Tout d'abord merci à tous pour vos reviews qui me font chaud au coeur !

Je met cette suite assez rapidement mais je ne suis pas sûr de pouvoir l'avancer avant la fin de la semaine voir de la semaine prochaine.


Première partie

Elizabeth Bear a dis un jour : « Le secret pour s'en sortir avec un mensonge, c'est d'y croire de toutes ses forces. C'est d'autant plus vrai lorsqu'on se ment à soi-même que lorsqu'on ment aux autres. »

Prête à enfoncer la porte au moindre signal de Hotch, Emily gardait les yeux rivés sur son supérieur. Glock 19 à la main, gilet par balle arborant « FBI », elle guettait chacun de ses gestes. Autour d'elle, les autres membres de l'équipe s'étaient regroupés pour former un mur d'agents fédéraux prêts à résister à la fuite de leur suspect.
Le cœur de la jeune femme battait de plus en plus fort, à mesure que la tension augmentait et que leur entrée se faisait proche. Chacun de ses muscles étaient parcourus par l'adrénaline.
Cela faisait des semaines que les profilers tentaient d'appréhender le pyromane qui sévissait à Saint Louis. Très intelligent, il avait presque réussi à duper la police et le FBI. S'il n'avait pas commis une mince erreur lors de son dernier incendie, alors Emily n'était pas sûr qu'ils auraient pu être aujourd'hui devant son appartement pour l'arrêter.
Son regard s'attarda un instant sur ses collègues. Si Reid paraissait anxieux, Morgan arborait son air sérieux, tout son corps tendu vers l'arrestation qui n'allait plus tarder. Rossi se tenait contre le mur à gauche de la porte, et gardait les yeux fixés sur Hotchner, positionné sur la droite.
L'intervention allait commencé. Elle pouvait le voir à la façon dont la mâchoire de son chef se serrait, la manière dont son poing se fermait, prêt à frapper à l'appartement.
Emily eut un dernier regard par dessus son épaule, là où J.J avait pris place. Inconsciemment, Prentiss était venue mettre devant elle, comme pour lui offrir une protection sans doute inutile.
Leurs yeux se rencontrèrent et la jeune femme eut un sourire pour elle dans lequel se mêlait des encouragements et des mises en garde.
Le poing de Hotchner se leva.

- Trevor Evans ! cria-t-il en frappant contre la porte verte. FBI ! Ouvrez immédiatement !

Seul un bruit sourd leur répondit. C'était tout ce qu'il leur fallait.
D'un regard, le profiler ordonna à Morgan de défoncer l'entrée, ce qu'il fit à grands coups de pieds efficaces. Les gonds ne mirent pas longtemps à céder sous la pression et laissèrent le passage à l'équipe d'intervention. Les uns après les autres, ils pénétrèrent à l'intérieure, l'arme au poing.
Emily se fraya un passage et procéda aussitôt à l'examen des lieux pour repérer leur homme.

- Prentiss, la cuisine! ordonna Hotch avant de disparaître dans une autre pièce. Morgan, avec moi !

La jeune femme s'y rendit aussitôt.
Elle était certaine que Evans se trouvait dans son appartement. Et il n'allait pas leur échapper cette fois. Il sortirait, menottes aux mains, ou balle dans la tête.
D'un coup de pied elle fit voler la porte de la cuisine et s'apprêtait à entrer lorsque quelque chose la percuta violemment, lui arrachant un cri de douleur et de surprise mélangés. Mais la jeune femme n'eut pas le temps de voir ce qui venait de la frapper.
Un bruit de verre brisée lui fit rouvrir les yeux qu'elle avait fermé sous le choc et elle n'entraperçut qu'une seconde leur suspect se précipiter dans l'escalier de secours.

- Il s'enfuit par derrière! hurla-t-elle à son équipe.

Réagissant au quart de tour, Emily n'écouta pas les ordres de Hotchner et rangea son Glock avant de foncer à sa suite. Sans réfléchir, elle enjamba la fenêtre brisée et se retrouva sur l'escalier en ferrailles, unique porte de secours pour Evans.
L'homme était à peine à quelques niveaux en dessous d'elle et la jeune femme descendit les marches deux à deux pour tenter de le rattraper.

- FBI arrêtez ! cria-t-elle en sautant les quatre dernières marches.

