Chapitre 7.

Castiel se laisse tomber sur le lit de Dean, les pieds par terre, le reste du corps allongé, à faire l'étoile de mer. Le dîner avec la famille Winchester a été étrange au début, puis très agréable. Hélène est adorable, et Vincent très drôle, puis Lise… Bon elle fait mine de l'ignorer mais ça, c'est pas bien important. Il aura son affection plus tard, il devine qu'un petit cadeau pourrait les faire devenir copains ! Aussi faut-il trouver ce qu'une petite fille de sept ans désire… Enfin… Pour le moment Dean sait ce que lui désire. Son petit ami ferme la porte, met de la musique puis vient sur le petit brun pour l'embrasser. Oh oui enfin juste tous les deux… Il va prendre ses deux mains. Dean les serre, les embrasse. Il joue avec son petit ami.

Castiel aime tant chaque geste de Dean. Se tenir tous les deux, comme si s'unir avec leurs lèvres ne suffisait pas, il se tiennent les mains. Ça brûle dans le ventre, les papillons s'enflamment, se font plus doux et plus intenses. Dans le bas de son ventre et le creux de son dos…

« Cas', viens avec moi, faut que je te montre quelque chose…, souffle Dean.

Moui ? »

Castiel lui vole un nouveau baiser. Dean le tire par la main pour le lever de son lit. Il lui met une veste et une écharpe à lui pour qu'il n'ait pas froid, une fois dehors, sur son balcon. C'est là que Dean l'amène.

Depuis la dernière fois, il a même installé un transat pour s'allonger tout en regardant la mer à travers les barreaux de fer forgé. Castiel sourit, regarde loin devant, écoute, sent… La mer juste là, pour eux deux.

« C'est quand même mieux que la vue sur le parc de l'hosto ça punaise…

Dean l'entoure de ses bras par derrière. Il pouffe dans son cou.

Tout est mieux que l'hosto…

Sauf peut-être Amandine…

Ouais… Maman veut l'inviter de toute façon. Tu viendras ?

Oh oui ! Elle a été tellement adorable avec toi… »

Dean acquiesce. Quelque chose le perturbe depuis quelques heures. Alors il remonte les manches de la veste de son petit ami. Du bout des doigts, il caresse l'avant bras… Les cicatrices. La peau neuve, blanche, douce… Il a un haut-le-cœur.

« Tu le referas plus ? murmure-t-il à son oreille.

Castiel a mal au ventre d'entendre ça. Il reprend son bras et le plaque contre son torse.

Non… Dean… Avec toi je vois pas pourquoi je referai ça… J'avais personne avant. Maintenant tu es là…

D'accord. »

C'est aussi simple que ça. Castiel promet. Dean a confiance en lui. Castiel reste collé tout contre lui, ferme les yeux.

« Je suis bien…

Ça me rassure de l'entendre. Tu fais quoi demain ?

Dean lui colle un baiser sur la joue.

J'en sais rien… On verra bien. Pour le moment je suis avec toi… Je me débrouille bien pour être comme toi, non ? rit-il.

Oui, y'a du progrès je note., sourit Dean. Viens on rentre, il fait froid quand même. On verra la mer demain. »

Dean ouvre à nouveau sa baie vitrée pour rentrer au chaud dans sa chambre. Il déshabille son petit homme avec douceur. Il lui demande aussi s'il lui a ramené sa veste. Castiel prend la veste de son sac et la lui rend. Il se réchauffe une fois à l'intérieur et se rend compte à quel point ici tout sent Dean. Ça lui donne envie de rester, ne plus jamais partir. Dean lui donne une autre de ses vestes, dans un sourire. Il est sûr qu'il s'est servi de l'autre comme doudou. Comment ça se fait qu'il soit aussi sûr d'ailleurs ?

Castiel garde la veste contre lui. Il sera moins en manque quand il rentrera chez lui.

« Tu sais que c'est la première fois que je découche ?

Ha ? fait Dean surpris. Et tu as peur alors ?

Il va prendre Castiel par les hanches et l'embrasse dans ses cheveux.

J'ai pas peur avec toi… Je vois pas pourquoi j'aurais peur aussi… Tu comptes me séquestrer, me frapper et me violer ? rit Castiel, tournant la tête pour un baiser, que Dean lui donne sans hésitation.

