel An mais ça franchement, il en doute. Sa mère n'a jamais été autant sur lui que maintenant. Il a beau savoir que c'est normal, c'est un peu pesant quand même !
Le dimanche, ils font un peu de route pour aller à Montpellier où sa tante, son oncle et ses petits cousins habitent. Dean se sent un peu comme Simba montra par Rafiki dans le Roi Lion. Il pouffe tout seul. La comparaison est vraiment peu flatteuse et débile mais Lise est de retour dans les Disney. Alors lui aussi vu qu'il est à la maison tout le temps.
Il s'ennuie un peu à cette réunion de famille. Il aimerait pouvoir envoyer un texto à son Castiel mais il n'a toujours pas son numéro. Alors il attend. Il s'en veut, il pourrait lui écrire une lettre quand même. Mais le soir, il tombe de fatigue, saute même le repas parfois pour aller se coucher directement. Il n'a pas encore la force d'être sur tous les fronts comme avant.
D'ailleurs, au retour dans la voiture, quand Hélène se retourne vers l'arrière au vue du silence, elle sourit tendrement. Dean s'est assoupi contre Lise, qui elle-même ne va pas tarder à tomber vu sa journée à parler avec sa cousine.
Déjà six jours que Castiel et Dean sont sortis de l'hôpital. Six jours sans nouvelles. Castiel aurait envie de se laisser dépérir, mais il a son nouveau téléphone. Avec un seul numéro rentré dans le répertoire pour le moment. Le plus important.
Mais pour l'instant, il regarde le plafond, les étoiles phosphorescentes en plastique qui brillent dans le noir. Gabe à côté de lui, la musique en sourdine.
« Il te manque ?, demande son jumeau.
Ouais… C'est terrible j'aurais pas pensé que ce soit si fort…
Il t'a appelé au moins ? s'inquiète Gabe.
Non… Mais il sait pas encore que j'ai récupéré un portable… J'ai son numéro, mais pas lui… J'attends pour lui écrire… Et je sais pas trop quoi raconter aussi…
Tu as vraiment tout à apprendre toi ! J'vais te faire des cours de textos si ça continue., fait son frère ironiquement.
Castiel lui tape le bras, souriant.
Mais non c'est pas ça… On se connaît qu'au travers de l'hôpital… Finalement je sais plus de quoi lui parler, enfin si… Disons alors que je sais pas par où commencer.
Bonjour, tu vas bien ? J'dis ça comme ça hein ! rit Gabe.
Non… C'est trop bête ça… C'est pas assez… On a déjà nos petits trucs tu vois…
Ahan… Et…, Gabe se gratte la tête, hésitant. Vous… Vous avez déjà fait des trucs ?
Comment ça ?
Bah tu vois Castiel... Vous êtes allés plus loin que des baisers mignons ?
Le petit brun reste bête à regarder le plafond.
Bah non…, fait-il, réalisant.
Bon c'est sûr que dans l'hôpital, ça devait pas être évident., rit Gabe. Mais comme tu m'as dit que vous aviez dormi ensemble et tout...
Ouais… Mais bon juste deux fois quoi… Et puis… Non je sais pas, on a rien fait de plus… C'est bizarre non ?, interroge Castiel, tournant la tête vers Gabe.
De rien faire ? Bah non... Avec Pauline on l'a pas fait la deuxième nuit quoi... J'me demandais juste...
Mais bon… Le désir, ça va venir sûrement… Enfin, on avait aucune intimité. Et… Je sais pas j'y avais même pas pensé, tu viens de me le mettre en tête. C'était un peu platonique… Ça fait presque trois semaines qu'on est ensemble… Enfin, ensemble. Je saurais même pas te dire…
Castiel..., Gabe se tourne vers lui. J'te vois tellement pas dans du physique pour le moment... C'est ton premier ami et en plus ton premier amour visiblement. Alors bon, t'as rattrapé un retard de seize ans dans ta vie sociale d'un coup, je vais pas trop t'en demander ! rit-il.