Mais le criminel ne l'écouta pas. À la place il passa par dessus la rambarde et se laissa tomber à même le sol, s'écrasant par terre dans un cri de douleur.
Un sourire naquit sur les lèvres d'Emily. Cet idiot venait sûrement de se blesser et n'en serait que plus facile à rattraper. Et son hypothèse se confirma lorsqu'il se releva et s'éloigna en boitant aussi vite qu'il le pouvait.
Un dernier saut et l'agent se retrouva sur le bitume. Elle se redressa rapidement et se mit à courir. Il n'allait pas lui échapper bien longtemps.
L'homme lança un regard apeuré derrière lui et accéléra, tournant dans une ruelle étroite qu'Emily ne tarda pas à gagner à son tour, plus rapide et plus légère que lui. Elle le talonnait, ses pas martelant durement le sol sous ses pieds, le souffle court. Son gilet par balle lui pesait et elle l'aurait volontiers retirer pour être plus libre de ses mouvements. Son arme, elle, frottait contre sa cuisse à chaque foulée. Mais ce contact était des plus rassurants.
La jeune femme porta son regard loin devant le fugitif et une lueur de victoire s'alluma dans ses yeux. Un grillage bloquait le passage, et avec sa jambe blessée, Evans n'aurait sûrement pas la force ou l'agilité d'y grimper.
Elle profita de cet avantage considérable et s'arrêta en plein milieu de la ruelle pour s'emparer de son pistolet qu'elle leva devant elle.

- Pour la dernière fois, arrêtez-vous immédiatement ! ordonna-t-elle, le canon pointé dans le dos du criminel.

Mais elle avait sous-estimé son adversaire. Avec un glapissement de peur, celui-ci s'écarta de sa trajectoire et escalada une benne à ordures.

- Et merde ! jura Emily en comprenant ce qu'il allait faire.

Elle rangea son arme à temps.
Evans venait de sauter par-dessus l'obstacle et prenait déjà la direction de la rue principale, alors que la jeune femme suivait seulement son parcours. Les doigts accrochés au grillage, elle l'enjamba prestement et retomba de l'autre-côté pour s'élancer à sa suite.
Des gens les regardaient courir, de l'étonnement et parfois de la peur sur le visage. Ils s'écartaient avec un cri indigné du passage de Evans et suivaient des yeux celui d'Emily. Sans doute devaient-ils se demander ce qu'il se passait et qui était cet homme qu'un agent du FBI poursuivait.
Déconcentré par tant de monde, le pyromane percuta de plein fouet un passant et s'écroula à terre, offrant une dernière chance à Prentiss pour l'attraper. Ce qu'elle fit aussitôt.
Il tenta de se relever mais la jeune femme se jeta sur lui et ils retombèrent au sol avec un bruit sourd. Sans traîner, Emily lui mit un genou sur le dos pour le maintenir et sortit ses menottes qu'elle serra aussi fort qu'elle le pouvait autours de ses mains, lui arrachant un grognement.

- Trevor Evans, récita-t-elle en épongeant son front du dos de la main, vous êtes en état d'arrestation.
- C'est pas moi, j'ai rien fais
! protesta l'homme en se débattant. Je vous dis que c'est pas moi ! Je suis innocent !
- Mais oui c'est ça. Tu diras ça à ton avocat.

Elle se releva, l'entraînant sans douceur avec elle, et ordonna au passant de reculer avant de pousser son prisonnier contre le mur.

- Je ne te conseille pas la fuite, prévint Emily en tapotant son Glock. Tu risques de ne pas apprécier.

Sans le quitter du regard, elle appela ses partenaires et indiqua sa position pour qu'ils puissent la rejoindre. Ce qu'ils firent sans tarder car déjà Prentiss pouvait entendre les sirènes des voitures qui se garèrent près de l'endroit de l'arrestation.
La mine sévère, Hotchner descendit du premier véhicule, suivit par le reste de l'équipe.

- Tu as été imprudente Prentiss, dit-il à voix basse. Tu aurais dû nous attendre.
- Il fallait que quelqu'un le poursuivre, Monsieur. On ne pouvait pas prendre le risque qu'il s'échappe.

Son supérieur hocha la tête. Même s'il ne le dirait pas, Emily pouvait sentir la fierté qu'il éprouvait en cet instant. Et elle ne le remercierait jamais assez de lui avoir la chance de faire partie de cette équipe, quatre ans plus tôt.
Morgan s'approcha d'elle en souriant et lui mit une tape amicale sur l'épaule.