Au moins ! Tu parles, je suis trop fatigué pour faire quoi que ce soit de ces horribles choses. D'ailleurs, on va pas veiller hein… Je suis désolé mais j'ai pas tout récupéré encore…

Non c'est sûr, et puis quand même après notre journée à courir partout… Je dors où ?

Avec moi., sourit Dean.

Non ? Ta mère veut bien ? sourit Castiel.

Bah on a pas aménagé la chambre d'ami, enfin on en a fait un bureau plutôt. Alors à moins que tu dormes dans le salon et ça c'était hors de question…

Tu m'as habitué à dormir avec toi... Alors j'ai pas envie de changer ça... En plus je t'ai dit, tu me tiens chaud... »

Castiel le prend par le col pour aller lui dévorer la bouche avec envie. Dean sursaute, un peu surpris puis sourit et enfin répond au baiser avec chaleur. Ses grandes mains de pianiste se glissent amoureusement sous un tee-shirt, palper la peau du creux des reins comme nouveau clavier. Ces nouvelles sensations, Dean les aime. Son cœur bat plus vite, il est en vie. Alors pour vivre encore, il recule jusqu'à son lit et y tombe avec son petit ami.

Castiel sent son cœur qui fait un looping alors qu'il lâche un petit bruit étouffé, coincé dans ses bras. Dean rigole, ne s'attendant pas au bruit incongru. Il l'embrasse dans le cou.

« J'vais dans la salle de bains. Fais comme chez toi, d'accord ?

Castiel se mord la lèvre une seconde, aimant la sensation de ses lèvres à cet endroit.

D'accord. »

Dean va alors à la salle de bains, se laver, se faire beau, encore un peu pour Castiel. Face au miroir, il inspecte son corps. Plus gros, enfin il est toujours maigre mais plus à faire peur. Il va devoir reprendre du muscle aussi, tout est mou. Ses cheveux reviennent même si c'est pas toujours très égal... Mais la maladie s'en va.

Il passe dans la chambre de Lise pour voir si elle dort. Dean va même l'embrasser sur le bout du nez, souriant.

Castiel sur le lit ne fait pas grand chose. Il se prélasse dessus, respire un oreiller, regarde le mur blanc et le petit bracelet perdu au milieu...

Enfin il finit par se déshabiller pour enfiler un pyjama. Dean lui revient en caleçon. Il sait déjà qu'il aura chaud, alors bon. Il indique à Castiel où est la salle de bains et se retrouve à son tour seul. Il éteint la musique et la grande lumière, ne laissant que celle à son chevet.

Sa mère tape à la porte. Elle voulait leur dire bonne nuit.

Castiel en a profité pour se brosser les dents et se passer le visage à l'eau, le vent avec le sel ça tire et ça pique. Il revient dans la chambre et dit bonne nuit à son tour à Hélène... Elle laisse les deux garçons, demandant à Castiel de ne pas faire trop veiller son fils, puis elle ferme la porte. Dean, déjà dans son lit, tend les bras vers son petit ami.

Castiel a un pincement dans le cœur et va le rejoindre dans le lit, se glissant sous la couette épaisse. Dans le noir, dans le calme, sans même un bruit d'hôpital… Mis à part celui de la mer…

Dean caresse son visage, qu'il tient affectueusement entre ses mains. Rien qu'en le regardant, il sait qu'il n'a pas le droit de partir, que Castiel et sa fragilité ne le supporteraient pas.

Il ne dit rien de ses sombres pensées. Le silence leur suffit amplement. Castiel s'installe contre lui, fait glisser ses doigts sur torse, découvre tout bien. Son corps et son grain de peau... Cependant il ne reste que sur le haut, n'osant pas s'aventurer plus loin. Et puis c'est largement suffisant. Juste lever les yeux de temps en temps pour se perdre dans les siens. Et voir son sourire s'élargir sur son visage, se transformer même en rire muet.

Dean roule dans le lit pour mettre Castiel sous lui. C'est quand même mieux son lit deux places que le petit lit de l'hôpital ! Castiel encore le cœur qui s'affole et les papillons qui s'en donnent à cœur joie...

« Arrête de faire ça..., souffle-t-il, souriant.

De quoi mon p'tit Cas' ?

Me renverser ! Mon cœur a du mal à suivre... Il est pas habitué tu sais...

Justement faut que je le refasse pour que tu t'habitues ! rit Dean à ses lèvres.