Castiel sourit, complice avec son frère.
Oui c'est vrai… Mais c'est toi qui m'en parles et je m'y attendais pas…
Je vois ça… Bon allez, je vais dormir, j'ai cours moi demain ! Tu vas bientôt y retourner ?
Après les vacances de Noël… J'ai pas le courage d'y retourner… De toute façon mon année est déjà foutue…
Ouais je me doute… Je t'aiderai alors si tu veux.
Moui… Merci Gabe… »
Il dépose une bise sur son front avant de descendre du lit. Laissant son frère un peu seul.
Castiel se glisse sous la couette, le regard vissé à cette photo d'eux, amoureux… Il prend alors son portable et s'attèle à la tâche de trouver quoi dire à son Dean…
« Tu me manques… »
Dean se réveille en sursaut. Son portable vibre sur sa table de chevet. Il ne sait même plus l'heure, il s'est endormi en écoutant de la musique après manger...
Dans les vapes, il regarde le message. Numéro inconnu. Ou presque.
« Castiel ? »
Castiel sourit de la réponse aussi rapide. Il se pelotonne dans sa couette.
« Oui c'est moi Dean… »
« Oh ça y est je vais pouvoir te harceler d'appels et de textos... Trop bien :). »
« J'ai pris aussi un forfait illimité, je me suis dit que ça allait me servir avec la pipelette que tu es ! »
« Quand tu te décides à parler t'es pas mal dans ton genre. Nah. Quand est-ce que je te vois ? »
« Quand tu veux mon beau, j'ai tout mon temps, je retourne pas encore en cours. Pas franchement le courage… »
« Moi j'ai pas la force encore. Le médecin veut que j'attende un mois. Je tourne en rond ici... Viens... »
« D'accord… J'ai hâte de voir la mer par la fenêtre… J'étouffe chez moi… »
« Pourquoi ? Et tes parents au fait ? »
« Il y a que ma mère là… Mon père a pris un grand appart' à Marseille, il est avec Christophe mon grand frère. Lui il fait ses études alors il est plus près de là où il bosse… Gabe et moi on reste chez notre mère pour le moment… Elle veut me garder à l'œil… »
Castiel baille, se retourne dans son lit, serre la veste de son petit ami dans ses bras.
« Mais elle voudra bien que tu viennes demain ? Hein ? Moi je veux te voir... »
Dean n'a rien de Castiel lui. Juste ses petits textos et ses souvenirs.
« Elle me conduira elle-même je pense… Elle va pas me laisser prendre le bus tout seul ! Le temps quelle retrouve confiance en moi c'est sûr que bon… Je lui en veux pas. »
« Mais comme elle travaille... Tu veux venir manger à midi ? »
« Tout ce que tu voudras… »
Dean a chaud. Même si Castiel n'est pas là, il arrive à lui donner de la chaleur par ses mots. Son petit ami est magique.
« Je t'attends à midi... Va dormir maintenant, sois en forme et tout... »
« D'accord… Toi aussi repose toi bien, mon petit Dean qui n'est plus malade mais encore tout fragile… »
Castiel s'emporte dans ses SMS, mais il trouve un moyen de lui parler, de lui dire ce qu'il pense sans pour autant ouvrir la bouche… C'est sûr que derrière un écran tout est plus facile. Alors grâce à son clavier, Dean dessine un cœur. Il sourit tout seul dans le noir.
« J'ai envie de t'embrasser... Avant de te dire bonne nuit à l'oreille. »
Le cœur de Castiel vibre plus fort, les papillons sont là, même s'il n'est pas vraiment avec lui.
« J'ai envie de dormir contre toi… Que tu me tiennes chaud. Et j'ai froid sans toi.. »
« Essaye de persuader ta mère... J'vais faire pareil avec la mienne. Je te tiens au courant. Je te laisse Cas', je tombe de fatigue. Je t'embrasse... »
« Dors bien mon ange… Je t'embrasse… »
Castiel tombe aussi de fatigue, il se sent soulagé d'avoir parlé avec lui.