- Bien joué Prentiss, plaisanta-t-il. Mais j'aurais pu m'en occuper tu sais.
- Je n'en doute pas
, répondit-elle en riant.
- Regarde, maintenant tu as une blessure de guerre.

Avec la poursuite, Emily en avait oublié sa blessure à la tête. Touchée à l'arcade, un filet de sang courait sur son visage en un sillon rougeâtre.

- Emily !

La jeune femme se retourna à temps pour voir J.J se précipiter vers elle, le visage peint par l'angoisse.

- Est-ce que ça va ? demanda-t-elle en posant sa main sur son bras. Tu es blessée...

Elle esquissa un geste en direction de sa blessure mais se ravisa, se contentant de la couver d'un regard plein d'inquiétude.

- Ce n'est rien, la rassura Emily. Je t'assure.

Derrière son amie, le pyromane tentait tant bien que mal de se défendre et de persuader les agents qu'il était innocent. Mais Derek l'enferma sans ménagement dans la voiture avant de refermer la porte.

- Un tarée de moins dans la rue, annonça-t-il en se frottant les mains.

Un seul.
Depuis quatre ans que Emily avait été transféré dans ce service, elle avait l'impression que plus ils mettaient d'hommes en prison, plus de nouveaux criminels faisaient leur apparition. Parfois, il lui arrivait d'être lassée de cette rengaine incessante. C'était comme si tous leur effort pour rendre le monde plus sûr était finalement voué à l'échec. Un gigantesque jeu du gendarme et du voleur. Sauf que les voleurs gagnaient toujours. Ils se remplaçaient, les uns après les autres. Toujours plus violents, toujours plus sadiques. Ils semblaient sur terre dans l'unique but de démontrer que l'humanité était condamnée, parce que au fond, l'être humain abritait des instincts meurtriers des plus sombres. Et à chaque étincelle que le FBI pensait allumer en mettant un criminel derrière les barreaux se retrouvait soufflé par l'arrivée de son successeur, plus dangereux encore.
Exténuée, Emily suivit sans protester l'ambulancier pour soigner son arcade. Près d'elle, J.J ne la quittait pas du regard et semblait tiraillée entre l'envie de lui reprocher son manque de prudence et celle de la prendre sans ses bras, soulagée qu'elle n'ait rien de plus grave. Prentiss la connaissait par cœur, et ce petit instinct maternelle que son amie projetait sur tous les membres était sans aucun doute l'une de ses qualités les plus séduisantes.
Ce fut sans même qu'elle ne s'en aperçoive réellement qu'Emily se retrouva installée, plusieurs heures plus tard, dans le jet en plein vol. La tête encore douloureuse, elle gardait les yeux fermés pour tenter de plonger dans un sommeil qui semblait l'éviter depuis plusieurs jours.

- Est-ce que ça va ?

Emily rouvrit les paupières. Rossi, les bras croisés sur son ventre, l'observait d'un masque impassible, comme à son habitude.

- Ouai, répondit-elle avec un sourire. Je suis juste un peu fatiguée ces temps-ci, je ne dors pas beaucoup. Rien de grave.
- La privation de sommeil augmente le risque de diabète et la prise de poids
, informa Reid, plongé dans un roman. Elle est également facteur d'une anxiété croissante, de la baisse de l'activité physique et...
- Merci petit génie
, intervint Morgan en tapotant son épaule. On a compris.

Spencer eut un regard perdu puis trouva son livre plus attrayant et ne tarda pas à se replonger à l'intérieur, non sans afficher une nouvelle mimique.
Un rire secoua Derek et mit peu de temps à se transmettre au reste de l'équipe.
Emily ne se lassait pas de voir ces instants de calme et de joie. Après tout ce qu'ils vivaient au quotidien, ces moments étaient privilégiés, et devenaient un véritable baume pour le cœur.
Pourtant, une personne ne partageait pas cette bonne humeur. Assise au fond de l'appareil, la tête posée sur sa main et les yeux rivés au travers du hublot, J.J semblait absente, bien loin de toute cette jovialité. Cet air songeur la rendait plus attirante que jamais et Emily ne put, pendant de longues minutes, détacher son regard de son visage. Ses longs cheveux blonds encadraient son visage fin et de chacun de ses traits émanaient une douceur incroyable. Et son regard d'un bleu profond achevait d'envoûter Prentiss. Cela faisait des mois maintenant que la jeune femme avait pris conscience de ses sentiments envers elle et, si elle se forçait à les taire, Emily ne faisait cependant rien pour les effacer.
Le cœur battant, elle se leva et rejoignit J.J pour s'asseoir à ses côtés. Quelques secondes s'écoulèrent sans qu'elle ne détourne les yeux de son amie.