T'es terrible... Bourreau. »

Castiel lève la tête pour ravir ses lèvres, une de ses mains glisse de la nuque de Dean jusque tout le long de son dos... Dean frissonne, sourit. C'est un peu nerveux, il n'y peut rien.

Il se détend, relâche ses muscles et tombe sur le matelas. Regardant Castiel de côté. Il pourrait passer la nuit à faire ça mais là, il est un peu fatigué...

Castiel lui tourne le dos et prend une de ses mains pour l'attirer vers lui... Qu'il le prenne dans ses bras et le garde comme ça... Il aime... Dean aussi. Il peut vraiment le protéger comme ça. Une main sur le ventre, sage, et son nez dans ses cheveux. Sa bouche glisse jusqu'à l'oreille qu'elle embrasse et lui souhaite de passer une bonne nuit... Castiel lui retourne le souhait, il caresse le bras de son amoureux du bout des doigts, presque à le chatouiller... Mais là plus rien ne peut l'atteindre. Non, parce que Dean dort déjà. Même s'il sourit un peu, qu'il bouge, c'est pour mieux se rendormir. Castiel met du temps à s'endormir, parce qu'il n'a pas envie. Qu'il est bien ici... Avec lui. Que les dernières heures étaient magiques...

Magique, le réveil l'est aussi. Ils n'ont pas bougé, toujours dans les bras l'un de l'autre. Dean le tire de force du lit, les gardant entortillé dans la couette. Il actionne les volets automatiques pour les lever et montrer à Castiel. La mer. Au soleil levant.

Le petit brun maugréé quelques secondes, puis grelotte quand la couette glisse, puis il voit le levé de soleil pâle sur la mer calme… Il ne dit plus rien, ne râle plus… Il est juste bien là contre Dean qui a remonté la couette bien sur eux. L'eau est brillante, comme des éclats dorés sur le bleu… C'est vraiment superbe.

Pourquoi n'est-il jamais venu voir les levés de soleil ? La ville est si petite, il n'en aurait pas eu pour longtemps ? Sûrement parce que ça n'aurait eu aucune saveur, que sans Dean ça n'aurait pas été à la hauteur de ça… Dean sourit. Il regarde le visage de Castiel changer, passer de la colère à l'émerveillement. Il l'embrasse tout doucement, fait attention à ce qu'il n'ait vraiment pas froid parce qu'il ouvre la porte vitrée pour les amener sur le balcon. Le froid pique un peu les joues mais ça vaut le coup. Castiel lui est gelé jusqu'à l'os, après avoir eu bien chaud dans les bras de Dean à en ouvrir sa chemise pendant la nuit. Il reste tout collé à lui. Mais Dieu que c'est bon de profiter du soleil... Dean l'allonge sur le transat et reste contre lui, la couette sur eux. Ils ne vont certainement pas continuer la nuit ici. Juste le temps que Castiel découvre le spectacle que lui a tous les matins depuis une semaine. Voilà Castiel est mieux là, le nez dans le cou de son amoureux... Il regarde d'un œil le soleil, un bras sur son torse, leurs jambes entremêlées. Dean tremble un peu, il frotte fort Castiel, fait attention à lui que ça soit à l'hôpital ou dans le monde réel, Dean le protégera toujours.

Castiel ferme les yeux, il est presque sur le point de s'endormir à nouveau... Dean lui procure sa chaleur... Tout est comme il faut.

« Mon p'tit Cas', on va se rentrer ? souffle Dean à son oreille.

Mmoui… C'est beau mais je suis encore fatigué…, marmonne Castiel dans son cou.

Et puis tu vas avoir froid. Et ma mère va me tuer si elle me voit là... »

Castiel sourit et se redresse avec lui, tentant de rester enrouler dans la couverture. C'est pas évident de rentrer et éviter de s'écrouler par terre ! Enfin c'est sur le lit qu'ils finissent par tomber, en travers, tout débraillés. Dean choisit la position étoile de mer version ventrale. Son bras droit s'agite dans l'air pour trouver Castiel tout en bafouillant :

« Dodo... »

Castiel sourit et lui grimpe dessus pour aller embrasser sa nuque... Il sent si bon aussi... Dean cherche à attraper ses mains. Voilà, comme ça, il peut s 'endormir rapidement. Sauf que Castiel n'a pas envie de laisser son ami dormir et récupère une main pour la glisser le long de ses côtes, va embrasser sa joue, sa tempe... Dean sourit. Il bascule légèrement sur le côté pour faire tomber Castiel et lui faire poser les mains sur son ventre.