Dean sourit béatement en lisant son nouveau surnom. À peine pose-t-il son portable qu'il s'en va dormir. Épuisé. Mais demain il voit son petit ami...
Castiel tourne en rond, il attend que sa mère finisse de se préparer. Elle a dit oui, mais elle veut à tout prix rencontrer la mère de Dean. Elle ne l'a pas encore vue et ne laissera pas son fils à n'importe qui.
Gabe n'est pas là, en cours mais il lui a mis un mot sous la porte pour lui dire d'être sage...
« Mamaaaan ! »
Dean crie à travers la maison. Comme elle ne répond pas, il descend en courant les escaliers, traverse le salon et la trouve dans la cuisine.
« Dean doucement tu vas te faire mal ! Calme-toi un peu ! le reprend Hélène.
Tu fais attention hein, tu dis que tu vas bien t'occuper de Castiel et tout ! Ça fait longtemps que je l'ai pas vu, j'veux qu'il reste dormir., prétexte Dean.
Mais Dean, on a pas de chambre d'amis je t'ai déjà dit!
Il dort avec moi., fait son fils mine de rien. C'est bon, j'ai un lit deux places, à Paris je l'ai déjà fait avec Mike et c'était très bien.
Bon.. Je vois avec sa mère alors.
Merci maman ! »
Dean vole un bisou à sa mère et… Remonte illico presto dans sa chambre pour la préparer. Et se préparer aussi. Il est excité comme une puce mon Dieu...
Castiel dicte à sa mère l'adresse de chez Dean encore une fois, regarde défiler les petites rues, et la mer se rapprocher. Ils sont presque arrivés.
Elisabeth Novak se gare dans la rue et sort de la voiture.
« Ouah hé ben, ça c'est une belle maison!
Ouais... »
Lui à vrai dire c'est pas trop la maison qui l'intéresse.
Ils approchent de l'entrée, Elisabeth sonne... Castiel serre son manteau contre lui, le vent de la mer lui ébouriffe les cheveux. Il est stressé...
C'est encore après un dérapage contrôlé dans l'escalier et une petite tape sur la tête de Dean de la part d'Hélène, que la mère et le fils ouvrent la porte. Dean ne dit rien. Il sourit juste à Castiel, murmure un petit bonjour mais déjà les deux mamans parlent de l'organisation de cette journée.
« Venez, entrez, ça sera mieux pour discuter. » fait Hélène, souriante.
Castiel suit sa mère à l'intérieur. Ne s'occupe pas de l'arrangement des meubles ou de la déco pour le moment. Il est trop occupé à bouffer des yeux Dean qui a l'air d'aller dix fois mieux qu'à la sortie de l'hôpital. Il a envie de le toucher, c'est plus fort que lui.
Elisabeth s'installe avec Hélène dans le salon, Castiel en face de Dean.
« Je suis désolée si j'en fais un peu trop hun, mais j'ai du mal à le lâcher comme ça...
C'est normal. Même le mien j'aurais du mal à le lâcher comme avant., rit-il en se tournant vers son grand dadais. Bref, qu'est-ce que vous voulez savoir ?
Ho pas grand chose... Je voulais vous voir juste un peu, voir où vous habitiez, et puis avoir votre numéro de téléphone au cas où... Enfin la routine… »
Hélène Winchester se lève pour aller chercher une carte de visite où il y a son numéro de portable et au bureau. Elle y rajoute le fixe et explique que les deux ados seront seuls après manger jusqu'à six heures à peu près, son mari et elle rentrent en même temps. Tout ça va très bien à Elisabeth pour le moment. Elle est d'accord aussi pour la nuit. Seulement si Castiel l'appelle avant d'aller dormir... Le petit brun soupire se disant qu'il n'a pas fini d'être surprotégé de la sorte... Mais il la comprend.