- Tout va bien ?demanda-t-elle finalement.

Sa collègue eut un sourire qu'elle aurait sans doute voulu sincère mais ne réussit pas à duper Emily. Celle-ci l'encouragea d'un regard à se confier à elle et J.J finit par soupirer en reposant sa tête sur le siège.

- Henry et Will te manquent ?interrogea Prentiss.

Le simple fait de penser à son mari lui serrait le cœur. Mais, comme à chaque fois, elle se concentra sur Jennifer et se força à être là pour elle.

- Oui mais...débuta son amie avant de se raviser et de plonger dans son regard. Tu aurais pu être blessée aujourd'hui. Tu as été blessée ! Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu sois aussi inconsciente ?

Un sourire se dessina sur les lèvres d'Emily. Ainsi donc c'était à cause d'elle, et non pas de Will, que J.J se trouvait dans cet état. Parce qu'elle s'était inquiétée pour elle sans penser à son mari.

- Il n'y a rien de drôle Emily.
- Evans m'a frappé alors que j'entrais dans la cuisine J.J
, expliqua patiemment Prentiss. Qu'il se soit enfui ou non, ça n'aurait rien changé.
- Et s'il avait eu une arme et qu'il t'avait tiré dessus pendant sa poursuite ? Tu as pensé aux conséquences ?

Elle semblait véritablement en colère. L'inquiétude qui l'avait animé en retrouvant Emily la tête en sang l'avait plongé dans de sombres pensées.
Sans réfléchir, la brune glissa sa main dans la sienne et se rapprocha, laissant son parfum de vanille l'envahir.

- Je suis désolée de t'avoir fais peur, murmura-t-elle, sincère. Mais je t'assure que je n'ai rien et que je ferais attention la prochaine fois.

J.J eut un sourire de gratitude et sembla s'apaiser, gardant ses yeux rivés dans ceux d'Emily dont les battements du cœur s'accélérèrent brutalement. Elle aurait voulu se rapprocher d'avantage mais une sonnerie attira leur attention et le visage de Garcia apparut sur l'écran de l'ordinateur portable. Ses cheveux relevés sur sa tête en un chignon imparfait accentuait son air désolé.

- Garcia ? Qu'est-ce qu'il se passe ? questionna Hotchner en se redressant dans son siège.
- Désolée de vous déranger mes loulous, répondit la hackeuse de sa voix informatisée. Mais on a une nouvelle affaire sur les bras.
- C'est pas vrai
, intervint Morgan en fronçant les sourcils. On est même pas arrivé encore.

Derek avait raison. Mais les criminels n'étaient pas patient, et n'allaient sûrement pas attendre que l'équipe ait prit quelques jours de repos pourtant bien mérités.

- On t'écoute Garcia, l'encouragea Hotch.
- Depuis plusieurs mois la ville de Royal, située dans le Michigan, compte environ dix-sept personnes portés disparues. Ces dernières semaines, cinq d'entre elles ont été retrouvées par la police locale lors de ses patrouilles dans la forêt qui borde les environs. La dernière en date s'appelle Rooney Middle. 31 ans. Il a été retrouvé avant-hier par des randonneurs. Et d'après les autorités, il n'en reste pas grand chose après qu'une bande d'animaux soit passée par là.

Emily imita le reste de l'équipe et s'empara de sa tablette pour y découvrir de nouvelles horreurs. La première image, semblable aux quatre autres, représentait un homme assez corpulent. Recouvert de sang, à moitié dévoré par les charognards qui subsistaient dans les bois, ses yeux grands ouverts fixaient à jamais le vide, une expression de terreur sur le visage. Il ne portait pas de chaussures et ses vêtements n'étaient que des lambeaux salis par lesquel on pouvait apercevoir de profondes coupures.

- Quelle est la cause de la mort ? demanda Rossi en découvrant une nouvelle photo.
- D'après le légiste de Royal, les victimes ont toutes été torturées avant d'être étranglées.