« Mon Ange..., souffle Dean.

Non... Mon ange..., sourit Castiel.

Mmmh, j'ai pas le droit d'utiliser le même surnom moi ?

Mais c'est toi qui m'as sauvé, c'est toi mon ange gardien...

Castiel se rapproche encore et l'embrasse.

Tsss, bêtises. Laisse-moi dormir maintenant., sourit Dean.

Oui... »

Castiel ferme les yeux, cette fois décidé à laisser Dean dormir. Avoir assez de force pour être en vie c'est important.

Gabe rentre du lycée. Aujourd'hui pas d'arrêt à la cuisine pour un goûter aux petits pains-Nutella. Il prend le paquet, le pot, un couteau sans dent et monte direct dans la chambre de son frère où il entre sans frapper. Castiel sursaute tout ce qu'il peut, assis à son bureau.

« Haaaa mais tu m'as fait peur ! Ça va pas ?

- Oh ça va, j'viens prendre le goûter avec toi, j'ai bien le droit. Alors chez Dean ? fait Gabe sans attendre.

J'aurais dû m'en douter tiens... T'es vraiment trop curieux.

Il baisse la musique et fait de la place à son frère sur le bureau. Celui-ci s'installe et découpe son premier pain avant de le fourrer de Nutella.

Je m'intéresse à ta vie sociale enfin existante ! C'est tout.

C'est pas la peine de te moquer de moi...

Castiel le regarde et fronce les sourcils.

Mais non. Allez Cas', on se dit tout, on va pas arrêter maintenant quand même.

Moui j'sais bien...

Castiel soupire et arrête d'écrire, retournant sa feuille, puis trempe son doigt dans le pot de Nutella.

Bon vas-y j'attends tes questions !

T'écris quoiii ? fait Gabe, fronçant les sourcils.

Une lettre pour Dean., marmonne Castiel, reprenant du Nutella.

Hum... Et ? T'as pensé à ce dont on a parlé la dernière fois ?

Moui... J'y ai pensé...

Et ? Vous avez fait quoi alors ?

Rien., sourit Castiel piquant finalement un petit pain.

Alors toi tu fais ça pour attirer ma curiosité. Je craquerais pas ! s'énerve Gabe tout seul.

Pour la peine, il lui prend le paquet de pains des mains. Nah.

Maiiis ! Je veux des petits pains moi !, chouine Castiel. On a rien fait du tout, on s'est baladé tout l'aprem, on a dormi, on s'est réveillé, et on mangé et maman est revenue me chercher !

Ha vous avez dormi ensemble ! fait Gabe, victorieux. ET ? insiste-t-il.

On a dormi ensemble et c'est tout ! Non mais…

Alors c'est un mec bien., sourit Gabe, content pour son frère.

Bah heureusement.. pourquoi tu dis ça ?, Castiel croque dans son petit pain.

J'sais pas mais... Il aurait pu profiter de toi vu que t'étais pas bien, j'avais peur tu sais., confie Gabe.

Castiel sourit doucement à son frère, ça lui fait tellement du bien d'entendre ça.

T'en fais pas… Il est fragile lui aussi… On prend soin l'un de l'autre… Et tu sais, j'ai un peu essayé de le pousser, mais je sais pas, c'était pas… Y'a rien eu de plus…

Il veut pas ? s'étonne Gabe.

Non je sais pas… Mais il est fatigué tu sais… Et puis, non on en a jamais parlé. On s'est juste embrassé un soir et depuis on continue, on est bien ensemble…

Pas prise de tête le mec quoi., essaye de rire Gabe. Bon c'est cool. Je te laisse, j'ai un devoir d'éco demain, faut que je le bosse...

Berk… Je t'en prie, débrouille-toi bien ! Moi je continue ma petite lettre…

Castiel prend un dernier petit pain.

Oh mais c'est pas vrai ça, t'as rien foutu aujourd'hui et tu manges deux fois plus que moi ! Non mais ! »

Riant, Gabe s'empare du paquet de petits pains et du Nutella avant de s'en aller bosser dans sa chambre.