Hélène raccompagne la mère de Castiel, en lui promettant de faire attention à son fils ! Dean ne tient plus en place, c'est une torture pour lui d'avoir Castiel sous les yeux et de ne pas pouvoir le prendre dans ses bras, l'embrasser... Si bien que même si sa mère les invite à passer à table, Dean prétexte qu'ils doivent monter dans sa chambre pour que Castiel dépose ses affaires. Castiel sourit et le suit à l'étage. Dean chez lui, dans son monde. Pas dans une chambre aseptisée. C'est d'ailleurs la première chose qu'il note en entrant dans sa chambre. C'est chez Dean, c'est comme s'ils venaient de sortir d'un monde pour entrer dans un autre. Castiel se retourne vers Dean, lui sourit. Ce dernier ne résiste plus, il a besoin. De passer ses bras autour de la taille de Castiel, de l'embrasser, tout doucement, du bout des lèvres. Les vagues de chaleur reviennent lui tordre le ventre. Ça lui avait manqué... Pour Castiel, ce sont les papillons qui battent fort des ailes, qui font si mal qu'il en soupire fort aux lèvres de son petit ami, ses bras autour de son cou...
« Tu m'as manqué Cas'..., avoue Dean avant de l'embrasser à nouveau.
Toi aussi tu m'as manqué... Énormément... »
Castiel laisse glisser une main de sa nuque à son torse. Il a envie de le toucher. Pour se convaincre que c'est bien réel, qu'ils bien là tous les deux, rien qu'eux deux, hors des chambres, des placards à balais et plus dans la clandestinité. Enfin presque. Puisque Hélène appelle déjà les deux amoureux pour passer à table. Alors Dean prend son visage entre ses mains et lui murmure qu'ils vont passer l'après-midi rien que tous les deux. Et que ça, c'est quand même super chouette.
Castiel sourit comme un fou alors qu'il tire Dean par la main. Ils se baladent sur le port de Cassis. Ils sont dehors, tous les deux. Dans le soleil froid de décembre. Il y a du vent peut-être mais tant que le soleil brille rien ne les empêchera d'arpenter toute la ville. Castiel voudrait lui montrer tout ! Mais c'est pas possible, ils n'ont pas le temps, ils ont mal aux pieds, ils ne peuvent pas aller hors de la ville, aller dans les calanques, ils ne peuvent pas faire les magasins, ils ne peuvent pas chercher les rues pleines de charme, ils ne peuvent pas s'arrêter à chaque fois pour regarder. Castiel n'arrête pas de parler, de raconter la ville, de commenter les endroits. Il ne lâche pas la main de son petit ami, il la serre si fort. Il ne veut plus le lâcher, ne peut que le regarder, voir la vie dans ses yeux et en prendre un peu. Dean lui ne dit rien. Il laisse le petit muet de psychiatrie, après s'être retenu pendant un mois, il dit tout ce qu'il a à dire. Alors Dean écoute, soigneusement, essaye de retenir un maximum de choses. Pas forcément de l'histoire de la ville. Mais du sourire de Castiel, son inquiétude à savoir s'il n'a pas trop froid dehors, s'il n'est pas fatigué, son attention à toucher ses cheveux qui repoussent, lentement mais sûrement. Il est en vie, mon Dieu, ce qu'il aime ça…
Ils n'ont pas de contrainte rien. Alors Dean se permet de l'arrêter quand ils marchent et de l'embrasser, très fort, aussi fort que ce qu'il est bien. Castiel aime d'autant plus qu'il ne peut croiser personne qu'il ne connaîtrait, du lycée. On l'emmerde déjà bien assez là alors bon, se faire traiter de tapette ça serait le truc de trop. Enfin, là ils sont tous en cours, alors tant mieux. Le temps est arrêté rien que pour lui et Dean. Pour Castiel qui apprend à vivre au jour le jour, chaque minute, chaque seconde. Sur un coup de tête, Dean le tire dans un petit bar. Il fait froid, il est quatre heures alors ils ont bien le droit à deux chocolats chauds. Ils doivent les boire vite cependant, ils n'ont plus qu'une demi heure avant d'aller chercher Lise à l'école. Dean profite des dernières heures sans surveillance pour embrasser son petit ami, l'embrasser au chocolat s'il vous plaît, c'est bien meilleur.