En effet, les corps portaient distinctement une marque de strangulation au niveau du cou.

- Torturées ? reprit Emily en levant le regard vers Garcia. Dans quel but ?
- Et bien, c'est ce que la police tente de découvrir.
- Et le lien entre les victimes ?
interrogea Morgan. Je ne vois aucune victimologie.
- Ça mon chaton, c'est parce qu'il n'y en a pas
, répondit l'informaticienne en mâchouillant le bout de son stylo. La police n'a trouvé aucun rapport entre eux.
- Hommes, femmes, de toutes races et de tout âge différent,
résuma Reid. Il semble que notre homme ne fasse aucune distinction. Il est assez fort pour tuer un homme de la masse de Rooney Middle, autant que pour assassiner la deuxième victime qui est une adolescente.
- Cela prouve que le meurtre en lui-même est plus important que celui qui le subit,
enchaîna Hotchner. Ça devient un besoin vital pour lui. Il tue au hasard.
- Sans victimologie précise, il va être plus difficile à débusquer.

Morgan avait raison. Trouver le mobile d'une telle série de meurtre sans voir aucun lien entre les victimes rendaient leur tâche bien plus dure.
En observant les photos, Emily remarqua que les profondes blessures augmentaient autant en nombre qu'en profondeur.

- Les lacérations des corps sont de plus en plus importantes, annonça-t-elle. Il prend confiance en lui et commence à éprouver du plaisir dans ces meurtres.
- Il faut qu'on découvre si ce tueur torture sa victime pour assouvir un fantasme sexuel ou bien pour une toute autre motivation.

J.J, silencieuse jusqu'à là, posa sa tablette sur ses genoux.

- Est-ce que la presse en parle ?
- Affirmatif !
s'exclama Garcia en tapotant les touches de son ordinateur. Apparemment, ce cinglé aurait envoyé des lettres pour revendiquer les disparitions et les crimes. Plusieurs d'entre elles ont été publiées par la presse locale.
- Le tueur du Zodiac utilisait le même procédé
, informa Reid en fronçant les sourcils. Il prenait la charge des meurtres et prouvait son identité autant par les informations que ces lettres contenaient que par des détails impossibles à savoir pour le grand public. Ca lui assurait un certain contrôle tout en décuplant sa célébrité.
- Notre homme serait en recherche de notoriété ?
s'étonna Rossi.

Ce meurtrier avait un but précis, un message à faire passer. Emily en était certaine. Et ils devaient absolument le découvrir s'ils voulaient éviter de nouveaux meurtres.

- Et les autres personnes disparues ?

Morgan jeta un nouveau coup d'œil au dossier.

- Si il y en a dix-sept, où sont passées les onze autres ?

À travers l'écran, Garcia secoua la tête pour montrer son ignorance.

- S'il abandonne ses victimes dans la forêt, reprit Hotchner, c'est sûrement qu'il connaît bien les environs. Il est certainement natif de la ville et sait comment dissimuler les corps à la police.
- Pourtant on en a retrouvé quatre.
- Ça mes lapins
, intervint Garcia, c'est parce que notre homme l'a choisi. Les lettres qu'ont reçu la presse et les autorités ont été signé le jour précédent chaque découverte. Elles indiquaient toutes, à l'exception du dernier, où trouver les victimes. Il n'a pas eut le temps de le faire pour Rooney Middle.
- C'est lui choisit quand vient le moment de retrouver les cadavres.
- Il installe un climat de paranoïa
, conclut J.J en regardant chacun de ses coéquipiers, et plus particulièrement Emily. Il veut que les gens aient peur de lui. Les journaux ont dû publié ses messages en première page.
- Ça a flatté son ego et le pousse sûrement à continuer,
approuva Hotch. Garcia, envois tout ce que tu as sur cette affaire. J.J, tu t'occupes de prévenir les autorités de Royal que nous sommes en route.

Avec un signe de tête, la jeune femme sortit son portable de sa poche et se leva pour s'éloigner, composant déjà le numéro.

- Une dernière chose, s'exclama la hackeuse. Ce taré signe toute ses lettres d'un « M » calligraphié et se surnomme lui-même le Marionnettiste.
- Merci Garcia.