« Deeeaan ! T'as du courrier ! »

L'adolescent s'arrête de jouer du piano au signal de sa mère. Il va récupérer l'enveloppe. Son nom et son adresse en lettre manuscrite. Ce n'est donc pas son relevé bancaire ou une pub pour un magasine quelconque pour une fois. En vérité, il se doute même un peu de qui il s'agit mais chut, il se garde la surprise jusqu'au bout.

Il va s'installer dans sa chambre, au calme, sur son lit. Il a mis un peu de Coldplay en fond, le premier album, le plus jazzy. Parfait.

« Bonjour mon ange.

Oui, je sais ça sert pas vraiment à grand chose de t'écrire une lettre alors que je peux te voir souvent (bon pas trop quand même hun… Ça va attirer l'attention) mais j'avais envie. Ça m'occupe au moins quand je suis tout seul.

Et puis tu sais j'aurais encore des milliers de choses à te dire, oui déjà que je passe mon temps à te saouler de paroles (qui est le plus bavard de nous deux maintenant ?) mais je trouve que certaines ne se disent pas comme ça dans une conversation… Enfin je me vois mal t'en parler comme si de rien était.

J'aurais envie de te parler de nous… Enfin de… Mince comment dire ? J'en ai parlé avec Gabe et c'est lui qui m'a fait réaliser (tu sais que je dis tout à mon frère quasiment…), que nous deux c'était… Platonique. Enfin, on s'embrasse, on se câline, on reste collé l'un à l'autre. Mais… Comme toi et moi on a jamais rien fait… Je veux dire, au delà de ça… Je sais que je suis confus, je réfléchis en même temps que j'écris c'est pas très évident ! Mais Gabe m'a demandé si toi tu avais envie et j'ai pas vraiment su quoi lui répondre…

Tu as envie ? Je veux dire… De moi ?

C'est tellement étrange de dire ça, je m'étais déjà jamais imaginé embrasser un garçon, alors après, j'y connais rien du tout… Et toi non plus peut-être… J'ai pas spécialement peur, et j'ai pas non plus envie de forcer les choses. Mais bon, avec l'autre qui me parle que de ça, ça finit par me travailler…

Enfin… Moi j'ai envie. Parce que je suis bien avec toi, dans tes bras, dans ton lit… Ça doit être bon… Surtout avec l'effet que tu me fais (oui arrête de me renverser hun, je vais devenir cardiaque moi sinon…).

Bon… Je vais peut-être me taire… Je te raconterai des choses plus intéressantes sûrement une prochaine fois. On a encore beaucoup de temps !

Je t'embrasse.

Ton petit Cas'. »

Dean a les yeux grands ouverts à la fin de la lettre. Wahou. Lui est vraiment à des années lumière de toute la réflexion qu'a menée Castiel. Eux... Au-delà... Tous ses mots le font soudain réfléchir.

Il n'hésite pas. Il prend son portable. Menu messagerie.

« Cas'... J'ai lu ta lettre. Ça me travaille aussi maintenant. »

Castiel prend son portable alors qu'il regarde la télé avec Gabe, ça ne peut être que Dean.

« Je te laisse un peu je reviens..

C'est ça, va parler avec ton chéri.

Jalouuux ! Ecris à Pauline. »

Il monte dans sa chambre et va s'installer sur son lit pour être tranquillement installé. Il se prend un coup de chaud d'un coup en lisant le SMS…

« Ah.. Bon bah j'étais pas le seul qui avait besoin de quelqu'un pour le pousser à ouvrir les yeux.. ça me rassure.. »

« Bah... J'me dis que si on y a pas pensé jusque là, c'est qu'on en a pas besoin, c'est tout. Enfin... J'ai envie de toi oui, d'être avec toi, de passer encore des nuits avec toi... :). Mais pas de... De ça. »

Castiel à un nœud dans l'estomac.

« Pas de ça ? Tu as pas envie ? »

Dean soupire. Lui et les mots, ça fait trois parfois.