Castiel aime tellement être là avec lui, sans se prendre la tête. boire un chocolat, oui. S'embrasser, oui. Puis parler sans s'arrêter, ou se taire. Tout fonctionne entre eux, rien ne les met mal à l'aise. Les minutes courent comme des secondes et déjà ils doivent partir pour aller chercher la petite à l'école.
Ils courent dans les rues pour pouvoir être à l'heure et arrivent pile quand la sonnerie retentit. Essoufflés, les joues toutes rouges et hilares. Mais Dean fait quand même attention à trouver sa petite sœur.
Cette dernière court vers son frère et lui saute dans les bras. Dean jette un regard désolé à Castiel, Lise a décidé de l'accaparer.
Castiel n'en fait pas un cas, il comprend tellement la petite ! Profiter de son grand frère qui vient la chercher à l'école, parce que en plus c'est un héros son frère ! Il a battu les vilains microbes et il peut à nouveau la prendre dans ses bras ! Oui c'est son héros !
Par contre que ce que Castiel n'attendait pas c'est le regard noir que lui lance la fillette en voyant sa présence. Le regard noir typiquement Winchesterien. Dean le repère aussi et prend le visage de sa petite sœur entre les mains et la reprend.
« Hé ho toi, qu'est-ce que tu nous fais ?
Pourquoi il est làààà ? Je voulais que tu viennes que avec moi.., chouine-t-elle.
Il peut venir avec nous tu sais ! C'est un copain. Comme toi tu as Sophie ! essaye de la convaincre Dean en avançant.
Mais oui mais Sophie je la vois tous les jours ! Alors que toi non !
Je peux te laisser un peu avec ton frère si tu veux Lise, tu pourras faire tes devoirs avec lui par exemple ? tente de concilier Castiel.
Non, on va les faire tous les trois. Lise, tu vas me voir tous les jours maintenant. Je suis à la maison touuuuut le temps, tu vas même en avoir marre ! rit Dean. Allez, laisse une chance à Castiel, il est très gentil tu sais. »
Pour conclure, Lise tire la langue à Castiel et serre plus fort son frère dans ses bras. Le petit brun rigole un peu, hé ben il peut pas plaire à toute la famille Winchester !
Dean lui donne une petite tape sur la joue de sa sœur en lui disant d'arrêter. Néanmoins, il rigole. Il pose sa sœur enfin par terre, elle va marcher un peu elle aussi, non mais ! Et puis comme ça, il peut frôler la main de Castiel... Castiel s'en amuse, il entrelace leurs doigts avant de les lâcher pour effleurer sa taille. Le petit problème c'est Lise, qui fronce les sourcils et change de côté pour prendre la main de son frère. Dean lève les yeux au Ciel. Il a compris, pendant une heure, pas de Castiel. Pourtant il en a bien besoin, il ne sait pas quand il va le revoir.
En rentrant, comme un petit Papa, il prépare le goûter et puis écoute Lise raconter sa journée. Il s'éclipse quelques secondes dans l'arrière cuisine pour embrasser Castiel et s'excuser de tout ça. Castiel s'accroche à son cou, fait le koala. C'est pas bien grave pour la petite sœur. Ils ont toute la nuit. Et puis l'après-midi était déjà magique. Dean affirme dans un baiser et revient dans la cuisine. Sa sœur a déjà sorti ses devoirs et explique à Dean l'histoire de Frisapla, la sorcière dans son livre.
Et bien, on est pas sorti de l'auberge !