Avec un signe de la main, l'informaticienne disparut de l'écran, laissant le reste de l'équipe en pleine réflexion sur le profil du tueur et les raisons de cette vague de meurtre. Reid se penchait déjà sur le pourquoi d'un tel surnom tandis que Hotchner et Rossi lisaient les rapports de la police que Garcia venait de leur envoyer. Quand à Morgan, il notait chaque détail de la scène du crime pour découvrir des similitudes entre elles.
Seule Emily n'avait pas bougé. Dans ses veines, son sang venait de se glacer.
Depuis plusieurs semaines, elle recevait d'étranges appels, toujours à la même heure 2h22. Et elle trouvait le matin une étrange lettre écrite à la main, où la signature n'était autre qu'un « M » caligraphié. Voilà ce qui l'empêchait de dormir. Elle avait d'abord cru à une plaisanterie. Ce n'était au début que des poèmes. Mais plus les jours passaient, plus un esprit macabre s'installait dans ses mots. Ses coups de fil étaient incessant et il laissait parfois un bouquet de fleur devant sa porte. Jusqu'au jour où des photos d'elle dans son quotidien lui avait été envoyé.
À partir de cet instant, elle ne fermait plus l'oeil et passait son temps à essayer de trouver celui dont elle était à présent l'obsession.
Emily n'en avait pas parlé à l'équipe. Elle ne voulait pas les mêler à cette histoire qui ne concernait qu'elle.
Mais aujourd'hui, les choses venaient de prendre une autre tournure.
Ce n'était pas un hasard. Ça ne pouvait pas en être un.
Le Marionnettiste de Royal était le même que l'homme qui la harcelait.
La jeune femme avait l'impression de suffoquer. Elle avait pensé à tout concernant ce type, excepté le fait qu'il puisse être un tueur en série. Et pourquoi avait-il jeté un dévolu sur elle alors qu'il sévissait à Royal ? Pourquoi Emily ? Comment l'avait-il connu ?
La fatigue et l'inquiétude eurent raison d'elle et sa vision se brouilla.

- Prentiss !

Des bras qui la soutiennent, un bourdonnement incessant.
Elle rouvrit les yeux sur les visages inquiets de ses équipiers. Au fond de l'appareil, J.J ne la lâchait pas du regard. Toujours au téléphone, elle luttait pour ne pas se précipiter vers elle et abandonner la conversation qu'elle entretenait.

- Je vais bien, murmura Emily en tentant de se dégager.
- Un vertige peut être causé par plusieurs choses, récita Reid. Mais il ne faut pas les prendre à la légère.

Hotchner la surveillait, comme s'il craignait de la voir s'écrouler d'un instant à l'autre.

- Qu'est-ce qu'il se passe Prentiss ? demanda-t-il d'un ton suspect. Ça fait quelques temps déjà que tu n'es pas en forme.

Devait-elle lui dire ? Tout lui avouer, au risque de le voir se mettre en colère qu'elle ait pu cacher un secret comme celui-la ?
Tant de questions tournaient dans son esprit et l'épuisaient. Elle sentait ses forces s'amoindrirent, et si elle ne s'assaillait pas très vite, elle risquait à nouveau de perdre conscience.
Elle croisa le regard de J.J et ce qu'elle y perçut lui serra le cœur. Elle semblait tellement inquiète pour elle.
Puis ceux de ses coéquipiers l'aidèrent à prendre sa décision.

- Monsieur...débuta lentement la jeune femme.

Elle s'apprêtait à tout avouer lorsqu'une petite voix dans son esprit lui rappela une chose essentielle. Une chose qu'elle avait failli oublier. Et si, en avertissant ses collègues, elle les mettait malgré elle en danger ? Ils étaient ce qu'Emily avait de plus précieux. Reid, Morgan, Hotch, Garcia, Rossi... Des amis qu'elle ne voulait en aucun cas méler à cette histoire.
Et J.J ? Pouvait-elle se permettre de prendre un quelconque risque si sa sécurité était en jeux ?

- Qu'est-ce qu'il y a Prentiss ?

Non. Elle ne pouvait faire ce choix. Il fallait qu'elle protège ceux qui était désormais sa famille.

- Non rien, se ravisa-t-elle.

Hotchner ne tenta pas d'en savoir plus, mais son regard resta fixé sur Emily le reste du voyage. Elle cachait quelque chose et ça il pouvait le sentir.
Il ne restait plus qu'à savoir quoi.


J'espère que vous avez appréciez ! !

Suite au prochain épisode !