« Cas'... Pas encore. Laisse le temps... Laisse venir. Quand tu m'as embrassé la première fois, c'était pas planifié. Et pourtant c'était... Wahou. J'me dis que le reste viendra pareil. »

« Oui je laisse venir pardon.. c'est pas ce que je veux dire, je veux pas passer pour un pervers qui pense qu'à ça, ou bousculer les choses.. »

« Je ne te vois pas comme ça. C'est le vilain Gabe qui te met des idées pas possibles en tête j'suis sûr ! »

« Il a dit que tu étais quelqu'un de bien, alors fait attention à ce que tu dis ^^ ! Non mais bon… Moi tu sais rien jamais rien fait. Mais rien… Rien….. »

« Et alors ? :). »

« Non… Je sais pas. C'était pour dire vraiment que c'était pas dans mes idées… Si même moi je me suis jamais touché, alors bon… Pour nous on verra. »

« Hum... On verra Cas', c'est bon t'en fais pas.

Ça va toi sinon ? »

Castiel se tape sur la tête avec son portable, il a vraiment l'impression de passer pour celui qui ne pense qu'à ça malgré tout.

« Oui tout va bien, je vais aller passer le week-end chez mon père à Marseille… C'est super bizarre de faire ça… On appréhende avec Gabe… »

« Ha... J'peux pas trop imaginer mais bon. J'suis là hein, si t'as besoin. Je t'appellerai s'il faut. »

« Merci… 3 je te dirais de toute façon. Et toi tu vas bien ? »

« Tu me manques la nuit mais ça va. Lise est contente parce qu'elle m'a pour elle toute seule. Je suis incollable sur Frisapla quoi. »

« Tu en as de la chance dit donc ! En tout cas j'en connais une qui doit être contente ! »

« Ha ça... Je moisis quand elle est pas là, j'ai rien à faire quoi. »

« Pareil... Gabe peut pas ne pas aller en cours... Même si je le supplie. Tu as pas de ligne de bus près de chez toi ? Que je puisse te voir un peu plus… »

« Et j'pourrais venir moi ? »

« Bah oui évidemment, il y a personne la journée chez moi. »

« Après-demain c'est mercredi, ma mère travaille pas. Redonne-moi ton adresse :). »

Castiel sourit tout seul. Son amoureux va venir chez lui. Gabe rentre à 15 heures, mais c'est pas lui qui les embêtera s'il le prévient. Il re-note alors son adresse dans un texto.

Entre deux, Dean a reçu un texto de Mike, son meilleur ami à Paris. Auquel Dean a répondu, lui disant que tout allait bien. Si bien que quand il fait 'Composer un nouveau message', le premier destinataire dans les récemment utilisés est... Mike. Et pas Cas'. Et ça, Dean n'y fait pas attention quand il envoie :

« À mercredi. Tu me manques... »

À sept cents kilomètres de là, Mike est surpris de sentir à nouveau son portable vibrer. Et encore plus de lire le message de la part de Dean. Ha, son meilleur pote aurait enfin quelqu'un ? Mais qui vu qu'il n'est pas retourné en cours ? Sa curiosité s'agite pendant le cours d'Espagnol. Tant pis. Son pote passe avant.

« Oh moi aussi mon tendre Deanno... Non mais oh, t'as une dulcinée et tu m'en parles même pas ? »

Dean sursaute en lisant le message. Et surtout en voyant l'expéditeur... Il vérifie ses textos envoyés. Merde il a bien commis l'erreur ! Qu'est-ce qu'il va pouvoir dire à Mike... Putain, ça il y avait pas encore pensé. Ça lui apprendra à rien prévoir. Rien du tout.

Il y aurait aussi la solution de facilité de ne pas répondre. Oui, c'est sûr. Mais il ne se voit pas faire ça à Mike...

« Euh ouais... Enfin c'est pas certain encore. »

Pieu mensonge. Encore pire.

Dean Winchester n'est vraiment pas sorti d'affaires...

Castiel retourne dans le salon, n'ayant pas de réponse. Il se colle à son jumeau, qui lui le regarde bizarrement.

« Va pas ?

Mmmhh... J'en ai parlé à Dean, il a pas l'air réceptif...

T'es certain ? Tu interprètes pas un peu ?

Non... Enfin il m'a dit qu'on était pas à ça et qu'on verra.

Bah vous êtes pas pressés...

Non... Mais j'aurais aimé qu'il aie plus envie que ça...

T'en demandes trop Cas'...

Je sais... »

Mike ne démord pas. La réponse de son meilleur pote ne lui convient absolument pas. Il va l'appeler ce soir, pas moyen. Ce beau gosse de Winchester, il était temps qu'il trouve une copine non mais ! Voilà ce que se dit Mike, rangeant son portable sous le regard attentif du prof d'Espagnol.

« Heey Dean, non mais tu m'as mis la puce à l'oreille là ! Je veux des détails!, s'enflamme Mike marchant à son arrêt de bus, le téléphone vissé à l'oreille.

He ho on se calme là ! rit Dean à l'autre bout du fil. Déjà, salut, ça me fait plaisir de t'avoir Mike.

Ouais, ouais moi aussi ! Non allez crache le morceau ! Tu me caches quoi là ? Tu t'es trouvé une meuf dans le sud ? Une toute bronzée en bikini ? Genre Laura quoi !

Euh Mike..., Dean hésite à exploser de rire. Alors je veux bien être dans le sud mais ici aussi c'est l'hiver, alors à la plage t'as que des vieilles mamies en combinaison trop sex !

Erk. Non mais bon... Alors sinon tu t'es tapé une étudiante infirmière à l'hosto ? Paraît qu'elles sont super chaudes... Allez ! Arrête de tourner autour du pot !

C'est pas une infirmière... Et t'as toujours autant les hormones qui te travaillent toi ! rit Dean.

Qui à 16 ans a pas les hormones qui travaillent ! On est entourés de cul et de nanas partout...

Oh mon Dieu ! explose Dean de rire. Putain mais qu'est-ce que ça doit être les samedis soirs avec toi maintenant... Je plains Laura !

Haaaa non ! Mais oh, tu détournes la conversation là ! C'est de toi qu'on parle !

Pfff ouais... »

Dean tourne en rond dans sa chambre depuis l'appel de Mike. Il l'a pris de court. Il ne sait pas quoi lui dire. Mentir serait beaucoup plus simple. Mais mentir à son meilleur pote ? Dilemme. L'ange et le démon s'affronte sur ses deux épaules là. Mentir au début puis après... Mais Mike le prendra mal. D'un autre côté, lui si macho ne tolérera pas de le voir avec un mec. Et hors de question de le perdre. Bon. Dean avisera plus tard.

« C'est une fille qui était en psy après une TS., lâche Dean, la voix tremblante.

Noon ? Mais c'est pas vrai, tu pouvais pas en prendre une qui soit un peu plus joyeuse ? Un TS, non mais sérieux... Dean...

Tu... Tu la connais pas Mike... C'est bon, elle est sortie de sa dépression, enfin je crois et puis c'est bien. On est bien. Tu veux pas mon bonheur ? tente Dean.

Bahhh si... Bon si elle te fait pas de chantage au suicide ça va. Après tu vas te sentir coupable si il se passe quelque chose... Si tu veux la quitter et qu'elle fait quelque chose ? Je veux t'aider moi hun !

J'y avais pas pensé..., souffle Dean.

Tu penses jamais à rien Winchester ! rit Mike. T'es super intelligent mais faut quand même tout te montrer.

J'viens de me mettre avec elle. J'ai pas envie de penser à quand j'la quitterai, c'est tout.

Bah je me doute mais fais gaffe à toi quoi. Bon. Tu te l'envoies mercredi alors d'après ton SMS ?

J'en sais rien... I... Elle m'en a parlé mais bon pour le moment, j'vois pas trop l'intérêt.

Dean s'est rattrapé de justesse, il en a bien conscience. D'un autre côté, s'il peut avoir l'avis de son meilleur pote là dessus, ça le rassure...

Tu vois pas trop l'intérêt ? Non mais ta maladie t'a tué les hormones toi putain !

Dis-moi Mike, tu hurles comme ça dans le bus ou t'es tout seul ? rit Dean.

Le jeune homme regarde autour de lui. Merde.

Ouais non je suis dans le bus... T'as bien fait de me le rappeler... Mmh. Euh donc. Tu détournes encore la conversation.

Écoute Mike, j'ai passé deux mois dans un lit d'hôpital. Alors non, j'ai pas eu le temps de penser à tout ça., fait Dean, direct.

Ouais bon je sais... Mais bon sinon toi tu vas bien ? Hein, depuis ta sortie tu es bien ?

T'en fais pas Mike, ça va. J'essaye d'être là au Nouvel An. Vous le faites chez toi cette année ?

Y'a des chances ouais ! Tu nous ramèneras ta chérie hun ! »

Dean ne promet rien. Pas de plan dans le futur. Surtout qu'il est sur que sa mère y mettra son veto. Bref, il salue Mike, le plaignant pour son forfait appauvri !